HISTORIQUE DE L'ACCOMMODATION. (HS
variation de Ja position du point nodal devrait être bien plus considérable, et si un semblable allongement était la seule cause de l'accommodation, cette variation devrait atteindre 3""", ce qui est incompatible avec les expériences de Bahr.
Knapp(l) a déterminé, sur quatre yeux différents, la position du punctum remotum et du punctum proximum, la courbure et la position de la cornée et des surfaces du cristallin dans la vision éloignée, ainsi que dans l'accommodation rapprochée, et il a trouvé que l'accommodation, calculée d'après les changements de courbure du cristallin, s'accorde suffisamment avec l'amplitude d'accommodation qui existe réellement, ce qui exclut de nouveau l'idée d'un allongement de l'œil.
Donders (2) a constaté sur deux cas très-favorables à l'observation, où le cristallin avait été extrait par l'opération de la cataracte, que dans ces yeux, qui ne peuvent pas voir distinctement sans le secours de verres convexes, il n'y a aucune trace d'accommodation, malgré la convergence des lignes visuelles et le rétrécissement de la pupille qui se produisent dans les efforts pour voir des objets rapprochés. Si la pression des muscles de l'œil pouvait produire un allongement du globe oculaire, cet allongement pourrait aussi donner, aux yeux privés de cristallin, une certaine étendue d'accommodation.
Après tous ces faits, il est établi d'une manière incontestable qu'tf ne se produit aucun allongement du globe de l'œil dans l'accommodation rapprochée.
Forbes croyait que, dans l'accommodation rapprochée, l'intérieur de l'œil était soumis à une augmentation de pression, et que le cristallin changeait de forme, parce que son élasticité n'était pas la même dans les différentes directions à cause des différences de forme et de densité de ses couches. De Haldat, au contraire, n'a pas pu constater de variations dans la distance focale de l'appareil réfringent de l'œil en le comprimant dans l'eau, et il a trouvé le même résultat, négatif en opérant sur des cristallins isolés (3).
11 n'est aucun point de l'optique physiologique sur lequel on ait émis autant d'opinions contradictoires que sur l'accommodation de l'œil ; ce n'est, en effet, que dans ces derniers temps qu'on a découvert des faits d'observation décisifs, et jusque-là on était à peu près réduit à un jeu d'hypothèses. Pour rendre possible un coup d'œil d'ensemble, je renoncerai à suivre l'ordre chronologique, qui sera, du reste, repris dans la nomenclature bibliographique, et je grouperai les différentes opinions d'après leurs caractères essentiels.
j 1° Opinions qui nient absolument la nécessité et l'existence d'une transformation de
l'appareil réfringent Plusieurs naturalistes ont cru que l'œil des animaux et celui de
l'homme avaient, contrairement aux lentilles artificielles, la propriété de former au même endroit, ou du moins à des distances imperceptibles les unes des autres, les images d'objets différemment éloignés. Magendie (4) prétendit s'être convaincu de ce fait sur des yeux de lapins blancs, dont la choroïde n'a pas de pigment, ce qui permet de voir l'image à travers la partie postérieure de la sclérotique. Mais, en réalité, il est impossible de voir, à travers la sclérotique, l'image avec une netteté suffisante pour distinguer les différences nui importent pour la question de l'accommodation.
(1) Archiv fur Ophthalm., VI, 2, p. 1-52.
(2) On the Anomalies of Accommodation and Réfraction. London, p. 320*321.
(3) Comptes rendu*, XX, pp. (H, 458, 1561 j
(4) Précis élémentaire de physiologie, I, 73,
m (U9) PREMIÈRE PARTIE; - DIOPTRIQUE DE L'OEIL. S 12.
