‹ Optique physiologiqueChapitre 119 sur 228 · III, H · texte numérisé non relu

III, H

— V. Paula ScnitANk, L'ebcr die biauen Scbatten, iu Afjh. der MhH*'h^nrr Akud.^ 1011.

1820. MuNCKE, Ueber .«^ubjertive FarlnMi uiul gciarbtc Scbatten, in S'ftu^iff,j^'< ^ww.-. X\X, â7.

(1) Es^av on distinct aiid indistinct Vision, p. 170.

(2) Mrw. ih- rAnnl., XI, .'i47-r)20.

(3) iirf,/rr\ nt-urs ]\'nrlr, Urfi, Avi. Farbc, IV, 124.

(4) Vofffj. Ann., \\.\\ lÔH.

(5) litur. ^si'"-'hnn"n. Il, 207.

(6> IkTiksf.'hr. d. Wif'nrr Akud,^,n,p, III. IK.^O.Octob. 3. (7) Pf»/ij. .-!///*., XCV, 170.

- sJ5"*^ W r/*'»*rin,u«f ^ , '^" ''^'^> «30. ,„ 3

§ t6. — IHvers phénomènes •Bh|ec4lCi.

Nous avons encore à décrire quelques phénomènes visuels subjeclih dont Texplication est encore impossible ou tout au moins incertaine. et qui, par conséquent, n'ont pas pu trouver place dans les paragraphes précédents.

I. — Phénomènes provenant de la tache jaune, — La tache jaune se distin^^ue du reste de la réliue par bien des particularités. Nous avons déjà vu (page 30) les particularités de sa structure anatoniique. r^ macula se distingue de plus, sous le rapport physiologique, par la netteté de la i)erception des images, qualité par laquelle son centre, la fovea^ surpasse de beaucoup toutes les autres parties de la n'iiiie; c'est à cette circonstance que la fovea <loit son importance i\m\\v point de fixation. Nous avons déjà fait voir au § 15 (p. 215-218) rnmment on peut reconnaître la macula dans l'image ontoptique ; dans w mode d'observation, elle se distingue, d'abord par l'absence de vaisseaux à son rentre, et, en second lieu, par l'ombre (pie projettent les parties latérales de la fovea centralisa sous un éclairage oblique. Nous avons déjà dit, en parlant des perceptions de cette partie de la réiinp, que sous l'influence d'un courant électrique traversant Tn'iK elle se dessine tantôt en sombn* sur fond clair, tantôt en clair sur fond sr)iubn'. suivant la direction du courant, et (jue, de plus, sous un érlairagiMj;ii [)résente (l(*s intenuittences d'une vitesse luodérée, elle si» distin<:iit>. au uiilieu des ligures chatoyantes de la rétine, j-ous hi tonne (i'Lii'' image étoilée riMuarquabh».

Mentionnons encore qu'elle |)résente jiussi une forme parliriilirppour un éclairage uniforniéuHMit répandu, et, en particulier, jvuir !j lumière bleue. — On \oit apparaître alors dilïéreutes parties de la LuV jaune ; on ne les voit pas toujours tout(N ensemble, et leur netutr varie îiver les conditions de l'expérience. Au centre de la t:u*lie jamir. la fovea renlrnlh est formée d'une partie de rétine très-mince, iran^ parente et incoldre. Son diamètre est, d'aj)rès KolliLer, de C'^^lSi 0,2'2r). Sadislanc»' du point nodal postérieur de Tu-il est de 15-'. î<»it en moyenne, du 75 lois sou diamètre. Sa grandeur apparente da!i> I*' champ visuel est donc un <erclo de /lO' à 50' de diamèlre. LiU'iiju'rilt' est rendue' \isible, elle ap|)arait ordinairement son^ furnie d'un nT-N" ré^nlivr bii-n délimilé. On voit sou\eni, tout autoiu' dr la /•>/-"/. i:"«^ auréole sombre dont le diamètre correspond à |»eu \n'v< à celui lîc '•"* partie non vasculain» de la tache jaum», telh* (pron la voit rian< l'i'i-

