A. CONTRASTE SUR PETIT CHAMP COLORÉ
ir que par une faible différence de coloration. Ces phénomènes appassent très-nettement sur un disque chromatique formé, comme celui
la figure 152, de secteurs colorés étroits, sur fond blanc, inter^ Qpus en leur milieu par une bande composée de blanc et de noir, i devront produire, dans la rotation, un anneau gris sur un fond Acbfttre faiblement coloré. Par le fait, cette couronne ne parait pas se, mais présente la coloration complémentaire, avec une netteté latant plus grande que l'intensité de l'anneau est plus près d'être ade à celle du fond, ou un peu moindre. Si les secteurs colorés sont •ges, cela donne trop d'intensité à la couleur du fond, et la couleur mplémen taire de la couronne devient plus faible ou, au moins, plus uteuse que pour une coloration 08 faible du fond ; il en est de 6me lorsqu'on entoure l'anneau isde deux circonférences noires, roites, qui marquent nettement
séparation d'avec le fond. Dans
s derniers cas, la coloration par
Qtraste ne fait peut*être pas abso-
ment défaut, mais elle est accom-
Ignée d'une grande incertitude de
gement sur la couleur du champ
doit, et, par comparaison avec un
amp blanc voisin du disque, on
nt arriver facilement à déclarer
le le champ induit est réellement blanc, tandis que, sans ces circon-
lences, la coloration complémentaire par contraste s'impose à notre
rception d'une manière non douteuse. On ne voit, au contraire,
cune coloration par contraste sur un fragment de papier blanc tenu,
moyen d'une pince, en avant du disque coloré, même si l'on a soin 'aucune ombre portée ne détache ce fragment sur la coloration pâle
disque rotatif; si l'on oblique le fragment de papier par rapport à lumière, de telle sorte que son intensité soit exactement égale à celle
l'anneau gris , cet anneau parait aussi brusquement blanc dans le iânage du fragment de papier, comme ce fragment lui-même ; cepennt les parties plus éloignées de l'anneau restent le plus souvent lorées. Si la couronne grise est limitée par des traits noirs, dans tte expérience, sa coloration parait devenir grise sur toute son ïndne.
Dans ce cas, on ne peut pas dire que l'une des couleurs soit vue à ivers l'autre; mais dans l'appréciation de la couleur de la couronne
5A0 (412) DEUXIÈME PARTIE. ^ DES SENSATIONS VISUELLES. { Si on prend pour point de départ celle du fond, et Ton croit voir une dégradation de cette couleur du fond. Si deux couleurs appartiennent à deux corps différents, il n'y a pas de raison pour supposer entre elles une relation : on cherche, au contraire, à déterminer chacune de ces couleurs indépendamment de tout rapprochement fortuit; mais lorsqp'une surface plane continue, qui offre en tous ses points la même structure et la même matière, nous présente des parties différemment colorées, de telle sorte que ces parties ne se distinguent absolument que par la différence de leur coloration, notre jugement est nécessairement amené à supposer mie relation entre ces couleurs avant de les comparer. Le résultat de cette comparaison est, comme nous l'apprend rexpérience, que nous évaluons la différence conmie plus forte qu elle n'est réellement ; soit parce que cette différence, lorsqu'elle existe seule et qu'elle attire seule notre attention, fait une impression plus forte que lorsqu'il y en a encore d'autres ; soit que, dans ce cas encore, les différentes couleurs de la surface soient perçues comme des modifications de la couleur unique du fond, analogues à celles que pourraient produire des ombres portées, des reflets colorés, des taches produites par des liquides ou des poussières colorées. Effectivement, il faudrait une matière colorante rougeâtre pour produire une tache objective gris-blanc sur une surface verdâtre, etc.
Au reste, les résultats incertains de ces expériences expriment clairement la difficulté que nous éprouvons à comparer, d'une manière exacte, l'intensité et la couleur de deux surfaces qui ne sont pas absolument contiguës. Nous avons déjà remarqué, à propos des méthodes photométriques, que la comparaison n'est exacte et sûre que lorsque la limite entre les champs à comparer ne présente aucune autre particularité que la différence de coloration ou d'intensité lumineuse. Plus ces champs sont éloignés l'un de l'autre, plus la comparaison devient inexacte, de telle sorte que, dans \es cas semblables, les circonstances accessoires conservent une assez large influence sur notre appréciation de l'intensité ou de la couleur. Dans les expériences qui nous occupent, la différence entre la surface induite et la surface inductrice est présentée sous les conditions les plus favoral)les, mais la comparaison entre la surface induite et d'autres surfaces situées latéralement dans le champ visuel ne peut s'effectuer que d'une manière très-imparfaite.
