IMAGES ACCIDENTKLLES DES OBJETS COLORÉS. kSZ
idu'ecte et ^parait aussitôt qu'on cherche à le fixer directement. On peut observer des phénomènes analogues lorsqu'on fixe un carré lanc ou noir sur fond gris et qu'on change un peu le point de fixation. .Image acddentelle du papier cesse de le recouvrir complètement, et » bords changent d'intensité. Le fond gris devient plus foncé aux oints où vient se placer l'image consécutive du papier blanc ; le papier lanc, au contraire, parait plus clair dans les parties où l'image accientelle du fond gris vient s'y superposer. Le contraire a lieu pour du ajder noir. Si, après avoir invariablement maintenu quelque temps î regard sur un point déterminé du papier, on vient à le porter brusuement sur un point très-voisin, les bords de Timage accidentelle se essinent nettement, et le résultat de l'expérience est bien saisissable. i Ton a, au contraire, laissé varier constamment le point de fixation, 3s images accidentelles sont mal délimitées; dans la proximité du âpier blanc, le fond éclairé parait fortement estompé en sombre, et le K^ du papier blanc présente, au contraire, des dégradations de blanc. )e même, lorsqu'on a fixé, pendant un certain temps, un carré blanc iur fond sombre, et que, sans changer le point de fixation, on rap- >roche subitement l'œil de l'objet, de telle sorte que la grandeur appa- "ente de celui-ci augmente, aussitôt le bord du carré apparaît avec in vif éclat sur toute la largeur qui n'est plus recouverte par l'image icddentelle. Si, au contrsdre, on éloigne l'œil subitement, après avoir Sxé longtemps le carré, il parait entouré d'un cadre plus foncé encore ine le fond sombre.
Pour les parties latérales de la rétine, Purkinje et Aubert ont remarqué que l'impression d'objets lumineux y disparaît bien plus facilement qu'au centre. La fatigue paraît s'y produire bien plus rapidement.
Aubert a trouvé que les images accidentelles négatives produites sur 'es parties périphériques de la rétine sont moins intenses que pour les (ttrties centrales, mais que ces phénomènes ne présentent aucune autre ^rence essentielle. Je trouve, en outre, que dans ces régions les îmages accidentelles passent bien plus facilement inaperçues que pour tes parties centrales, et cela même sur des surfaces d'une clart^ moiàfée ; on ne les remarque facilement qu'en faisant varier l'intensité d'ècladrage, de manière à obtenir des alternatives de positif et de négatif.
n. — Passons maintenant aux phénomènes chromatiques des images accidentelles. — Lorsque après avoir regardé des objets colorés, on ^iserve les images accidentelles sur un fond tout à fait sombre ou d'mi i^c plus ou moins intense, suivant les circonstances, ces images sont
UU (367) DEUXIÈME PARTIE. -- DES SENSATIONS VISUELLES. § 3S. positives ou négatives. L'image positive, qui présente au commeDcement sa plus grande clarté, possède alors la même couleur que Tobjet; rimage négative présente la couleur complémentaire, du moins dès qu'elle est complètement et fortement développée. Le passage de Tétat positif à l'état négatif se fait ordinairement par interposition d'autres tons, blanchâtres ou gris^ et, en général, la succession de ces couleurs est la même, que le passage se fasse par une diminution graduelle de l'excitation ou par une augmentation de clarté du fond.
Les images positives se produisent le mieux par l'action momentanée de la lumière primaire. Si l'on a devant soi des objets différemment colorés, l'image persistante positive présente, au commencement, les couleiu^ naturelles des objets. Avant de s'effacer, elle se recouvre le plus souvent d'un reflet rose, dans lequel disparaissent presque complètement les différences de couleurs précédentes ; puis viennent des nuances ternes, gris jaunâtre, dans lesquelles l'image positive disparaît ou se transforme en une image négative faiblement desainée.
Les images accidentelles négatives s'obtiennent mieux lorsqu'on a fixé longuement l'objet. Mettons un papier coloré sur un fond gris, fixons un point déterminé du papier, et retirons-le subitement : aussitôt apparaît sur le fond gris une image accidentelle négative, nettement dessinée et de couleur complémentaire. C'est ainsi que l'image acddentelle du rouge est vert-bleu ; celle du jaune, bleue ; celle du vert, rose, etréciproquement. Quant à la durée et à Tintensité de ces images accidentelles, on peut leur appliquer, en général, tout ce que nous avons dit précédemment sur les images accidentelles d'objets blancs.
