ACCOMMODATION
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loin.
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Si l'on admet que, dans l'accommodation à distance, cet œil schématique puisse voir à une distance infinie, la rétine serait, sur l'axe] de l'œil, à 22mm,231 de la surface antérieure de la cornée, et dans le second état d'accommodation calculé, l'œil verrait distinctement un] objet se trouvant à 118mm,85 en avant du foyer antérieur, ou à 130mra,09 en avant de la cornée, ce qui répondrait bien à l'amplitude d'accommodation d'un œil normal.
Quelques anciens observateurs (1), qui ne disposaient que de moyens de recherche peu exacts, ont cru constater des changements de courbure de la cornée. Des mensurations plus récentes et plus exactes de cette courbure, faites à l'aide des images catoptriques, ont démontré qu'il ne se produit pas de semblables changements. Ces mesures ont été prises par Senff (2), par Cramer (3) et par moi. L'ophthalmomètre permet d'exécuter ces expériences avec une exac-
(1) J.P. Lobé, Diss. de oculo humano. Lugd. Batav., 1742, p. 119. — Home, in Philos- Transact., 1796, p. 1.
(2) Wagner's Eandviôrterbuch cler Physiologie, Art. Sehen.
(3) Het Accommodatievermogen der Oogen. Harlem, 1853, p. 45.
» 43 DÉPLACEMENT DU BORD PUPILLAIRE DE L'IRIS. (f«f) 155
'itude telle que des variations de ta grandeur du rayon seratent per-
fi£ tandis oue si l'acconunodation était produite par un Eure de la cornée, pour faire alterner la distance visuelle entre 5 pouces el Ztiwt infinie, il faudrait un changement de W à 8" dans te rayon de 01|,bui,, Je [M invariablement des résultais négatifs. - H bol encore menionncr ici une expérienee uès-ingénieusede Ih Youngqui p.ou*e Le U la décril de la manière suivant, : « le prends dans un petit microscope botanique
:, une lentille biconvexe de de Pouce de m^m Gt de t , dans une cm elle de V, de pouce de profondeur. Après avoir garni le joint , de La cire, je verse un peu d'eau presque froide, de manière a remplit 1 „ cuvette aux tnus quarts; puis je l'applique contre mon œil : la cornée, arrivant à moitié de la profondeur de la cuvette, était partout eu contact avec 1 eau. Mon œil devient aussitôt presbyte, et le pouvoir réfringent de la lentille, qui est ramené par l'eau à environ 1C/10 & P™ce de distance focale' ne Suffit . pas pour remplacer la cornée, rendue inactive par l'intervent.on de leau;
■ mais l'addition d'une seconde lentille de 5 % Pouces de dislance focale » ramène mon œil à son état naturel et même un peu au delà. J'emploie » alors l'optomètre, et je trouve la même inégalité entre la réfraction horizontale
■ et la réfraction verticale que sans l'eau, et j'ai, comme auparavant, dans les » deux sens, un pouvoir d'accommodation équivalent à une distance focale de
k pouces. Au premier abord, l'accommodation paraît être un peu moindre, et capable seulement de ramener l'œil de l'accommodation pour les rayons paral- -, lèles à celle exigée pour voir à 5 pouces, et cela me fit croire d'abord que la » cornée pouvait avoir une faible action clans l'état naturel; mais, considérant que ., la cornée artificielle se trouvait à 710 de pouce environ en avant de la cornée a naturelle, je calculai l'effet de cette différence, et je le trouvai exactement suffi- » sant pour expliquer la diminution de l'étendue de la vision. »
On peut déterminer, au moins approximativement, de combien le bord pupillaire de l'iris se déplace en avant dans la vision rapprochée, à condition d'avoir déterminé préalablement les dimensions et la courbure de la cornée, et la distance de la cornée au plan de la pupille. Soient C (fig. 59) la cornée, c et d son bord externe, ab la pupille dans la vision éloignée. Si l'observateur s'est placé par rapport à cet œil de manière que toute la pupille lui soit cachée, cb est la ligne visuelle de l'observateur dans l'humeur aqueuse. Si ensuite, dans la vision rapprochée, toute la pupille devient tout juste visible en avant du bord de la sclérotique,
et si l'on connaît sa largeur «(3, elle doit être tout entière en avant de la ligne cb, tout en lui étant tangente, comme l'indique la figure 53 (p. 142), et cela suffit pour trouver, approximativement du moins, la grandeur de son déplacement. Parmi les yeux que j'ai examinés, ce déplacement s'élevait pour 0. H. a 0mm»3(i, pour B. P. à ()mm,hh. Si la pupille ne devient pas visible tout entière dans la vision rapprochée, s'il n'en apparaît que la moitié, les deux tiers, etc., il faut évaluer la
grandeur de la partie devenue visible et se baser la-dessus pour faire le calcul.
