‹ Optique physiologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 9 sur 124 · SCLÉROTIQUE ET CORNÉE · texte numérisé non relu

SCLÉROTIQUE ET CORNÉE

* Les ouvrages principaux relatifs à l'anatomie et & la physiologie comparée de l'œil, sont *

J Mï'ller, Zur Physiologie des Gesichtssinncs. Leipzig, 182G, S. 315.

R Wagner\ Lehrbuch der verglcichenden Anatomie, 1835. . , ft

J. Mï'ller, Handhuchdep Physiologie des Menschen. Coblenz, 1840, Bd. II, S. duo.

R. Wagner, Lehrbuch der speciellen Physiologie, 1843, S. 383.

y. Siebold und Stannius, Lehrbuch der vergleichenden Anatom.c. Berlin 1»™-

Bergmann und Leuckart, Anatomisch-physiolog.scho Uebersicht des Thierre.chs.

DoSïïSr" Remarques sur certaines dispositions de l'appareil de la vision chez les insectes, in Compt. rend. XLII,p. 941 ; Inst., 1856, p. 194.

Traités généraux relatifs à la structure de l'œil humain.

Th. Sommerring, Abbildungen des menschlichen Auges. Frankfurt a. M., 1801.—

C f" Th^KrAu/b, Handbuch der menschlichen Anatomie. Hannover, 1842, Bd. I, Th. 2.

' S 511-55L — La littérature ancienne de l'anatomie de l'œil, ibid., pages 733-745. E BrUcke, AnatomischeBeschreibung des menschlichen Augapfels. Berlin, 1847. W. Bowman, Lectures on the parts concerned in the opérations on the Eye and onthe

Structure ofthe Retina and the vitreous Humour. London, 1849. A. KiiLLiKER, Mikroskopische Anatomie, oder Gewebelehre des Menschen. Leipzig, 1854, Bd. II, S. 605. — Littérature récente, ibid., pages 734-736.

g 2. — De la sclérotique et de la cornée.

La sclérotique (^pov, tunica albuginea , dura, Sehnenhaut) entoure la plus grande partie de l'œil, détermine sa forme et le protège contre l'action des corps étrangers. Sa forme extérieure diffère notablement de celle d'une sphère; à sa partie postérieure, elle est en effet aplatie, et, à son équateur, elle est enfoncée quelque peu par la pression des muscles droits de l'œil, en haut, en bas, à droite et à gauche, tandis qu'elle est plus bombée dans l'intervalle de ces points. Son plus grand diamètre est dirigé, chez la plupart des individus, du nez vers la tempe et de haut en bas. En avant, la sclérotique reçoit la cornée, dont la courbure est plus forte-, en arrière, légèrement du côté nasal, elle est percée pour laisser pénétrer le nerf optique d (fig. \), et se confond en ce point avec la tunique tendineuse de ce nerf. La sclérotique, comme le montre la figure, est plus épaisse en avant et en arrière qu'à l' équateur de l'œil. L'épaississement antérieur provient de ce que les tendons des muscles de l'œil s'insèrent à la sclérotique et se confondent avec elle. En m, est le point d'insertion du muscle droit interne ; en n, celui du droit externe.

Le tissu de la sclérotique est tendineux ; il est blanc, peu diaphane, flexible, presque inextensible. Par sa composition chimique, c'est un corps transformable en gélatine. Examiné au microscope, il se compose d'un entrecroisement extrêmement serré et résistant de fibres ligamentpuspç qui ont, pour la plupart, une direction parallèle à la surface,

disposition qui rend possible une séparation incomplète de la membrane en lamelles. Entre ces fibres se trouve, comme dans les tendons un réseau de fibres élastiques extrêmement fines qui présentent des épaississements avec des noyaux rudimentaires, aux points où se trouvaient originairement leurs cellules primitives.

