‹ Optique physiologiqueChapitre 9 sur 228 · FORMES DE L'ORGANE VISUEL EN GÉNÉRAL. (S · texte numérisé non relu

FORMES DE L'ORGANE VISUEL EN GÉNÉRAL. (S

simples des crustacés, des arachnides et des insectes, chez lesquels on distingue le plus souvent un cristallin et un corps vitré derrière la cornée, pour arriver à ceux des mollusques, et notamment à ceux des céphalopodes, lesquels ressemblent déjà beaucoup à ceux des vertébrés. Comme les éléments microscopiques des tissus animaux, et notamment ceux du sjfstème nerveux, ont des dimensions assez peu différentes dans toutes les classes, et que l'exactitude de la vision dépend essen-> dellement du nombre des éléments impressionnables, mais que, d'autre part, le nombre de ces éléments doit être sensiblement proportionnel à la surface postérieure du corps vitré des yeux simples, on peut bien admettre, en général, que l'exactitude de la vision de ces yeux est directement proportionnelle à leurs dimensions linéaires.

Les yeux composés se trouvent chez les crustacés, où ils présentent souvent aussi comme une agglomération d'yeux simples allongés en forme de cônes. C'est chez les insectes qu'on les rencontre principale* ment. Leur surface extérieure est arrondie, et forme souvent plus de la moitié ou même les deux tiers d'une sphère. Au centi-e de la sphère se trouve un renflement nerveux du nerf optique qui envoie des fibres de tous côtés dans une direction rayonnante vers les corps vitrés coniques, qui offrent également une disposition rayonnée. La base de ces corps vitrés est tournée vers la cornée, qui présente généralement à sa surface externe ime facette carrée ou hexa- S gonale, passablement plane, correspondante à chaque cône, mais qui, intérieurement, présente souvent une saillie de forme lenticulaire. Chaque cône transparent est séparé des autres par une cloison pigmentaire en forme d'entonnoir, dans laquelle il est emboîté. Je représente ici, d'après Joh. Mûller (1), quelques-uns de ces cônes faisant partie de l'œil d'une phalène. Les facettes de la cornée sont désignées par a ; 6 désigne les cônes transparents ; c, les fibres du nerf optique; rf, le pigment qui les sépare.

Si chaque cône recevait un seul filet nerveux, le champ de la vision ne se diviserait qu'en autant de pailies qu'il y a de cônes. Cependant Gottsche (2) a démontré récemment qu'une image optique des objets placés devant l'œil se dessine à l'extrémité interne des cônes, de ma-

FlC. 1.

1) Zur vergleichendcn Physiologie des Gesichtssinncs* Leiptig^ 1826, S. 349, Taf. VU,

rif.5.

(2) J.MûUer^s Àrthiu Jur AmUmd Physiol., 1852, S. A83.

h (1) DE5CRIPTI0.\ .V>ATCMIIOUE DE LïfJL. § I.

nicre que, dans chaque cône, 'û puisse encore se jM^doire une séparation des différentes impressions, s'il se trouve, dans chacun, pluâeurs éléments nerveux sentes. Admettant qu'il n'y ait qu'un seul de ces éléments dans chaque cône, la réfiraction de la lumv^ serait cependant mile, en 'concentrant sur Feitrémîté du filet nerveux les rayons parallèles à Taxe du cône, et en séparant, mieux que ne le feraient les cloisons seules, ceux qui proviennent des points voisins dans le champ de vison.

J'ai refM^senté (pi. I, fig. 1) une coupe horizontale de Fœil de rhooune avec im grossissement de cinq fois ; l'œil des vertébrés ressemble à celui de l'homme dans ses parties principales. Ces yeux contiennent les parties transparentes suivantes :

1* V humeur aqueuse dans la chambre antérieure de l'œil B;

2* Le cristallin A ;

?• Le corps vitré C.