Ainsi, après avoir vu du jaune, Tocil se trouve dans un état où il est plus fortement affecté par les parties bleues de la lumière blanche que par les parties jaunes. On voit que la fatigue de la rétine n'étend pas son action d'une manière uniforme pour toute sorte d'excitation; c'est surtout pour celles qui sont semblables à l'excitation primaire, que cette fatigue se manifeste. Cette circonstance s'explique très-simplement si l'on admet, avec Th. Young, l'existence de trois espèces de nerfs différemment sensibles pour les différentes couleurs. En effet, comme la lumière colorée n'excite pas d'une manière égale ces trois sortes de nerfs,^es degrés d'excitation différents doivent aussi entraîner à leur suite des degrés de fatigue différents. Si l'œil a vu du rouge, les nerfs du rouge ont été fortement excités et sont très-fatigués, ceux du vert et du violet le sont peu : si l'œil reçoit ensuite de la lumière blanche, les nerfs du vert et du violet sont alors relativement plus affectés que ceux du rouge. C'est donc l'impression du vert-bleu, complémentaire du rouge, qui prédomine dans la sensation.
IMAGES ACCIDENTELLES DES OBJETS COLORÉS. (568) hSb a peut se rendre compte de la même manière de ce qui se passe [n'oo examine des images accidentelles négatives d*objets colorés 'ood coloré. — On voit toujours disparaître principalement, dans la sur du fond, les parties qui prédominent dans la couleur cônsi- B primitivement. C'est ainsi qu'un objet vert laisse, sur un fond e, une image accidentelle jaune-rouge, et sur fond bleu, une image tte. Figurons-nous le jaune composé de rouge et de vert, le bleu, ert et de violet; le vert étant diminué dans ces deux fonds par nence de la fatigue, il s'ensuit que Tirnage accidentelle du vert se roche du rouge ou du violet, suivant qu'on regarde un fond jaime lien. En général, la couleur de l'image acddentelle est toujours ytiae entre celle du fond et celle de la couleur complémentaire de et, et on peut la considérer comme un mélange de ces deux cou- I, en tant qu'il s'agit seulement du ton et non de l'intensité.
s cas où la couleur de l'objet est la même que celle du fond, ou M complémentaire, présentent un intérêt particulier.
Pour étudier le premier cas, le mieux est de placer un objet noir in fond coloré, et, après avoir fixé quelque temps un point de son , de l'enlever subitement. Dans ces conditions, il faut considérer ne objet coloré primaire la partie du fond qui est voisine du noir, imme lumière réagissante, tout le fond coloré après suppression de et noir. On voit aussitôt une image accidentelle claire de l'objet , et, dans cette image, la couleur du fond n'est pas seulement plus ise, mais aussi plus saturée que dans le reste du fond, de telle I que, dans ce dernier, elle parait mélangée de beaucoup de gris. ;.un peu d'attention, on reconnaît que le fond devient obscur et même avant d'enlever l'objet noir. Le phénomène devient plus isant quand on enlève l'objet, parce que la couleur se présente, ndioit, avec l'aspect qu'elle offrait à l'œil non fatigué. Le fond nt gris, non-seulement pour des couleurs mélangées blanchâtres, gris peut devenir assez marqué pour éclipser tout à fait la nuance nd, mais aussi pour les couleurs homogènes telles que les four- Dt le spectre et certains verres colorés, lorsqu'on a éliminé avec le grand soin toute lumière blanche étrangère. C'est ainsi que si l'on devant les yeux un verre coloré en rouge par l'oxydule de cuivre, le laisse passer que les rayons rouges, et qu'on entoure d'un faocé la tète de l'observateur et les bords du verre, de manière à iflser pénétrer dans les yeux absolument que de la lumière rouge, n r^arde, à travers Je verre, une surface blanche devant laquelle mis un objet noir, retirant subitement l'objet, on voit très-distinc-