Les mêmes circonstances se présentent encore plus nettement dans les expériences que nous allons décrire, et dans lesquelles la surface induite est en contact, par deux bords opposés, avec deux couleurs différentes. Dans ce cas, la surface induite présente, sur ces bords, l^
,S 2à. DEL-X COULKL'HS INDUCTHICKS. (i/.î) 541
couleurs complémentaires ; lorsque la surface induite touche par un bord une surface plus foncée et, par l'autre bord, une surface plus claire, le premier bord parait plus clair, le second plus foncé. Mais ici encore le contraste n'apparaît nettement que lorsque le bhamp inducteur ne se distingue du champ induit que par la différence de coloration ou d'intensité et qu'il n'existe aucune autre délimitation.
On peut facilement faire ces expériences avec le voile de papier
transparent. — Qu'on colle ensemble un papier vert et un papier rose,
de manière à obtenir une feuille mi-partie verte et rose ; sur la ligne
de séparation des deux couleurs, qu'on fixe une bandelette de papier
gris et qu'on recouvre le tout par une feuille de même grandeur en
papier à lettres mince. La bande grise parait rose au bord qui touche
le vert, et verte au bord qui touche le rose ; au milieu, se présente une
nuance intermédisdre à ces deux couleurs qui est grise, sans doute, mais
que nous ne pouvons pas reconnaître positivement comme telle. Le
phénomène est bien plus prononcé, si la. bandelette grise estperpendi-
cuhûre à la ligne de séparation des couleurs : la partie du gris qui
s'avance dans le vert peut alors présenter un rose aussi vif que le fond
de l'autre côté. La coloration par contraste est plus faible, mais cepen-'
dant encore nette , si la ligne médiane de la bande grise recouvre
exactement la ligne de séparation des couleui*s : les bords latéraux du
gris présentent alors des lisérés complémentaires étroits , qui sont
esttnnpés vers le milieu de la bande.
On obtient des effets analogues lorsqu'on superpose en gradins des feuilles de papier mince, de manière à fonner des bandes successives qui présentent une, deux, trois... épaisseurs de papier. Éclairant le tout par derrière, l'intensité objective est évidemment constante dans l'étendue de chaque assise ; cependant chaque gradin parait plus foncé sur le bord où il confine à un gradin plus clair, et parait plus clair au contact du gradin plus foncé. — Des teintes plates d'encre de Chine superposées en gradins de plus en plus foncés produisent une illusion analogue (1).
Tous ces phénomènes se produisent sur le disque rotatif avec des dégradations bien plus belles et plus délicates. -- Donnons aux secteurs du disque la forme représentée par la figure 153 (p. 542), et faisonsles blancs et noirs; on voit alors, dans la rotation, une série d'anneaux concentriques de plus en plus foncés à mesure qu'on s'avance de la périphérie vers le centre. Sur chacune de ces couronnes, la surface angulaire des portions noires est constante ; l'intensité de chaque couronne est
(1) CUTiEUL, De la lot du contraste simulUmc des couleurs. Paris, 1839, pi. I, îig, 3 bis.
542 (4/4) DEUXIÈME PARTIE. - DES SENSATIONS VISUELLES. §tt. donc elle-même uniforme pendant la rotation rapide ; c'est seotenent d'un anneau à l'autre que l'intensité varie. Cependant chaque couronne
paraît plus claire à sa partie interne, où elle confine à une couronne plus foncée, et plus foncée à sa partie externe, au contact d'une couronne plus claire. Si les Mirences d'intensité des couronnes sont très-faibles , c'est souvent à peine si l'on s'aperçoit que les couronnes intérieures sont plus foncées que les extérieures ; l'œil est seih lement frappé par les alternances périodiques de dair et d'obscur qoe paraissent présenter les bords des anneaux.
