INFLUENCE DE LA POSITION DE LA TÊTE. (6i
'état de les comparer et les combiner, et n'ayant plus la réflexion écessaire pour reconnaître la nature subjective des phénomènes dont ous avons parlé, il se produit fréquemment des représentations fanatiques. Dans le délire alcoolique, il apparaît, dans le champ visuel, des tches noires qui se meuvent rapidement avec l'œil, et le malade croit oir courir des souris, des hannetons noirs ou des mouches. Dans le élire fébrile, au contraire, on reconnaît souvent, dans la description es malades, les points et les cercles lumineux et colorés qu'on peut gaiement reproduire chez l'homme sain, par une légère pression sur œil, et que malade prend tantôt pour des étincelles, tantôt pour des eux ardents, etc.
Dans les phénomènes décrits jusqu'ici, nous avons admis que la tête tait droite ou que, dans le cas contraire, nous en connaissions l'inclilaison. Il faut mentionner, pour finir, une illusion qui repose sur une aiusse appréciation de la position de la tète. Aubert (1) pratiqua, dans B volet d'une chambre obscure, une fente de 5 centimètres de long sur l de large, et qui formait le seul objet visible dans l'espace qui l'entouait. Lorsque, cette ligne éclairée étant verticale, l'observateur inclinait a tète vers l'épaule droite, la ligne paraissait oblique de droite à gauche et de bas en haut. De même, en inclinant la tête vers l'épaule gauche, on obtenait encore un mouvement apparent de la ligne en sens contraire de celui de la tête. Lorsque la ligne était inclinée de A5o sur rhorizon et montait en allant de gauche à droite, elle paraissait verticale lorsqu'on inclinait la tête à droite et pouvait même dépasser la verticale pour s'incUner en sens opposé. En inclinant la tête à gauche, la ligne paraissait horizontale et pouvait même dépasser l'horizontale. Le maximum de rotation de la ligne lumineuse se produisait lorsque la tète avait une inclinaison d'environ IZb".
La rotation de la ligne éclairée suit d'assez près l'inclinsdson de la tête lorsque ce mouvement s'exécute lentement; mais si l'on inclme brusquement la tête d'une quantité considérable, la rotation de la ligne n'est accomplie que quelques secondes après.
Lorsqu'on laisse pénétrer de la lumière dans la chambre en maintenant Tinclinaison de la tête, la ligne reprend sa position verticale. Si Ton reproduit l'obscurité, la ligne reprend sa position oblique.
n ne s'agit pas ici d'une rotation de Tœil dans la tête, comme on peut 8*en assurer à l'aide des images accidentelles. Lorsqu'on incline la tête ^ 90° à droite, une image accidentelle, développée dans le méridien
(!) Virckow's Archiv fur pathologische Anaiomieund Physiologie ^ XX.
vertieal de FcbU, ne piéMite pas, daimiiiie àÊÊaalbmélmamé^m fari- Ûùù rédle, qd est eenalblement hmriiontale : elle paraît beaaewjy phn «ddiqae de gaadie à droite et de bas en haut qa'die ne Feat lédkment; et une %iie d)|eetiYe préseataat rédkineiit oetta hHê fadinalaon paraît verticale.
LHOuôoQ tient à nne tei^boice qoe noua avoaa à eonaidlÉer, dus robacorité, les incHnaiaena latéralea de kt ttta mamoe piaa patts qu'elles ne sont en rtelité.
An lien de fldrar<dMervatioD dans robaeniité, on peat plaev la^p» sur un mur pdnt d*nne couleur imiformè et s'entourer la tète ff\m ' écran cylindrique qui masque tous les objets envirouriants.
C'e^t ici ouQ trouvent encore leur place les phénomènes cannus da nipuvement ^e paraissent présenter les objets imniobiles lorsque mm nous trouvons sur un bateau ou dans un train de chemiji de fer qui se déplace leifteineqt ; il en est d^ même du phénomène inverse, d'après leauel qoqs croyons être èa mouvement lorsque nous sommes imm<h bitep et que ce sont les qbjeta situés devant nous qui se déplacent avec yne vitesse constante, L^ plus grand exemple de la première espèce e5( le repos apparent de la terre, au mouvement de laquelle se substitue U rotetion apparente àp, ç\A étdié. Quand deux trains sont arrêtée côt^ à isôte dans une gare, Tobservateui* assis dans Tun des tiains et qui regarde Tautre a souvent bien de la peine, lorsqi^e Vim des trains m met en marche, à décider auquel des deux il doit attribuer le mouvement, tant qu'il ne parvient pas à voir des parties fixes du sol ou te bâtiments. De même, dans les observatoires à coupole mobile, tels qu'on les établit pour placer rhéliomètre, lors de la rotation de la cmh pôle, on se figure parfois qu'elle est immobile et que c'est la plaDchéf qui tourne.
