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SYSTÈME DES SENSATIONS COLORÉES

les couleurs mélangées sont elles-mêmes plus blanchâtres que les couleurs spectrales.

Ainsi, toutes les combinaisons possibles des ondulations de l'éthcr ut- produisent, sur l'appareil nerveux visuel, qu'un nombre relativement restreint d'excitations différentes, qui se font reconnaître par les sensations de couleurs différentes. De ce nombre, nous avons étudié d'abord la série des couleurs saturées, c'est-à-dire les couleurs spectrales et le pourpre, qui en réunit les extrémités. Chacune de ces couleurs peut elle-même présenter, à différents degrés, plus ou moins de blancheur, et plus elles sont blanches, moins elles nous paraissent saturées. Les degrés les plus blancs de ces couleurs passent au blanc pur. Nous avons donc rencontré deux sortes de différences entre les couleurs; les différences de ton et les différences de saturation. Les différences de ton correspondent à celles qui existent entre les couleurs spectrales. Supposons celles-ci mêlées avec des quantités plus ou moins considérables de lumière blanche, et nous obtenons les différents degrés de saturation de chaque ton ; on peut désigner le degré de saturation par le rapport qui existe entre la quantité de lumière saturée et celle de blanc. Il est peu de couleurs blanchâtres auxquelles le langage ait affecté des noms particuliers, comme celui de rose pour le pourpre blanchâtre, de rouge chair pour le rouge blanchâtre, de bleu céleste pour le bleu blanchâtre; le plus souvent on ajoute au nom cle la couleur l'un des mots clair, pâle ou blancliàtre. Ainsi la dénomination de bleu clair répond à peu près au bleu de ciel, celle de bleu pale désigne un bleu plus blanchâtre, enfin le bleu blanchâtre est peu différent du blanc. Il faut remarquer, par rapport au mot clair, qui désigne les couleurs blanchâtres , que le sens propre de ce mot exprime l'intensité lumineuse, et qu'ici le langage usuel ne distingue pas une couleur intense d'une couleur blanchâtre ; ceci s'accorde avec le fait mentionné dans le paragraphe précédent, d'après lequel l'œil attribue un aspect blanchâtre aux couleurs saturées du spectre quand elles sont très-intenses.

Enfin les différences d'intensité lumineuse sont aussi désignées, dans le langage, comme des couleurs, mais seulement en tant que nous considérons les couleurs comme des qualités des corps. Ainsi l'absence de lumière porte le nom d'obscurité, tandis qu'on appelle noir un corps qui ne réfléchit pas la lumière qu'il reçoit; un corps, au contraire, qui diffuse toute la lumière qu'il reçoit, est dit blanc. Un corps s'appelle fjns lorsqu'il réfléchit dans la même proportion tous les rayons lumineux qu'il reçoit; il est coloré s'il réfléchit en plus grande quantité la lumière d'une couleur que celle d'une autre. Ainsi, dans ce sens le

blanc, le gris et le noir sont aussi des couleurs. Les couleurs saturées, de faible intensité lumineuse, sont désignées par le mot sombre ou foncé, connue vert sombre, bleu foncé-, mais lorsque ces couleurs ont des intensités lumineuses très-faibles, on leur applique les mêmes noms qu'aux couleurs blanchâtres peu lumineuses : ainsi le rouge, le jaune, le vert peu intenses s'appellent rouge brun, brun et vert-olive. Lorsque les couleurs contiennent beaucoup de blanc, sous une faible intensité, on les désigne par des noms tels que gris rougeâtre, gris jaunâtre, gris bleu, etc.

Le noir est une sensation véritable, quoiqu'il soit produit par l'absence de lumière. — Nous distinguons nettement la sensation du noir d'avec l'absence de toute sensation. En effet, s'il y a, dans le champ visuel, une place qui n'envoie aucune lumière à notre œil, elle nous apparaît en noir, tandis que les objets situés derrière nous, qu'ils soient clairs ou obscurs, ne nous paraissent pas noirs, mais ne nous donnent aucune sensation. Lorsque nous fermons les yeux, nous avons fort bien conscience que le champ visuel noir est limité, et nous ne l' étendons nullement derrière notre dos. Les parties du champ visuel dont nous pouvons percevoir la lumière, lorsqu'elle existe, sont les seules qui nous paraissent noires lorsqu'elles n'émettent pas de lumière.

