‹ Optique physiologiqueChapitre 10 sur 228 · MENSURATIONS DU GLOBE OCULAIRE · texte numérisé non relu

MENSURATIONS DU GLOBE OCULAIRE

Par sa résistance à l'action de Teau bouillante, des acides et des alcalis, elle se rapproche du tissu élastique. Celle de ses faces qui répond à l'humeur aqueuse porte une couche de grandes cellules épithélialep de forme polygonale, qui est indiquée sur la figure par une ligne ponc* tuée qu*on voit à la face interne de la cornée.

La surface de séparation de la cornée et de la sclérotique n'est pas normale à la surface du globe oculaire : la sclérotique déborde en dehors, et la cornée en dedans. A la surface interne, la cornée est limitée par une circonférence passablement régulière; extérieurement, elle présente, au contraire, la forme d'un ovale à grand diamèlre horizontal, parce que la sclérotique déborde un peu plus en haut et; en bas que sur les côtés. À cette limite, les fibres de la cornée se transforment immédiatement dans celles de la sclérotique.

La membrane de Descemet offre au contraire une disposition bien particulière à la limite de la cornée. La figure 2 (pi. I) présente une coupe de cette région. S y indique la sclérotique; C, la cornée ; c, son épithélium externe, qui vient se prolonger sur la conjonctive ; D rf, la membrane de Descemet. En /, entre la substance de la cornée et la membrane de Descemet, prend naissance un réseau de fibres élastiques, tandis que la membrane de Descemet semble limitée par un bord tranchant. La couche de fibres élastiques se sépare de la sclérotique pour se réunir plus en arrière à une lamelle a de cette membrane, et il en résulte, au point de séparation de la sclérotique et de la cornée, un conduit annulaire, le canal de Schlemm. Ce canal est limité en dehors par la sclérotique; sa paroi interne, au contraire, se compose en avant de tissu élastique, en arrière de tissu tendineux. A cette paroi interne s'insèrent les parties musculaires de l'uvée. Le canal de Schlemm paraît porter du sang.

Les mesures des dimensions de i'œil sont de la plus grande importance pour Toptique physiologique ; mais elles présentent ordinairement de nombreuses difiScultes, parce que d'abord la forme du globe de foeil et de ses parties constituantes diffère énormément pour des yeux différents, et qu'en second lieu elle est soumise k toutes sortes d'altérations après la mort Les différences individuelles sont si œnsidérabies, qu'on ne peut employer qu'avec de grandes précautions des moyennes d'observations faites sur différents yeux. Lorsqu'il importe d'obtenir des résultats exacts et ceruins, il est absolument nécessaire de prendre les mesures les plus importantes sur le même œil.

La forme extérieure de l'œil dépend de la pression des liquides qu'il contient. Immédiatement après la mort, une grande partie de ses vaisseaux sanguins se vide, ce qui amoindrit naturellement la pression. Puis la quantité des liquides inté-

8 (7) DESCRIPTIOiN ANATOMIQLE DE UŒAL. § 2.

rieurs diminue peu à peu par voie d'endosmose, de manière que le globe de l'œi devient flasque et que les membranes, notamment la cornée, se plissent Aussi les mensurations relatives à la forme du globe de Tœil doivent-elles se faire sur des yeux très-frais, ou bien faut-il, à l'exemple de Brûcke (1), rétablir artificiellement la pression en introduisant par le nerf optique une canule qu*on met en communication avec un tube vertical contenant une colonne d*eau d'environ 0'",6. Cette méthode sufiSt pour mesurer les différents diamètres du globe de l'œil. Mais pour un des éléments optiques les plus importants, la courbure ^e la cornée, il ne sufiBt pas de rétablir approximativement la pression. Le rayon de courbure du sommet de la cornée augmente avec la pression, comme je l'ai trouvé par un procédé de mensuration décrit plus bas. La raison de ce fait est sans doute que la forme d'une membrane contenant un liquide se rapproche d'autant plus de la sphère, que la pression du liquide augmente, parce qu'à surface égale la splière est de tous les corps celui qui présente le plus grand volume. Lors donc que la pression augmente dans l'œil, la saillie rentrante, par exemple, formée par la jonction de la sclérotique et de la cornée, doit être poussée en dehors, et il doit en résulter une diminution dans la courbure de la cornée.

D'après ces observations, il est clair qu'on donnera satisfaction k un besoin bien réel en déterminant autant que possible sur le vivant les dimensions les plus imiwrtantes du globe de l'œil.

Les anciennes mesures ont été prises pour la plupart simplement au compas. C. Krause, qui a exécuté un système de mensuration très-étendu, mesurait les dimensions extérieures de l'œil au compas, puis il le partageait en deux parties symétriques : après avoir préalablement tracé la ligne de section, il divisait la cornée, l'iris et le cristallin d'un coup de rasoir, la sclérotique avec des ciseaux ; il mettait ensuite les deux moitiés dans une capsule contenant une solution de blanc d'œuf, de manière que la surface de section se trouvât immédiatement audessous de la surface du liquide. Il mesurait ainsi les dimensions de la coupe en partie au compas, en partie avec un micromètre réticulé de verre placé dans l'oculaire d'un microscope à faible grossissement, en partie avec un réseau de carrés en fils métalliques qu'il plaçait à la surfoce du liquide. Il eut souvent occasion d'employer des yeux très-frais ; sur ces derniers, on peut regarder comme suffisamment certaines les mesures extérieures de la sclérotique. Quant à la courbure de la cornée, dont la valeur dépend de la pression des liquides, elle avait sans doute été considérablement modifiée dans les yeux qui avaient été coupés en deux.

Je donne ici le tableau de Krause pour la forme de huit yeux. I^e n° I provient d'un homme noyé à l'ûge de trente ans ; le n*^ II est l'œil droit d'un homme de soixante ans tué par une coupure à la gorge; les n°' III et IV sont les yeux gauche et droit d'un homme de quarante ans, pendu; les n°' Y et YI, les yeux gauche et droit d'un homme de vingt-neuf ans ; les n"' VII et VJII, ceux d'un homme de vingt et un ans : ces deux derniers individus morts décapités. Les mesures sont exprimées en lignes de Paris.

(1) Ânatomische Beschreibun; des menschl. Àugapfels, S. à.

Page 1