ArTHES THÉOHIFS DES IMAf.KS ACriDENTKIJ.ES
[dentelles positives et liomonymes, négalifes et complémentaires. Ce serait irftinent une tAche difllcile et qui nécessiterait toutes sortes d'hypothèses arbires» que de vouloir rapporter complètement à un type simple les phénomènes omplexes des phases colorées qui suivent les intpressions lumineuses intenses prolong!ée& Cependant on conçoit pourquoi ces phénomènes doivent être iables. Noos ne connaissons ni la loi d'après laquelle la fatigue phis ou moins e de rcBîl disparaît pour les différentes couleurs, ni le rapport suivant lequel tensité de la sensation persistante dépend de la fatigue. D'après l'opinion de ;hner, il faut considérer les images complémentaires négatives sur champ ctar comme des altérations dAiis la perception des excitatit>ns internes de la ine. Beaucoup de physiciens ont, au contraire, considéré ces images comme I eflels d'une nouvelle action de la rétine, qui serait opposée à la première ; itets (1), en particulier» a érigé cette opinion en un corps de théorie, il a nontré qu'on peut encore voir de ces images complémentaires même sans nue lamière extérieure, et comtne l'attention n*avait pas été portée encore ria lamlère propre de l'œil^ il ne put expliquer le phénotnèile i^ue pat* une ivilé nouvelle et opposée de la rétine. Comme il remarqua encore des modiOioos ultérieures des images positive et négative, il émit la propositlbu qu'apK's iqoe sensation vive de lumière, la t^^tine ne parvient au tiepos que par une série scillations qui la feraient passer alternativement par des états opposés. Ces états losés correspondraient à la sensation des couleurs complémentaires. Il rattacha Hie théorie certains effets de contraste dotit nous parlerons plus en détail dans oaragraphc suivant, et il admit aussi une série d'oscillations analogues pour la ilisation de l'impression dans l'espace. Mais il faut rappeler que les images identelies complémentaires négatives lie consistent pas en une activité do étinc, mais qu'elles apparaissent, au contraire, comme des diminutions de la «atjoa lumineuse interne qui existait préalablement ; que de plus ces alternas entre les Images positives et négatives dépendent — ainsi qu'une observation oUve permet presque toujours de s'en assurer — de circonstances extérieures lotamment de faibles changements dans l'éclairage du fond de l'œil. Il me ble très-hasardé de prendre iMiur base d'une théorie, ces images délicates, !«lTenient mobiles» que présentent, dans le champ visuel obscur, les images ihntelles an moment de leur passage de l'état positif à l'état négatif, surtout si •onge que la sensibilité de l'organe est augmentée, par suite d'un long repos s Tobscurité, à un tel point que des influences extérieures à peine sensibles isent ^ produire des modifications de l'image. 11 n'y a rien d'étonnant si, dans circonstances, nous ne pouvons pas toujours désigner la cause des-fliodificas qui se produisent. Fechner a déjà, du reste, appelé l'attention sur une autre cidlé de la théorie de Plateau. En effet, suivant cette théorie, dans les images identelies, les couleurs complémentaires devraient se détruire comme étant des vités contraires de la rétine, et produire de l'obscurité. C'est ainsi que la lence d'une image accidentelle de couleur complémentaire nuit à la perception la couleur primaire, et. que si l'on a fatigué l'œil successivement par du rouge
1) Afin, fie chim. et de fjhi/s., LUI, 386. — Po/y.7. Ann., XXXII, 543.
506 (38£0 DEUXIÈME PARTIE. — DES SENSATIONS VISUELLES. § ÎJ. et du vert, Timage accidentelle est noire. Mais comment mettre cette soppisitioB d*accord avecl e fait que les sensations provoquées simultanément par des lamièra objeaives complémentaires se réunissent pour former le blanc, qui est plus dair que chacune des deux couleurs employées ?
Brûcke considère les images accidentelles positives complémentaires comme incompatibles avec la théorie de Fechner. — J*ai déjà fait remarquer plus bot que la coloration de ces images est, en réalité, très-blanchâtre, et que la cookor complémentaire ne ressort si nettement que par contraste avec la couleur primaire et à cause de Tabsence d'autres couleurs qui serviraient de point de comparaison. Si Ton a vu en même temps, et à côté Tune de l'autre, deux cookan primaires, on constate facilement que leurs images accidentelles ne présenter, dans les derniers moments de leur apparition positive, qu'un pâle reflet descoaleurs complémentaires ; je crois donc pouvoir considérer ces images oonunedei mélanges d'une image positive blanchâtre et d'une image négative comptémeataire, ce qui permet de les ratucher à l'explication de Fechner. Il reste encore à mentionner le phénomène bizarre qu'Aubert décrit pour les images acddeotelles d'objets éclairés par l'étincelle électrique. Des carrés noirs et roogei, entourés d'un fond blanc, lui apparaissent accompagnés de leurs images négitifa au moment du passage de l'étincelle. Ces images faisaient défaut dans les carrés blancs sur fond noir; elles paraissaient parfois ne pas coïncider exactement ivec l'image primitive. Ce n'est qu'un peu plus tard qu'apparaissaient les iuuges positives de même couleur. Les bandes colorées sur fond blanc ou noir paraisseot lui avoir toujours donné des images accidentelles complémentaires et plus claires que le fond.
En résumé, je crois qu'il est sage de conserver pour fil conducteur, dans ce dédale de phénomènes si divers, un point de vue théorique qui, comme celui de Fechner, explique facilement la grande majorité des phénomènes, et qui rend surtout facilement compte de ceux qui se distinguent par leur énergie, leur neUeié et leur constance. Il se rencontre assurément quelques phénomènes assez fugaces dont on ne peut pas encore donner d'explication complètement satisfaisante : les changements de couleurs qui se produisent au moment où l'image passe du positif au négatif, et où les inQuences opposées de l'excitation persistante et de la fatigue se trouvent dans un équilibre peu stable, sont encore dans ce cas. Cependant je n'ai pas encore pu trouver de phénomène qui soit manifestement incompatible avec les principes sur lesquels se fondent les explications de Fechner.
Les images accidentelles positives et négatives des fenêtres ont été décrites en 1634 ptf Peiresc (1). Puis on trouve l'expérience présentée comme une sorte de tour d'adrttse- BoNACURSius prétendit, contrairement au jésuite Athan. Kircher (2), qu'il pouvait fairtW sorte qu'on vît aussi bien dans l'obscurité qu'à la lumière du jour, et il eut raison en Éuiaflt regarder fixement à Kircher un dessin fixé dans une ouverture du volet d'une chimbrt obscure. On rendit Tobscurité complète, et Kircher vit de nouveau distinclemeut le de»!»" en regardant (ce qui était inutile) un papier blanc qu'il tenait à la main. Kircher, pourexpli*
(1) Vila, p. 175, 296.
(2) Ars magna, p. 162.