Si, au lieu du blanc et du noir, on prend deux couleurs différentes, chaque couronne présente deux colorations différentes à ses deux bords, bien que la coloration soit objectivement uniforme sur toute l'étendue de chaque couronne. Chacune des couleurs constituantes se présente avec plus d'intensité sur celui des bords de chaque couronne qui confine à une couronne contenant une plus faible quantité de cette couleur. C'est ainsi que si l'on a mélangé du bleu et du jaune, et que le bleu prédomine clans les couronnes extérieures, le jaune dans les couronnes intériem*cs, chaque couronne paraît jaune à son bord extérieur, bleue à son bord intérieur ; et si les couleurs des anneaux présentent, en sonmie, des différences très-faibles, on peut tomber dans l'illusion qui fait disparaître les différences qui existent réellement entre les colorations des différents anneaux, et fait apparaître sur un fond uniformément coloré la coloration par contraste alternativement bleue et jaune des bords des couronnes. 11 est très-caractéristique que, dansées cas, on ne voit ordinairement pas la couleur mixte, mais qu'on croit voir isolément les couleurs composantes, Time à côté de l'autre, et comme l'une à travers l'autre.
Mais ces remarquables effets de contraste disparaissent dès qu'on marque les contours des anneaux par de fines circonférences noires. Chaque anneau appaïaît aussitôt avec la coloration et l'intensité uniformes qu'il possède en réalité. Ici aussi il importe essentiellement que les différents champs soient des parties d'une surface tout à fait continue et homogène sous tous les rapports autres que la coloration. Il »« s'agit donc, ici encore, que de modifications dans le jugement et non
SA. THÉORIE DU CONTRASTE. 5à3
s dans la sensation. Les différences d'éclairage des différentes parties ! cette surface étant les seules différences existantes, ressortent d'une iniëre remarquable, et comme lès différences qui existent entre deux ^ments de surface contigus sont perçues d'une manière plus nette et as certaine que celles entre des éléments éloignés, les différences éclairage qui existent le long des limites de deux champs captivent rticuliërcment Tatteution ; comme elles sont perçues avec plus de tleté et de certitude, elles sont jugées plus grandes que celles qui istent entre les parties médianes de deux champs et qui sont perçues BC moins de certitude. Comme, dans les expériences en question, éclairage ne présente pas de saut brusque au milieu de chaque champ, couleur de chaque bord doit paraître passer peu à peu à celle de l'autre UT une transition située au milieu du champ. Mais si l'on fait une raie noire I milieu du champ induit, ou qu'on place entre deux champs colorés u champ gris dont les deux moitiés, inégalement claires, sont séparées ar une ligne bien nette, les colorations complémentaires s'avancent e part et d'autre jusqu'à cette ligne de séparation, où elles viennent e toucher. Si le champ induit et le champ inducteur présentent une iifférence de coloration assez grande pour qu'on puisse la percevoir vec certitude entre tous les points de ces champs, Telfet de contraste isparalt, ou devient du moins bien plus douteux. Si le champ induit rÊKBte encore quelque autre délimitation, on perçoit avec bien moins e certitude la différence entre sa coloration et celle du champ iuducîor, et le contraste disparaît également ou s'affaiblit.
