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IMAGES ACCIDENTELLES NÉGATIVES. (36S) A

igative une influence autre que sur l'image positive. En effet, l'intenté de l'image négative augmente avec la durée de l'action lumineuse, ce n'est que pour une durée assez longue qu'elle parait tendre peu peu vers un maximum. Un éclairement très-intense peut même, s'il ire longtemps, amener une modification persistante de la partie corspondante de la rétine : Boyle en cite un exemple, et Ritter (1) pprit à ses dépens, après avoir regardé directement le soleil pendant I à 20 minutes. Aussi est-il bon, pour la production d'images néga- 'es distmctes, de faire durer assez longtemps (de 5 à 10 secondes vircm, pour une lunûëre modérée) l' éclairement primaire. L'image ddentelle positive est alors faible et disparait rapidement, tandis que mage n^ative est plus prononcée et dure plus longtemps. Ainsi, rsqn'on a regardé des nuages éclairés, à travers la fenêtre, pendant 1 tiers de seconde, l'image accidentelle positive disparaît après 12 scindes environ, tandis que l'image négative sur fond clair peut perster environ 2& secondes. En regardant, au contraire, les mêmes nuages endant A ou 5 secondes, j'ai vu l'image négative ne disparaître qu'après minutes. Je maintenais le champ visuel dans une obscurité complète, t je laissais seulement arriver, de temps en temps, un peu de lunûère travers les paupières fermées, pour voir si l'image accidentelle subistait encore.

Pour obtenir une image négative très-nettement dessinée , il est écessaire, pendant la durée de l'éclairement, de fixer invariablelent un point déterminé de l'objet éclairé. Dans l'image accidentelle ^tive, on peut mieux encore que dans l'image positive, plus fugace, Konnaitre des détails qu'on n'a pas remarqués dans l'observation irecte. Si l'on a fixé, l'un après l'autre, deux points différents de objet, on reconnaît deux images accidentelles qui se recouvrent en artie. C'est ainsi que si le soleil se trouve dans le champ visuel, après rmr promené rapidement le regard dans ce champ, on peut obtenir, ms limage accidentelle, la figure du trajet que l'image du soleil a icé sur la rétine. Si l'on a fixé, par moments, le regard sur différentes irties du champ visuel, on obtient en conséquence des images acci* entelles rondes et plus intenses du soleil, qui restent plus longtemps oâtives, et qui, une fois devenues négatives, deviennent plus obscures t persistent plus longtemps. Ces images sont reliées par des bandes trates et estompées qui sont également 'claires au commencement, lais qui se foncent bientôt en devenant négatives, et qui sont d'autant lus faiblement dessinées, que le mouvement de l'œil a été plus rapide

(i) Bcitrife mr nâherdn Kenntniss des Galvanismus, 1805, 11^ 175-181.

hn DEUXIÈME PARTIE. — DES SENSATIONS VISUELLES. |2Î.

pour la partie correspondante. Ces bandes sont plus étroites (fue le disque solaire, et elles sont estompées sur les bords, parœ (fue la portion de rétine correspondant à leur bord ne reçoit qu'une corde de l'image arrondie du soleil, tandis qu'au milieu l'image a glissé suiiaot un diamètre, de sorte qu'en ces points son action s'est exercée pendiot plus longtemps.

Les images accidentelles, positives ou négatives^ suivent les dépl^ céments de l'œil, de sorte que leur position apparente, dans le champ visuel, correspond toujours à l'endroit où devrait se trouver un objet dont l'image viendrait se former sur la portion de rétine qui a reça l'impression primaire. Si c'est donc la tache jaune qui a été fhppée par une lumière intense, l'image accidentelle, quel que soit le point oi l'on regarde, vient constamment se placer au point de fixation de l'œil, et si elle est intense, elle empêche toujours de distinguer des objets un peu délicats. Quand une image accidentelle vigoureusement deannée 86 trouve près du point de fixation, l'observateur se laisse facilement entraîner à vouloir la fixer directement, et à mesure que l'œil se tourne à cet effet, l'image paraît s'enfuir, à la manière des mouches volantes^ vers l'extrémité du champ visuel. Mais si l'observateur regarde un point fixe extérieur, les images accidentelles restent également fixes : leur mouvement ne dépend jamais que de celui de l'œil.

