‹ Optique physiologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 90 sur 124 · RAPPORT DES LONGUEURS D'ONDE · texte numérisé non relu

RAPPORT DES LONGUEURS D'ONDE

Rouge.

Bleu verdâtre.

Orangé.

Bleu.

Jaune d'or.

Bleu.

Jaune d'or.

Bleu.

Jaune.

Bleu indigo.

Jaune.

Bleu indigo.

Jaune verdâtre.

Violet.

Rougt

Jaune d'o> Jaune

Vert

Bleu cy an.

Bleu ind.

Violet

Su

ira

Comme le violet est très-peu intense, j'ai été obligé de réunir tous les rayons extrêmes à partir de la longueur d'onde 1600.

Sur la ligure 113, les abeisses représentent, d'après l'unité que nous venons d'adopter, les longueurs d'onde des couleurs inscrites au bas de la figure, et comprises entre 1500 et 2600 ; les ordonnées, au contraire, représentent les longueurs d'onde des couleurs complémentaires. Les courbes expriment donc les Ion* gueurs d'onde des couleurs complémentaires en fonction de celles des couleurs simples. Sur les bords de la figure se trouvent les noms des couleurs correspondantes aux longueurs d'onde. Les valeurs données par l'expérience sont désignées par de petites croix ou par des traits qui coupent les courbes. La figure nous démontre une remarquable irrégularité de la distribution des couleurs complémentaires dans le spectre. Si l'on s'avance du violet vers le rouge, en longeant la ligne des abeisses, la longueur d'onde de la couleur complémentaire varie avec une excessive lenteur, qui se manifeste par la forme à peu près horizontale de la courbe. Lorsqu'on arrive aux couleurs bleu verdâtre, cette longueur varie, au contraire, avec une rapidité extrême, et la branche ascendante de la courbe se rapproche d'une ligne verticale. Le jaune présente la même particularité, tandis qu'à l'extrémité rouge la variation redevient très-lente. Ce fait est d'accord avec l'observation qu'on a vue au paragraphe précédent, d'après laquelle, aux extrémités du spectre, le ton des couleurs varie très-lentement par rapport à la longueur d'onde, tandis qu'au milieu, au contraire, elle varie très-rapidement. Il n'y a donc aucun rapport ni simple, ni constant, à trouver entre les longueurs d'onde des différentes couleurs complémentaires. Si l'on emploie la terminologie musicale, le rapport varie entre celui de la quarte (1,333) et celui de la tierce mineure (1,20).

Je ferai encore remarquer ici que deux couleurs simples, dont la réunion donne exactement du blanc, sont loin de présenter toujours à

FlG. 113.

§ 20- MELANGE HE DEUX COULEURS SIMPLES. w

[»teil des intensités lumineuses égales. C'est seulement dans le mélange de bleu cyanique et d'orangé que les deux couleurs à mélanger présentent â l'œil une intensité lumineuse à peu près égale. Le violet, l'indigo et le rouge paraissent plus foncés à l'œil que les quantités complémentaires de jaune verdâtre, jaune et bleu verdâtre qui leur correspondent. Comme, d'après ce que nous verrons au paragraphe suivant, des quantités proportionnelles de lumières diversement colorées présentent à l'œil qui les compare des intensités très-différentes lorsque leurs intensités absolues varient, il est impossible d'indiquer des nombres déterminés pour les rapports d'intensité entre les quantités complémentaires des diverses couleurs.

Les couleurs spectrales exercent donc dans les mélanges des pouvoirs colorants différents; on peut dire qu'elles possèdent des degrés de saturation différents. Le violet est le plus saturé; les autres, viennent ensuite, à peu près dans l'ordre suivant :

Violet.

Bleu indigo.

Rouge. Bleu cyanique.

Orangé. Vert.

Jaune.