En général, c'est la partie la plus grande du champ visuel pti considère comme immobile et la partie la plus petite à laquelle on attribue le mouvement. Il faut ^ajouter qu'au commencemeol d'un mouvement nous nous attendons à ressentir des chocs ou d€3 secôuâsa ou tout au moins les effets de l'inertie de la masse de notre corps* S donc le mouvement commence très-graduellement , comme celai firo bateau, nous ne croyons pas être en mouvement i inversement, si n&sâ avons ressenti des secousses, comme celles que le passage d'un traio peut nous communiquer, nous aboyons Être en mouvement. Lorsque Tune et l'autre interprétation sont également possibles^ l'observateur peut, à volonté, se représenter les clioaes de Tune ou de Tautre niâuièm
M. J. J. Oppd a construit, w}U9lemmû*aniirrhéos€Ofte, un appareil pour obier-
f 39. ANTIRRHÉOSGOPE. ((M) 787
TOT le yertige viinicl qui se produit à l'aspect d'un monvcineiit et que cet observateur avait remarqué sur un torrent d'eau (le Rhin à Schaffbouse, un instant avant la chute); avec cet appareil, on peut, à tout moment, observer le phénomène. L'instrument se compose de cinq rouleaux de 2 Vs pouces de diamètre et de 2 Vt pî<^ de long, placés parallèlement les uns à côté des autres, et qui peuvent être mis en mouvement tous dans le même sens, à l'aide d'un tambour de plus grand diamètre. Chaque rouleau est recouvert d'un papier blanc sur lequel sont dessinées deux spirales de deux tours et demi chacune. Chaque spirale se compose elle-même d'une ligne médiane épaisse et noire de 1 7i pouce de largeur, à un demi-pouce de laquelle se trouvent, de part et d'autre, deux lignes noires d'un demi-pouce de largeur. lia largeur du blanc qui sépare la bande noire de deux tours de spire voisins a également 1 7i pouce de large, de sorte que le blanc et le noir sont distribués symétriquement. Lorsqu'on fait tourner le tambour, dont le bord agit ptr friction sur les extrémités des rouleaux, tous ces cylindres se mettent à tourner dans le même sens; celui du milieu tourne un peu plus vite que ceux des extrémité, de manière à imiter le mouvement inégal de l'eau du fleuve. Les spirales paraissent alors se déplacer avec une vitesse uniforme, parallèlement à la longueur des rouleaux, et si l'observateur, après avoir regardé pendant quelque temps ce BMmvement apparent, porte le regard sur des objets immobiles, ceux-ci paraissent se déplacer en sens opposé.
M. Oppel avait placé, en avant des rouleaux, un point de repère pour maintenir h fixité du regard. Mais, à ce qu'il parait, l'expérience manquait souvent lorsqu'il fixait ce signe, et comme il croyait la ûxation nécessaire à la production du vertige et fi'il pensait qu'elle était empêchée par l'aspect de la masse mobile, il prit pour objet defixationoneplancbettedeboisrhomboîdale de 1/2 poucede large sur3//ide pouce de haut, qui recevait par le mécanisme de Tiuslrument un mouvement de rotation lait, de manière à présenter alternativement ses deux faces à l'observateur. Avec cette modification, l'expérience réussissait régulièrement : cela tient, je pense, à ce fiK cette disposition rend impossible la fixation continue d'un même point immobile ; en effet, tous les points de la planchette que l'on voudrait fixer présentent des alternatives d'apparition et de disparition. Mes expériences m'amènent à croire, contrairement à l'opinion d'Oppel, que la fixation rigoureuse empêche le vertige de se produire et qu'il ne se produit que lorsque nous exécutons de petits mouveiKnts involontaires, et le plus souvent insconscients, qui nous permettent de ioivre du regard les objets en mouvement. Oppel n'en a pas moins raison d'avancer que les mouveipents volontaires un peu étendus, à l'aide desquels nous suivons WÊn loin et sciemment les mouvements des objets, sont défavorables à la producdoii de l'illusion.