§ 25. VISIBILITÉ DK LX TACHK JAUNE. 549

servation entoptiquc des vaisseaux. F^ circonférence de cette auréole, ou partie non vasculaire^ est peu marquée; son diamètre, environ troisfois plus grand que celui de la fovea^ mesure, par conséquent, un peu plus de 2 degrés. Tantôt sou pourtour paraît assez régulièrement circuaire, notamment sous un faible éclairage; tantôt il se rapproche d'un osange dont la plus grande diagonale est horizontale. G* est sous cette lemière forme qu'il m' apparaît, surtout sous un éclairage un peu utense. Cette partie correspond anatomiquement à la partie moyenne le U tache jaune, dont la coloration est d'un jaune intense, et à laquelle B. Mûller a trouvé, dans deux yeux examinés à cet égard, un diamètre horizontal de 0""",88 et 1'"'",5 et un diamètre vertical de 0"'",53 et 0"",8. Du reste, la coloration jaune s'étend bien plus loin, mais elle est faible et peu tranchée.

Enfin, pour un éclairage intense, on voit l'auréole obscure, non vasculaire, entourée à son tour d'une auréole claire, dont la périphérie se dessine d'une manière très-vague, et qui me paraît, de môme, présenter une forme plutôt rhomboïdale que circulaire. Ses diamètres sont chacun à peu près trois fois plus grands que ceux de l'anneau obscur non vasculaire. On ne peut pas désigner de partie anatomique nettement déCnie qui corresponde à cette partie de l'image : l'auréole claire répond plus ou moins à la coloration jaunâtre des parties extrêmes de la tache jaune ; cependant on ne peut rien dire de précis sur cette coïncidence, car l'étendue de la coloration jaune faible présente des différences individuelles trop grandes. Peut-être aussi cette auréole n'est -elle due qu'à un effet de contraste. Nous l'appellerons anneau de Lœwe, du nom de celui qui l'a découvert, et qui la voyait circulaire.

Lœwe (1) découvrit cet anneau en regardant une surface claire à travers une solution limpide de chlorite de chrome, d'une couleur vert-céladon. L'anneau paraissait violet en comparaison du fond verdâtre et entourait l'anneau central obscur, de sorte que Haidinger le compare à une image de l'iris qui entoure la pupille. Haidinger montra qu'il est inutile d'employer des milieux dichrouiatiques pour voir les anqeaux, qu'ils apparaissent dans le bleu homogène du spectre prismatique et aussi dans de la lumière mélangée qui contienne assez de bleu. Dans cette dernière, les anneaux se détachent sur le fond avec des colorations qui varient suivant la composition de la lumière mélangée au bleu. L'anneau de Lavvc paraît se présenter avec une netteté différente pour des yeux différents, de sorte que bien des personnes na

(l) BAiMlifrER, in Pogg. Ann., LX\, 403; LXXXYIII, 431. — Wiener SiizungsfAer.^ IX, 240.

650 (éiO) DEUXIÈME PARTIE. — DES SENSATIONS VISUELLES. § 95. peuvent pas le voir. Quant à moi, Je ne le vois que par une certidne clarté moyenne, celle qui nous est commode pour lire et pour écrire. Lorsque je mets un verre bleu devant les yeux, et qu'après les avoir reposés quelque temps en les tenant fermés, je porte le regard sur un papier blanc, je vois distinctement l'auréole non vasculaire, sous forme d'une tache rhomboldale, sombre, entourée d'une bande rihcm* boldale d'un bleu plus clair, l'anneau de Lœwe. II sufBt d*une ftdble augmentation de l'éclairage, ou d'une faible diminution, pour qu^ l'anneau de Lœwe me paraisse plus étroit : une variation d'éclairage un peu considérable le fait disparaître, et je ne vois plus que l'anneau obscur non vasculaire.