Ritter (A) H aldat (2) et Auda (3) soutinrent la môme opinion que Maginuie. Ualda* et Engel (II) -iflirmcrent le même fait pour le cristallin pris à part. Si l'on isole le cristallin et nu'on l'ex-imine dans l'air, sa distance focale devient excessivement courte, et il résulte alors des lois générales de l'optique, que pour des objets dont la distance varie de l'infini à 7 pouces, les images ne se déplacent pas sensiblement. C'est ce qui explique les résultats
obtenus par Engel (5).
Au moyen d'expériences disposées d'une manière plus exacte, Hueck (6), Volkmann (7), Gerling (8), Mayer (5) et Cramer (9) se sont au contraire convaincus de ce fait, dont la théorie ne permettait d'ailleurs pas de douter, que les yeux des hommes et des animaux, forment à des distances différentes les images d'objets différemment éloignés.
Treviranus (10) crut pouvoir donner une explication théorique de la prétendue indépendance des positions de l'image et de l'objet; il admit, à cet effet, une loi particulière pour l'accroissement de la densité du cristallin ; sa démonstration mathématique a été réfutée par
KOHLRAUSCH (11).
Sturm (12) crut pouvoir expliquer l'accommodation pour des distances différentes au moyen des aberrations que présentent les surfaces réfringentes de l'œil comparativement aux surfaces de révolution. Il examine d'abord la marche des rayons homocentriques réfractés par une surface courbe autre qu'une surface de révolution, et il trouve qu'ils ne se réunissent plus alors en un seul foyer, mais bien en deux lignes focales. En l'une de ces lignes se réunissent les rayons compris dans un certain plan ; sur l'autre, ceux compris dans un plan perpendiculaire au précédent. La section du faisceau par l'un des plans focaux est une courte ligne droite horizontale, et elle devient successivement, à mesure qu'on se rapproche de l'autre plan focal, une ellipse à grand axe horizontal, un cercle, une ellipse grand axe vertical, et enfin une ligne droite verticale, située dans le second plan focal. Dans l'œil, Sturm considère, entre les deux plans focaux, la section comme assez petite pour donner des images nettes. Si l'on rapproche le point lumineux de l'œil, les deux plans focaux s'éloignent du cristallin ; mais, suivant Sturm, les images resteraient suffisamment nettes tant que la rétine se trouve entre les deux plans focaux.
11 existe, en réalité, dans la plupart des yeux humains, des aberrations du genre de celle sur laquelle Sturm se fonde. Nous décrirons plus loin (§ 14) les phénomènes qui en résultent, et nous verrons en même temps que, dans les yeux bien conformés, l'intervalle focal est loin d'être aussi long que l'admet Sturm, et que l'aberration en question, loin d'augmenter la netteté de la vision, a pour effet de la diminuer.
De la Hire (13) prétendit qu'il n'y a qu'une seule distance de la vision distincte, et que, dans certaines limites, en deçà et au delà, les objets ne sont pas encore assez confus pour qu'on ne puisse pas les reconnaître : il n'admet pas d'autre accommodation. H aller (la) est essentiellement du même avis ; il croit seulement que la contraction de la pupille apporte un aide en diminuant les cercles de diffusion pour les objets voisins. Besio (15) a émis tout récemment la même opinion.
Toutes ces opinions, qui nient absolument la nécessité et l'existence d un changement intérieur de l'œil, tombent immédiatement devant ce fait que nous pouvons, a volonté, voir
(1) Graefeund Walther' s Journal, 1832, VIII, 347.
(2) Comptes rendus, 18 42.
(3) Ann. de chim. et dephys., sér. 3, t. XII, p. 94.
(4) J. Engel, Prager Vierteljahrsschr., 1850, I, 167.
(5) Voy. leur réfutation par Mayer, ibid., 1850, IV. Ausserord. Beilage.
(6) Dissert, de mutationibus oculi internis. Dorpati, 1826, p. 17. — Die Bewegung der Krystallinse. Leipzig, 1841.
(7) Neue Beilrage zur Physiol. d. Gesichtssinnes, 1836, p. 109.
(8) Poggendorffs Ann., XLVI, 243.
