‹ Optique physiologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 47 sur 124 · L 12< CHANGEMENT DE FORME DU CRISTALLIN. (IOG) 1Ù · texte numérisé non relu

L 12< CHANGEMENT DE FORME DU CRISTALLIN. (IOG) 1Ù

îles images d'autant plus petites que son rayon est plus petit, il résulte de notre observation que la surface antérieure du cristallin augmente de courbure dans l'accommodation rapprochée. La réfraction des rayons par la cornée pourrait assurément produire aussi une très-faible diminution de l'image catoptrique si la face antérieure du cristallin ne faisait que se rapprocher de la cornée sans changer de courbure. Cependant le calcul lait voir que la diminution de l'image qui pourrait provenir de bette cause, serait très-peu importante en comparaison de celle qu'on observe en réalité.

h° La seconde image catoptrique du cristallin diminue également un peu de grandeur dans l'accommodation rapprochée. — Pour constater cette diminution, il faut employer des méthodes d'observation plus exactes, qui seront décrites dans la dernière partie de ce paragraphe. Cest par ces mêmes méthodes qu'on trouve que la position apparente de la surface postérieure du cristallin (vue à travers le cristallin et la cornée) ne varie pas sensiblement ; or la position apparente de la surface postérieure du cristallin ne diffère que très-peu de sa position réelle, et comme on le verra plus loin, les déplacements des points cardinaux 'de l'œil, qui accompagnent les changements d'accommodation, sont de telle sorte qu'ils produiraient, sur cette position apparente, des actions qui se détruiraient >u moins en partie ; nous pouvons donc admettre que la position réelle de la surface postérieure du cristallin ne varie pas sensiblement par le fait de l'accommodation. Les déplacements des points cardinaux exercent également, sur la grandeur de cette seconde image catoptrique du cristallin, des influences qui se compensent en partie. Cependant on peut démontrer que, même dans les suppositions les plus favorables qu'il soit possible de faire relativement aux variations des constantes optiques pour expliquer la diminution de l'image dans la vision rapprochée, la diminution ne pourrait jamais être aussi consilérable qu'on l'observe réellement. On peut donc en conclure que, bien icertainement, la courbure de la surface postérieure du cristallin augmente dans la vision rapprochée, mais bien moins que celle de la surface antérieure.

On voit que, d'après les observations, la surface antérieure du cristallin avance, et que sa surface postérieure ne change pas de position ; le cristallin devient donc plus épais au milieu. Comme, d'autre part, il ne peut pas changer de volume, il faut en conclure que les diamètres de son plan équatorial diminuent.

Dans la coupe de la partie antérieure de l'œil humain (pl. I, fig. 3) j'ai construit la cornée et le cristallin avec un grossissement de cinq

m (107) PREMIÈRE PARTIE. - MOPTRIOUE DE I.'(OL. § 12.

l'ois, d'après les dimensions d'un <ril \i\anl que j'ai exaBMpé; le côté désigné par F est accommodé au loin, le côté Ar, pour voir de près. Les procès ciliaires sont représentés comme si on tes voyait à travers le pli de la zonule qui les sépare, de sorte que le parcours de la .zonule se trouve indiqué : le bord antérieur de ses plis est représenté par au, \&w bord postérieur par bb.

L'augmentation de courbure des surfaces du cristallin diminue sa distance focale ; en môme temps ses points nodaux se déplacent en avant, tant parce, que la surface antérieure du cristallin se déplace en avant que parce que cette surface se courbe plus fortement que la surface postérieure. Ces deux circonstances contribuent à réunir plus tôt que dans un œil regardant au loin les rayons d'un point éclairant extérieur qui, après avoir traversé la cornée, tombent en convergeant sur le cristallin. — La grandeur des modifications observées sur le cristallin parait suffire pour expliquer l'amplitude de l'accommodation sur l'œil vivant.