IL Javal me propose d'ajouter que l'ophthalmoscope fournil un moyen exirémonent délicat de contrôler des mouvements de ce genre. — Chez les personnes ilectées de nystagmus, lorsqu'on examine le fond de l'œil à l'image droite, on le lût fuir suivant un sens déterminé, comme un dessin continu qui se déroulerait. Ce phénomène tient à ce que les mouvements exécutés par l'œil malade sont bien Fhs rapides dans un sens que dans l'aulre, et que les vaisseaux ne sont vus que pendant le plus lent des deux mouvements. — En examinant à l'ophthahnoscope
788 (H^i) TIUHSIÈMB l*AltTli:* — DES rtilU:Kl*TI(»\S VlSlKLLt:^. ^ m| ruîil duiic |>ersoniic qui vieiU de regarder l*appaml d^Oppcl^ je pense, ei] cfl ffu^ii serait facile d'en corislater les mouiremeiits. ^
La vî^LO^ droite malgré le renversement des images réiinîennes a éié alLnbuêe \^t Keppleii (1) à l'âme, qm se représenter^ïit Timpression reçue 6ur une partie iurérieurcdc k rétine comme si elle vennil d'une partie supérieure de l'ubjeL ScflEiMKii (2) fut du mémeam. PRÏE&TLEY (3) Hiit provenir cette iwrticulîiriîé de nos représentations vUuelks de ta co»r paraison avec le toucher. TIfsc/irtes (1), pour faire comprendre la méthode nMureIk d'apréj^ laquelle nous déduisaos la grandeur, la position et la diiitancc des obj«l» de la direc^ lion des axes oculaires, la compiire avec la nami*ie dont yii aveugle juge de la grandeur et de la distance d*un objet à l'aide de deux bàlons, de longueur mtimc inconnue, pourvu q^'it connaisse la distance et la position relatives do ives mains dan» lesquelles il lient les bitoill. Du reste, la question de ïa vision droite a donné lieu à une foule d'écrits (5).
KEPPLEn (6) avait déjà trouvé la règle qui donne la position apparente de» objets vosl travers les instruments dioptriques ou catoptnques : il mil celte position an point de ccik vergence des rayons qui pénètrent dans l'œil. Les dilTlcullés qwi ont donné Ucti. plus lard, à de nombreuses discussions «iir ce point, étaient relallves moins à la direction suifiol laquelle on voit Tobjet qu'à sa distance, dont il sera qiiesliori au paragraphe suivant
PoUTEftFiELD (7) crovait qu'a l'aide d'une disposition originelle de notre nature* tkom voyons les objets en un point de la perpendiculaire élevée sur la rétine, à l'endroit oii M produit Timage. Celte opinion a été soutenue également par d'ALLMBERT (8), B\rtels ;9) «l beaucoup d'autres. Volkmann (10) a remplacé les normabs à la rétine, par les lignes d« direction qui, d'après la définition donnée p^ge 92, sont des lignes menées par Timafe rUh nienne et le point nodal postérieur de l'iL'it. Ces Ui^nes sont elt'ectivement celles qui senenl à trouver objectivement le point lumineux, dans les recherches physiques, lorsqu'on c«fdiiit exactement la position de fimage rétinienne dans l'œil bien accommodé et la position deot œil. Les lignes do direction jouent donc un rôle important dans Toplique physiologique, mrlout lorsqu'il s*agit de déterminer quels sont les objets exlérieurs dont T image se < avec des excitations quelconques de la rétine, soit par la lumière , soit par de^ internes* Ainsi Yolkuann est dans le vrai tant que nous déterminons exactement la ohjective des corps que nous voyons. Mais une semblable détermination exacte n'est goèri possible que pour les points que nous voyons directement avec le* deux yeux, et pour c mûmCj elle manque quelquefois. Nous attribuons des direclions inexactes à tous les [ vus indirectement ; en eflTet, comme on Fa vu dans ce parap^phe, nous attribuons une i trop faible à l'angle compris entre leur ligoc de direction t^l la ligne de regard ; toutes ks Mi que nous faisons converger les yeux pour les diriger sur des objets plus rap(»rochés» nooi formons, ainsi qu'on le voit par les expériences décrites plus haut, un jugement erroné m les directions des objets que noua voyons. Ainsi que tltniNG (II) l'a lait remarquer use raisun^ Tcxplication des images doubles binoculaires ne peut guère se déduire de la Ùiéodsie VoLRMANN. Nous ne pouvons donc pa3 admettre k théorie de Volilma^n?! comme une ioî i
(t) l'aralipomena, p. 169. — Smith's Oplicks, Rem,, p, 4,
(2) Oculus, p. lï*2.