(9) Het Accommodatiovermogen. Haarlem, 1853, p. 9.
(10) Beitrage zur Anat. und Physiol. der Sinneswerkzeuge, 1828, Hefl I.
(11) Ueber Treviranus' Ansichten vom deutlichen Sehen in der NShe und Ferne. Rintcln,
(12) Comptes rendus, XX, 554, 761 et 1238. Voy. la réfutation par Crahay, Bull. M Bruxelles, XII, 2, 311. — Brucke, Berl. Berichte, I, 207.
(13) Journal les Sçavans, 1865, p. 398.
(14) Elcmenta physiologiœ, 1743, V, 516.
(15) Giornalc Arcad., GV, p. 3.
§ |2 HISTORIQUE DE L'ACCOMMODATION. (m) 165
tantôt nettement, tantôt d'une manière confuse un point situé à une ffi^*^ l'œil. Elles sont réfutées, de plus, par l'expérience de ScHE»N^*u'r^ iouion, voir à volonté, tantôt simple, tantôt double un môme P^^^oT^^ A» deux trous ■ enfin, elles ne résistent pas aux expériences avec 1 ophthalmoscopo. aeja i Uonnées *„§ ÏÏ, et dans lesquelles les transformations de l'image opUque sur .a rétine deviennent reconnaissables objectivement.
2» Opinion, d'après lesquelles la contraction de la pupille suffirait pour produit r accommodation rapprochée. - Le fait que la pupille se resserre pour voir de près a été dé couvert par Scheiner (1). L'œil étant accommodé pour voir de loin, il est certain que les cycles d? diffusion suivant lesquels des points lumineux rapprochés se dessinent sur la retme PO urraie, t è re diminués par la contraction de la pupille. Cependant une expérience bien simple & convaincre que" le rétrécis^ de la ^
Si tTS t îu! ^oault6 unfpupille artificielle de diamètre inva-
hb pour se'con^incre qu'Sor, encore on voit d'une manière confuse les objets rapprocSVqS on regarde au loin, les objets éloignés, quand on regarde un point voisin Outre HxVlk ï que j'ai déjà nommé, les partisans de cette opinion furent Le Roy 2), Hall (3 , ï kton' (4) tandis qu'OLBERS 5), Dugks (6), Hueck et DondeRS (7) donnèrent les argument contraire . . Mile (8) émit et retira lui-même plus tard (9) une opinion bizarre sur 1 effe T S éc ssement de la pupille, et qui est aussi réfutée par l'expérience du diaphragme. 11 toyai que , da„s ,a vision au loin, les rayons marginaux du ^^S^'SÏ^S^ raiem l'axe' de l'œil en avant de la rétine, sont écartés de cet axe par diffraction 1 1 , long de bords de la pupille, et, pour ce motif, ne le coupent que plus loin. Mais la diffiaction ne consiste aucunement en une semblable déviation en masse des rayons lumineux.
3° Opinions qui admettent un changement de courbure de la cornée— Lobé (10) paraît être le premier qui ait cru apercevoir un changement de courbure dans la cornée. Olbers (11 ) n'ose pas affirmer, d'après ses propres observations, que la convexité augmente dans la vision rapprochée. Home (12), Englefield et Ramsden prétendirent, au contraire, avoir observe avec certitude une augmentation de courbure. Dans une entaille faite a une planche solide, ils fixaient, autant que cela pouvait se faire, la tête d'une personne douée d une bonne accommodation; sur la planche, à une petite distance de l'œil, on avait place, pour servir de point de fixation, un écran percé d'une petite ouverture; par côté, et sur la même planche, était un microscope mobile, au moyen duquel on pouvait observer la courbure antérieure de la cornée. Le microscope était pourvu d'un micromètre oculaire. Dans la vision rapprochée, la cornée parut se bomber plus fortement, et l'on crut constater que son sommet avançait de 1/800 de pouce anglais. La mensuration de l'image catoptrique de la cornée, opérée plus tard par Home, donna des résultats plus douteux. Il a été probablement trompe, dans les deux cas, par de très-petits mouvements d'arrière en avant que la personne observée exécutait sans doute régulièrement avec sa tête. Th. Young (13), en soumettant a la mensuration les images réfléchies sur la cornée, ne constata pas de différence de ce genre. H reluta d une manière très-frappante, comme on l'a vu plus haut, l'hypothèse d'un changement de courbure dans la cornée, en montrant que le pouvoir d'accommodation reste intact, même quand l'œil est sous l'eau. Hueck (14), en répétant les expériences de Home, trouva les mêmes
(1) Oculus, p. 31.