Le rayon de courbure de la surface antérieure du cristallin peut être mesure l'aide des images caloptriques qu'elle fournit. Cependant ces images sont trop pâles et trop effacées pour qu'on puisse mesurer exactement leur distance au moyen de l'ophthalmomètre. Mais si l'on produit à côté de l'image rélléchie par le cristallin une image réfléchie par la cornée et de grandeur variable, on peut comparer facilement à l'œil nu la grandeur des deux images et les rendre égales. On détermine facilement ensuite la grandeur de l'image cornéenne, par le calcul ou par la mensuration- C'est ainsi que je fis, par exemple, réfléchir par le cristallin deux flammes brillantes placées verticalement l'une au-dessus de l'autre, et parla cornée deux flammes plus faibles et (plus petites : je plaçai ces dernières de manière à amener leurs images réfléchies très-près de celles des grandes flammes réfléchies par le cristallin, et je m'arrangeai de manière qu'elles fussent séparées par un intervalle égal à celui qui existait entre ces dernières. Au lieu de chaque couple de flammes, il est plus commode d'employer une flamme et son image réfléchie par un miroir horizontal (1).
J'ai mesuré de cette manière la grandeur des images formées, dans la vision rapprochée et dans la vision éloignée, par la surface antérieure du cristallin. Je trouvai que, dans des yeux bien accommodés, l'image formée par la surface antérieure du cristallin n'a, dans la vision rapprochée, que les 5/9 environ de la grandeur qu'elle présente dans la vision éloignée. Cette image est formée par un système optique composé d'une surface réfringente et d'une surface réfléchissante. La distance focale de ce système peut être déduite directement de la grandeur de l'image, de la grandeur et de l'éloignement de l'objet, d'après l'équation 8 b) (§ 9, p. 1k), qui est aussi valable pour des systèmes réfléchissants; de la dislance focale on déduit ensuite le rayon de la surface réfléchissante. Soient la première et /"2 la seconde distance focale du système réfringent qui est en avant de la surface réfléchissante, r le rayon de la courbure de cette surface, calculé positivement si elle est concave, négativement si elle est convexe, d la distance du sommet de la surface réfléchissante au second point principal du système réfringent, la distance focale du système réfléchissant composé est
D'après cette formule, g diminue en même temps que d, c'est-à-dire à mesure que la surface antérieure du cristallin se rapproche de la cornée. Lorsque g diminue, l'image catoptrique d'objets éloignés diminue aussi et dans la même proportion. Mais comme d ne varie guère que d'environ 0mm,h, que f2— -d est de 28["m et /2 — d + r de 38mm environ, la variation de g est très-minime et n'atteint qu'environ 740 de la grandeur de cette dimension, tandis que l'observation directe des images donne une variation d'environ */B. La diminution des images ne peut donc pas s'expliquer par le déplacement de la surface antérieure du cristallin, mais exige une augmentation de courbure de cette surface.
(i) Graefe's Archivfûr Opthth., I, 2, p. 45.
g l2 RAYONS DE COURBURE DU CRISTALLIN.
L'observation sur des yeux vivants a donné les résultats suivants :
RAYON 1>U GOURBQnB
l)K LA
SVnFACB ANTKHIKUIU: DU CRISTALLIN.
Vision éloiiriute.
vision rapT>rooliêo,
mïl'LACBMl'.NT PB LA PM'll.LB DANS I.AOCOMMODATION IUI'1'HOCHÉE.
Tour pouvoir calculer, d'après l'équation ci-dessus, les rayons de courbure de la surface antérieure du cristallin, il faut connaître le rayon de courbure de Ha cornée et la distance entre la surface antérieure du cristallin (la pupille) et la cornée. Ces deux dimensions avaient déjà été mesurées sur les yeux que nous venons de mentionner.