On n'a pas constaté d'autres modifications des parties réfringentes de l'œil, qui pussent être rapportées à l'accommodation. C'est ainsi que, par exemple, la courbure delà cornée reste absolument invariable. Cependant il ne serait pas impossible que, pour seconder l'accommodation pour les objets voisins, il se produisît un allongement du globe oculaire, par la contraction simultanée des six muscles de l'œil ; un semblable allongement n'a pas encore été démontré et, de plus, il ne paraît pas nécessaire. Cette supposition est contredite aussi par mes expériences citées plus haut (§ 2, p. 6), d'après lesquelles un changement de pression dans l'œil modifie la courbure de la cornée, puisqu on n'observe pas de modification de cette courbure pendant l'accommodation. Ajoutons qu'une pression continue, même faible, exercée sur l'œil, diminue la quantité de sang contenue dans les vaisseaux de la rétine et rend la rétine elle-même insensible à la lumière.

On ne sait encore rien de certain sur la manière dont se produit le changement de forme du cristallin. D'anciens observateurs, comme Th. Young, admirent que le cristallin était composé de fibres musculaires et lui donnèrent, en conséquence, le nom de muscle cristallin. Mais lors même qu'on pourrait comparer les fibres du cristallin à des fibres musculaires, qu'on a rencontrées aujourd'hui sous tant de formes différentes, une objection grave est que ce corps ne reçoit pas de nerfs dont la présence, dans les formations transparentes dont il s'agit ici, aurait difficilement pu échapper aux observateurs. De plus, on a v

MÉCANISME DE LA DÉFORMATION DU CRISTALLIN. (108) iUl

échouer jusqu'ici toutes les tentatives pour produire, sur des cristallins d'animaux fraîchement extraits, des changements de forme au moyen de courants électriques intermittents, qui font contracter toutes les formations musculaires connues. Des expériences de ce genre ont été faites, entre autres, par Young, auquel elles donnèrent un résultat négatif; par Cramer (1), sur des yeux de phoques et d'oiseaux tués récemment, et qui présentèrent un changement de forme du cristallin aussi longtemps que l'iris et l'appareil ciliaire étaient intacts, tandis que le cristallin mis à nu ne se déformait jamais. J'ai fait également, avec de "Wittich, des expériences analogues, et avec le même résultat négatif, sur des cristallins de grenouilles et de lapins récemment tués.

D'un autre côté, Cramer (1) a trouvé qu'on peut produire des changements accommodatifs sur des yeux excisés, en faisant passer, par la partie antérieure de l'œil, des courants électriques intermittents. Voici ses expériences : Sur la platine d'un microscope à miroir éclairant plan, on plaça un anneau convenable de bois, et sur cet anneau l'œil cVun phoque [Phoca Httorea) âgé de cinq semaines et tué récemment par strangulation. La cornée -était dirigée en bas. Le globe de l'œil 'avait été dépouillé des muscles, de la graisse et des autres parties environnantes, et l'on avait disséqué, à sa partie postérieure, une partie de la sclérotique, de la choroïde et de la rétine, en ayant soin de ne pas intéresser le corps vitré. En disposant convenablement le microscope et son miroir, Cramer pouvait voir très-nettement, sur la surface postérieure du corps vitré, et avec un grossissement de 80 fois, l'image de la flamme d'une bougie éloignée de 35 centimètres environ. Dès qu'on faisait passer, par les deux côtés de la cornée, le courant d'un appareil de rotation électro-magnétique, l'image devenait plus confuse et plus large.

Cramer enfonça alors une aiguille à cataracte dans le bord de la cornée, en fit passer la pointe derrière l'iris en traversant la pupille, et, en la retirant, divisa l'iris de manière à y former, suivant l'un des rayons, une fente allaut depuis l'insertion de l'iris jusqu'à la pupille. Après cette opération, le courant électrique ne produisit plus de modification de l'image.

Ces expériences ne réussirent pas sur les yeux de chiens et de lapins, parce qu'immédiatement après la mort, la pupille se contractait fortement, et que des courants électriques intenses rendaient les cristallins opaques (probablement par électrolyse) .

(1) Hct Accommodatievermogen, p. 58 et 86.

Sur des yeux de pigeon il trouva que, par l'effet des courants électriques, l'image catoptrique de la surface antérieure du cristallin se modifiait, tandis qu'il ne se produisait aucun changement de l'image cornéenne. La modification de la première image s'observait encore mieux sur des yeux de pigeon excisés, en enlevant préalablement la cornée. L'augmentation de courbure du cristallin persistait aussi longtemps que passaient les courants d'induction, puis elle disparaissait de nouveau. Après excision de l'iris, cette modification cessait de se produire.

