‹ Optique physiologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 71 sur 124 · ET K · texte numérisé non relu

ET K

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296 DEUXIÈME PARTIE. - DES SENSATIONS VISUELLES. § i8.

Depuis la première publication de ce qui précède, A. Volkmann a décrit de nouvelles expériences qui l'ont amené à conclure que les cônes de la fovea cen* tralis ne sont pas assez petits pour expliqua l'acuité visuelle de l'homme. Ses principales expériences ont été faites au moyen de deux fils métalliques tendus de\ ant un fond éclairé, et qu'une vis micrométrique permettait de rapprocher jusqu'à ce que leur intervalle devînt imperceptible. Volkmann considérait cet intervalle comme le plus petit objet visible, et il en déduisait encore les franges d'irradiation, qui augmentent l'épaisseur apparente des fils métalliques. En opérant ainsi, il obtenait assurément, pour la grandeur des plus petites images perceptibles, des valeurs excessivement faibles, et qui paraissent de beaucoup moindres que les dimensions des cônes de la rétine. Mais, ainsi que je l'ai déjà expliqué plus haut (p. 29U), des expériences de ce genre ne prouvent pas que les éléments sensibles de la réline soient plus petits que l'image de l'intervalle qui sépare les deux fils ; elles prouvent seulement qu'ils sont moindres que la distance qui sépare les milieux des deux bandes obscures, et dans les expériences de Volkmann, ces distances ne sont pas sensiblement plus petites que ne les ont trouvées les autres observateurs.

Le docteur Hirschmann a répété, avec des systèmes de fils métalliques parallèles, les expériences telles qu'elles sont indiquées plus haut (p. 2-93 et 294), en les soumettant à de nombreuses variations pour trouver les conditions les plus favorables; il est également descendu jusqu'à des valeurs d'environ 50" pour l'angle visuel, ce qui correspond, sur la rétine, à une étendue de 0mn\ 00365. Or, d'après les mensurations les plus récentes, le diamètre des cônes dans la fovea est :

d'après M. Schultze, de 0,0020 à 0,0025;

H. Millier, 0,0015 0,0020;

Welker, 0,0031 0,0036.

D'après ces nombres, les cônes sont assez fins pour répondre à l'exactitude des perceptions dont il s'agit.

Dans d'autres expériences, Volkmann a considéré des lettres, des chiffres et d'autres objets, et il cherche à faire ressortir que le nombre des côues atteints par l'image n'est pas assez considérable pour permettre de distinguer les formes en question. Mais je crois qu'il faut aussi tenir compte ici de ce que, grâce aux mouvements de l'œil, l'image d'une lettre peut se former successivement sur différents groupes de cônes, et successivement aussi, dans des positions différentes relativement à chacun de ces cônes, de sorte que des détails qui pourraient passer inaperçus dans telle position peuvent devenir très-nets dans une autre.

Je ne crois donc pas que nous soyons obligés d'abandonner l'idée que les cônes sont les éléments sensibles de la rétine. D'un autre côté, j'ai déjà indiqué, au sujet de l'anatomie de l'œil (p. 28, 3°), qu'en avant des cônes, il y a d'autres éléments de la rétine, tels que les noyaux striés, auxquels on pourrait aussi attribuer un rôle analogue.

En oculislique, la détermination de l'acuité visuelle se fait, en général, au moyen de lettres de différentes grandeurs, qu'on fait lire à une dislance un pei|

g 18. ACUITÉ DE LA VISION' INDIRECTE. 297

jrande et eu corrigeant, au besoin, la réfraction par des lunettes. On désigne l'acuité visuelle par une fraction dont le numérateur est la distance à laquelle on a encore pu lire ces lettres, et le dénominateur, la distance à laquelle elles apparaissent sous un angle de 5 minutes. Ces dernières distances sont indiquées d'avance sur les échelles typographiques publiées par Snellcn et par Giraud- Teulon. D'après Vroesom de Haan, on trouve en moyenne une acuité visuelle de 1,1 à l'âge de dix ans, de 1 à quarante ans, de 0,5 h quatre-vingts ans; cette acuité diminue d'une manière continue avec les progrès de l'âge. D'après les observations de E. Javal, l'acuité de la vision serait de à 1/3 plus forte que ne l'indique de Haan, après correction de l'astigmatisme et en employant un bon éclairage év alué à 500 bougies situées à un mètre de l'objet.

Aubert et Fôrster ont employé deux méthodes différentes pour examiner l'acuité. , isnelle des parties périphériques de la rétine.

Dans la première méthode, l'observateur regardait une grande feuille de papier (de 5' X 2') couverte de lettres et de chiffres également espacés, à travers un tube mmobile et noirci intérieurement. Ce tube assurait la position de l'œil et le protégeait contre la lumière latérale qui aurait pu l'éblouir. Le papier était roulé sur Jeux cylindres horizontaux, ce qui permettait, après chaque expérience, de changer rapidement la partie vue par l'observateur. Comme les lettres et les nombres étaient disposés d'une manière tout à fait arbitraire, l'observateur ne pouvait jamais deviner des nombres sans les voir. Une bouteille de Leyde, placée devant [le papier, se déchargeait de temps en temps et éclairait alors le papier pendant un instant; dans les intervalles de ces décharges, l'obscurité était suffisante pour que l'observateur ne pût distinguer que la position des lettres, mais nullement leur forme. Un aide mettait, à chaque expérience, la feuille dans une position différente, et l'observateur indiquait à chaque fois les lettres qu'il avait reconnues. On employa quatre feuilles de ce genre couvertes de nombres et de lettres de différentes grandeurs. On pouvait faire varier la distance de l'observateur à ll'objet.

Nommons, avec Aubert, angle d'écart [Raumivinkel), le double de l'angle formé par la ligne visuelle avec la ligne de direction des lettres les plus éloignées qu'on ait vues, ou, en d'autres termes, l'angle visuel qui contient les caractères reconnaissables, et angle des caractères (Zahlenivinkel), l'angle sous lequel les plus grandes dimensions des lettres et des nombres encore lisibles se présentaient à l'observateur; l'expérience apprit que les caractères ayant toits les mêmes dimensions vraies, l'angle des caractères et l'angle d'écart sont dans un rapport à peu près constant : ce n'est que pour des angles d'écart supérieurs à 30° ou hO0, que les angles des caractères étaient un peu plus grands que ne le demandait ce rapport. Au contraire, si la grandeur apparente des caractères employés était constante, on reconnaissait mieux de petits caractères rapprochés que de grands caractères éloignés. Le rapport de l'angle d'écart à l'angle des caractères se présent de la manière suivante :

GR \ n me un VRAIE

DES CARACTÈRES, en millimètres.

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