L'anneau obscur non vasculaire est la partie la plus constante du phénomène. — Maxwell (1) est le premier qui ait examiné exactemafit la manière dont il se comporte. Lorsqu'on emploie de la lumière bomt^gène, Maxwell dit qu'on ne le voit apparaître que dans le bleu. On le voit aussi dans des couleurs mélangées, lorsqu'elles contiennent beaucoup de bleu ; c'est ainsi qu'on peut le voir, mais faiblement, dans h couleur blanche. Lorsqu'on porte le regard sur une surface bleue, après avoir reposé les yeux, cet anneau apparaît ; il disparaît btentit, et avec plus de rapidité si l'éclairage est intense. Maxwell conseille de placer alternativement, devant les yeux, des verres bleus et jaunes oa des papiers bleus et jaunes. La tache apparaît dans le bleu et disparaît dans le jaune. Pour ma part, je le vois le mieux sur le ciel, au momenl où les premières étoiles commencent à paraître, après avoir reposé suffisamment les yeux par un assez long séjour en plein air. Lorsqu'après avoir fernié les yeux pendant quelques instants, on les ou\'re en les touraant vers le ciel , on voit pendant quelque temps l'anneau non -vasculaire se dessiner très-distincteuient; on voit souvent aussi à l'intérieur de cet anneau la fovea ccntralis sous forme d'une tache un peu plus claire, d'un bleu plus pur, à contours assez nets. Il est rema^ quable que, dans cette expérience, ainsi que Maxwell l'a déjà obsen'é, la sensation lumineuse se fait un instant plus tard dans les parties centrales de la rétine que dans les parties périphérirpies. A cet effet, Maxwell faisait passer, avec une c/»rtaiae vitesse, une série de bandes obscures devant un champ bleu . i.i»'i peut aussi constater le fait en ouvrant simplement les yeux. L'obscurité se dissipe en marchant nettement delà périphérie du champ visuel vers le centre, et la dernière trace qui en reste prend la forme de la tache de Maxwell. Pour certains degrés d'in-

(4) Athenmm, 1856, p. 4093. — Eilinh. Jottni., 2. IV, 337. — /nv/., 1856, p. 4W. — Hep, ofBritiah Àisociaiion^ 1856, 2, p. 12.

s a& HOllPPES DE HAIDINGEH. (491) 651

tensité, en particulier pour celui que présente le ciel au moment où les premières étoiles commencent à paraître, le phénomène qui se produit lorsqu'on ouvre les yeux est encore plus compliqué : tandis que Tobs^ curité disparait, en marchant de la périphérie vers le centre, on voit apparaître subitement en clair, soit la fovea seule^ soit toute la tache de Maxwell. Il est possible que cette apparition précède un peu le phénomène obscur, mais Fintervalle est si court, que les deux phéno^ mènes paraissent se présenter simultanément, d'une manière analogue à ce qu*Aubert a remarqué sur les images accidentelles obtenues à la lueur de l'étincelle électrique.

Parfois, lorsque la fovea se présente trës^^nettement, je vois encore, dans l'auréole non vasculaire, de faibles dessins linéaires, Semblables aux contours d'une fleur apétales nombreux (reine-marguerite, dahlia). Ce sont probablement des ébauches du même dessin qui se présente d*une manière plus distincte à la lumière intermittente.

Enfin, je ferai remarquer que j'ai souvent vu, par hasard, la tache de Maxwell en clair sur fond obscur, le matin, au sortir du lit, en dirigeant vers un fond sombre le regard qui avsdt reposé d'abord sur la large surface lumineuse d'une fcnétrCé Je n'ai jamais réussi jusqu'à prient à reproduire volontairement ce phénomène. On voit apparaître QQ cercle d*une clarté éblouissante, de la grandeur de l'auréole non vaaculaire, ombré vers les bords et présentant des indices du dessin nyonné. De cette dernière circonstance on peut conclure que, lorsque Fœil est bien reposé et très-excitable, l'impression lumineuse persiste plus longtemps dans la tache jaune que dans les autres parties de la rétine, tandis que, d'autre part, elle parait aussi commencer plus tard dans la tache jaune, comme les phénomènes que nous avons vu se préseiter lorsqu on ouvre l'œil. L'obscurité que présente, sur un fond bleu, la partie fortement pigmentée de la macula, parait attribuable ù l'absorption de la lumière bleue par le pigment jaune. Les parties colorées en jauiie sont précisément celles qui se trouvent en avant des parties réellement sensibles, c'est-à-dire des cônes. Si la tache n'est, du reste, que faiblement dessinée subjectivement , et si elle disparaît rapidement, c'est ce qui s'explique de la même manière que l'apparition fagUive de la figure vasculaire. Quant à l'apparition lumineuse subite deia tache jaune qui se présente parfois lorsqu'on ouvre l'œil, elle est encore inexpliquée.