Si maintenant nous voulons déduire, des phénomènes décrits jusqu'ici, des conclusions relatives à l'état des parties de la rétine et de Tappîireil nerveux visuel affectées par la lumière primaire, nous trouvons : V que F état d'excitation y persiste encore pendant un certain temps, après la suppression de la lumière primaire, ce qui se manifeste par la présence des images accidentelles positives, et 2* que la substance nerveuse prim^rement excitée perçoit plus faiblement la lumière réagissante ultérieure que ne font les autres parties de la rétine. — Ainsi, après r action de la lumière j il tj a d abord persistance de rexcitation^ et y en second lieu y diminution de sensibilité pour de nouvelles excitations. Cette diminution d'excitabilité, consécutive à l'excitation, est une circonstance que présentent aussi les nerfs moteurs et les autres nerfs sensitifs. Cet état porte le nom de fatigue.

Nous avons vu que, pour une intensité croissante de la lumière réagissante^ les images accidentelles négatives augmentent de netteté jusqu'à ce que cette intensité ait atteint sensiblement le degré pour lequel les variations de l'intensité lumineuse, comparées à la valeur de cette intensité, sont le mieux perçues. On peut déduire de là que la

ÉTAT DIS LA HËTiNE APRÈS L'EXCITATION. * {365) 479 de la substance nerveuse en diminue la sensibilité pour une 3 lumière, à peu près comme si Tintensité objective de cette était diminuée d'une fraction détermmée de sa valeur. A défaut lurations suffisantes, nous ne pouvons prétendre qu'à désigner une manière générale la marche suivie par l'intensité de la send'une partie fatiguée de la rétine en fonction de l'intensité de ère réagissante. Tant que l'image positive persiste à cdté de négative» l'état d'excitation de la rétine est composé de Texci- •ersistante produite par la lumière primaire et de la diminution bilité pour la lumière réagissante, attribuable à la fatigue. Dans , nous pouvons considérer l'intensité de l'image accidentelle Étant la somme des intensités de l'image positive et de la lumière nte, cette dernière étant diminuée par l'état de fatigue. Si donc mtion d'intensité de la lumière réagissante est plus forte que té de iHmage positive, l'intensité totale de l'image accidentelle feûble que celle de la lumière réagissante, telle qu'elle se pré* ix parties non fatiguées de la rétine, et l'image accidentelle est u C'est ce qui se produit pour une grande intensité de la réagissante. Cette intensité est-elle faible, au contraire, alors l'image positive est plus que suffisante pour compen3er la perte i par la &tigue : l'image est positive.

r l'iDleiiflité apparente de la lamiëre réagissante pour les parties non faiila rétine, «Scelle pour les parties fatiguées, a étant inférieur à 1^ soit iotensité apparente de Timage positive ; d*après ce que nous avons dit, re assez constant pour les différentes valeurs de If, £n admettant cette 3, on a «^ 4" ^ P^u'* l'intensité de Timage accidentelle et ff pour celle Pour

i aecidentdUe a la même iotensiU^ que lo fond t elle est invisible. Pour

i + «ff < H , eeidentette est il^ative. EnCn, {mur

est positive.

m (361) IJEI XIÉMK l*AH riK. — DKS SENSATIONS VISLIELLKS, Si / est trcs-peCîtf rintensilé apparente de la lomîère propre de h réûnt |

déjà être plus grande que ; , et riniage négative apparaît dans le

1 — as

complétemeiii obscur. Si en Un J'iniagc positive eiit tout à fait évanouie, //Ot

rintensitd du fond, et oJ/ celle de l'image acddenlelle. Si 1 — ^ ac est dcftti

lrès-|M!lit, i>ar suile de cessation de la faligne, il faol nne certaine kâOÊà

moyenne de la lomière réagissanle fiour faire apparaiire la différence, quiestioii