(2) Mém. de l'Acad. des sciences, 1755, p. 594.
(3) Meckel's Archiv, IV, 611.
(4) American Journal of med. Sciences, 1831, Nov.
(5) De oculi mutationibus internis. Gotting., 1780, p. 13.
(6) Institut, 1834, n° 73.
(7) Ruete, Leerboek der Ophthalmologie, 1846, p. 110.
(8) Magendie, Journal de physiologie, VI, 166.
(9) Poggendorffs Ann., XLII. •
(10) Albinus, Dissert, de oculo humano. Lugd. Bat., 1742, p. 119.
(11) De oculi mutât, int., p. 39.
(12) Philos. Transact., 1795, p. 13, et 1796, p. 2.
(13) Philos. Transact., 1801, I, 55.
(14) Die Bewegung der Krystallinse, p. 40.
m PREMIERE PARTIE. — UIOPTUIQJ'E DE L'OEIL. § 12i
résultats que lui, mais il crut découvrir que les mouvements de la respiration produisaient des balancements réguliers de la téte, les inspirations se faisant ordinairement pour la vision rapprochée, et les expirations pour la vision au loin. Dès qu'il fit retenir la respiration, les mouvements du sommet de la cornée disparurent ou devinrent très-irréguliers. Ces mouvements irréguliers lui parurent provenir de contractions de l'orbiculaire des paupières, chaque clignement repoussant un peu le globe de l'œil en arrière. En répétant avec soin lès expériences de Home, Borow (1) ne trouva aucun mouvement régulier de la cornée. 11 en fut de môme de Valentin (2). Senff (3) mesura les images catoptriques au moyen d'une lunette d'approche, ce qui rendit ses mesures indépendantes des petits déplacements de l'œil et trouva que le rayon de courbure de la cornée ne variait pas de 0,01 de ligne de Paris, quand l'œil s'accommodait successivement aux distances de 4 pouces et 222 pouces. Cra'mfr (4) trouva également des résultats négatifs en mesurant les images catoptriques de la cornée à l'aide d'un instrument auquel il donnait le nom d'ophthalniGscope. Mon ophthalmomètre (5) permet d'exécuter très-facilement et très-exactement des mensurations de ce genre i il m'a également toujours donné des résultats négatifs.
Parmi les partisans de l'opinion d'après laquelle l'accommodation se produit par un changement de courbure de la cornée, il faut encore citer, pour ces derniers temps Fuies (6) Vallée (7) et Pappenheim ;8). Ce dernier admet que la contraction de l'iris dans la vision rapprochée rend la cornée plus convexe.