L'image catoptrique formée par la surface postérieure du cristallin change aussi de grandeur lorsque l'accommodation de l'œil varie, mais ce changement de dimension est très-peu considérable. Je l'ai observé, à l'aide de l'ophthalmomètre, en disposant deux lumières sur une même verticale, à côté de l'œil et derrière les ouvertures d'un écran, et en examinant les images catoptriques de ices lumières, formées par la surface postérieure du cristallin. J'amenai l'une à côté de l'autre les images doubles des deux lumières, ainsi que cela est indiqué par la figure 60, sur laquelle a0 et al sont les images doubles de la lumière inférieure, b0 et bi celles de la lumière supé- BPBL ...g rieure. Les images ai et b0 n'empiétaient pas l'une sur l'autre : elles étaient très-voisines, de manière à permettre d'en reconnaître la séparation. Dans l'accommodation à proximité, b(j se déplaçait un peu dans la direction de a0, et a, dans celle de br J'évaluai la largeur du déplacement à la moitié environ delà largeur de chaque tache lumineuse, et comme les cen- F]G G0 itres des ouvertures qui laissaient passer la lumière étaient distants l'un de l'autre de six fois la largeur de ces ouvertures, le raccourcissement de l'image était d'environ lJli de sa grandeur.
Depuis que j'ai fait ces expériences, je me suis aperçu que l'ophthalmomèlre permettait une mensuration bien plus exacte des rayons de courbure du cristallin, en faisant pénétrer de la lumière solaire dans une chambre obscure, et M. B. Ro- :sow a mis cette idée à exécution.
Enfin, je cherchai encore à reconnaître si, dans l'accommodation rapprochée, la surface postérieure du cristallin se déplaçait d'arrière en avant. J'employai le procédé qui m'avait servi à déterminer la distance apparente de la cornée à la surface postérieure du cristallin. L'appareil ayant la même disposition, je recherchai si le reflet lumineux de la surface postérieure du cristallin changeait de position lorsqu'on faisait varier l'accommodation sans changer la direction de l'axe de
l'œil, et je fis l'expérience en mettant alternativement la Innette à droite et la lumière à gauche, et vice versâ. Je n'ai pu remarquer aucun déplacement de cette image. La distance apparente de la cornée à la surface postérieure du cristallin ne varie donc pas sensiblement dans les changements d'accommodation.
Quelles sont maintenant les conclusions que l'observation des modifications de l'image catoptrique et de la position apparente de la surface postérieure du cristallin nous permet de tirer relativement aux modifications que subit réellement cette surface? La position apparente est très-peu influencée par l'action du cristallin, car elle est très-voisine du point nodal postérieur de ce corps ; nous pouvons en conclure que les différences que la réfraction, dans les divers états d'accommodation de l'œil, peut apporter dans ses déplacements, sont très-certainement assez petites pour qu'il soit permis de les négliger. C'est ainsi que, par les deux yeux schématiques dont nous avons calculé les constantes optiques, comme exemple, trois pages plus haut, la position apparente de la surface postérieure du cristallin est de 0mm,191 plus en avant que la position réelle pour l'œil regardant de près, et de 0mm,113 pour l'œil regardant au loin; elle subirait donc un déplacement apparent de 0mm,078 en arrière, lors de l'accommodation pour un point voisin, si, en réalité, elle restait immobile. De semblables déplacements seraient trop faibles pour pouvoir être observés, et ce calcul ne peut servir qu'à montrer que les déplacements et leurs différences sont en général minimes; il ne pdlut nous renseigner sur le sens de cette différence dans le véritable cristallin, parce que, dans cette question, la distance qui sépare les deux points principaux du cristallin vrai, et qui est en tout cas moindre que la distance correspondante dans les cristallins schématiques, exerce une influence capitale.
Nous devons donc nous borner à dire que la position réelle de la surface postérieure <êm cristallin ne varie pas sensiblement avec les changements de l'accommodatnœaa.
Pour rechercher comment l'image catoptrique formée par la surface postérieure du cristallin varie avec les modifications des milieux de l'œil, figurons-nous que la surface réfléchissante soit séparée de la dernière surface réfringente de l'œil par une couche infiniment mince de corps vitré. Nous pouvons alors prendre pour points cardinaux du système réfringent les points cardinaux de l'œil. Soit n l'indice de réfraction du corps vitré ; désignons de plus par p la distance de la surface postérieure du cristallin au foyer postérieur de l'œil, mesurée d'avant en arrière, par t la distance de cette même surface au second point nodal de l'œil, mesurée d'arrière en avant. Dans l'équation 1), qui donne la distance focale d'un système composé réfringent et réfléchissant, nous avons à poser :
h = n (P + t), fi—d = p.