L' identité du gris avec le blanc peu lumineux, du brun avec le jaune peu intense et du rouge brun avec le rouge peu intense, se constate facilement en analysant par le prisme la lumière de corps gris, bruns ou rouge brun. La démonstration est plus difficile en [projetant sur un écran de la lumière ayant la couleur et l'intensité considérées ; car nous avons une tendance continuelle à distinguer, dans la couleur et l'aspect d'un corps, ce qui provient de l'éclairage et ce qui réside clans la nature de la surface même du corps. Ilfaut donc disposer l'expérience de telle sorte que l'observateur ne puisse pas reconnaître la présence d'un éclairage particulier. Une feuille de papier gris, placée au soleil, peut paraître plus claire qu'un papier blanc placé dans l'ombre, et cependant la première nous paraît grise et la seconde est reconnue comme blanche; c'est que nous savons fort bien que le papier blanc, placé au soleil, paraîtrait bien plus clair que le papier gris que nous y voyons. Mais si l'on dessine sur du papier blanc un cercle gris sur lequel on concentre la lumière au moyen d'un verre convergent, sans éclairer en même temps le blanc, le gris peut paraître plus blanc que le fond ; dans ce cas, l'influence inconsciente du jugement est exclue et la qualité de la perception ne dépend plus que de l'intensité lumineuse.

J'ai réussi de même à faire paraître brun le jaune d'or du spectre; a cet effet, j'ai éclairé avec cette lumière, à l'aide d'une méthode qu'on

§ 20. REPRÉSENTATION GÉOMÉTRIQUE DU SYST. DES COULEURS. (552) 371 verra plus loin, un petit champ rectangulaire d'un écran blanc non éclairé, et, à côté, avec de la lumière blanche plus intense, un champ plus étendu de l'écran. Dans les mômes circonstances, le rouge a donné du rouge brun, et le vert du vert-olive.

Si nous tenons donc compte de l'intensité lumineuse, nous trouvons que la qualité de toute sensation lumineuse dépend de trois grandeurs variables, l'intensité lumineuse, le ton et le degré de saturation. Il n'existe pas d'autres différences dans la qualité de la sensation lumineuse. On peut énoncer ce résultat de la manière suivante :

La sensation colorée produite par une certaine quantité x de lumière mélangée quelconque, peut toujours être reproduite par le mélange d'une certaine quantité a de hanière blanche avec une certaine quantité b de lumière saturée {couleur spectrale ou pourpre) d'un ton déterminé.

Bien que le nombre des différentes sensations de couleurs reste encore infiniment considérable, cette proposition le restreint cependant dans des limites plus étroites que si toutes les combinaisons possibles des différents rayons de lumière simple pouvaient donner des sensations colorées différentes. Pour déterminer complètement la nature objective d'une lumière mélangée, il faut indiquer combien elle contient de lumière de chaque longueur d'onde; or, comme il existe un nombre infini de longueurs d'ondes différentes, on doit considérer la qualité physique d'une lumière mélangée oomme étant fonction d'un nombre infini d'inconnues. La sensation, au contraire, que produit sur l'œil une lumière mélangée quelconque, peut toujours être considérée comme une fonction de trois quantités variables, et qui peuvent être exprimées numériquement; ce sont : 1° la quantité de lumière colorée saturée; 2° la quantité de lumière blanche qu'il faut ajouter pour produire la même sensation colorée ; 3° la longueur d'onde de la lumière colorée.

Nous obtenons enfin de cette manière un principe d'après lequel on peut classer les couleurs dans un ordre systématique. — En effet, si nous faisons d'abord abstraction des différences d'intensité lumineuse, il ne reste que deux quantités variables dont dépend la qualité de la couleur : ce sont la nuance et le rapport de la lumière colorée à la lumière blanche; nous pouvons donc nous figurer toutes les couleurs disposées sur un plan en des points définis par les deux dimensions de ce plan, comme cela peut se faire pour toute quantité qui dépend de deux variables. La série des couleurs saturées, étant continue avec elle-même, doit être disposée sur une courbe fermée, et Newton a pris à cet effet un cercle (fig. 114) au milieu duquel se trouve le blanc; sur les lignes qui joignent le centre aux différents points de la périphérie, il faut marquer

37'2 {285) DEUXIÈME PARTIE. — DES SENSATIONS ^VISUELLES. § 20. les nuances intermédiaires entre le blanc et les couleurs saturées qui se trouvent aux points correspondants de la périphérie, ces nuances étant placées d'autant plus près du centre qu'elles contiennent plus de blanc. De cette façon, on obtient une table des couleurs qui représente, rangées suivant leurs transitions successives, toutes les espèces possibles des couleurs d'égale intensité. Si l'on voulait tenir compte aussi des différents degrés d'intensité lumineuse des couleurs des corps, il fau-

Fig. 114.