Ces parties sont contenues dans trois systèmes d'enveloppes qui s'emboîtent réciproquement :

!• Le système de la rétine i et de la zotiule de Zinn e renferme directement l'humeur vitrée, et adhère par sa partie antérieure au cristallin >l.

2* Le système de Yuvée se compose de la choroïde y, indiquée par un trait noir plus fort, du corps ciliaire A, et de Y iris b. Il entoure le système précédent, ainsi que le cristallin, et présente, seulement à la partie antérieure du cristallin, une ouverture, la pupille.

3» La coque solide de l'œil, qui est composée d'une partie postérieure plus grande, formée par la sclérotique^ membrane blanche et opaque, et d'une partie antérieure, de moindre étendue, constituée par la cornée^ membrane cartilagineuse et transparente. Sur le vivant, on voit, entre les paupières, la partie antérieure de la sclérotique (le blanc de rœîl) , et derrière la cornée, qui est transparente et forme une saillie, l'iris sous l'aspect d'un anneau brun ou bleu, ayant à son centre la pupille.

On appelle axé de tœil une ligne passant par le centre de la cornée et par celui de l'œil entier ; parce que l'œil se présente, approximativement du moins, comme un corps de révolution qui aurait pour axe une semblable ligne. On nomme plan équatorial un plan perpendiculaire à cet axe et passant par le plus grand diamètre du globe de Tœil.

Je donnerai, dans les paragraphes suivants, une description des diverses parties de Tœil ; mais je n'entrerai naturellement dans les détails qu^autant qu'il est nécessaire pour l'intelligence des fonctions de cet organe.

§ 3. SaÉROTIQUE ET CORNÉE. 5

Les ottTrages principaux relatifs à ranatomie et à la physiologie comparée de l'œil, soQt :

J. MfLLEB, Zur Physiologie de^ Gesichtssinnes. Leipzig, 1826, S. 315.

R. Waghek, Lehrbuch der vergleichenden Anatomie^ 1835.

J. MCllcr, Handbuchder Physiologie des Menschen. Coblenz, 18A0, Bd. Il, S. 305.

R. Wagher, Lehrbuch der speciellen Physiologie, 1843^ S. 383.

V. SmoLD und STÀNinus, Lehrbuch der vergleichenden Anatomie. Berlin, 1848.

BEBGifAïav und Leuckart, Anatomisch^physiologische Uebersicht des Thierreicbs.

Stuttgart, 1852.

DnjABDnr, Remarques sur certaines dispositions de l'appareil de la vision chez les

insectes, in Compt, rend. XLII, p. 941 ; Inst,^ 1856, p. 194.

Traités généraux relatifls i la structure de l'œil humain.

Th. SOmiEBiiRG, Abbildungen des menschlichen Auges. Frankftirt a. M., 1801.—

En latiu. IbicL C. F. Th. Krause, Handbuch der menschlichen Anatomie. Hannover, 1842, Bd. I, Th. 2.

S. 511-551. — La littérature ancienne de l'anatomie de l'œil, t6û/., pages 733>745. E. BrCous, Anatomische Beschrelbung des mensclilichen Augapfels. Berlin, 1847. W. BowM AN , Lectures on the parts concerned in the opérations on the Eye and on the

Structure ofthe Retina and thevitreous Humour. London, 1849. A, KuLLiKER, Mikroskopische Anatomie, oder Gewebelehre des Menschen. Leipzig,

1854, Bd. II, S. 605. — Littérature récente, ibid., pages 734-736.

§ 9. -— 0« la selérotiqae et de la eoraée.