La anciens observateurs ont toujours admis, dans les explications théoriques s [Aiênomènes de contraste, que le mode de réaction des nerfs, c'est-à-dire la Dsation, soit modifié dans les parties induites de la rétine : ainsi compris, les léoomèaes de contraste rentreraient, d*une certaine manière, dans la catégorie s sensations sympathiques, où un grand nombre d'observateurs ont aussi rangé rradiatiou. Sous un certain point de vue, on avait assurément raison de parier une modification de la sensation, puisque, dans les observations, on n'avait pas itingué le contraste successif d'avec le contraste simultané, et qu'on pouvait me avoir affaire à une modification de la sensation produite par les images accintelles. Si je ne me trompe, les pages précédentes renferment le premier essai li ait été fait de distinguer méthodiquement, dans tous les cas, les effets du con- WÊt successif d'avec ceux du contraste simultané. J'ai montré également que, as les cas où la couleur inductrice ne prédomine pas sur toutes les autres par Ml étendue et par son intensité, la coloration par contraste dépend de circonances qui ne peuvent être attribuées qu'aux fonctions psychiques qui accomignent la perception. Si l'on attribue au champ induit une existence corporelle, as les conditions de l'expérience, la production du contraste fait le plus habiideiDent dé&ut. J'ai déjà indiqué plus haut la nature des illusions que notre
5/44 {ilo) HKl XIKMI:: l'AUTIK. — DliS SKNSAÏIONS VISUELI.KS. §21. jugemcnl subit dans les cas de ce genre. Il s*agit toujours de cas où ii existe uiie certaine marge dans Tappréciation de la nature de la couleur induite, inccrlitode qui provient de l*inii)ossîbilité d'établir une comparaison ejcacte entre cette couleur et le blanc, et qui a pour résultat d'abandonner notre jugement à riiiflocnce de diverses circonstances accessoires, dont l'effet est de nous faire rapprocher la couleur en question tantôt de l'une, tantôt de l'autre des extrémités de l'inlervalle dans lequel est comprise notre incertitude. Ceux des lecteurs qui sont encore peu familiarisés avec rinfluoncc des actions psychiques sur les perceptioi» Hcnsuelles, admettront peut-être difficilement qu'une fonction psychique puisse nous faire voir, dans ie champ visuel, une couleur qui n'y existe pas; je les prierai de suspendre leur jugement jusqu'à ce qu'ils aient éludié les faits mentionnés dan la troisième partie de cet ouvrage, consacrée aux perceptions des sens, et où ib rencontreront un grand nombre d'exemples de ce genre. Ce paragraphe nous a fait empiéter sur l'étude des perceptions visuelles. Je l'ai cependant laissé dans b ])artie qui traite des sensations, |)arce que, jusqu'ici, le contraste a toujouts été considéré comme étant une sensation et que les phénomènes les plus ordinaires qui s'y rapiH)rlcnt sont de nature mixte.
Comme la plupart des phénomènes de contraste dépendent de l'étendue de l'incertitude qui accompagne notre appréciation de l'intensité et de la qualité de nos sensations visuelles, l'habitude dans l'appréciation des couleurs doit nécessairement exercer une influence considérable sur la production du contraste. De inêne qu'un œil exercé k l'appréciation des dimensions dans l'espace sait éviter blea des erreurs auxquelles n'échappe pas un œil moins exercé, il doit en être de même dans la détenninaiion des couleurs, et je crois, |)our celte raison, que le contraste doit présenter, eu général, moins de vivacité ù des yeux exercés qu'à caîux quiiic le sont |)as. Mes oxpériencos ont été facilement contirniées i>ar des i>ei"sonnes expérinienlées dans le^ observations d'optique. En revanche, dans bien des livres, les phénomènes de œutraste sont décrits de manière à me faire |>enser que, pour nombre d'observateui'Sî ces phénomènes sont beaucoup plus visibles et phisWqucnts que pour moi.
Ij)rsque le champ inducteur est limité, les phénomènes de contraste ne laisst'nl aucun doute sur leur signification, puisque la coloration dépend d'autres circonstances qui ne peuvent provenir que du jugement; mais lorsque le champ inducteur n'est pas limité, les effets sont bien plus constants, et, jwur cette raisou, ou serait encore plus |X)rté à les attribuer ù des moditiciitions de lu sensation. CefX'ndaiiti dans ce dernier cas, les cirœnstanc^'s sont évidemment bien plus défavorables qtHi dans le premier, |>our i)ouvoir déterminer avec certitude quelle est la couleur qu'on |K>rri)ii dans ie champ induit; en effet, la comparaison de la couleur de ce champ avec du blanc fait complètement défaut, ou est du moins bien plus restreinte. Kn outre, si les contrastes sur champ inducteur non limité sont \^^ constants, ils ne présentent |)as moins, dans leurs conditions d'intensité, une ai)')' logie complète avec ceux du champ limité. Dans tous ces cas, la coloration |wr contraste présente déjà toute son intensité pour une très-petite intensité de U roulenr inductrice, et celle-ci. en augmentant, n'ajoute que peu ou point à rinleosite de la coloration par contraste. Jîn revanche, le contraste peut cire sensible-
tt. HISTORIQUE DU CONTRASTE. (if6) 5àlf
Bat renfimé dès qoe la sensation est réellement modifiée par des images acci-' ntdles. Enfin, le jugement conserve toute son intensité k la coloration par Btraste, lorsqu'on écarte du champ visuel toutes les autres couleurs. C'est nrquoi je ne doute pas que les phénomènes aient la même signification pour de Uids champs inducteurs que pour de petits, et qu'ici encore h couleur par Dtraste prorienne d*un acte du jugement, bien que, dans ces cas, je ne puisse I encore donner de preuve bien satisfaisante en bveur de cette opinion.