Fig. 115.

drait, à l'exemple de Lambert, avoir recours à la troisième dimension de l'espace; on pourrait même faire converger en une pointe, répondant au noir, les couleurs les plus sombres, où l'on ne peut plus distinguer qu'une quantité de nuances de plus en plus faible. On obtient ainsi une pijramide ou un cône de couleurs. La figure 115 représente trois sections horizontales successives pratiquées dans un semblable cône. La plus grande, répondant à la base, représenterait la même disposition des couleurs que le plus grand cercle de la figure 11 A. La section moyenne, correspondant au milieu du cône, présente sur son bord le rouge brun, le brun, le vert-olive et le gris bleu; à son centre se trouverait le gris ; enfin la plus petite des trois, prise près du sommet du cône, représente le noir, comme on le voit sur la figure.

Newton s'est encore servi de la disposition des couleurs sur un plan pour exprimer la loi du mélange des couleurs. — Il supposait représentées par des poids les intensités des lumières mélangées, supposait ces poids situés sur la table des couleurs au point affecté à chacune, et, construisant le centre de gravité de ces poids, sa position devail donner celle cle la couleur résultante, et la somme des poids devait en exprimer l'intensité. Grassmann a développé et exprimé les principes qui étaient cachés derrière ce procédé de Newton. A cette proposition énoncée plus haut, que :

1° Toute couleur résultante présente le même aspect que le mélange

§ 20. CONSTRUCTION DE LA TABLE GÉOMÉTRIQUE DES COULEURS. {284) 373 du blanc avec une certaine couleur saturée, il faut ajouter les propositions suivantes :

2° Lorsque l'une des deux couleurs qui doivent composer un mélange varie d'une manière continue, l'aspect de la couleur résultante varie aussi d'une manière continue.

3° Lorsqu'on mélange des couleurs de même aspect, on obtient des mélanges de même aspect.

En admettant ces trois principes, on peut établir sur un plan une disposition des couleurs qui permette de trouver la couleur résultante par une construction de centre de gravité. Nous désignerons sous le nom de table géométrique des couleurs un semblable tableau qui donne les couleurs résultantes d'après le principe de la construction du centre de gravité. Gomme les intensités lumineuses des différentes couleurs ne sont pas susceptibles d'être comparées par l'œil d'une manière générale, il faut se réserver, pour chaque table de ce genre, d'établir soi-même l'unité de quantité lumineuse de chaque couleur d'après la loi de Newton sur le mélange des couleurs. Il suffit de prendre arbitrairement trois couleurs, telles qu'aucune d'elles ne puisse être produite parle mélange des deux autres, de leur donner arbitrairement sur la table trois positions qui ne soient pas en ligne droite, et de fixer arbitrairement l'unité de leur intensité lumineuse, pour que la position et l'unité d'intensité de chaque autre couleur de la table soient déterminées.

Construction de la table géométrique des couleurs.

Supposons qu'on ait choisi les trois couleurs A, B, C, qu'on prend pour points de départ, qu'on ait défini les unités de leurs intensités lumineuses et leurs positions sur la table des couleurs, que nous indiquons par a, b et c sur la fig. 1 16 ; mêlons une quantité a de A avec une quantité de (3 de B, et plaçons la couleur résultante au centre de gravité commun des poids a et (3, supposés appliqués le premier en a et le second en b. Le centre de gravité cl est sur la ligne al) qui joint les points d'application des deux poids, et il faut qu'on ait

a X ad — (3 X bd.