Les phénomènes que nous venons de décrire sont ceux qui se présentent à la lumière non polarisée : si l'on dirige le regard sur un champ qui' émet de la lumière polarisée, on voit, au point de fixation, les

552 (422) DEUXIÈME RUiTJE. — DES SENSATIONS VISUELLES. § 25.

houppes de polarisation de Haidinger. — On les voit, par exemple, lorsqu'on regarde, à travers uu prisiue de Nicol, une feuille de papier blanc bien éclairée, ou un nuage lumineux. Les houppes sont représentées (pi. V, fig. 3) dans la position qu ell&s affectent lorsque le plai^ de polarisation de la lumière est vertical» Les taches plus claires, Uuii^ tées par les deux branches d'une hyperbole, se dessinent en bleuâtr^ sur champ blanc ; la houppe obscure qui les sépaie, et qui est pka$ large à ses extrémités qu à son centre, présente, au contraire, uue coloration jaunâtre. Lorsqu'on fait tourner le prisme de Nicol,i3 ûgure de polarisation tourne du même angle. D'api*ës une remarque de Brewster, que je trouve confirmée pour mon œil, la houppe obscure est bien plus étroite à son miUeu lorsqu'elle est horizontale (c'està-dire parallèle à la ligne de jonction des deux yeux) que lorsqu'elle est verticale comme dans la figure. La surface qui est occupée par la figmre de polarisation pai*alt, aux yeux de Maxivell et aux miens, égaler en grandeur l'auréole non vasculaire de la tache jaune. Le bord de la fovea traverse à peu près les parties centrales et les plus éclairées des surfaces bleues. Brewster attribue aux houppes retendue un peu plus grande de à degrés, et Silbermann leur assigne 5 degrés, ce qui provient peut-être de ce que leur netteté varie beaucoup pour des yeux différents, et que, pour cette raison, les uns perçoivent et les autres »e perçoivent pas les parties les i)lus faibles, situées au bord axtrëme de la ligure. Pour ma part, il y a douze ans, immédiatement après la découverte de Haidhiger, je ne pus parvenir, malgré les plus grands efforts, à voir la moindre trace des houppes, et dernièrement, en essayant de nouveau, je les vis aussitôt que je l'egardai à travers uu prisutf de Nicol. Cependant, dans mon œil gauche , le milieu de la houppe obscure est bien plus sombre que dans l'œil droit, ce qui ijeutjvovenir d'une différence de coloration de la tache jaune. Du reste, lorsqu'on les voit, elles disparaissent bientôt, conmie tout phénomène subjectif lié à la structure de la rétine. Elles rei)araissent loi*squ'on fait tourner le polarisateur de «0 degrés.

Les individus qui perçoivent les houppes d'une manièit^ très*nette, les voient aussi dans do la lumière qui n'est polarisée qu'en partie, sur des surfaces réfléchissantes, sur le ciel, etc., ce qui leur permet de déterminer immédiatement partout la direction du plan de polarisation. Cependant, parmi les diverses couleurs de la lumière homogène, le Uai est, comme Stokes l'a trouvé, la seule qui produise les houppes de polarisation. On ne les voit pas dans les pai'ties moins réfrangiblcs du spectre. Sur un champ bleu , les surfaces hyperboliques bleuâtres paraissent claires, et les houppes jaunes qui les séparent, paraissent