4° Opinions d'après lesquelles l'accommodation est produite par un déplacement du cristallin.— Cette hypothèse est la plus ancienne, car déjà Kepler (9), dont la théorie de lu vision nécessita, pour la première fois, l'existence de l'accommodation, l'avait mise en avant'; elle a eu de tout temps un grand nombre de partisans. Après Kepler vinrent Scheiner (10)' Plempius(H), Sturm (12), Conradi (13), Porterfield (14), Plattner (15), Jacorson (16)1 BrewsteR((17), J. Muller (18), Moser (19), Burow (20), Rcete (21), William Clay Wallace (22), C. Werer (23). La plupart de ces savants regardèrent comme probable que le corps ciliaire peut faire mouvoir le cristallin en avant et en arrière par le moyen de contractions volontaires. Afin que le calcul du déplacement que doit subir le cristallin pour expliquer l'accommodation de l'œil, ne donnât pas des quantités impossibles, on était forcé d'attribuer à la cornée une distance focale plus grande, et au cristallin une distance focale plus petite que celles qui leur appartiennent en réalité. Cette opinion a été appuyée, dans ces derniers temps, en particulier par des observations sur l'œil vivant, qui prouvèrent que, dans la vision rapprochée, la pupille se rapproche de la cornée. Bidloo (24) avait déjà remarqué chez les
(1) Beitràgezur Physiologie und Physik des menschl. Auges. Berlin, 1842, p. 115.
(2) Lehrbuch der Physiologie, 1848, II, 122.
(3) Wagner' 's Handwôrterbuch der Physiologie, Art. Sehen, p. 303.
(4) Het Accommodatievermogen, p. 45.
(5) Graefe's Archiv fiïr Ophthalmologie, I, 2, 24.
(6) Ueber den ûplischen Mittelpunkt im menschl. Auge. Jena, 1839, p. 27.
(7) Comptes rendus de l'Acad. des sciences, 1847, oct., p. 501.
(8) Specielle Gewebelehre des Auges. Breslau, 1842.
(9) Dioptrice, propos. 64.
(10) Oculus. OEniponti, 1619, lib. III, p. 163.
(11) Ophthalmographia. Lovanii, 1648, t. III.
(12) Dissertatio visionem ex obscurce caméras tenebris illuslrans. Altdorfii, 1693, p. 172.
(13) Froriep's Notizen, t. 45.
(14) On the eye. Edinburgh, 1759, I, 450.
(15) De motu ligamenti ciliaris. Lipsiœ, 1738, p. 5.
(16) Suppl. ad. Ophthalm. Copenh. 1821.
(17) Edinb. Journal of Science, I, 77. — Poggendorfj's Ann., II, 271.
(28) Zur vergleichenden Physiologie des Gesichtsinns. Leipzig, 1826, p. 212.
(29) Repertor. d. Physik. Berlin, 1844, V, 364.
(20) Beitràge zur Physiol. und Physik des menschl. Auges. Berlin, 1842.
(21) Lehrbuch der Ophthalmologie.
(22) The Accommodation of the Eye to distances. New-York, 1850.
(23) Disquisitiones quœ ad facultatem oculum accommodandi spectant. Marburgi, 1850, p. 31.
(24) Observ. de oculis et visu variorum animalium, Lugd. Bal., 1715.
I 4a KISTOBIQUE DE ACCOMMODATION. W 1fl7
leaux l'augmentaUon de oonvexitê de l'iris dans la ^^^c^mt^v Z Bunow (2) et HuKTii constatèrent plus tard chez l'homme. C. \\ E«EH Ut vo u i ai H E n ' ÏÏcanique que. chez les chiens, la surface antérieure du cristallin se meut d ar- «.ïîdKe la partie antérieure de l'œil est excitée par des courants électriques A^cet^ffet il pratiqua une ouverture circulaire au centre de la cornée d'un cluen vivant A cet ettet 1 P I u ouverture un bâtonnet, convenablement Oxé,
assoupi par 1 opiu , et ^ PaSb0r Jj^ure du cristallin. L'autre extrémité du bâtonnet S upHon^t iLV^coSfî'ïï levier mobile, dont L'autre bras accusait, en les amplifiant, les mouvement, de la free antérieure du — ^ ^ du
avons déjà dit que cette liqueur n'existe pas à l'état normal dans la capsule du cristallin.
S» Opinions oui admettent un changement de forme du cristallin.- Cette .hypothèse, qui a fini ^ être vérifiée par les faits, a été également émise de bonne heure et défendue par a uni pai eue vcimw y ,iAmnnlrpr son exact tude par des observations réelles. Le
beaucoup , n»« «sans qu on a (5 , CÀMPER (6), Hunter (7), Th.