De même, en général, toutes les couleurs résultant de mélanges de A et B, se trouvent sur la ligne ab. Si, aux quantités a et (3 des couleurs A et B, on veut mélanger la quantité y de la couleur C, on peut d'abord supposer les quantités a et (3 mélangés comme précédemment, et leur résultante, dont la valeur sera désignée par « -f (3, appliquée en d; il reste à construire le point d'application e de la

résultante des deux poids « + (3 et y, appliqués en d et en c; ce point doit

37i (285) DEUXIÈME PARTIE. — DES SENSATIONS VISUELLES. § 20. trouver sur la ligne cd. On obtient ainsi la position de la couleur résultante, dont la quantité doit être

On obtient aussi par celte équation l'unité d'intensité lumineuse pour celte couleur : cette unité est

De ce qui précède, il résulte que toute couleur provenant du mélange de A, B et C, doit se trouver dans l'intérieur du triangle abc ; la position et l'unité d'intensité se déterminent pour chacune d'elles de la manière qu'on vient de voir.

Supposons maintenant qu'on ait déterminé les positions et les imités de toutes les couleurs pouvant provenir du mélange de A, B et C, il devient également possible de déterminer les positions et les unités de toutes celles qui ne peuvent pas provenir du mélange de ces couleurs. Soit M une semblable couleur. On peut toujours prendre, de cette couleur, une quantité p assez petite pour que le résultat de son mélange avec l'une des couleurs du triangle se trouve encore situé dans le triangle; qu'on la mélange, par exemple, avec la quantité e, mesurée d'après l'unité déjà établie, de la couleur qui se trouve en e. Si l'on imagine que la quantité de la couleur M soit d'abord infiniment petite, et qu'elle augmente ensuite d'une manière continue jusqu'à devenir égale à p, la couleur résultante sera d'abord celle qui est en e, puis, d'après la proposition 2°) précédente, elle changera d'une manière continue, c'est-à-dire qu'elle passera par la série continue des couleurs voisines. Lorsque la quantité de M est devenue égale à p, soient f la position et <p l'intensité de la couleur résultante, et supposons que f soit encore à l'intérieur du triangle. D'après notre règle, on doit avoir d'abord

tp = e + p .

Par ce moyen, la quantité p. est ramenée aux unités que nous avons adoptées. En second lieu, il faut que /'soit le centre de gravité des quantités ^ appliquée en m et e appliquée en e , c'est-à-dire que m doit être sur le prolongement de la ligne ef, et qu'on doit avoir

mf z ef (x

La position et l'unité de mesure de la couleur M sont déterminées, et l'on peut procéder de même pour toutes les autres couleurs qui ne peuvent pas provenir du mélange de A, B et C.

Démonstration de l'exactitude de cette construction.

Il nous reste maintenant à faire voir que, dans une table de couleurs ainsi construite, pour laquelle on a déterminé de la manière indiquée les unités de mesure de l'intensité lumineuse des différentes couleurs, la couleur résultant du mélan$i de deux couleurs déterminées quelconques se trouve au centre de gravité de ces

§ 20. CONSTRUCTION DE LA TABLE GÉOMÉTRIQUE DES COULEURS. 375 deux- couleurs, et que son intensité lumineuse, mesurée d'après les unités établies, est égale à la somme des quantités des lumières mélangées.

Si nous désignons par les coordonnées rectangulaires xl,yl ; ar2, y2; x3, .V3î etc., les positions des points pesants m,, m.,, w3, etc., nous obtenons les coordonnées X et Kdu centre de gravité par les équations

A' (m, -f- m3 -}- ma + etc.) = m( coi -J- m* £P, + m3 x3 H" etc- Y (m, -[- '"s + î,l3 + etc>) = mi yi + mi V* + w3 Va + elc-

Nous désignerons, dans ce qui suivra, par xn et yn les coordonnées d'un point désigné par une lettre quelconque n.

A. — Soient à mélanger deux couleurs E0 <tf E,, qui peuvent elles-mêmes provenir du mélange des trois couleurs A, Be^C qu'on a choisies d'abord. — Soient e0 et £, les quantités des couleurs E0 et E \ qui résultent du mélange des quantités correspondantes «0, (30 et y0 , a,, $K et y4 des couleurs A, Z? et C; si nous désignons par x0 et y0 les coordonnées de la position de c0, par xl et y% celles de la position de nous obtenons, d'après la construction connue :

xo («o+Po + 7o) = «o^ + Po xb + 7o xc , xi («i + Pi + Vi) = «i œa+P, xb -fy, .rc ;

y0 («o +Po +Vo) = «o y« + Po !/6 + y0 y* , Vi («i +Pi = ai y« + Pi y& + n y<> ;

£o = «o + Po + 7o »

El = «1 + f3! + Vi'