(3) Geschichle der Optik, iibersetït von KU'çEh, Leipzig, i776, p. 69. (à) Dioptriee, p. 68. — De liomine, p, G6. (5) Ra£ST>E1V, in Hamhurgffr AMo(/azm, Mil, St. /J, Art. 8; ÏX, SI, 1, ArU L —
LiCHTENBEtic» in Erxleben's Natudelire, 6. Aui., p. 328.— Rut'ULPUi, Physiologie, IL Tl' — L. b'iCK, in MùtiiT*s Ardiw fur Anatomit\ l85iS, p. 2!2Û. — Voj. de plus la bibliografU suivante.
(ti) Paralipomena, p. 285; p, 69-7U,
(7) On theeye, II, 285.
(8) Opuscula mathem., ï, p, 26.
(9) Qcilriige zur Physiologie des Gesîchtssinnes, Berlin, 1834.
(10) Ueitrage zur Physiologie des GesichUsinncs, Leipzig, 183G. — Artikcl Sslifii, «« U, Witgner's Hftndwùrieràuch der Phfjsiohgv . — Voy. aussi MiLE» Ueber Ridilungs^in'^'* des Sehcns, in Poggendoi'ff* s Ânnaleri, XLIÏ, 245, — AIûiicr*s Archiv fur Anaitmif^ 183*. p. 387,
(il) Beitrage tut Physiologie, Leip^i^j, 1801, p. 35-64. f^^
§ 29. BIBLIOGRAPHIE DE [Ji DIRECTION DE LA VISION. 789
faire et élémeataire qui déterminerait déjà par elle-même la direction des objets que nom ▼oyons. Hebing a rendu le service essentiel d'avoir mis en évidence l'influence qu'exerce, dans ce cas, la convergence.
Plateau (1), Oppel (2) et Zôllner (3) ont recherché l'influence des mouvements vertifÎMax et des mouvements apparents; Aubbrt (6) a examiné celle de la fausse appréciation de U position de la tète; A. de Graefe (5) et Nagel (6), celle de la paralysie d'une partie des muscles moteurs de l'œil.
IGOA. Keppler, ad VnELLiONEM Paralipomena, p. 169; 285; 69-70.
1619. ScHEiNER, Oculus, Oonipontii, 1619, p. 192.
1637. Descartes, Dioptrice, Leyden, p. 68.
1667. HONORATUS Faber, Synopsis optica, Lugd.
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17A0. LeGat, Traité des sens, Rouen.
— Wedel, Ueber den Radius visorius des Honoratus Faber^ in ïïalleri Disputât, anat,^
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1798. Araldi, Esame di une fra i diversi dubbi roessi dal célèbre d'Alembert ai principi
dell' Ottica ; con alcune considerazioni sopra la teoria psicologica délia visione, in
Memor, dell* Istit, nazion, ItaL^ I, p. 451. 1794. UarrENBERC, in Erxleben's Naturlehre, 6. Aufl., p. 328.
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1836. VoLKMANN, Beitrage zur Physiologie des Gesichtsinns, Leipzig. — A. Wagner* s Hand*
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Trans., XV, 1844.
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1854. L. FiCR, Bemerkungen zur Physiologie des Sehens, in Mùllers Archiv fur Anat. tmd Physiol., 1854, p. 220-225.
(1) Bulletin de Bruxelles, t. XVI. — PoggendorfJTs Annalen, LXXX, p. 287.
(2) Poggendorfl^s Annalen, XCIX, 543.
(3) Pogg. Ann., CX, 500.