La valeur de la distance focale du système réfringent et réfléchissant devient alors
nr (p + e)5 ) 0.
g 12 MOUVEMENTS DE L'IRIS. 159
Dans l'accommodation pour près, « augmente certainement, parce que, par suite du changement de forme du cristallin, les points nodaux de l'œil avancent nécessairement ; par suite, si r et p ne variaient pas, la valeur de q et la grandeur de l'image réfléchie devraient augmenter. D'autre part, y; diminue dans l'accommodation pour près, et, par suite, la valeur de q peut diminuer, eu égard aux rapports de ces grandeurs dans l'œil. Différenciant q par apport à p, on obtient
dp 2 pâ (p + r)* ^ ;
Des facteurs de cette expression, le dernier, celui entre crochets, peut seul devenir négatif; mais cela ne peut avoir lieu dans un œil normal, puisque t est très-
peiit par rapport à p et à r : ^ sera donc positif, c'est-à-dire que q augmentera
•ou diminuera en même temps que p. Aussi, dans l'accommodation rapprochée, où p diminue, si nous négligeons préalablement les variations de e, et que nous posions r constant, q et l'image réfléchie par la face postérieure du cristallin pourraient diminuer également, et l'on pourrait supposer que telle est la cause de la diminution de l'image. Cependant le calcul d'après l'équation 2) montre qu'il n'en est rien. Si nous empruntons à l'œil schématique de Listing les valeurs p i/,56a7, e = 0,3601, r = 6, p devrait se réduire à 10,597 pour que q subisse une diminution de ']At de sa valeur. Le foyer postérieur de l'œil devrait 'donc avancer de ûmm en avant de la rétine, ce qui dépasse certainement les changements possibles de la position de ce point. Mais, comme de plus, d'après les explications qu'on vient de voir, une partie de la diminution de l'image produite par ce mouvement serait contre-balancée par le déplacement en avant des points nodaux et par l'augmentation de c , il est hors de doute que la diminution de l'image catoptrique de la surface postérieure du cristallin ne pourrait pas atteindre la valeur observée s'il ue se produisait pas une certaine augmentation de la courbure de cette surface.
Si l'on calcule des distances focales q pour les deux yeux schématiques de ce paragraphe, on trouve 5,6051 pour l'œil regardant au loin, et 5,3562 pour celui qui regarde de près; grandeurs qui ne diffèrent que de %A de leur valeur, tandis que les rayons de courbure correspondants (6m,n et 5mm,5) diffèrent de 7,,. L'altération des milieux réfringents masque donc ici, en partie, celle du rayon de courbure, et la fait apparaître moindre qu'elle n'est en réalité. Nous en concluons que, dans l'accommodation rapprochée, la courbure de la surface postérieure du cristallin augmente.
Il est important, pour l'étude du mécanisme de l'accommodation, de connaître , exactement l'origine de l'iris. J'ai représenté (pl. I, fig. 2) le canal de Schlcmm, avec les parties qui l'entourent, tel qu'il se présente dans des coupes minces des membranes de l'œil. A est la coupe du canal, qui figure sans doute également une fente oblongue sur l'œil vivant, pendant le regard au loin ; Ccst la cornée ; S, la sclé- ! rotique ; D, la conjonctive ; B, la choroïde ; E, un procès ciliaire ; /, l'iris. La paroi
interne du canal est composée de différents tissus. La partie postérieure de cette paroi, en a, se compose très-manifestement de ce même tissu de fibres tendineuses étroitement entrelacées, qui constitue la sclérotique dont elle dépend. La partie antérieure, au contraire, est formée d'un autre tissu moins translucide que celui de la sclérotique, composé de fibres plus fortement dessinées et très-résistantes à l'action de l'acide acétique et de la potasse; aussi peut-on le considérer comme du tissu élastique. En avant, ce tissu s'interpose entre la membrane de Descemet et la substance cartilagineuse de la cornée; en arrière, il s'insère en partie à la portion tendineuse de la paroi, et en partie il se relie aux fibres du muscle tenseur de la choroïde. Le système de la choroïde n'est fortement uni qu'à la moitié postérieure de la paroi interne du canal de Schlemm, à l'endroit où se réunissent la partie tendineuse et la partie élastique. Cependant, de la partie anté rieure de la paroi du canal part aussi un réseau de fibres plus lâches, qui pré sentent les caractères des fibres élastiques et qui s'insèrent à l'origine de l'iris Les fibres musculaires qui appartiennent au muscle tenseur et à l'iris viennent en partie de la paroi du canal, mais il est possible qu'une partie, également, passe directement de la choroïde à l'iris. Dans le tissu des procès ciliaires on voit les larges orifices d'un grand nombre de vaisseaux sanguins qui ont été intéressés dans la coupe, et, sur celui de leurs bords qui est dirigé vers le corps vitré, on distingue la coloration noire de la couche de pigment.