Maintenant, d'après le principe 3°, suivant lequel le mélange de couleurs de mêmet aspect donne des couleurs résultantes de même aspect, la couleur résultan de c0 et de et est la même que celle qui résulte de «0 + j30 + y0 et de a4+ (3, + y,; de plus, dans la construction de la table, on obtient les coordonnées A et Y de la position de ce mélange par les équations

|(«o +Po+.Vo + «i+P1+y1) = («o + «1)asa + (Po + P1)as6 + (yo + yi)«c

y («o + Po+yo + «,+Pi+y.) = («o + «,)!/a+((3o+Pi)y6 + (yo+y1)yc,

ou bien on peut, au moyen des six équations posées plus haut, éliminer xa, xb, xc et y a, yb,yc, ce qui donne

x (£o + £i) = to œo + £i xi >

c'est-à-dire que les coordonnées x et y de la couleur qui résulte de e0 et £, sont les mêmes que celles du centre de gravité de t0 et e,.

La quantité de lumière q du mélange de e0 et e, doit aussi être égale à la quantité de lumière produite par le mélange des quantités de couleurs de même aspect, ao +(30 +y0 cta, + (3, +yn c'est- à-dirc

? = «o + Po + y0 + «4 + (3, + y, = c0 + e/,

878 ('280) DEUXIÈME PARTIE. — DES SENSATIONS VISUELLES. § 20. ce qui démontre l'exactitude de la construction pour toutes les couleurs pouvant provenir de A, B et Q, sur la table construite de la manière indiquée.

B. — Soient à mélanger deux couleurs M0 et M, qui ne peuvent pas provenir du mélange de A, B etC. — Soient x(), y0 les coordonnées et la quantité de la couleur M0 ; soient x\ et yl les coordonnées et lii la quantité de la couleur Mv Supposons qu'on ait trouvé la position de M0 sur la table des couleurs parce que la quantité p0 mêlée avec la quantité e0 de la couleur E située au point e a donné la quantité <p de la couleur F située en f; on a

eo 4" Fo — V »

y Xf = s0xe -f- p.0 aj0 ,

? 2//" = £0 Vc + Fo î/o-

De même, supposons qu'on ait déterminé la position de la couleur il/, par ce fait que la quantité mêlée avec la quantité t\ de la couleur E a donné la quantité û de la couleur G située en g ; on a

£i + Fi = + >

^ = e , a?e -f- p'4 cci -,

l»Jg — «4 î/e + Fi !/*•

Pour déterminer de la même manière la position de la couleur provenant du mélange de p(, et de u,, mélangeons-la avec la quantité c0 -f- e, delà couleur E. Cela revient à mélanger les quantités cp et ^ des couleurs F et Soient £ et y les coordonnées de cette couleur résultante, données par les équations

(<p + ^) Ç = ? xf + J» œ3 , (y + 40 u = ? !//" + + Wff-

On obtient alors les coordonnées JTet F du mélange de fx0 et f*,, dont on désignera la quantité, encore indéterminée, par*?, au moyen des équations

(«p 4- $ l = (e0 + e,) *e + >j AT,

Si, à l'aide des équations précédentes, on élimine ici cp, ^, £fi et ye , on obtient les équations

Fo ^0 + Fi xi = « Z' Fo ?/o + F! = *> y> Fo + Fi = 77 '

d'après lesquelles le mélange de ,xa et de f*,, est bien situé, comme on le demande, au centre de gravité des deux poids, et sa quantité est égale à la somme de ces deux quantités,

g 20. CONSTRUCTION QE LA TABUE GÉOMÉTRIQUE DES COULEURS. (»S7) 377 . G -Soient à mélanger deux couleurs, l'une pouvant, et V autre ne pouvant pas résulter de A, B et G. — La marche est analogue à celle suivie en B. Soit la quantité de la couleur qui ne peut pas résulter de A , B, C ; supposons nue ses coordonnées x0 et y0 soient données par ce fait que, mêlée à la quantité £0 de la couleur située en L\ la couleur proposée a donné La quantité y de la couleur située en F, On a alors

Po ®o + £o 'T« = <?xr i

Po I/o + £o !/« = fWi Po + «o = ¥•

On obtient la position de la couleur * provenant du mélange de p0 avec une couleur (i, pouvant provenir de A, C et située en G\ en mêlant vj avec r0 et exécutant la construction connue. Mais comme vj est composée de Fo et p,, on peut aussi mélanger d'abord Po et e0, ce qui, d'après la proposition 3°, donne la quantité <p de la couleur située en F, et mélanger ensuite <p et pv Le centre de gravité commun de ces deux quantités donne la position du mélange de r, avec e0 ; ses coordonnées £ et v sont données par les équations