sible dans le champ visuel obscur. Enfin, pour 1 — a^=0, l'image acddeoldlt

disparaît complOleinenU

Quant aux images négatives dans le champ visuel compléteiDflrt obscur^ le coup dVdl apprend qu elles se produisent par luie diaiinutioii de la lumière propre de la rétiue. Ainsi cette lumière propir, que nous devons rapporter à Faction d'excitants internes sur l'appaîd nerveux visuel, est soumise aux influences de la fatigue» tout comme 1» sensation de la lumière extérieure. On peut d'ailleurs démontrer, pw les excitants électriques et mécaniques de la rétine, que la fatigue à Fœil, par suite d* excitation, diminue sa sensibilité pour d*autr€s excitations. Si, après avoir développé dans Fccil une image accidentdk négative, on fait traverser Tccil et le nerf optique par un courant étoc* trique ascendant , ce qui produit Féciairement bleuâtre du chuop visuel, l'intensité de Fimage accidentelle négative en est augmentée, et quand une image est précisément sur le point de pas^^r de félil positif à Fétat négatif, on peut la rendre négative par un courant aK»dant, positive par un courant descendant. Ainsi, Fœil fatigué pour II lumière perçoit aussi plus faiblement Fexcitation électrique. Si, par ta* pression uniforme et continue, on a produit dans l'œil des init|0 { colorées, et fait cesser la pression, on i>eut rendre ûégaiiyes li^ images qui persistent dans le chmnp visuel obscur, en laissant péoétttfl de la lumière dans Fœil à travers les paupières fermées, ou en repi^ dant une surface éclairée, La fatigue par pression diminue donc î la sensibilité de Fœil pour Fexcitation lumineuse.

Dans les cas où Fou a rendu visible pour mi instant, sous négative, au moyen de la lumière réagissante, une image qui était sur le point de disjiaraître^ on voit quelquefois êff aussitôt après, une laible image accidentelle positive dans le visuel obscur. Il faut conclure de là que Fexcitation des ptrtieij guées de la rétine, au moyeji de la lumière réagissante, et qui al] faible (|ue celle des parties non fatiguées, présente cepeodaiiliimi plus longue, circonstance analogue à ce qui se passe pour Is moteurs, puisque la contraction d'un muscle fatigué, motos < que celle d'un muscle qui ne l'est pas, présente une durée fàm <

§ 33. DÉCROISS. DE LA SENSATION POUR UNE EXCITAT. GONST. (365) ûSl dénble. Ces alternatives entre les images positives et négatives, qui ont quelquefois lieu pour les changements d'éclairage peu sensibles que peuvent entraîner soit une augmentation de pression des paupières, soit des mouvements du globe de l'œil sous les paupières fermées, ou qui, après des phénomènes lumineux subjectifs, peuvent se produire par suite d'une pression subite sur le globe oculaire, ont amené quelques observateurs, et notamment Plateau, à admettre des transformations spontanées dans l'état de l'appareil nerveux pendant la durée de l' effet consécutif. Quant à moi, je ne puis que me ranger à l'avis de Fechner, d'après lequel ces alternatives sont provoquées, dans la plupart des cas, par des changements d'éclairage, des mouvements de l'œil ou du corps, etc. Il est évident que, lorsque deux influences opposées se maintiennent en équilibre, la plus petite circonstance accessoire peut fiûre pencher la balance d'un côté ou de l'autre : rappelons que les mouvements respiratoires suffisent pour modifier la lumière propre de la rétine. Rsufois les images disparaissent sans se transformer : d'après Theoreuse comparaison d'Aubert, elles s'évanouissent à la manière d'une tache d'eau sur une plaque de tôle chauifée. Du reste, des images objectives faibles disparaissent parfois d'une manière analogue, si l'on fixe fortement un point, quand on cherche, par exemple, à distinguer on paysage pendant la nuit. Si je consulte mes impressions, il me iemble qu'on cesse de pouvoir comparer les intensités d'excitation des diflérentes parties de la rétine, si l'excitation ne se modifie pas de temps à autre : or, en changeant le point de fixation, nous produisons DODStanunent des modifications de ce genre pour les images objectives, tenais que rien de pareil ne peut se présenter pour les images subjecfives. Nous reviendrons sur ce point dans l'étude du contraste. Je tlouve, du reste, que si l'on cherche à fixer attentivement de semblables images en maintenant l'œil aussi immobile que possible, le intiment d'effort est précisément le plus considérable au moment où les images disparaissent ainsi. Après quelque temps, cet effort faiblit, et les images reviennent. Je ne saurais dire à quelle modification Weme cet effet peut correspondre.