Pour se convaincre de l'exactitude de cette description de l'insertion de l'iris, il faut, d'une part, examiner des coupes minces de membranes de l'œil séchées, tout en n'oubliant pas que la dessiccation peut produire de très-fortes déforma lions et que les fibres élastiques situées en avant de l'insertion de l'iris se déchirent ou se rompent très-facilement, lorsqu'on détache l'iris de la cornée ; d'autre part, il faut examiner des préparations fraîches, et il est 1res- convenable, à cet effet, d'introduire une soie de porc dans le canal de Schlemm ; il faut éviter avec grand soin toute traction sur l'iris ou sur la choroïde, car il est facile de donner artificiellement une forme quelconque à la masse musculaire qui réunit ces parties. Si l'on relève l'iris avec précaution et qu'on le renverse sur les procès ciliaires, on remarque les fils élastiques ténus qui s'étendent entre l'iris et le bord antérieur du canal. Si l'on tire ensuite la soie en avant, on s'assure aisément de la souplesse et de l'élasticité de la partie antérieure de la paroi du canal ; si l'on rabat, au contraire, l'iris et la choroïde en avant, et qu'on tire la soie en arrière, on constate l'inextensibilité de la partie postérieure de la paroi.
Le mode d'insertion que je viens de décrire me paraît important pour expliquer le recul des parties latérales de l'iris dans la vision rapprochée. En effet, si l'iris s'est relâché, le réseau des fibres élastiques le tient appliqué jusqu'en b contre la paroi interne du canal de Schlemm; lorsqu'au contraire les fibres circulaires et les fibres rayonnantes de l'iris se contractent simultanément, la mass tendineuse du bord postérieur du canal est seule assez résistante pour leur offi un point d'insertion fixe. On peut donc dire qu'à l'état de relâchement, l'iri s'insère au bord antérieur du canal de Schlemm, mais qu'à l'état contracté i s'insère au bord postérieur de ce canal; et ces deux bords sont séparés, e moyenne, par un intervalle de ÔmB\45. J'ai essayé (pl. I, fig. 3) de représente
§ 12. LONGUEUR CONSTANTE DE L'AXE DE fc'OElt. (117) i Gl
ces deux dispositions de l'insertion de l'iris, pour la vision éloignée (côté /'') et pour la vision rapprochée (côté iV), Le canal de Schlemm est marqué « des deux côtés.
Les procès ciliaires constituent également une partie de l'œil qui pourrait jouer son rôle dans la production de l'accommodation. L. Fick (1) a démontré qu'ils se contractent sous l'influence d'un courant électrique et se dégorgent de leur sang, qui peut facilement passer dans les vasa vorticosa de la choroïde pailles communications vasculaires assez larges. Il admet que, par ce passage du sang dans la partie de l'œil située en arrière de la cloison formée par le cristallin et la zouule, la pression hydrostatique augmente dans cette partie postérieure de l'œil, et qu elle diminue en avant. Par cette différence de pression, le centre du cristallin serait poussé en avant, ce qui expliquerait l'augmentation de courbure de sa surface antérieure. Restant conséquent avec lui-même, Fick soutient que la surface postérieure du cristallin s'aplatit, ce qui est en opposition avec mes observations. J. Czermak (2), dans un essai d'explication du mécanisme de l'accommodation, s'est également fondé, en même temps que sur la tension de l'iris et du muscle ciliaire admise par Cramer, sur un gonflement des procès ciliaires qui pourraient exercer une pression sur le bord du cristallin.
L'opinion d'après laquelle les muscles de l'œil changeraient, par leur pression, la forme de cet organe, produiraient un allongement de son axe et éloigneraient, par suite, la rétine du cristallin, avait beaucoup de partisans respectables avant la découverte des changements de forme du cristallin. On peut leur répondre, en premier lieu, que d'après nies mensurations à l'aide de l'ophthalmomètre, toute augmentation de la pression hydrostatique dans l'œil diminue la convexité de la cornée, et qu'une semblable modification serait facilement observable sur l'œil vivant, si elle se produisait réellement ; et, en second lieu, que l'ophthalmoscope permet de voir comment, par suite d'une faible pression du doigt sur le globe de l'œil, les vaisseaux de la rétine se rétrécissent, ne laissent plus passer que des courants sanguins intermittents, et finissent par s'affaisser entièrement. Dès que le mouvement intermittent (pulsation visible des artères) commence (3), la sensibilité de la rétine disparaît, probablement parce qu'elle ne reçoit plus une quantité suffisante de sang, et le champ visuel devient complètement noir.