(<P + Pi) £ = ? xt + Pœ9 >

(<p + Pi) u = <?vr + p1^-

On peut obtenir maintenant les coordonnées A'et F de y, d'après la règle de construction, à l'aide des équations

(<p + pj v = „ F + e0 vc , u> -f- fi, = n + e0 ,

d'où l'on déduit enfin

nX = [x0 x0 + ft, xg ,

»» F = Po Vo + Pi »

" = Po + Pi-

Jusqu'ici nous n'avons employé, pour déterminer la position des couleurs ne pouvant pas provenir de A, B et C, que leur mélange avec une seule couleur E. Mais la dernière proposition fait voir que l'emploi de toute autre couleur G donnerait les mêmes résultats pour ces déterminations.

On ne peut pas prévoir quelle sera la forme de la courbe sur laquelle viendront se placer les couleurs simples, par suite d'une construction semblable. Cette courbe pourra même être très-différente suivant le choix des trois couleurs avec lesquelles on commence la construction, et suivant leurs unités de mesure, qu'on choisit arbitrairement. L'unedes unités de mesure doit toujours rester arbitraire ; il en est de même de la position de deux des trois points où l'on place les trois couleurs choisies. La forme de la courbe dépend encore des quatre autres

378 (988) DEUXIÈME PARTIR. - DES SENSATIONS VISUELLES. § 20. données. On peut donc encore imposer quatre conditions qu'on pourra satisfaire en général par un choix convenable des quatre grandeurs arbitraires. Ainsi, on pourrait demander que, dans la table des couleurs, cinq couleurs choisies arbitrairement soient toutes à égale distance du blanc. Dans ce cas, la courbe qui limite la table des couleurs, et qui contient les couleurs simples, différerait à peine du cercle dl Newton tel qu'il est représenté par la figure 114 ; seulement, entre le rouge extrême et le violet, la surface serait limitée par la corde qu'on voit sur la figure, au lieu de l'arc, parce que le pourpre, qui ne peut résulter que du mélange de ces deux couleurs extrêmes, se trouverait sur la ligne droite qui joint ces deux couleurs. Il résulte, en outre, du principe de construction, que deux couleurs complémentaires sont toujours situées aux extrémités opposées d'un diamètre du cercle; car la couleur résultante blanche doit toujours se trouver sur la ligne de jonction des couleurs dont elle est composée. Cette condition est aussi remplie sur la figure ll/i.

En ce qui concerne les unités d'intensité lumineuse relatives au différentes couleurs, et que nous avons laissées indéterminées jusqu'ici, dans le cas où le champ des couleurs est limité par une circonférence, il faudrait considérer comme égales les quantités complémentaires de couleurs complémentaires, c'est-à-dire les quantités dont le mélange donne du blanc; en effet, d'après l'hypothèse, le blanc, qui en résulte, est situé à égale distance des deux ; or, le centre de gravité de deux poids ne peut être situé au milieu de la ligne qui les joint, que si les poids sont égaux. De plus, la disposition circulaire amènerait à considérer comme égales des quantités de couleurs non complémentaires entre elles, qui, mélangées chacune avec une quantité suffisante de leur couleur complémentaire, produisent des quantités égales de blanc. Il résulte déjà de ce qu'on a vu plus haut au sujet des différents degrés de saturation des couleurs spectrales, que les quantités que nous considérons ici comme égales sont loin d'offrir à l'œil la môme intensité. Cependant on verra, dans le paragraphe suivant, que la comparaison des intensités, faite par l'œil pour des intensités lumineuses absolues différentes, donne des résultats très-différents , tandis qu'au contraire la détermination de l'unité de mesure de différentes couleurs d'après le résultat du mélange conserve du moins la même valeur pour tous les degrés d'intensité lumineuse.

Si l'on veut, au contraire, dans la table des couleurs, considérer comme égales des quantités de lumière colorée qui, pour une certaine intensité absolue, présentent à l'œil des intensités égales, la courbe des couleurs simples devient toute différente, et analogue à celle reprél

Rouge

pourpre Fig. 117.

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