La selérotlqae (<7xXi9pbv, tunica albuginea^ dura^ Sehnenhaut) entoure la plus grande partie de l'œil, détermine sa forme et le protège contre l'action des corps étrangers. Sa forme extérieure diffère notablement de celle d'une sphère ; à sa partie postérieure, elle est en effet aplatie, et, à son équateur, elle est enfoncée quelque peu par la pression des muscles droits de l'œil, en haut, en bas, à droite et à gauche, tandis qu'elle est plus bombée dans l'intervalle de ces points. Son plus grand diamètre est dirigé, chez la plupart des individus, du nez vers la tempe et de haut en bas. En avant, la sclérotique reçoit la cornée, dont la courbure est plus forte; en arrière, légèrement du côté nasal, elle est percée pour laisser pénétrer le nerf optique d (fig. i), et se confond en ce point avec la tunique tendineuse de ce nerf. La sclérotique, comme le montre la figure, est plus épaisse en avant et en arrière qu'à l'équateur de l'œil. L'épaississement antérieur provient de ce que les tendons das muscles de l'œil s'insèrent à la sclérotique et se confondent avec elle. En /w, est le point d'insertion du muscle droit interne ; en w, celui du droit externe.

Le tissu de la sclérotique est tendineux ; il est blanc, peu diaphane, flexible, presque inextensible. Par sa composition chimique, c'est un corps transformable en gélatine. Examiné au microscope, il se compose d'un entrecroisement extrêmement serré et résistant de fibres ligamentea<^s qui ont, pour la plupart, une direction parallèle à la surface,

disposition qm rend possible une séparation incomplète de la membrane en lamelles. Entre ces fibres se trouve, conmie dans les tendons, un réseau de fibres élastiques extrêmement fines qui présentent des épais^ssements avec des noyaux rudimentaires, aux points où se trouvsûent originairement leurs cellules primitives.

La ^mrmée est enchâssée dans la partie antérieure de la sclérotique, et présente, dans son ensemble, la forme d'un verre de montre trèsbombé. Sa surface antérieure difi^re assez peu de la calotte d'un ellipsoïde de révolution qui aurait tourné autour de son grand axe. L'extrémité de cet axe est au milieu de la cornée. La forme de la face postérieure de la cornée n'est pas bien connue. Chez les adultes, la cornée est un peu plus mince au milieu que sur les bords.

La cornée se compose, de dehors en dedans, des couches sui* vantes :

!• Un épiihélitim de cellules plates disposées par couches et formé de substance cornée (épithélium pavimenteux), représenté dans la figure par la ligne pointillée //. Il se continue avec la conjonctive palpébrale. La surface antérieure de cet épithélium est maintenue humide et lisse par les larmes qui l'humectent d'une manière continue.

2® La couche fibreuse de la cornée {substantia propria comeœ) est la plus épaisse de toutes ; elle est en blanc dans la figure. Elle appar* tient, par sa composition chimique, aux cartilages , car elle donne de la chondrine par l'ébullition. Elle est formée d'un tissu fibreux sembable à celui de la sclérotique; seulement les fibres s'y réunissent en faisceaux plats dont la surface est parallèle à celle de la cornée, et c'est pour cette raison que la cornée peut aussi être divisée incomplètement en couches. Chez l'adulte, la cornée ne contient pas de vaisseaux sanguins, mais bien, entre les faisceaux de fibres, un système de cellules ramifiées et à noyaux, telles qu'on en voit sous forme de tissu élastique non développé dans certains organes à tissu ligamenteux. Ce sont peut-être ces cellules qui font, à travers la substance de la membrane, l'échange d'humeurs nécessaire à la nutrition de la cornée. A l'éclairage ordinaire, la substance de la cornée paraît complètement transparente. Mais si, au moyen d'une lentille convergente, on vient à concentrer beaucoup de lumière sur un des points de cette membrane, elle parait trouble, parce qu'alors la lumière, renvoyée par les surfaces des éléments microscopiques qui la constituent, devient assez abondante pour être perçue.

3* La membrane de Descemet (nommée aussi membrane de Demours) est une membrane amorphe, transparente et fragile, d'une épaisseur de 0"",007 à 0"",015. Elle s'enroule lorsqu'on la sépare de la cornée.

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