486 (369) DEUXIÈME PARTIE. — DES SEiNSATIONS VISUELLES. g 23. tement le contraste entre le gris rouge du fond et le rouge saturé de l'image accidentelle. Ce phénomène trouve évidemment son explication dans la fatigue qu'éprouvent pour le rouge les parties de la rétine qui ont reçu la couleur rouge du fond ; ces parties le perçoivent donc plus faiblement que ne font les parties non fatigaées qui avaient reçu Fimage de l'objet noir. Si le rouge est encore mêlé de blanc, la sensibilité pour le rouge diminue dans une proportion plus grande que pour les autres couleurs contenues dans ce blanc, et, pour cette raison, la fatigue delà rétine rend la couleur relativement blanchâtre ; or, comme elle diminue en même temps d'intensité, elle parait grise. — Cette teinte grise ne se produit pas seulement pour le rouge blanchâtre, mais aussi pour le rouge complètement pur, et ici l'explication devient plus douteuse. On pourrait d'abord songer au brouillard lumineux du champ visuel obscur. Si pendant que l'image est développée dans l'œil, on ferme l'ceil et qd l'obscurcit complètement, on voit dans le nuage lumineux une image accidentelle du fond, qui est nettement dessinée et présente la couleur complémentaire (vert-bleu dans le cas actuel). Les excitants internes qui provoquent la sensation du nuage lunûneux, agisjsant comme ferait de la lumière objective blanche, n'apportent que la sensation du vertbleu dans les parties de la rétine qui sont fatiguées pour le rouge. Si cette sensation est mêlée à celle du rouge objectif, il doit se produire un rouge blanchâtre (ou gris), comme on l'observe dans rexpérience. Cependant cette explication ne me semble pas suffisante, car rintensité du nuage lumineux devant les yeux fermés est très-faible. — Il est assurément difficile de lui assigner une mesure déterminée. Maison peut voir le rouge tirer sur le gris, même pour le rouge si pur et si intense qu'on peut obtenir, par exemple, en regardant, àtravers un verre rouge, des nuages blancs éclairés par le soleil. Dans ce cas, l'hypothèse de Th. Young nous fournirait l'explication. J'ai déjà expliqué plus haut qu'il faut admettre, dans cette hypothèse, que les couleurs spectrales, tout en n'affectant fortement qu'une ou deux sortes de nerfs, excitent aussi les autres, mais faiblement. Cette modification de l'hypothèse était nécessaire pour expliquer tant le changement de ton des couleurs spectrales pures sous une grande intensité lumineuse que les résultats des mélanges de couleurs spectrales. Cette hypothèse serait évidemment propre à expliquer aussi le phénomène qui nous occupe actuellement. Si la lumière rouge pure, tout en excitant fortement les nerfe du rouge, excite aussi, à un degré moindre, les autres nerfs, la sensibilité des premiers diminuant bien plus rapidement, à cause de l'intensité de l'excitation, il faut bien que l'impression de couleur se rapproche d'un rouge blanchâtre ou pjris.
18. . nUGBS ACCIDENTELLES DES OBJETS COLORÉS. (570) A87 S) Lorsque la couleur primaire est complémentaire de la couleur lagiflsante du fond, cette dernière parait plus saturée dans l'étendue I l'image accidentelle que dans les parties de la rétine qui ne sont pas tigaées et que dans celles qui l'ont été par la couleur du fond. — Si m place un objet vert-bleu sur un fond rouge, et qu'on Fenlève après i?(dr fixé un certain temps , on voit une image accidentelle d'un »uge saturé, comme si l'on avait enlevé un objet noir. Mais on peut lasurer aisément que dans l'image accidentelle d'un objet compléjoitaire, la couleur est encore plus saturée que dans celle d'un corps )ir. —Le plus simple est de prendre un objet mi-partie noir et coloré ; 1 place cet objet (noir et vert-bleu) sur un fond complémentaire tmge), et l'on fixe un point du fond qui est en contact immédiat avec k séparation du noir et du vert-bleu. Si Ton enlève ensuite l'objet, la mleur du fond présente luie plus grande pureté dans toute l'image ccidentelle que dans la partie du fond qui n'était pas recouverte oparavant L'image accidentelle du vert-bleu est un peu plus foncée ue celle du noir, mais ce n'est pas que le rouge y présente moins d'inmsité ; bien ^u contraire, dans l'image accidentelle du noir, le rouge Bt comme recouvert d'un nuage blanchâtre qui n'existe pas dans image accidentelle du vert-bleu. Ainsi, sur fond rouge, l'image acciflotelle du rouge parait rouge gris ; celle du noir, rouge blanchâtre, t celle du vert-bleu, rouge saturé. On voit très-bien ces différences ans l'expérience disposée pour amener ces trois nuances l'une à côté e l'autre.