Les expériences de Th. Young étaient déjà de nature à nous convaincre qu'il ne se produit pas le moindre allongement de l'axe oculaire dans la vision rapprochée.—On peut toucher la surface de la conjonctive oculaire, entre les paupières, avec un morceau de métal bien poli, sans en éprouver une grande gêne. Qu'on place, dans l'angle interne de l'œil, sur la conjonctive, un anneau de fer poli (celui d'une clef); qu'on l'appuie fortement contre le bord interne de l'orbite, et qu'on
(1) J. Mùl/er's Archiv, 1853, p. 449.
(2) Prarjcr Viertc(jahrsschr., XLIII, 109.
(3) Dosders, in tiedèrl. Lancct, 1854, Novb., p. 275.
10o PREMIÈRE PARTIE. - D10PTRIQUE DE L'OEIL. 8 12.
tourne l'œil vers Je côté interne de manière à regarder au loin, à travers l'anneau el par-dessus le dos du nez. Le bord interne de la cornée vient alors toucher la clef el l'on empêche ainsi qu'il puisse se produire, dans l'accommodation, un déplacement en avant du globe de l'œil; qu'on fasse pénétrer ensuite l'anneau d'une très-petite clef dans l'angle externe, entre le globe de l'œil et l'os. La réline est excitée par la pression qu'on exerce ainsi sur le globe de l'œil, et l'on voit apparaître dans le champ visuel, en avant du dos du nez, un phosphène sons forme de tache obscure, qui peut être lumineuse dans les premiers instants. Chez Young, cette image s'étendait jusqu'à l'endroit de la vision la plus distincte, et il put reconnaître que les lignes droites qui venaient se peindre dans l'étendue de cette tache affectaient une légère courbure qui paraissait provenir de la déformation de la sclérotique produite par la pression. Comme le phosphène se produisait à l'endroit de la vision la plus distincte, la petite clef devait atteindre, à la partie postérieure du globe, la région de la tache jaune. Dans ces conditions, l'axe oculaire ne peut évidemment pas s'allonger sans déplacer les clefs. Si donc l'accommodation dépendait d'un allongement de l'axe, elle serait tout à fait impossible dans ces conditions, ou bien il faudrait que les clefs fussent repoussées, el le phosphène devrait considérablement augmenter d'étendue par suite d'une déformation plus forte de la paroi postérieure du globe de l'œil. Rien de tout cela ne se produit. L'œil peut s'accommoder absolument aussi bien que d'habitude, et les variations de l'accommodation ne produisent absolument aucune différence dans le phosphène.
Th. Young paraît avoir eu des yeux un peu proéminents, ce qui résulte également d'autres expériences qu'il décrit. Dans mes yeux, le bord seul du phosphène atteint l'endroit de la vision la plus distincte; du reste, j'ai pu me convaincre complètement de la possibilité de faire varier l'accommodation sans altération du phosphène.
De cette expérience, il résulte immédiatement que la distance de la circonférence interne de la cornée à la tache jaune, ou à un point de la paroi postérieure situé un peu en dehors de la tache jaune, est complètement invariable; or la dislance du sommet de la cornée à la tache jaune ne peut pas varier, du moins sans production d'une notable asymétrie de l'œil, tant qu'il ne se manifeste pas de variation dans la dislance du bord de la cornée à la tache jaune.
Cilons encore ici une expérience de Bahr. Ce physiologiste examina, en accommodant exactement, un rectangle fortement éclairé et placé à une faible distance, jusqu'à ce qu'il se fût produit dans ses yeux une image accidentelle bien prononcée; puis, en relâchant l'accommodation, il projeta ce rectangle sur une surface éloignée sur laquelle il délermina la grandeur apparente de l'imag accidentelle. Comme la grandeur de l'image rétinienne est proportionnelle à 1 distance de la rétine au point nodal postérieur de l'œil, et que la grandeur d cette image rétinienne était la même dans les deux observations, une expérienc de ce genre permet de calculer dans quelle proportion varie la distance de 1 rétine au second point nodal. Bahr a trouvé, dans ses expériences, un déplace ment du point nodal en avant, de 0,n,n,35 ; mon calcul, dont le résultai est indiqu page 15^, a donné 0mm,b. Si le globe oculaire subissait un allongement, 1