‹ Optique physiologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 55 sur 124 · PHÉNOMÈNES CAUSÉS PAR LA D1SPKHSION · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES CAUSÉS PAR LA D1SPKHSION

pon à son pouvoir réfringent, un pouvoir dispersif un peu plus fort que l'eau pure.

Je vais encore donner ici la description de quelques expériences dans lesquelles la dispersion des couleurs dans l'œil se fait remarquer. — <Eb général, les phénomènes en question sont bien plus frappants lorsqu'au lien d'employer de la lumière blanche, on fait usage [de lumière composée exclusivement de deux couleurs prismatiques de réfrangibilité aussi différente que possible. La manière la plus facile d'obtenir une semblable lumière consiste à faire traverser à de la lumière solaire des verres violets ordinaires. Ces verres absorbent assez complètement les rayons moyens du spectre, et ne laissent passer que les rayons extrêmes, rouges et violets. Si l'on veut employer, pour les expériences, la lumière artificielle, qui contient peu de rayons bleus et violets,' le mieux est d'employer les verres bleus ordinaires (colorés par du cobalt) qui laissent également passer peu d'orangé, de jaune et de vert, et largement, au contraire, le rouge extrême, l'indigo et

le violet. .

Pratiquons une étroite ouverture dans un écran, fixons derrière 1 ouverture un de ces verres colorés, et disposons une lumière dont les rayons parviennent à l'œil de l'observateur, après avoir traversé le verre et l'ouverture de l'écran. Nous pouvons, dans ces conditions, considérer l'ouverture de l'écran comme un point lumineux qui émet des rayons rouges et violets. L'observateur voit ce point d'une façon différente, suivant la distance pour laquelle son œil est accommodé. S'il est accommodé pour les rayons rouges, les rayons violets forment un cercle de diffusion, et l'on voit un point rouge entouré d'une auréole violette. Si l'œil est accommodé pour les rayons violets, ce sont les rayons rouges qui donnent un cercle de diffusion, et l'on voit un point violet avec auréole rouge. L'œil peut être amené également à un état de réfraction tel que le point de convergence des rayons violets soit en avant et celui des rayons rouges en arrière de la rétine, et que les diamètres des cercles de diffusion rouge et violet soient égaux. C'est alors seulement que le point lumineux paraît monochromatique. Dans cet état de réfraction de l'œil, les rayons simples dont la réfrangibilité tient le milieu entre celle du rouge et celle du violet» c'est-àdire les rayons verts, se réuniraient sur la rétine»

Pour ce motif, ces verres nous offrent un moyen d'une sensibilité assez grande pour déterminer les limites entre lesquelles l'œil peut s'accommoder pour les rayons moyens du spectfe. Ces distances sont celles où l'œil peut voir, sous une seule couleur* un mélange de lumière

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rouge et de lumière violette. La diiï'érence de coloration des bords est accusée très-facilement, môme par un observateur peu exercé, et bien plus facilement que le manque de netteté d'une image blanche. Si, même par rapport à la lumière la plus réfrangible, l'œil est accommodé pour des distances plus grandes que celle du point lumineux, les rayons rouges donnent un cercle de diffusion plus grand que les rayons violets, et l'on voit un disque violet bordé de rouge. Si, même par rapport à la couleur la moins réfrangible, l'œil est accommodé pour une distance moindre que celle du point lumineux, on voit au contraire un cercle de diffusion rouge bordé de bleu.

Toutes les fois qu'un objet émet deux sortes de lumière, différemment colorées et de réfrangibilité très-différente, il se produit des phénomènes analogues à ceux que viennent de nous présenter les verres qui ne laissent passer que le rouge et le violet. Les expériences sur le mélange des couleurs spectrales, que je décrirai plus loin dans l'étude du mélange des couleurs, présentent de ce fait un exemple trèsfrappant.

Avec la lumière blanche, il se produit naturellement aussi une décomposition de la lumière, mais on s'en aperçoit peu dans les circonstances ordinaires. L'observation nous apprend, à ce sujet , que les surfaces blanches situées au delà du point d'accommodation de l'œil apparaissent entourées d'un faible liséré bleu, et que celles situées en deçà de ce point présentent un liséré rouge jaunâtre également peu sensible. Quant aux surfaces blanches pour lesquelles l'œil est exactement accommodé, elles ne présentent au contraire pas de bords colorés tant que la pupille est complètement libre ; mais ces colorations apparaissent dès qu'on avance au devant de l'œil le bord d'une lame opaque, de manière à recouvrir la moitié de la pupille. La limite entre un champ blanc et un champ noir paraît bordée de jaune, si l'on masque la pupille du côté où est situé le champ noir; elle est au contraire bordée de bleu, lorsqu'on recouvre la moitié de la pupille qui est située du même côté que le champ blanc.

Les phénomènes de dispersion que nous venons de rencontrer dans l'œil humain s'expliquent très-facilement par cette circonstance que le foyer postérieur des rayons violets est en avant de celui des rayons rouges.

Soient (fig. 61) A le point lumineux, bfa le plan principal antérieur de l'œil, que nous supposerons coïncider avec le plan de l'iris, v le point de concours des rayons violets, r celui des rayons rouges, ce le plan dans lequel se coupent les rayons marginaux du cône bfi^r des rayons rouges et les rayons marginaux du cône bfi^ des rayons violets

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