Si l'on admet que le rouge du fond contient encore du blanc , le kultat s'explique facilement. — Le noir ne fatigue absolument pas œil, et l'on perçoit sans modification, dans l'image accidentelle, le xige blanchâtre du fond. Le rouge fatigue l'œil pour le rouge : dans image accidentelle, on perçoit cette couleur plus faiblement, tandis ii'on voit à peu près avec toute leur intensité les autres parties conitnantes du blanc ; la sensation est celle d'un rouge blanchâtre peu teDêe (rouge gris). Le vert-bleu, au contraire, rend l'œil moins sen- Ue pour les parties de la lumière du fond qui sont étrangères au uge, et laisse par conséquent ressortir, dans l'image accidentelle, le loge libre de tout mélange.
Mais les mêmes expériences réussissent tout aussi bien avec les couqrs spectrales pures. — J'ai disposé, dans le champ d'une lunette, ii&rentes parties du spectre, avec toutes les précautions nécessaires our éliminer les dernières traces de lumière blanche. Le fond était d'un oir si complet, qu'on n'y distinguait plus le diaphragme de la lunette tqo*on n'y voyadt que les figures nuageuses de la poussière lumineuse
488 (57/) DEUXIÈME PARTIE. — DES SENSATIONS VISUELLES. § 93. interne. L'œil ne recevait aucune lumière autre que celle d'une petite partie du spectre. Sur ce champ coloré, je projetai des images accidentelles de couleurs spectrales complémentaires. A cet effet, était disposé devant Toculaire, sous une inclinaison de Aô% un petit miroir d'ader dans lequel apparaissait, par réflexion, une partie d'un second spectre très-lumineux, convenablement isolée, et limitée par un diaphragme circulaire. Il est inutile, d'ailleurs, de donner à ce second spectre un bien haut degré de pureté. Les dispositions étaient prises de telle sorte que le cercle entier présentât une coloration uniforme. Dès qu'on enlevait le petit miroir de l'oculaire, l'observateur voyait, à travers h lunette, le spectre pur, au lieu du cercle qu'il voyait auparavant par réflexion. Sur ce spectre apparaissait l'image accidentelle du cercle coloré. Les résultats furent exactement les mêmes que dans les expériences analogues sur les matières colorantes. C'est ainsi que l'image accidentelle des couleurs complémentaires présentait une couleur plus saturée que celle du fond, lequel paraissait encore recouvert d'un nuage lumineux blanchâtre, qui était comme balayé à l'endroit de l'image accidentelle, et laissait ressortir la couleur du fond ^ans sa plus grande pureté. Ces expériences permettent de tirer cette importante conclusion, que les couleurs objectives les plus saturées qutU^ ait, les couleurs spectrales pures, ne produisent pas encore, dans tcsU non fatigué, la sensation de couleur la plus saturée qu* on puisse obtenir : nous ne pouvons obtenir cette sensation qu'en rendant préalablement rœil insensible pour la couleur complémentaire.
Dans ce cas encore, on pourrait croire que le reflet blanchâtre qui recouvre le fond serait le nuage lumineux interne dont les parties gênantes manqueraient dans T image accidentelle. — On voit bien, en effet, une image accidentelle de couleur complémentaire, lorsqu'on dirige l'œil sur le fond obscur qui avoisine le spectre. Cependant, dans ce cas aussi, je regarde cette explication comme insuffisante, car le phénomène subsiste pour des couleurs spectrales très-intenses, par rapport auxquelles l'intensité apparente du nuage lumineux paraît infiniment faible. Si nous suivons, au contraire, l'hypothèse de Th. Young, nous devons éprouver, dans ce cas, sans mélange, les sensations colorées des différentes espèces de nerfs, par rapport auxquelles les couleurs spectrales doivent toujours paraître blanchâtres; car, d'après la modification nécessaire de cette hypothèse, chaque espèce de lumière homogène ne peut pas exciter exclusivement une seule sorte de fibres nerveuses.
Toutes ces expériences sur les images accidentelles d'objet;3 colorés