USAGE DES BESICLES
j emmétropes , cette diminution est à peu près proportionnelle aux tannées, de sorte que cette amplitude qui, dans la dixième année, est en (moyenne de 1/2 §, devient nulle dans la soixante-cinquième. Ainsi, la perte du pouvoir d'accommodation a lieu régulièrement dans l'âge javancé.
Conformément à l'acception ancienne du mot, Donders nomme pres- \bytes les personnes qui ont besoin de se servir de lunettes convexes Ipour lire. C'est ainsi que l'emmétrope devient presbyte vers quarantecinq ou cinquante ans, son amplitude d'accommodation devenant inférieure à 1/12, et son punctum proximum s' éloignant à plus de 12 pouces de son œil. — De cette définition, et de ce fait que l'amplitude d'accommodation est peu différente chez diverses personnes du même âge, quel que soit l'état de leur réfraction, il résulte que les hypermétropes deviennent presbytes plus jeunes que les emmétropes, et que les myopes, au contraire, deviennent presbytes d'autant plus tard que leur myopie est plus considérable.
Enfin, il est encore à remarquer que, dans un âge avancé, à partir de la cinquantième année environ, le punctum remotum de l'œil ^'éloigne aussi un peu ; ainsi des yeux auparavant emmétropes deviennent hypermétropes, et ceux qui étaient faiblement myopes deviennent Emmétropes,
La diminution successive de l'amplitude de l'accommodation provient probablement de ce que la solidité des couches extérieures du cristallin augmente et que ce corps devient, par suite, plus résistant. L'accroissement de l'indice de réfraction de ses couches les plus extérieures doit aussi, d'après ce qu'on a vu plus haut (p. 99) , entraîner une diminution de réfringence de cet organe et, par suite, faire reculer le foyer postérieur de l'œil.
Il importe de remarquer qu'en général nous faisons toujours simultanément les efforts de convergence et ceux d'accommodation, et il s'est produit par suite chez nous un certain accord involontaire entre ces deux efforts (voy. § 27). Aussi une personne qui n'a pas appris à soumettre son accommodation à l'action de la volonté, accommode-t-elle fnieux pour une grande distance, lorsque les lignes visuelles sont parallèles, et atteint-elle mieux le plus grand effort d'accommodation, lorsque ces lignes sont fortement convergentes.
Donders distingue, pour cette raison :
1) V amplitude d'accommodation absolue où le punctum remotum 3St déterminé avec des lignes visuelles parallèles (ou même divergentes) , et le punctum proximum, avec des lignes le plus convergentes possible.
V62 PREMIÈRE PARTIE. — DIQPTRIQUE DE L'QEiL. § 11.
Le punctum proximum de l'accommodation est, dans ce cas, plus éloigné que le point de convergence. C'est là la plus grande étendue d'accommodation qu'on puisse atteindre; pour un observateur emmétrope à l'âge de quinze ans, elle est de 1/3,69.
2) Vamplitude d'accommodation binoculaire. Ici on ne rend pas la convergence plus forte qu'il ne le faut pour la fixation du point pour lequel on s'accommode. On n'atteint pas alors le même degré d'accommodation que dans le premier cas. L'amplitude de l'accommodation binoculaire du même observateur était de 1/3,9.
3) M amplitude d'accommodation relative à un degré de convergence domié. Celle-ci ne fut que de chez le même observateur et pour des lignes visuelles parallèles; pour une convergence de 11°, elle atteignit un maximum de 1/5,76, puis, la convergence augmentant, elle resta assez stationnaire, de sorte qu'elle était encore de 1/6, k pour une convergence de 23°, et de 79 au punctum proximum binoculaire, pour une convergence de 38°. Au punctum proximum a,bsolu, pour une convergence de 73°, elle était nulle.
Dans un but médical, il faut donc choisir des degrés de convergence déterminés'pour obtenir des degrés d'accommodation comparables, et il faut chercher, au moyen de lentilles choisies convenablement et qu'on met devant l'œil du patient, à lui rendre l'accommodation possible poulie degré de convergence adopté.
Pour la détermination du punctum remotimi, il est bon de diriger vers un objet éloigné les lignes visuelles, qui prennent alors des directions parallèles. Pour un œil myope, la distance focale de la lentille concave la plus faible, et pour un œil hypermétrope, celle de la lentille convexe la plus forte qui permettent de voir avec une complète exactitude des objets très-éloignés, fournissent immédiatement la distance qui sépare l'œil de son punctum remotum. Pour la détermination du punctum proximum, Donders prescrit d'amener dans tous les cas au moyen de verres convexes, ce point à une distance d'environ 8 pouces, s'il se trouvait au delà, afin d'être avec certitude en présence d'un effort d'accommodation suffisant. Il faut naturellement dans ce cas, tenir compte de l'influence de la lentille sur la position de l'image perçue.
Pour rechercher l'acuité de la vue de personnes peu exercées à l'observation, on se sert, comme objets d'épreuve, de lettres et de chiffres de différentes grandeurs (1).
(1) De semblables tableaux ont été édites par Jàgcr jun., à Vienne en 1857. Ils sont géné ralement connus des oculistes sous le nom ^échelles de Juger et existent dans un grai" nombre de langues. Les échelles de Snellen pour la détermination de l'acuité de la vis]