9 S5. HOUPPES DE HAIDINGER. 558

obscures; c'est ainsi qu'on les voit, lorsqu'on regarde, une surface Manche à travers un verre fortement coloré en bleu, superposé au polarisateur. Quant à moi, non-seulement je ne vois pas ces houppes dans le vert, le jaune et le rouge homogènes ; mais je ne les vois pas non plus dans les nuances impures, mais assez saturées, de ces couleurs, tdles que les donnent les verres colorés. I( s'ensuit que, dans la lumière Uanche, le phénomène provient aussi des modiûcations du bleu. A l'endroit des houppes jaunes, il n'y a pas de bleu, c'est précisément pour ce motif que ces faisceaux paraissent jaunes et plus foncés. ' Lorsque la lumière est polarisée, soit par réflexion, soit par réfraction ample ou double, toutes les couleurs subissent toujours à peu pi^ également la pcriarisation. C'est seulement dans l'absorption de lumière chromatique par des corps biréfringents que la lumière de certaines couleurs peut être polarisée, tandis que celle des autres couleurs ne l'est paSi C'est la tourmaline, si souvent em^rfoyée comme moyen de polarisation de la lumière, qui nous présente l'exemple le plus connu d'une semblable absorption. Cette propriété est, du reste, très-répandue parmi les corps colorés biréfringents, on peut la produire artificiellement en colorant ces corps, et elle provient de ce que le rayon ordinaire, comme dans la tourmaline, ou le rayon extraordinaire, comme dans le rutile (oxyde de titane) ou la cassitérite (oxyde d^étain), subit une absorption plus forte. Or, la plupart des fibres et des membranes organiques sont faiblement biréfringentes et se comportent, en général, comme des cristaux à un axe, dont l'axe serait parallèle à la^ longueur des fibres ou perpendiculaire à la surface des membi^anes. On peut donc expliquer la production des houppes de polarisation en admettant que les éléments jaunes de la tache jaune sont faiblement biréfringents et qu'ils absorbent plus fortement le rayon extraordinaire de la couleur bleue que son rayon ordinaire.

Lorsque de la lumière bleue, polarisée d'une manière quelconque, traviNW, suivant leur direction, des fibres ainsi constituées, elle est fortement absorbée ; mais si elle les traverse perpendiculairement à leur (firection, elle est absorbée fortement ou faiblement suivant qu'elle est polarisée parallèlement ou perpendiculairement à la direction des fibres. Or, les fibres de la couche fibreuse externe (p. 28, à"") , perpendiculaires h h surface dans les autres parties de la rétine, sont obliques dans la tathe jaune, leur extrémité postérieure se rapprochant de la fovea (1 ) . Dans ta fovea centralisa les couches granulées et les couches ganglion-

(f) BEMMAliir, in Henie und Pfeuffer's Xeihchrift fur rat. Med., 2, V, 245 ; 3, 11, S3. —■ai Sciultev, ObBervatioQM de ritine straeturt penltiori. Bonn, iS59^ p. 15.

56ei {4i5) OEUXIËMIi: PARTIR. — DES SENSATIOÏHS VISUELLES. « 25. naires font plus ou moins complètement défaut; par contre, lescoodiOB granulées et la couche ganglionnaire externe sont plus épaisses autour de la fovea qu'ailleurs; il en est de même de la couche ganglionnaire interne, I»en qu'elle contienne encore, au bord de la fçvea eeniraliSf trois rangées de cellules superposées, de telle sorte que les autres éléments relatifs aux cônes de Ih fovea paraissent refoulés sur le pour^ tour de cette dépression, ce qui doit forcer les fibres correspondiuatof, de nature nerveuse ou connective, à prendre une direction obliqua Ainsi, d'après l'hypothèse que nous avons faite, au bord de la /ocor, où les fibres ont en général une direction oblique dirigée vers le centre de la dépression, la lumière devrait subir une absorption plus forte tu endroits où les fibres sont parallèles au plan de polarisation. Si ce plan est vertical, il se formera des parties obscures au-^dessus et au-dessov de la fovea^ des parties claires à droite et à gauche. De mémo il devra se présenter des parties plus soudures aux endroits où les fibres ne soni plus obliques à la surface de la rétine, c'estrà-dire au centre même de la favea et vers le bord de la tache jaune. On a vu le phénomène des houppes de polarisation répondre à ces conditions.