La cornée est enchâssée dans la partie antérieure de la sclérotique et présente, dans son ensemble, la forme d'un verre de montre trèsbombé. Sa surface antérieure diffère assez peu de la calotte d'un ellipsoïde de révolution qui aurait tourné autour de son grand axe L'extrémité de cet axe est au milieu de la cornée. La forme de la face postérieure delà cornée n'est pas bien connue. Chez les adultes, la cornée est un peu plus mince au milieu que sur les bords.

La cornée se compose, de dehors en dedans, des" couches suivantes :

1° Un épithélium de cellules plates disposées par couches et formé de substance cornée (épithélium pavimenteux), représenté dans la figure par la ligne pointillée //. Il se continue avec la conjonctive palpébrale. La surface antérieure de cet épithélium est maintenue humide et lisse par les larmes qui l'humectent d'une manière continue.

2° La couche fibreuse de la cornée [substantiel propria corneœ) est la plus épaisse de toutes ; elle est en blanc dans la figure. Elle appartient, par sa composition chimique, aux cartilages , car elle donne de la chondrine par l'ébullition. Elle est formée d'un tissu fibreux sembable à celui de la sclérotique; seulement les fibres s'y réunissent en faisceaux plats dont la surface est parallèle à celle de la cornée, et c'est pour cette raison que la cornée peut aussi être divisée incomplètement en couches. Chez l'adulte, la cornée ne contient pas de vaisseaux sanguins, mais bien, entre les faisceaux de fibres, un système de cellules ramifiées et à noyaux, telles qu'on en voit sous forme de tissu élastique non développé dans certains organes à tissu ligamenteux. Ce sont peut-être ces cellules qui font, à travers la substance de la membrane, l'échange d'humeurs nécessaire à la nutrition de la cornée. A l'éclairage ordinaire, la substance de la cornée paraît complètement transparente. Mais si, au moyen d'une lentille convergente, on vient à concentrer beaucoup de lumière sur un des points de cette membrane, elle paraît trouble, parce qu'alors la lumière, renvoyée par les surfaces des éléments microscopiques • qui la constituent, devient assez abondante pour être perçue.

3° La membrane deDescemet (nommée aussi membrane de. Demours) est une membrane amorphe, transparente et fragile, d'une épaisseur de 0mm,007 à 0mm,015. Elle s'enroule lorsqu'on la sépare de la cornée.

g 2 MENSURATIONS DU GLOBE OCULAIRE. (6) 7

Par sa résistance à l'action de l'eau bouillante des acides et te» elle se rapproche du tissu élastique. Celle de ses faces "4™*

umeur aqueuse porte une couche de grandes cellules forme polygonale, qui est indiquée sur la figure par une ligne ponctuée qu'on voit à la face interne de la cornée.

La surface de séparation de la cornée et de la sclérotique n'est pas normale àla surface du globe oculaire :1a sclérotique déborde , en dehors, et la cornée en dedans. A la surface interne, la cornée est limitée par une circonférence passablement régulière; extérieurement elle présente, au contraire, la forme d'un ovale à grand diamètre horizontal, parce que la sclérotique déborde un peu plus en haut et en bas que sur les côtés. A cette limite, les fibres de la cornée se transforment immédiatement dans celles de la sclérotique.

La membrane de Descemet offre au contraire une disposition bien particulière à la limite de la cornée. La figure 2 (pl. I) présente une coupe de cette région. S y indique la sclérotique; C, la cornée ; c, son épithélium externe, qui vient se prolonger sur la conjonctive; D d, la membrane de Descemet. En /, entre la substance de la cornée et la membrane de Descemet, prend naissance un réseau de fibres élastiques, tandis que la membrane de Descemet semble limitée par un bord tranchant. La couche de fibres élastiques se sépare de la sclérotique pour se réunir plus en arrière à une lamelle a de cette membrane, et il en résulte, au point de séparation de la sclérotique et de la cornée, un conduit annulaire, le canal de Schlemm. Ce canal est limité en dehors par la sclérotique; sa paroi interne, au contraire, se compose en avant de tissu élastique, en arrière de tissu tendineux. A cette paroi interne s'insèrent les parties musculaires de l'uvée. Le canal de Schlemm paraît porter du sang.

