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XII

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(Die Identitatslehre, in Sonderheit mit Riicksicht auf paralytische Diplopie.)

§ 33. — Antagonisme «les eEaanaps viistsels.

Nous avons vu, dans les deux paragraphes précédents, que dans la vision binoculaire naturelle, nous projetons devant nous, dans l'espace, des images des objets solides ; mais que, d'un autre côté, lorsque nous portons notre attention sur le champ de vision commun à nos deux yeux, nous pouvons voir, comme superposées l'une à l'autre à la surface de ce champ, les deux projections perspectives différentes que les objets produisent sur nos rétines. C'est le premier de ces deux modes de vision qui se présente de préférence lorsque nous regardons des objets solides, et que, par suite, notre attention est concentrée sur ces objets. Nous dirigeons toujours alors les lignes visuelles des deux yeux sur l'objet qui attire notre attention, et par conséquent nous le voyons toujours simple et net, sans nous préoccuper des objets plus rapprochés et plus éloignés, qui pourraient paraître doubles à la vision plus ou moins indirecte. Pour voir des images doubles, il faut au contraire considérer nos impressions visuelles en elles-mêmes et chercher à faire abstraction des objets que nous percevons. Le moyen le plus commode pour voir les images doubles et les phénomènes correspondants de congruence et d'incongruence des différents points des deux champs visuels, c'est de regarder, non pas les objets réels, mais deux dessins différents qui présentent des lignes et des champs différemment colorés ou éclairés, et analogues à ceux que nous avons employés pour trouver les parties correspondantes des champs visuels.

§ 32. ANTAGONISMl^ DES CHAMPS VISUELS. {167) 965

Dans les cas que nous avons vus jusqu'ici, les images doubles étaient plus ou moins semblables aux images que pourrait offrir un seul et même objet extérieur, et, pour cette raison, elles étaient pour nous les signes familiers et facilement reconnaissables d'un objet situé hors de riioroptère, de sorte qu'elles pouvaient encore nous servir à apprécier à peu près exactement la distance de l'objet.

Nous avons encore à examiner les cas où les deux champs visuels sont remplis de formes tout à fait différentes, qui ne peuvent pas être combinées pour former l'image d'un objet unique. — Dans les cas de ce genre, on voit en général deux images simultanées qui se superposent dans le champ de la vision. Mais ordinairement l'une ou l'autre de ces images prédomine plus ou moins dans telle ou telle partie du champ ; quelquefois il se produit une alternance telle qu'aux endroits où, pendant un certain temps, on ne voyait que des parties de l'une des images, on voit celle-ci s'effacer pour faire place à des parties de l'autre. La dénomination antagonisme ou de lutte des cJiamps visuels nous servira à désigner cette alternance dont l'effet est de faire apparaître des parties des deux images tantôt simultanément, tantôt successivement au même endroit.

Les cas les plus simples et les plus réguliers sont ceux où l'un des champs visuels présente une coloration ou un éclairage uniformes dans toute son étendue ; on ne remarque alors que les objets contenus dans l'autre champ. — Ainsi, lorsque après avoir fermé un œil, on regarde une page d'impression, on voit les caractères et le papier blanc sans remarquer l'obscurité du champ visuel de l'œil fermé. Il faut observer que le papier ne paraît pas sensiblement plus foncé que lorsqu'on le regarde avec les deux yeux. Le noir de l'un des champs ne se mêle donc pas au blanc de l'autre ; il n'a aucune influence sur l'apparition de l'autre image.

Il en est de même lorsque, ayant ouvert l'œil qui était fermé, on tient tout près de lui une feuille de papier blanc, de manière que son champ visuel, qui était obscur auparavant, soit uniformément éclairé en blanc. Dans ce cas également, on voit sans modification les caractères contenus dans l'autre champ, et si le papier blanc uniforme n'est pas plus clair que l'autre, ce dernier ne paraît pas plus clair lorsque l'autre champ visuel est uniformément blanc que lorsqu'il est uniformément noir. Mais si l'on se tourne de telle façon que le papier blanc uniforme soit vivement éclairé par le soleil, dès qu'on ouvre le second œil, on croit assurément voir le papier imprimé devenir plus clair que précédemment.

Il en est encore de même lorsqu'une grande partie seulement deTun

966 {768) TROISIÈME PARTIE. — DES PERCEPTIONS VISUELLES. § 32. des champs visuels est uniformément éclairée tandis que la partie correspondante de l'autre contient des dessins. Si l'on contemple, par exemple, les lettres

en plaçant les yeux de telle façon que les deux ^^ se superposent en un seul, on voit la disposition

et, dans cette image, A et G ne sont pas sensiblement plus foncés que la lettre B vue binoculairement. Ainsi, dans ce cas, on ne voit à gauche de B que la partie du champ visuel gauche qui contient A ; de même, à droite de B^ on voit le C du champ visuel droit, tandis que le fond blanc uniforme de l'autre champ ne s'y fait pas du tout remarquer.

S'il y a, dans les deux champs visuels, de larges figures noires et blanches dont les limites se coupent dans le champ visuel commun, cette règle est satisfaite, en général, que chaque champ visuel prédo-

mine le long et à côté des contours qui appartiennent à ce champ. Si l'on amène donc les deux bandes noires de la figure F (pl. XI), à se superposer de telle façon que les points blancs marqués au milieu de ces bandes coïncident, il en résulte une image analogue à celle de la figure 21 0. Les bandes présentent l'aspect d'une croix dont le miheu est tout à fait noir, parce qu'il est formé par la superposition de deux parties noires.

FiG. 210.

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