On a encore émis d'autres opinions sur Forigine des houppes de polarisitioa — Eotre autres, ou a accueilli assez favorablement celle qui a été indiqua pr Ërlack et plus spécialement dévelop|>ée |)ar Jamin. Tous les deux croyaient pouvoir expliquer les houppes par les réfraclions mullipies que subit la lumière sur les surfaces réfringentes de l'œil. Il est \ rai que la lumière polarisée vcrticalemeot ({ui pénétrerait dans Tocil par en haut ou par en bas, subit une réfraction plus forte et pénètre en moindre quantité (|ue celle qui vient par les côtés, et que, par suite, le quadrant supérieur et le quadrant inférieur du champ visuel deriveot paraître un peu plus foncés que le droit et le gauche. Mais si lu pliénomètie af«t |)our cause la polarisation par réfraction, il faudrait d'abord que les houppes evsent à peu près la même intensité dans toutes les couleurs homogènes, tandis qu'elles ne sont nettes que dans le bleu. Eu second lieu, elles devraient augmeoter de force d'une manière continue, en marchant vers les bords du champ fiflud. Elles sont au contraire renfermées dans une |)artie très-petite et centrale: En troisième lieu, leur centre devrait se trouver sur Taxe, et non au point de ûutioo, qui paraît ne coïncider avec l'axe que dans bien peu d'yeux. Stokes, Brewslerat Maxwell ont déjà fait ressortir l'insuffisance de cette explication, et les deai derniers ont remarqué que l'étendue des houppes coïncide avec celle de la tadie jaune. Haidinger et Silbormann ont aussi donné toutes sortes d'explications, mais qui ne sont pas bien clairement développées.

Haidinger décrit dans le champ bleu, à l'endroit où l'on voit l'anneau de Lcme. des croix de Saint-André claires, qui n'ont pas encore été retrouvées par d'aolre» observateurs. Pour ma part, je ne puis les voir.

s tt. VISIBILITÉ DE LA GIHGULATION SANGUINE. {i9S) 665

II. •«- On voit dans le champ visuel des paint8 lumineux mohilês, loCamment lorsque, pendant une marche rapide ou d'autres meuvenents du corps, on regarde fixement une grande surface uniformément bdairée, telle que le del ou des cliamps de neige (voy. p. 221) . — Les letits points apparaissent en différents endroits du champ visuel et /avancent très-rapidement, suivant des trajets différents qui, le plus auvent, ne sont pas rectilignes. Sur le trajet qu'a suivi un de ces loints, on en voit d'autres se succéder à de courts intervalles. Purkinje ait remarquer que lorsqu'on regarde une surface éclairée limitée, telle [u'une fenêtre, chaque point entraine à sa suite une petite ombre, itnée du côté opposé au milieu du champ visuel. Comme ils paraissent onserver des trajets fixes, ils ont été considérés par plusieurs obserateurs (J. UûUer) comme un phénomène de la circulation du sang. lus ils sont, au moins dans mon œil, moins nombreux qu'on ne devrait attendre de globules sanguins, et leui-s mouvements sont trop rapides Mmr qu'on puisse admettre qu'il s'agisse ici simplement de la circuation du sang dans les capillaires. On a vu plus haut (p. 221) comment %s circonstances paraissent s'expliquer par des interruptions passa- ^res de la circulation. Il parait, du reste, que ce phénomène est visible lour la plupart des individus.