Cramer se fonde sur ces expériences, d'abord pour conclure que la forme du cristallin est modifiée par des parties contractiles situées à l'intérieur de l'œil, et, en second lieu, pour désigner l'iris comme étant l'organe auquel il faut principalement attribuer ces modifications. Il attribue à l'iris une courbure considérable, en plaçant son origine sur la face interne du muscle ciliaire plus en arrière que ne l'ont encore placée les anatomistes. Dans l'accommodation de l'œil pour voir de près, il suppose que les fibres circulaires et les fibres rayonnantes de l'iris se raccourcissent simultanément. Par suite de leur contraction, les ■ fibres circulaires offriraient aux extrémités centrales des fibres radiales un point d'attache fixe, et les fibres radiales exerceraient sur les parties situées derrière elles (bord du cristallin et corps vitré) une pression par suite de laquelle la partie centrale du cristallin, ce corps élastique et peu résistant, tendrait à sortir par la pupille, seul endroit où le cristallin ne rencontrerait aucun obstacle : ce mécanisme expliquerait l'augmentation de courbure du cristallin. La contraction du sphincter de la pupille, nécessaire dans cette théorie pour donner un point d'appui à l'extrémité interne des fibres rayonnantes de l'iris, expliquerait également le resserrement que subit la pupille pour la vision des objets voisins.

Donders a fait remarquer que le tissu élastique situé à la paroi interne du canal de Schlemm, et auquel se fixe directement la périphérie de l'iris, pourrait bien jouer un rôle dans l'accommodation. Comme l'iris et le muscle ciliaire prennent tous deux leur origine sur cette paroi du canal, et que les fibres du muscle se dirigent en arrière pour s'insérer sur la choroïde, si l'on considère la choroïde comme étant le point fixe, la contraction du muscle tend le tissu élastique de la paroi du canal de Schlemm, et peut tirer en arrière l'insertion de l'iris, ce qui lui donne une position plus favorable pour exercer une pression sur les parties si^yées derrière lui.

Par le fait, il est facile de comprendre que les parties périphériques de l'iris doivent reculer lorsque le milieu du cristallin et le bord pupil-

§ 12. MÉCANISME DE LA DÉFORMATION 01 CRISTALLIN. '(109) 149 laîre de l'iris avancent ; car le volume de l'humeur aqueuse, qui est contenue dans la chambre antérieure de l'œil, est invariable ; si le cristallin, en avançant, occupe de l'espace au centre, l'humeur aqueuse doit le retrouver sur les côtés, par suite d'un recul des parties périphériques de l'iris.

Cramer a remarqué que, chez les enfants, on peut voir, à l'œil nu, la Chambre antérieure s'élargir dans la vision rapprochée. J'ai trouvé qu'on peut constater la même chose sur les adultes, au moyen d'un mode spécial d'éclairage de l'œil. — En effet, si l'on fait pénétrer de la lumière dans l'œil assez latéralement pour que l'iris soit pour la plus grande partie dans l'ombre, on voit se former, si l'œil est dans une position convenable, sur le côté de l'iris qui est opposé à la lumière, une ligne caustique, courbe et brillante. La moitié inférieure de la figure 57

Fig. 57.

^présente la marche des rayons réfractés par une sphère dont l'indice le réfraction serait égal à celui de l'humeur aqueuse et sur laquelle :ombent des rayons parallèles. Soit F le foyer des rayons centraux. Les rayons marginaux ne passent pas par le foyer des rayons centraux 3t l'intersection de chacun avec le suivant forme la surface caustique Sont la section est indiquée par les lignes courbes GF. Le rayon le nlus extrême est CB; il est réfracté suivant Bff. L'extrémité de la caustique est en G, milieu de la corde occupée par le rayon réfracté. Supposons maintenant qu'on coupe la sphère réfringente par des plans situés, comme l'iris, dans l'humeur aqueuse. Faisons passer un de ces plans perpendiculairement au plan du dessin, par q0P0, toute sa face antérieure reçoit de la lumière. Faisons passer le plan par la partie de ce plan située en avant du rayon réfracté extrême BG est seule éclairée ; celle située en arrière de ce rayon reste dans l'obscu- -ité. Faisons enfin passer le plan par qj\, il coupe la surface caustique : ce plan offre encore une partie éclairée et une partie obscure,

