XVI
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m (104) PREMIÈRE PARTIE. — DIOPTRIQUE DE L'ŒIL.
§ 12. — Mécanisme de l'accommodation.
Les modifications qu'on peut observer on examinant un œil dont l'accommodation varie sont les suivantes :
1° La pupille se resserre pendant l'accommodation pour les objets rapprochés, et se dilate pour la vision au loin. — Cette modification est facile à observer et est connue depuis plus longtemps que les autres. Pour la constater sur un œil quelconque, il suffit de faire regarder alternativement un objet rapproché et un objet éloigné, situés dans la même direction. La seule précaution à prendre consiste à éviter que la pupille ne soit resserrée d'une manière continue par un éclairage trop intense.
2° Dans l'accommodation pour les objets voisins, le bord pupillaire de l'iris et le milieu de la surface antérieure du cristallin se déplacent un peu en avant. — Pour observer ce mouvement, choisissons un point de fixation éloigné, nettement déterminé, et pour objet rapproché, prenons une pointe d'épingle. Le sujet observé couvre un de ses yeux et donne à l'autre une position telle que la pointe d'épingle vienne masquer exactement le point de fixation éloigné. Il faut faire attention à ce que l'œil n'abandonne pas cette position, et il ne faut pas non plus le laisser se dévier vers des objets situés latéralement, car, dans cette expérience, il est essentiel que la direction de l'œil ne change pas. L'observateur se place de manière à voir de profil, et légèrement d'arrière en avant, la cornée de l'œil observé, de telle sorte que la moitié environ de la pupille noire de cet œil soit visible en avant du bord
cornéen de la sclérotique, tant que l'œil observé regarde au loin. Puis on fait fixer la pointe d'épingle : l'observateur remarque aussitôt- que l'ovale noir de la pupille et même une partie du bord de l'iris tourné vers lui deviennent visibles en avant de la sclérotique. La figure 53 a représente, dans cette expérience, l'œil regardant au loin, et la figure 53 ô, l'œil regardant de près. Le changement de position de la tache noire devient surtout frappant, si l'observateur porte son attention sur la largeur de l'espace clair qui la sépâre d'une ligne obscure c, cs, qui
| io. CHANGEMENT DE FORME DU CRISTALLIN. (105) m
ipparaît près du bord antérieur de la cornée. Cette ligne est l'image, le l'autre bord de la sclérotique, déformée par la réfraction à traders la cornée : la partie interne de ce bord sclérotical, qui est plus aillant que l'iris, est ordinairement dans l'ombre, et paraît, pour tette raison, plus sombre que l'iris. Dans l'accommodation pour un joint voisin, on voit se rétrécir l'intervalle clair qui sépare cette ligne , c4 et la pupille. Si le bord pupillaire ne se déplaçait pas en avant, cet atervalle devrait, au contraire, s'élargir dans la vision des objets vop fins, parce que la pupille se rétrécit également dans tous! les sens ; 1 deviendrait également plus large si le déplacement apparent de la mpille en avant était le résultat d'un mouvement accidentel de l'œil bservé, qui se serait tourné vers l'observateur. Ainsi, en examinant h ligne en question, on peut s'assurer contre toute surprise. Il a été lémontré plus haut (§ 3, p. 20) qu'il n'y a pas d'intervalle entre la urface antérieure du cristallin et le plan de la pupille.
3° La surface antérieure du cristallin augmente de convexité dans la ision de près, et s'aplatit quand le regard se porte au loin. — On peut e convaincre de ce fait au moyen de la lumière réfléchie par la surface Intérieure du cristallin. On assigne à l'œil observé, comme dans l'ex- »érience précédente, deux points de mire bien déterminés, situés sur me même ligne en avant de cet œil. La chambre où se fait l'expérience [oit être complètement obscure, et, pour éviter d'être gêné par les eflets cornéens, il ne doit y avoir au-devant de l'œil observé aucun bjet lumineux de grande dimension, excepté la flamme d'une forte àmpe qu'on dispose latéralement, à la hauteur de l'œil. Soient (fig. 54)
flG. bli.
I l'œil observé, C la coupe horizontale de la flamme, n le point de nire le plus rapproché, / le point de mire le plus éloigné. L'observateur loit mettre son œil dans le plan horizontal qui passe par l'œil observé itla lampe, et de telle sorte que l'angle 7i4/soit à peu près égal à angle CAf\ puis il déplace son œil aux environs de B, jusqu'à ce qu'il •oie les images réfléchies par les deux surfaces du cristallin. Ces deux
m PREMIÈRE PARTIE. — DIOPTRIQUE DE l'ŒIL. §12.
images b etc (fig. 55) sont bien moins brillantes que le reflet cornéen a. \ Celle de la surface antérieure du cristallin, b, est une image droite de la flamme, un peu plus grande que celle formée par la cornée, mais le plus souvent elle est tellement effacée qu'on ne peut pas y reconnaître exactement la forme de la flamme. Sa position apparente est loin (de 8 à 12mm) derrière le plan de la pupille ; aussi disparait-elle derrière le bord de l'iris, même pour de faibles déplacements de l'œil observé ou de la lumière. Nous lui donnerons le nom de première image cristallinienne ; celle formée par la surface postérieure du cristallin s'appellera la seconde. Cette dernière c (fig. 55) est renversée, et bien plus petite que l'image cornéenne et que la première image cristallinienne : elle offre l'aspect d'un petit point lumineux assez nettement limité. Sa position apparente est voisine du plan de la pupille, à lmm environ en arrière de ce plan, aussi se déplace-t-elle peu relativement à la pupille et à l'image cornéenne, lorsque l'observateur change la position de sa tête.
Quand l'œil observé s'accommode pour un objet voisin, la première image cristallinienne diminue considérablement de grandeur et se rapproche ordinairement du centre de la pupille. Cette diminution s'observe mieux si, au lieu d'une lumière, on emploie un écran portant deux ouvertures sur une même ligne verticale, et à travers chacune desquelles brille une flamme, ou si l'on place, un peu au-dessous d'une flamme, un miroir horizontal dans lequel il se forme une image
réfléchie qui remplace la seconde flamme. Chacune des images réfléchies se compose alors de deux parties claires, et l'on voit facilement et distinctement celles qui correspondent à la surface antérieure du cristallin se rapprocher l'une de l'autre, lorsque l'œil regarde de près, et s'écarter, au contraire, pendant le regard au loin. Dans la figure 56, A représente les images réfléchies, lors de la vision éloignée, B les représente dans la vision rapprochée; a est le reflet de la cornée, b celui de la surface antérieure du cristallin, c celui de sa surface postérieure; comme source lumineuse, on a pris deux flammes qui émettent leur lumière à travers des ouvertures rectangulaires pratiquées dans un écran.
Comme un miroir convexe donne," toutes choses égales d'ailleurs,