CfS ?» , m GrSfÏ (10), TH. Smith (11), Hukck (12), Stku-WAG de Ca- IZ 7lM et F0RBEs(U Des anatomistes plus anciens, tels que Leuwenhoeck Pemberton dTn ren\ au c sta 1 n le nom de musculus crystallinus , sans doute parce qu'Us admettaient h contaîctiUté de ses fibres. Th. Young soutint l'hypothèse qui nous occupe par des expér e ë qu n réus Lut pas avec tous les yeux, mais qui, pour lui-même étaient conipletement probantes. Si l'on regarde à travers une grille de fils de fer minces 1 image de diffusion- ™2 point lumineux, on voit l'image traversée par des lignes droites, obscures qui sont les n ores des fils. Ces ignés étaient complètement droites quand l'œil de Young s accommodait p ur v ir de lo n, tandis qu'elles présentaient, vers les bords du cercle de diffusion des courbures à convexité externe dès qu'il regardait de près. Le phénomène resta! le « même quand Young mettait son œil sous l'eau pour éliminer l'action de la comee. L inflexion de ce onXes qui étaient primitivement droites, ne pouvait s'expliquer que par un changement Se courbie du cristallin. La réussite de cette expérience exige peut-être une P^e large. AYollaston ne parvint pas à répéter l'expérience (je suis dans le même cas), mais Koemg un autre ami deP Young! put la réussir. Young trouva, au moyen de son optomelre, d accord avec ce qui précède, qu'en regardant à travers quatre fentes pratiquées 1 une a cote de l'autre! il voyait les quatre images du fil se croiser en un point unique quand il accommodait sa vue au loin; ce qui cessait d'avoir lieu dans l'accommodation pour un point voisin.
Max Langenbeck (15), le premier, remarqua les changements des images catop nques du cristallin qui accompagnent L variations de l'accommodation, et de leur observation U i a cette conséquence exacte que la surface antérieure du crista Un se bombe davantage dan la vision rapprochée; mais son mode d'expérience est défavorable, car il ait regarder son u et directement vers la flamme, d'où il résulte que les trois images réfléchies appara sen tre près les unes des autres, et que l'éclat prédominant de l'image corneerme rend plus difficile l'observation des deux autres. C'est peut-être pour cette raison que 1 observation de Lan, .nbeck n'excita pas l'attention des physiologistes. Cramer fit la même expérience mais U améliora la méthode d'observation, principalement en faisant arriver par côté les rayons
(1) Bewegung der Krystallinse, p. 60.
(2) Beitragezur Physiol. u. s. w., p. 136.
(3) Bidrag til Oiets Anatomie. Kjobenhavn, 1850, p. 111.
(4) Cartesius, Dioptrice. Lugd. Bat., 1637.
5 Dissert, de facultate oculi qua ad diversas distançasse accommodai. Lugd. Bat., 1719,
(6) Dissert, physiol. de quibusdam oculi partibus. Lugd. Bat., 1 /ai), p. là.
(7) Philos. Transact., 1794, p. 21.
(8) Ibid., 1801, 1, p. 53.
(9) Beobachtungen u. Versuche zur Physiol. d. Sinne. Berlin, lbio.
riO) Heil's Archiv fur Physiologie, IX, 231. ,,;••;„ *a<if, i <;
(11) Philosophica! Magazine, 1833, V, 3, n° 13. -Schmult's Jahrhucher, 1834, I, 6.
(12) Bewegung der Krystallinse. Leipzig, 1841.
(13) Zeitschrift der L k. GeselUûhaft der Aerztc zu Wten, 1850. Heft 3 und a. (lû) Comptes rendus, W, 61.