Les mesures des dimensions de l'œil sont de la plus grande importance pour l'optique physiologique ; mais elles présentent ordinairement de nombreuses difficultés, parce que d'abord la forme du globe de l'œil et de ses parties constituantes diffère énormément pour des yeux différents, et qu'en second lieu elle est soumise à toutes sortes d'altérations après la mort. Les différences individuelles sont si considérables, qu'on ne peut employer qu'avec de grandes précautions des moyennes d'observations faites sur différents yeux. Lorsqu'il importe d'obtenir des résultats exacts et certains, il est absolument nécessaire de prendre les mesures les plus importantes sur le même œil.

La forme extérieure de l'œil dépend de la pression des liquides qu'il contient. Immédiatement après la mort, une grande partie de ses vaisseaux sanguins se vide, ce qui amoindrit naturellement la pression. Puis la quantité des liquides inté-

mensuration relatL > U ta SïSl^ yeux tres-fcaa ou b.e„ faut-il, à l'exemple de Briicke (l). rJLjïZZZ la pressmu eu par le nerf optique uue canule qu'on ,ne. en „

Sï T" tl'be ïmical COnle,,ant dWenviron^IS méthode suffit pour mesurer les différents diamètres du globe de l'œil Ma s pour nn des éléments optiques les plus importants, la courbure de la" Tue suffit pas de rélabhr approximativement la pression. Le rayon de cou bu r du sommet de la cornée augmenteavec la pression, comme je l'ai trouvé par un procède de mensuration décru plus bas. La raison de ce fait est sans doute que la orme d une membrane contenant un liquide se rapproche d'autant plus de la sphère, que la pression du hquide augmente, parce qu'à surface égale la sphère est de tous les corps celm qui présente le plus grand volume. Lors donc que la pression augmente dans l'œil, la saillie rentrante, par exemple, formée par la jonction de la sclérotique et de la cornée, doit être poussée en dehors, et il doit en résulter une diminution dans la courbure de la cornée.

D'après ces observations, il est clair qu'on donnera satisfaction à un besoin bien réel en déterminant autant que possible sur le vivant les dimensions les plus importantes du globe de l'œil.

Les anciennes mesures ont été prises pour la plupart simplement au compas C. Krause, qui a exécuté un système de mensuration très-étendu, mesurait les dimensions extérieures de l'œil au compas, puis il le partageait en deux parties symétriques : après avoir préalablement tracé la ligne de section, il divisait la cornée, Tins et le cristallin d'un coup de rasoir, la sclérotique avec des ciseaux • il mettait ensuite les deux moitiés dans une capsule contenant une solution dé blanc d'œuf, de manière que la surface de section se trouvât immédiatement audessous de la surface du liquide. Il mesurait ainsi les dimensions de la coupe en partie au compas, en partie avec un micromètre réticulé de verre placé dans l'oculaire d'un microscope à faible grossissement, en partie avec un réseau de carrés en fils métalliques qu'il plaçait à la surface du liquide. Il eut souvent occasion d'employer des yeux très-frais ; sur ces derniers, on peut regarder comme suffisamment certaines les mesures extérieures de la sclérotique. Quant à la courbure de la cornée, dont la valeur dépend de la pression des liquides, elle avait sans doute été considérablement modifiée dans les yeux qui avaient été coupés en deux.

Je donne ici le tableau de Krause pour la forme de huit yeux. Le n° I provient d'un homme noyé à l'âge de trente ans; le n° II est l'œil droit d'un homme de soixante ans tué par une coupure à la gorge; les n°- III et IV sont les yeux gauche et droit d'un homme de quarante ans, pendu; les nos V et VI, les yeux gauche et droit d'un homme de vingt-neuf ans ; les n03 VII et VIII, ceux d'un homme de vingt et un ans : ces deux derniers individus morts décapités. Les mesures sont exprimées en lignes de Paris.

(1) Analomische Beschreibung des menschl. Augapfels, S. à.

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