mais la séparation de ces deux parties est alors marquée par une ligne brillante qui correspond à la courbe suivant laquelle le plan g2 P2 coupe la surface caustique. On voit facilement, d'après la ligure, que si la partie du plan qtPt qui coupe la surface caustique se meut en arrière et s'éloigne, par conséquent, de la surface réfringente, la ligne brillante doit se rapprocher davantage du bord.

C'est là précisément ce qu'on peut observer pour l'iris lorsque l'œil s'accommode pour un point voisin. — Si l'on éclaire l'œil d'une personne qui regarde alternativement deux points de fixation, l'un rapproché et

l'autre éloigné, placés exactement l'un audevant de l'autre, cet éclairage latéral étant disposé de façon que la ligne caustique apparaisse près du bord ciliaire de l'iris, on voit cette ligne brillante se rapprocher du bord ou s'en éloigner, suivant que l'accommodation se fait pour près ou pour loin. La figure 58 représente cet éclairage de l'iris; la lumière arrive latéralement dans . FlG' 58' l'œil suivant la direction marquée par la

flèche : sur l'iris, on voit du côté b, dirigé vers la lumière, le reflet cornéen de cette lumière, et de l'autre côté a, la ligne caustique dont l'éclat se reconnaît jusque sous le bord saillant et translucide de la sclérotique.

D'après la supposition de Cramer et de Donders, l'iris et le muscle ciliaire produiraient le changement de forme du cristallin par l'intermédiaire d'une augmentation de pression dans le corps vitré et sur les bords du cristallin, à laquelle le milieu de la face antérieure, situé" derrière la pupille, serait seul soustrait; et il faut convenir, en effet, \ que l'augmentation de courbure de la surface antérieure du cristallin que Cramer avait observée en premier pourrait s'expliquer de cette manière.

Quant au changement de forme du cristallin, tel qu'il se comporte I d'après mes mensurations, il ne peut s'expliquer ainsi sans faire intervenir une autre force. Il est évident que l'augmentation de la pression hydrostatique, qui agit sur la partie postérieure et sur les bords du criai tallin, ne peut en faire augmenter l'épaisseur. Une pression ainsi dirigée aurait pour effet d'augmenter la courbure antérieure du cristallin, mais d'en aplatir en même temps la. face postérieure.

Une hypothèse qui paraît échapper à cette difficulté consiste à admettre que le cristallin, dans l'état de repos, qui répond à la vision des objets

§ |3 MÉCANISME DE LA DÉFORMATION DU CRISTALLIN. (f ff) 151

éloignés, est tendu par la zonule qui s'insère à son bord. Les plis de la

zonu

lit», C3t ICHUU f -1 , y •

ule, en partant de leur insertion à la capsule du cristallin, se dirigent en dehors et en arrière, en formant comme des étuis pour les procès ciliaires, et, à l'extrémité postérieure de ces procès et du muscle ciliaire, ils finissent par se perdre dans la membrane hyaloide, la rétine et la choroïde. Lorsque le muscle ciliaire se contracte, il peut, en faisant avancer l'extrémité postérieure de la zonule, la rapprocher du cristallin et en Mmer la tension. La tension de la zonule doit avoir pour effet d'augmenter le diamètre du cristallin, d'en diminuer l'épaisseur et de diminuer la courbure de ses faces. Lorsque la traction de la zonule diminue dans l'accommodation pour les objets rapprochés, la largeur du cristallin diminue, son épaisseur augmente, ainsi que la courbure de ses deux faces. Faisons intervenir, de plus, la pression de l'iris, et le milieu du plan qui passe par l'équateur du cristallin se portera en avant ; par suite, la courbure de la face antérieure augmentera, celle de la face postérieure diminuera de manière à pouvoir redevenir à peu près ce qu'elle était dans le cristallin disposé pour la vision à disttiïicô»

