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DISQUES ROTATIFS PAPILLOTANTS

comme moi avec son œil gauche dont la vision était faible. Il décrit comme figures secondaires, qui apparaissent particulièrement lorsqu'il dirige les yeux fermés vers le soleil, des étoiles à huit branches et des spirales brisées d'un aspect remarquable, qui se développent par déplacemebt des carrés clairs et obscurs des images primaires ; elles sont, du reste, très-variables. Dans l'œil gauche, les figures secondaires lui présentaient le même aspect que dans l'œil droit, à cela près que la disposition était symétrique de celle de l'autre œil.

Quand on observe ces phénomènes sur les disques rotatifs, on les voit s'effacer de plus en plus à mesure que la vitesse augmente, et il ne reste plus, comme dernières traces, que les taches ondoy^es que nous avons décrites plus haut. Si l'on regarde bien fixement la figure au moment où le papillotage est le plus intense, elle disparaît parfois tout à fait, et Ton voit plus en arrière un fond rouge foncé dans lequel il semble se présenter un grand nombre de courants enlacés les uns dans les autres, phénomène où Vicrordt (1) croit reconnaître la circulation du sang dans les vaisseaux rétiniens. Dans mes yeux, ce mouvement présente plutôt l'aspect de courants sans bords qui se déplacent et changent continuellement de lit. On peut fort bien concevoir que l'éclairage intermittent rende visible le mouvement des globules sanguins, de même qu'on rend visible par ce moyen le mouvement et la forme des gouttes d'un filet liquide (voy. p. 221 et p. 4U) .

Si l'on produit sur les disques papillotants des alternatives de lumière chromatique et de noir, soit en faisant usage de secteurs colorés. Soit en regai-dant les disques noir et blanc à travers des verres de couleur, les couleurs homogènes même présentent aussi des traces de phases colorées. Si l'on regarde par exemple à travers un verre rouge qui ne transmette aucune autre couleur que le rouge, le bord antérieur des champs clah*s paraît orangé, et le postérieur, rose, ce qui répond au jaune et au bleu qu'offrait la lumière blanche. Le fond noir se recouvre en même temps du vert complémentaire. La couleur complémentaire (2) devient encore plus nette si l'on emploie une spirale colorée et une spirale grise,* et qu'on arrête brusquement le disque, après l'avoir fait tourner pendant un certain temps. On peut procéder de môme avec un disque à secteurs alternativement colorés et blancs (ou gris) . Sinsteden (S) employait, à cet effet, un disque rouge orangé à secteurs découpés, qui tournait en avant d'un disque blanc ombragé. Lorsqu'on arrêtait le disque antérieur, l'autre présentait une vive coloration bleue.

'1) Archiv fur physiolog . Heilkunde^ 1856, Heft 2. (2) Dote, in Pogg. Awu, LIXV, 526.

<3) M/f/., lAXXlV, 45,

50'j (583) [)EV\[i:\lE PARTÏI'. — DKS SENSATIONS VISUELLES. g 53.

E. BrQcke a obtenu des phénomènes analogues en foisàtil osciller un petit disque noir devant une lame de verre coloré. Le phénomène était surtout remarquable devant une lame verte : les parties qui sti-* bissaient des alternatives de clair et d'obscur offraient u^e colorittion rose ; celles qui étaient constanament recouvertes ou découvertes, paraissaient en vert.

L'expérience curieuse des cœurs agités doit peut-être trouvfer sa place ici. — Sur des feuilles colorées, de papier fort, on applique des figures d'une Couleur vive, différente de celle du fond ; le rouge et le bleu paraissent produire les meilleurs effets ; les couleurs doivent être trèsvives et saturées. Si l'on regarde les feuilles en leur donnant un moih vement de va-et-vient d'une certaine vitesse, les figures paraissent se déplacer sur le papier et osciller de côté et d'autre. Il semble que la cause de ce phénomène soit que la sensation lumineuse ne se produit et ne disparaît pas également vite pour les différentes couleurs, et qne, pour cette raison, le bleu parait retarder un peu sur le rouge, dans le mouvement imprimé à la feuille. On voit quelque chose d'analogue lorsqu'on fait mouvoir l'œil au lieu de l'objet. C'est ainsi que Wheatstone (1) , Brticke et E. du Bois-Reymond (2) ont vu un mouvement apparent du dessin à l'éclairage du gaz, en faisant errer le regard sur des tentures rouges et vertes. D* après Brewster, ces mouvements se présentent aussi lorsque la lumière du jour pénètre, par une petite ouverture, dans une chambre complètement obscure.

Dans i*e.\pos6 qui précède, je me suis attaché à l'opinion émise notamment par Fechner, et d'après laquelle tous les phénomènes des imagas accidentelles trouvent leur explication en partie dans une excitation persistante de la rétine, et en partie dans une diminution de Texcitabilité. Par le fait, si nous maintenons pour les mots excitation et excitabilité la signification que nous leur avons attribnée jusqu'ici, nous devons parler d'excitation persistante, lorsque l'œil voit une image accidentelle positive dans l'obscurité absolue, et nous devons considc^rer Teicitabilité conune diminuée, si l'œil perçoit plus faiblement la lumière extérieure! l'endroit d'une image accidentelle négative qu'avec les parties nort fatiguées de II rétine. La persistance de l'excitation et la diminution de l'excitabilité ne sont donc pas des hypothèses, mais résultent immédiatement des faits. Ces deux drconstances suffisent aussi pour expliquer, parmi les phénomènes qui nous occupent, ceux qui sont les plus constants, les plus frappants et de beaucoup les plus nooi* breux, à savoir ceux des changements d'intensité lumineuse et ceux des imaties

(2) Die Forts'c/in'ttn (hr P/njsik im Jahre 1845, redig. von Karsten, I, 223.

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