UoRAftD VE Vma connaiisait déjà la plupart des phénomènes de contraste. 11 dit que, mi toutei les couleurs d'égale perfection, les plus belles sont celles qui se trouvent à côté I ciMleiirs les plus opposées : le blanc à côté du noir, le bleu à côté du jaune, le rouge à ké do vert(l). Plus tard, ce furent les ombres colorées, qui, de tous les phénomènes de con- Kte, attirèrent le phis particulièrement l'altenlion. Otto de Guâricke (2) les connaissait et ercha à les employer pour démontrer la proposition d'ÀRiSTOTE d'après laquelle le mélange 1 Uanc et du noir pourrait donner du bleu. Mais Bdffon (3) fut le premier à les signaler à ttentioa générale ; il ne les observa d'ailleurs qu'occasionnellement, au lever et au coucher I soleil, où elles étaient tantôt bleues, tantôt vertes. L'abbé Mazeas (4) les produisit avec la mière de la lune et celle d'une bougie ; il fût de ceux qui croyaient pouvoir expliquer les lolenrs par une diminution de la lumière. Melville (5) et Bougcer (6) cherchèrent, au conaire, à expliquer les phénomènes à l'aide de la théorie des couleurs de Newton. On attribua a eeuleun le caractère objectif, parce qu'en effet les ombres bleues, éclairées par le ciel M, présentent une coloration bleue objective : citons, à ce sujet, Bégcelin (7), qui montra M la lumière bleue du ciel est, dans beaucoup de cas, la cause de la coloration bleue des ■bras. RmroRD (8) paraît avoir découvert le premier le caractère subjectif de la couleur B Tue des ombres, en la regardant à travers un tube étroit. GlMuE (9), Grotthdss (10)-, lAnvs (H), TooRTDAL (12), se rallièrent à cette opinion. D'autres observateurs délén- Mt encore longtemps le caractère objectif des deat couleurs des ombres : citons v. Paula CBUKi (13), qui attnbua à la diffraction la couleur de l'ombre bleue; Zschoeke (14), SAn (15), POHLMAHN (16), qui admît de nouveau l'opinion de Bëgueliii. Ce fut partiiBèrment Fkchher (17) qui démontra le caractère subjectif de ces phénomènes ; il fit voir, Bire antres, comment un acte du jugement peut maintenir la couleur par contraste, une M produite ; il augmenta le nombre des observations, mais il n'osa pas encore établir t théorie de ces phénomènes. Plateau (18) rattacha les phénomènes de contraste à sa bèorie des images accidentelles. D'après lui, la rétine pourrait, dans l'espace comme dans e teaips, osciller entre des états d'excitation contraires ; dans le voisinage immédiat de la «tie excitée, se présenterait une phase homonyme, qui se manifesterait par les phénomènes
(I) Tratlato délia pittura, cap. CC; — cap. CLVI, CGCXXYIII (Ombres colorées). ^) Exper. Magdeb., p. 142.
(3) Êtén. tk fAcad. de Parut, 1743, p. 217. (i) Ahh. derAkad. zu Berlin, 1752.
(5) Sdinb. Es9ays^ 11, 75. (i) Traité d'optique, p. 368.
(7) ir^. de tAcad. de Berlin, 1767, p. 27.
(8) Philos, Transact.y LXXXIV, 107. — Gren's neues Journal der Physik^ II, 58.
(9) Farbenlebre, p. 27.
(10) Schweigger's BeitrAge zur C hernie und Physik, III, 14. (H) Gehler^s neues Wôrlerbuch, Art. Farbe.
(12) Die Erschdnungen des Schattens. Berlin, 1830.
(13) MÙHchnerDenkschr., 1811-12, p. 293 ; 1813, p. 5.
(II) Unterhaltungsblûtter fur Sntur- und Menschenkunde, 1826, p. 49.