Les corpuscules sanguins sont précisément assez grands pour qu'on misse les distinguer lorsqu'ils se trouvent dans la rétine et qu'ils y exercent une impression. I^ur diamètre est, en moyenne, de 0"",0U72 it l'étendue des p'us petites distances visibles est de O'^.OOô vpy. p. 292). Plusieurs observateurs ont vu, dans différentes circon- Ijmces, des courants de corpuscules sphériques et des mouvements «idoyaots moins bien déterminés. Nous avons déjà mentionné plus lauile phénomène des courants enlacés les uns dans les autres, qu'on emarque sous un éclairage intermittent, et que Vierordt attribue à la ircnlation sanguine de la choroïde. On voit, du reste, parfois quelque iiese d'analogue, sans lumière intermittente, lorsqu'on regarde fixeœnt une surface éclairée, surtout lorsqu'on a fait aflluer le sang à la Ste en se baissant préalablement. Dès que l'impression lumineuse a atigué suffisamment la rétine pour que la surface devienne obscure, on loit voir, derrière la surface claire qui disparaît, une surface rougeàtre achetée, dont les taches sont tantôt en mouvement, tantôt on repos. — Steinboch et Purkinje (1) ont vu des files de corpuscules en mouvement, notamment lorsqu'ils exerçaient sur l'œil une faible pi-ession. Le denier les aperçut d'abord en observant la figure d* accommodation

(I) Bmbachtungen und Yersuche, I, 127.

556 {4Sfi) DEUXIÈME PARTIE. — DES SENSATIONS VISUELLES. § «. obscure qui consistait^ chez lui, en un cercle blanc central, entouré d'une auréole brunâtre et mal délimitée. A droite et à gauche du cercle blanc il vit deux lignes claires verticales, dans lesquelles se mouvaienl des fdes de corpuscules, descendant à droite et montant à gauche. Jusqu'ici je n'ai encore rien pu voir de semblable. — Johannes Mûller (l), lorsqu'il avait une congestion à la tète, ou qu'il se relevait brusquement après s'être baissé, voyait comme des nuages de corpuscules obscure et suivis de queues, sauter et se précipiter dans les directions les plus diverses, et il comi)are cef phénomène au fourmillement des iieris sensitifs.

Je vois aussi parfois un papillotage semblable au mouvement de petits corps, sur un mur recouvert d'une couche rugueuse de chaux et édâti par une petite fenêtre, sous une incidence très-oblique : par suite de cet éclairage , le mur paraît parsemé d'une quantité de petits points noirs irréguliers. Dans ce cas, cependant, les points brillants pourraient bien être des images accidentelles des petits points noirs, qui apparaîtraient par l'effet des mouvements inévitables de l'œil.

Purkinje décrit encore d'autres phénomènes qui se présentaient pour l'excitation du système vasculaire ou pour des efforts des yeux. Voici si description (2) : u Après avoir marché rapidement dans la campagne, » pendant un quart d'heure ou une demi-heure, par une belle journée, » lorsque j'entre brusquement dans une pièce phisou moins obscure, je )> vois s'agiter et flamboyer dans le champ visuel une lumière mate, aua- » logue aux dernières lueurs d'une flannue d'esprit-de-vin répandu sur » une sm'face plane, ou à celle d'un objet frotté avec du i)l)0.sphor(\ qui » brille faiblement dans l'obscurité. Eii examinant plus aitentivenienl, je » remarque que le nuage flaiul)oyant est composé d'une quantité inuom- » brable de points lumineux irréguliers et excessîvemi»nt i>etits, qui se » meuvent dans tous les sens, s'accuuuilent tantôt d'un côté, tantôt de * l'autre, forment des taches mal délimitées, et se séparent de nouveau » pour se réunir ailleurs. (Ihaque point laisse derrière lui une lé^n'rc » trahiée lumineuse, et ces traces figurent, par leurs intersections trèîr )) variées, des systèmes de réseaux et d'étoiles; ce fourmillement occupe » une grande partie du champ visuel et empoche la vision distincte. La » poussière (pi'on voit s'agiter dans un rayon de soleil me pai-ait donner » l'idée la plus approchée de ce phénomène. »

Purkinje voit les mêmes phénomènes en couvrant l'œil droit et en regardant fixement une sm'face éclau-ée, avec l'ceil gauche, qui est faible

(1) Physiologie JI, 390.

(2) Beobachtungen und Venuchc, I, 03.

i 15. AUTRES OBSERVATIONS DE PURKIiNJE. 567

it presbyte ; il les voit également en pressant d'une manière de plus en dus forte sur Foeil gauche. Les petits points paraissent plus vifs pour 'œD ouvert que pour Tœil fermé , surtout en regardant une surface Dinfaine qui ne soit pas complètement sombre. La lumière extérieure st donc utile à la production du phénomène.