(15) Klinischc Beitrage. Cottingen, 1849.
lumineux dans l'œil, et en plaçant l'observateur de l'autre côté. Il décrivit aussi, sous le nom à'ophthalmoscope, un instrument destiné à rendre l'observation plus facile et plus sûre Cet instrument se compose essentiellement d'un support qui reçoit une lampe, deux fils croisés servant de point de mire, un microscope donnant un grossissement de 10 à 20 fois environ et un cône creux, découpé de manière que l'observé y puisse exactement appliquer son œil' L'observateur place la flamme de manière à voir, au moyen du microscope, dans la pupille de l'œil observé, le reflet delà surface moyenne du cristallin venir se placer entre les deux autres. Ajoutons que le fait essentiel, la diminution de grandeur de l'image réfléchie par la surface antérieure du cristallin, n'est pas aussi facile à observer de cette façon que lorsqu'on regarde à l'œil nu les images réfléchies de deux points lumineux,'de la manière décrite plus haut. Le déplacement de l'image réfléchie par la face antérieure du cristallin, qui est facile ment et sûrement observable par l'ophthalmoscope de Cramer, n'est pas probant à lui seul à cause de l'asymétrie de l'œil, que Cramer ne connaissait pas encore, à moins toutefois 'ce qui est facile à faire, qu'on n'exécute une série d'expériences pour se convaincre que l'image en question tend toujours à se rapprocher du milieu de la pupille lors de l'accommodation rapprochée, quelle que soit la position de l'œil, et, par suite, celle de l'image.
Sans avoir connaissance des travaux de Langenbeck et de Cramer, et à une époque où la découverte de ce dernier n'avait été rendue publique que par de courtes notices (1) dues à sa plume et à celle de Donders, avant qu'eût paru son mémoire couronné par la Société des sciences hollandaise, je trouvai de mon côté le même fait (2), et j'arrivai aux conclusions que j'ai indiquées plus haut, relativement aux modifications que subit la surface postérieure du cristallin dans l'accommodation (3).
Pour contester la relation du pouvoir d'accommodation avec les déplacements et les changements de forme du cristallin, on a cité nombre de cas où l'on disait que l'œil avait conservé le pouvoir de s'accommoder, après l'extraction du cristallin par l'opération de la cataracte En présence de ces assertions, il faut penser à une régénération possible du cristallin et il faut observer que les malades peuvent, même avec une accommodation inexacte distinguer nombre de choses au milieu d'images de diffusion. De ce qu'un homme, avec les' mêmes lunettes à cataracte, peut lire de l'imprimé, puis reconnaître à distance des hommes des carreaux de fenêtre et d'autres objets, on n'est pas en droit de conclure qu'il possède la faculté d'accommodation. Chacun peut facilement se convaincre qu'en fixant un doigt, à une dislance d'environ un pied , on peut cependant distinguer une foule de détails dans des objets éloignés Pour que l'existence de l'accommodation soit prouvée, il faut que le malade puisse à volonté' avec les mêmes lunettes, voir nettement ou confusément un objet placé à une distance déterl minée, suivant qu'il cherche à disposer son œil pour cette 'distance ou pour une autre Szokalsky prétend avoir effectivement observé un cas de ce genre; mais son observation ne paraît pas bien concluante. Donders propose de se servir des images entoptiques {pour reconnaître, pendant la vie, s'il s'est produit une régénération du cristallin dans les yeux opérés de la cataracte.
6° Opinions qui admettent un changement de forme du globe de l'œil. — Si la rétine pouvait s'éloigner des surfaces réfringentes, si le globe de l'œil pouvait s'allonger, l'œil pourrait, par ce fait, s'accommoder à la vision rapprochée. Les partisans de cette opinion ont admis' pour la plupart, que les muscles de l'œil, tantôt les droits seuls, tantôt les obliques seuls] tantôt tous ensemble, tantôt enfin le muscle orbiculaire des paupières, pouvaient, par des pressions, changer la forme du globe de l'œil. 11 faut citer, parmi eux, Sturm (4), Le Moine (5)
BUFFON (G), BOERHAAVE (7), MOUNETTI (8), Ol.BERS (9), HàESELER (10), WALTHER (11)'
(1) Tydschrift der Maatschnppy vor Geneeskunde, 1851, XI, 115. — Nederlandsch Lancet, 2, 1, 529, 1851-52.