(15) Pogg. Ann„ XXVII, 694; XXXVII, 287 ; XLII, 72.
(16) lôtt/., XXXVII, 319-341.
(17) Ibid.^ XUV, 221 ; L, 433.
(18) ilftn. de rhini. pf ffp pfn/*., LVIIK 339. — Pogg. Ann., XXXII, 543; XXXVIII,
5à6 (*I7) DEUXIÈME PARTIR. — DES SENSATIONS VISUELLES. |1k
dMrriMlîatioo, puU, à une diiUace plut gmule, la phase contraire se prodiinît miàornak lieu au contraste.
JoRUT (1) et, plus tard, Branues avaient déjà proposé d'expliquer les phènonèiia dp conlraste par des Iniaget accidentelles. Cette explication, exacte pour une partie des pMssmènes, ne s'appliquait pas à tous ; c'est ainsi que Fegmee montra que les eoulews psr csntraste peuvent le produire sans fatigue préalable de la partie de rétine corretpondante.
On doit à Chevreul (2) une description exacte des modifleations que subissent les diffïmlfi couleurs par l'effet de leur juxtaposition. BRANMa (S) et Osamn ont décril les inafMeM|timentaires obtenues par réflexion sur les lames de verre ; Dove (4) donna à cetle expérinoe la meilleure forme, qui a encore été modifiée depuis par Ràgoha Sciiià (5). FKCism ri BaiiCKE (6) découvrirent les cas où le champ induit affecte la même couleur que le cbiiDi;inducteur. H. Meyer (7) fit voir qu'une petite différence entre les couleurs est plus favoribir qu'une diflérence considérable. Du reste, presque tous les obsenmleors sa rattièrsnt à l'opisiio de Plateau, d'après laquelle le contraste provient d'une modification da le nnition. ^m ce paragraphe j'ai cherché à distinguer, plus complètement qu'on ne rnvaii eneen fùl, bi différentes causes qui sout en présence, et je me suis efforcé de démontrer que le coitn* simultané pur réside dans une modifleatioa dans l'appréeiationt et non pns dhme nae T de la sensation.
IMi. Leonardo hk ViNGi (t 1519), TratUto délia pittiira, eap. CLVI, <£, GCCXITIH. 1672 Otto v. Gueucke, Expérimenta nova, ut voeanturj Magdelnufiea da vacae iptfH-
Amstelod., 1672, p. 142.
1738. JvRiii, Gssay on distinct and indistinct Vision, p. 170. 1743. G. HE BurroH, Sur les oouleura accidentelles, in Mém, de Parù^ 1743. p. 217. 1752. Mauas, in Atém. de PAc^ui, fie Berim, 1752. 1760. BouGDKR, Traité d'optique sur la gradation de la lumière. Parie, 1760, p. 363.
— Melvilu. Obso^lions on light and roloun £ssajs and observatîoas { Pk§9. tmd kK.
KdinburffkylU 12,75).
1767. Béguel», Mémoire sur les ombres colorées, in Uém. de tAcad. de Her/in, ili'.
1778. V. (ÎLEiCHEif genaïuit Risswoax, Von Ucn Farben des Schattens, in A'i. À '■^
Mogunt,, 1778, p. 30H.
1782. H. F« T.« Observations sur les ombres colorées. Paris, 1782.
1783. Fuiuggrgi:k8, Sur les ombrer colorée». In Matt. //<* Herliu^ 1783, p. 52.
— Omiix, in Junt'nal de phijsiifue, 178:i, déc.
— Pktkim, in Mt'ui. ffi mnfh. e tli fisiai drl Sx*. //«/., XIIÏ, p. 11. 1787. CARVAI.HO E Sampago, Tratido das Corcs. Malta, 1787.
1K05. PRIKLR, Observaliuns sur les couleurs et sur certains phénomènes qu'elles prûscrUfii. in Ann, du rhitii,^ UV, p. 1. — (lilh. Ami,^ XXI, p. 315.
— Hassenkkat/. Sur les ombres colorées, in Jouru. de /'£Vi>/e /**#/*/ /a/m., cah. XI.
1810. V. GoTHK, Zur Farbeiilehrc, p. 27.
1811. r.KoTnrss, Ueber «lie zufàlli^en Farben des Srhatlcns, in .<»7if;Wyy»T'» /«.'■.