Il me semble que les changements de forme du cristallin peuvent s'expliquer ainsi. - Du reste, il est facile, sur le cadavre, de produire des changements de forme du cristallin en tiraillant la zonule. A l'explication Ve Je ProPose se rattacherait cette circonstance que j'ai trouvé, sur des yeux vivants regardant au loin, l'épaisseur du cristallin moindre qu'on ne Ta rencontre jamais sur le cadavre. On ne peut guère expliquer cette différence en admettant un gonflement du cristallin après la mort par absorption d'eau, puisque, d'après les expériences de W. Rrause, les indices de réfraction des couches externe, moyenne et interne du cristallin de veau, ne varient pas sensiblement dans les vingt-quatre heures qui suivent la mort, tandis qu'une absorption d'eau entraînerait sans doute une diminution du pouvoir réfringent.

Il convient de signaler maintenant plusieurs observations postérieures à l'époque (1855) où j'ai proposé l' explication qu'on vient de lire.

En premier lieu, comme réfutation de ceux qui font jouer un rôle essentiel à l'iris, nous ferons observer qu'on a remarqué des cas d'inaction de l'iris dans lesquels l'accommodation n'avait pas sensiblement souffert. C'est ainsi que j'ai eu l'occasion de voir un astronome qui, par profession, se prêtait bien à des expériences de ce genre, et qui se rendait compte de ce dont il s'agissait, être frappé d'une paralysie ■ complète de l'iris, sans cesser de jouir d'une accommodation parfaite.

152 PREMIÈRE PARTIE. — DIOPTRIQljE DE L'OEIL. § ri.

De plus, A. de Graefe (1) a constaté la conservation complète de l'accommodation chez un ouvrier guéri d'une blessure à l'œil, par suite de laquelle il avait complètement perdu l'iris.

Il n'y a donc absolument que le muscle ciliaire auquel on puisse attribuer l'accommodation. Dans ce muscle, Van Reeken a signalé, et H. Mûller et Rouget ont décrit plus positivement une couche de fibres circulaires situées dans l'angle dirigé vers les procès ciliaires; ces fibres sont, d'ailleurs, enchevêtrées avec des fibres longitudinales, se recourbent plusieurs fois en forme d'anses et deviennent longitudinales, disposition anatomique qui fait présumer que les fibres circulaires du muscle ciliaire ne peuvent agir que simultanément avec les fibres longitudinales. Cette disposition des fibres circulaires est évidemment très-favorable à leur action sur la zonule ; car si ce muscle ne possédait que des fibres radiales, conformément aux descriptions plus anciennes, l'angle interne du muscle serait attiré vers la sclérotique, la zonule subirait une courbure à convexité dirigée vers le canal de Schiemm s (pl. I, fig. 3) et serait bien moins relâchée que dans la disposition que nous admettons, et qui évite cette courbure. En effet, les fibres circulaires du muscle doivent attirer l'angle correspondant vers le sommet des procès ciliaires et vers le bord du cristallin ; par suite de cette action, les parties moyennes de la zonule doivent aussi être attirées vers le bord du cristallin, suivant la direction des bords de leurs plis, sans être tirées en dehors, vers le canal de Schiemm.

Il est difficile de dire si, comme l'admet H. Mûller, les fibres radiaires du muscle ciliaire exercent une pression sur les procès ciliaires et si cette pression se transmet au bord du cristallin ; car nous ne savons pas si, sur le vivant, les procès ciliaires contiennent assez de sang pour pouvoir exercer une pression sensible sur le cristallin, et bien des ophthalmologues ne sont aucunement convaincus qu'il y ait réellement contact des procès ciliaires avec le cristallin.

W. Henke a admis que les fibres circulaires du muscle ciliaire produisent seules l'accommodation rapprochée, tandis que la contraction des fibres longitudinales rétablirait l'accommodation à distance. Il considère comme fixes les deux insertions des fibres longitudinales du muscle, et croit que ce muscle forme, par la contraction des fibres circulaires, un arc à convexité interne ; lors du relâchement de l'accommodation, cet arc se redressait par une contraction active, accompagnée d'un allongement des fibres circulaires. Je regarde un semblable mod d'action comme très-invraisemblable : premièrement, pour toutes les

(1) Archiv fur Ophthalm., VII, 2, p. 150-161.

Page 1