Nous avons encore à mentionner les phénomènes suivants qu'on peut ^pliquer par les mêmes principes.

Si l'on examine sur fond gris un objet clair, par exemple un fragtneot de papier blanc, et qu'on enlevé subitement cet objet, en maintehmnt le regard immobile, on voit apparaîti-e une image accidentelle du 3i|»er blanc qui est plus foncée que dans les cas décrits jusqu'ici. Si 'on contemple, au contraire, sur le fond gris, un morceau de papier

(l82 (366) DEUXIÈME PARTIE. — DES SENSATIONS VISUELLES. § ». noir, et qu'on l'enlève, on voit une image accidentelle claire. La portioh de rétine excitée par le papier blanc est plus fatiguée , celle excitée par le papier noir l'est moins que le reste de la rétine, où se peignait le fond gris. Comme toute la rétine reçoit ensuite uniformément la lumière du fond gris, cette lumière agit avec le plus d'intensité sur la portion qui voyait d'abord du noir, plus faiblement sur celle qui voyait du gris, le plus faiblement sur celle qui voyait du blanc. L'expérience du papier noir est importante, parce qu'elle fait voir que la contemplation prolongée du fond gris fait naître de la fatigue dans la portion de rétine où il se peint, et que, pour cette raison, cette lumière produit une impression de moins en moins forte. En effet, lorsque nous enlevons le papier noir, la lumière du fond gris qu'il recouvrait vient frapper nue portion de rétine qui n'est pas fatiguée : elle y fait la même impression que faisait, au commencement de l'expérience, le reste du gris qui a déjà fatigué la portion de la rétine où il se peint, et qui paraît maintenant bien plus foncé, par comparaison avec l'impression fraîche sur h partie non fatiguée de la rétine. Cette expérience se distingue des précédentes en ce que la lumière réagissante est la même que la lumière primaire : c'est toujours celle du fond gris. Nous en concluons qu'tme lumière extérieure d^ intensité constante^ qui exerce sur la rétine UM action prolongée et non interrompue^ ^produit ttne excitation qui devient de plus en plus faible.

Bien plus, notamment loi-sque la lumière est très-faible, l'impression peut diminuer au point de cesser d'être perçue. — Lorsqu'à la tombée de la nuit, on fixe d'une manière continue et sans changer la direction de l'œil, un objet difficile à distinguer, cet objet disparait bientôt complètement et ne reparaît au milieu de l'image négative que lorsqu'on cbangi' la direction du regard. Ce phénomène est très-frappant, quand, assis au bord de la mer, on parcourt des yeux l'horizon qui s'efface dans le crépuscule : les images consécutives des diverses parties de l'horizon sont congruentes entre elles, et quel que soit le point qu'on fixe, les iuiages accidentelles de la mer et du ciel, qui est plus clair, ne cessent pas de se toucher suivant la ligne d'horizon. Pour peu qu'on riennc à élever le regard, on voit, à la partie inférieure du ciel, une bande claire, limitée inférieurement par la ligne d'horizon qui reparaît aussitôt, et supérieurement par une ligne horizontale, qui passe par le nouveau point de fixation. Cette bande est riniaji:e accidentelle négative de la mer, (jui se détache sur le ciel. Si, au contraire, on abaisse un peu le regard, on voit une bande noire, image accidentelle négati^'C du ciel sur la mer, limitée en haut par l'horizon et en bas par une ligne qui lui est parallèle : ainsi l'horizon devient visible dans la vision

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