Après avoir couru, il voit, sur la surface éclairée du ciel, en pressant ur rœll ou toussant avec effort, deux sphères pulsatiles vers le côté Iroit du champ visuel ; il en voit une rangée à la partie inférieure et rois du c6té gauche. Le point de fixation présente aussi un mouvement lulsatile, et il apparaît encore des bandes grises dont une partie, de orme circulaire, entourent le point de fixation, tandis que d'autres eprésentent des vaisseaux radiaux (1) .

in, — Tigiires qui apparaissent lorsque la rétine est uniformeneni éclairée. — Purkinje (2) observe qu'en regardant fixement une prande surface un peu éblouissante, telle que le ciel uniformément :oiivert de nuages, ou une flamme de bougie très-voisine, il voit appa- 'altre, dans le milieu du champ visuel, des points lumineux qui se reproduisent à plusieurs reprises, en quelques secondes, et qui disparaissent rapidement sans changer de place en faisant place à des points loirs, qui disparaissent avec la même rapidité. Si, pendant l'apparition les poiuts lumineux, il dirigeait le regard vers une partie complètenent ol)scure, ou qu'il fermait les yeux, le phénomène se continuait de à même façon, mais d'une manière moins brillante, comme si les xûnts, allumés par l'aspect de la surface lumineuse, se consumaient "nsnite. JTaî souvent vu également, par hasard, de semblables points umineux isolés qui ne pouvaient pas être des images accidentelles, Mtfce qu'il n'y avait pas, dans le champ visuel, de petits objets lumi- «ûx qui eussent pu leur donner lieu ; ces points laissaient à leur suite les points sombres ; le plus souvent je ne voyais qu'un seul point à la bis, et, en somme, le phénomène ne se reproduisait pas souvent.

C'est ici le lieu de citer la toile d araignée (3) de Purkinje, formée de lignes amineuses rougpâtres sur fond rouge, et représentant, avec une complication plus i^ moins grande, le tissu rayonné de certaines araignées. Pour bien voir cette igare, Purkinje s*était couché de telle manière que les rayons du soleil levant rÙMedi frapper ses paupières. En se réveillant, il voyait le phénomène derrière b paupières fermées.

Teamge de Purkîilje est, en général, excessivcmeot riche en observations

-(i> B<oliMhlungen und Yersuche, 1, 134.

(2) Ibid., I, 67.

(3) /Au/., Il, 87.

subjectives inalogiies, et rpsten encore longtemps nné riche ininè fdtmmÊm de cette nature. Mais un grand nombre de phénomènes qo*il décrit n'ont |ni pi étren-etrouvés pour d*autres yeux, et il reste encore ï savoir si osn-ftie reposeraient pas sur des particularités individuelles aui yeai de cet i observateur (1).

1844. Wi BAiDncn, leber dai dirtcte Erkennen das polariiirtan Lichta, la Pogg. An.. LXIII, 29.

1846. W. Haidingeh, tVber comptementare PirbeiMindrftcke bei Beobacfatonf der Uht-

polarititiontbttschel., in fosF^. Ann,^ LXVIl, 435.

— W« llAiDiMGEB^ Beobachtuiiff der Licbtpolarisaiioiubiuchel in geni41ini( peUhMM

Lichte, In Pogg. Ann., LXVIIf, 73.

— W. Haidinger, Beobachtung der Lichtpolarifationsbateliel auf Fliehen, wMm à»

Liclit in zwei lenkreclit auf einander stohenden Richtungea polarisiren, in Affi4nn., LXVIII, 305.

-— Sn^BEtHAHN, Euaî d'explication des houppea ou aigrettes vitiMet à l'ofl M dMh Jumière polarisée, in Comptes rendus^ XXUl. 624. — Inst,^ n* 666, p. 317.

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(1) Voyez encore les phénom«^nes cités dans son ouvrage : Beobachlungw und * I. I, n« XXII. et t. II, n«« IV, V, XV.

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