(2) Monatsberichte der Berliner Âlcad., 1853. Februar, p. 137.
(3) Graefe's Archiu fur Ophthalmologie, I, 2, p. l-7ù. (a) Dissert, de presbyopia et myopia. Alldorfii, 1697.
(5) Quœslio an obliqui musculi relinam a crystallino removeant. Parisiis, 1743.
(6) Histoire naturelle. Paris, 17/19,111, 331.
(7) Prœlectionesacadem. Taurini, 1755, III, 121.
(8) Haller, Elementa physiologiœ, 1763, V, 51 1 .
(9) Dissert, de oculi mutât, int. Gottingœ, 1780, s A3.
(10) Betrachtungen iiber das menschliche Auge.
(11) Dissert, de lente erystallina, !; I.
g L2. BIBLIOGRAPHIE DE L'ACCOMMODATION. Î23) 169
MOSKO (1), HlMLY, (2), MECKEL (3), PARROT (4), PoPl'E (5), SoilROËDER VAN DER KOLK (6)t
Arnold (7), Serre (8), Bonnet (9), Henle (10), Szokalsky (11), Listing (12). Enfin Clavel (13) admet que les muscles de l'œil peuvent non-seulement changer la forme du globe de l'œil, mais augmenter médiatemcnt la courbure de la cornée et déplacer le cristallin en avant. J'ai déjà indiqué plus haut les raisons pour lesquelles un semblable changement de l'orme du globe de l'œil paraît invraisemblable.
Les opinions que nous venons de passer eu revue sont les plus importantes de celles qui ont été émises sur ce sujet difficile; quelques auteurs isolés ont proposé encore bien d'autres explications qui ont eu, à bon droit, moins de succès. Citons v. Grimm (14), qui admit une variation dans le pouvoir réfringent des milieux de l'œil; Weller (15), qui voulut expliquer l'accommodation non par un changement de l'œil, mais par un acte psychique, etc.
16H. Kepler, Dioptrice, propos. 26.
1019. Scheiner, Oculus. ÛEniponti, 1619, lib. III, p. 163.
1637. Cartesius, Dioptrice. Lugd. Batav.
1648. V. F. Plempius, Ophthalmographia. Lovanii, t. III.
1685. De la Hire, Journal des Sçavans, 1685, p. 398.
1693. Sturm, Dissertatio visionem exobscurœ camerœ tenebris illustrans. Altdorfii, p. 172. 1697. Sturm, Dissert, de presbyopia et myopia. Altdorfii.
1712. A. F. Walther, Dissert, de lente crystallina oculi humani. Lipsice. — Haller,
Disput. anat., vol. IV.
1715. Bidloo, Observationes de oculis et visu variorum aninialium, Lugd. Batav. 1719. Pemberton, Dissert, de facultate oculi qua ad diversas distantias se accommodât, i Lugd. Batav.
1738. J. J. Platner, De motu ligamenti ciliaris in oculo. Lipsiœ, p. 5.
•1742. J. P. Lobé (Albinus), Dissert, de oculo humano. Lugd. Batav., p. 119. — Haller,
Disput. anat, t. VII.
1743. Haller, Elementa physiologiœ, V, 516.
— Le Moine, Quœstio an obliqui musculi retinam a crystallino removeant. Paris. 1746. P. Camper, Dissert, physiologica de quibusdam oculi partibus. Lugd. Batav., p. 23.
— Haller, Disput. anat.., t. IV. 1749. Buffon, Histoire naturelle, Paris, III, 331. 1755. Le Boy, in Mémoires de l'Acad. de Paris, 1755, p. 594.
— Boerhaave, Prœlectiones academicœ, edit. et not. add. Alb. a Haller. Taurini,