Il nous reste encore à indiquer les résultats clu mélange de couleurs non complémentaires. — On peut établir à ce sujet la règle suivante : Lorsqu'on mélange deux couleurs simples qui sont moins éloignées dans le spectre qué deux couleurs complémentaires, il en résulte une des couleurs intermédiaires, qui tire d'autant plus sur le blanc que l'intervalle entre les couleurs employées est plus considérable, et qui est, au contraire, d'autant plus saturée que cet intervalle est plus petit. Mais si l'on mélange deux couleurs qui sont plus éloignées, dans la la série spectrale, que des couleurs complémentaires, on obtient du pourpre ou des couleurs intermédiaires entre l'une des couleurs mélangées et l'extrémité correspondante du spectre. Dans ce cas, le mélange est d'autant plus saturé que l'intervalle des couleurs dans le spectre est plus grand, et d'autant plus blanchâtre que cet intervalle est plus petit, tout en restant supérieur à celui des deux couleurs complémentaires.

Ainsi le rouge, par exemple, dont la couleur complémentaire est le bleu verdâtre, donne, par son mélange avec du vert, un jaune blanchâtre qui peut se rapprocher du rouge en passant par l'orangé, ou se rapprocher du vert en passant par le jaune verdâtre, quand on fait varier les proportions du mélange. L'orangé et le jaune verdâtre peuvent aussi, par leur mélange, produire du jaune pur, mais plus saturé que celui

368 (^80) DEUXIEME PARTIE. - DES SENSATIONS VISUELLES. g 20. provenant du rouge et du vert. Si l'on mélange, au contraire, du rouge et du bleu cyanique, on obtient du rose (pourpre blanchâtre), qui peut, en variant les proportions, se rapprocher, soit du rouge, soit du bleu cyanique, en passant par le violet et l'indigo. D'un autre coté, le rouge donne un pourpre saturé, par son mélange avec l'indigo, et encore mieux, avec le violet.

Le tableau ci -dessous donne un aperçu synoptique de ces résultats. Les couleurs simples sont inscrites en tête des colonnes verticales et horizontales. A l'intersection de ces colonnes, on trouve les couleurs mélangées correspondantes qui peuvent, du reste, en faisant varier les proportions, passer par les couleurs intermédiaires pour revenir à l'une des couleurs constituantes.

Violet

Bleu indigo

Bleu cyanique

Vert-bleu

Vert

Jaune-vert

Jaune

Rouge

Pourpre

Rose foncé

Rose blancb.

Blanc

Jaune blanch.

Jaune d'or

Orangé

Orangé

Rose fonce

Rose blancliât.

Blanc

Jaune blancb.

Jaune

Jaune

Jaune

Roscblanchâl.

Blanc

Vert blancliât.

Vert blancliât.

Jaune- vert

Jaune- vert

Blanc

Vert blancliât.

Vert blancliât.

Vert

Vert

Blcublanchât.

Bleu d'eau

Vert-bleu

Vcrt-blcu

Bleu d'eau

Bleu d'eau

Bleu eyan.

Bleu indigo

Du reste, on voit encore, par ces mélanges, que les couleurs spec- • traies sont à des degrés de saturation différents. Ainsi, le rouge mêlé avec un vert d'égale intensité donne un orangé rougeâtre, et le violet, mêlé à un vert d'égale intensité lumineuse donne un indigo voisin du violet. D'un autre côté, les couleurs d'égale saturation, mélangées avec des intensités égales, donnent aussi des couleurs résultantes qui diffèrent à peu près également de leurs composantes.

Le mélange de plus de deux couleurs homogènes ne produit plus de nouvelles couleurs ; le nombre des couleurs est déjà épuisé par les mélanges des couleurs simples deux à deux ; nous avons même déjà vu, par les derniers mélanges, que la plupart des couleurs résultantes peuvent être produites par des associations différentes de couleurs simples prises deux à deux. Les mélanges de couleurs composées donnent, en . général, les mêmes résultats que ceux des couleurs spectrales de même nom. Seulement le mélange est d'autant plus rapproché, du blanc que

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