(4) Virchow's Archiv fur pathologische Anatomie, XX, 381-393.
(5) Archiv fur OfMlialmctlogie, I, 1, p. 67.
(6) Bas Sebenmit zwei Augen, Breslau, 1861, p. 124-129.
7W («23) TOOlSrËME PARTIE. - DES PERCEPTION VlSUEtXES. S »
ItSA. A. V. GAiLEFC^ BËÎtriige ïur Physiolo^îi» und PatUûlo^e tkt wetûetetn Ayftnmuikdii,
iiï Archiv fiii' OphthalmoL^ \, 1, p. 67. 1855. fl^ HELKHOLTZt Ueber daa S«hen des Menscbeii , dn pïïpulSr wisAerL&cliarUidier Tof^
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AugEs in Beïug aiif bewogte KetïUaulliildor, in Jnhreéh^r* ti. Fi'mikfuHfr Vf-
— H. AtriîEnT, cine sciieînbare bed entende Drehang Ton Ûbjecten bel Selfuoi ila
Kopfes nacb rechls uni linka, io rtVcAoM/ç irc/nV, XX» 381-393.
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XVIl, 566^&7i, 1965. Al^F^HEii» Gbaefe^ Ueher cirùgc VerhHUai^se ût& Binocularscliens bci Schieleftd»« H Arehiv fur Ophlhalmologio, XJ, 2, p, 0-îfi.
I S#, -- perâi>pUoii de lu profond cm*»
Dans les deux paragraphes ptétéémàf ndiii Ètùm déâtfl
les objets paraissent se disposer les uns à côté des autres dans la surface du champ visuel ; nous avons recherché également quelles senties circonstances qui influent sur cette disposition et sur les distances relatives que paraissent présenter les différents objets dans le champ visuel. Pour faciliter l'exposé géométrique, nous nous sommes permis, il est vrai, d'attribuer au champ visuel la forme d*une sphère, mais nous avons eu soin d'insister sur ce point que la disposition apparente dao» le champ visuel se fait superficiellement,, c'est-à-dire suivant deux dimensions, mais sans que ce soit aucunement sur une surface déterminée, ayant une position et des dimensions définies. Loin de là, noos avons laissé dans une indétermination complète la forme de cette surface du champ visuel. Aiissi peut-on encore lui attribuer toutes sortes de formes dès qu'elles seront indiquées par de nouvelles drc4nistaDces de la perception.
La vision monoculaire ne nous fait percevoir d'abord que la direction sur laquelle se trouve le point que nous voyons. Ce point peut se déplacer sur la ligne de visée où il se trouve, sans qu'il se prodiûse, dans l'impression reçue par l'œil, aucune modification autre que relativement à la grandeur du cercle de diffusion formé sur la rétiDe« et taot que le déplacement n'excède pas la longueur de la ligne ttaceanMh-
§ tO. INFLUENCE DE LA PERSPECTIVE. (0f5) 791
dation de Gzermak (p. 122), cette modification du cercle de difiusion ne présente aucune valeur appréciable. Nous ayons déjà étudié, dans le paragraphe précédent, quelles sont les erreurs que nous conunettons en percevant la direction d'une semblable ligne de visée. Ainsi, la vision monoculaire ne nous indique immédiatement que la pontion apparenté de la ligne de visée sur laquelle il faut chercher le point que nous ▼oyons.
Pour obtenir une connaissance complète de la disposition véritable des objets dans l'espace, il faut encore connaître, sur la ligne de visée, la distance qui sépare de l'œil chacun des points que nous voyons. A la connaissance des dimensions superficielles du champ il faut ajouter celle de la profondeur. L'expérience journalière nous apprend que nous jugeons également cette troisième dimension, avec plus ou moins d'exactitude. Nous avons donc à examiner comment nous parvenons k connaître la distance comprise entre notre œil et les objets.
Les moyens qui permettent d'arriver à reconnaître ainsi la forme des objets dans l'espace peuvent être rangés dans deux catégories tout à &it distinctes. La première renferme les résultats de notre expérience sur la nature particulière des objets que nous voyons ; il ne peut évidemment en résulter que des représentations de la distante. A la seconde cat^orie appartiennent les sensations qui nous donnent une perception réelle de la distance ; ce sont : !• la conscience de V effort ^accommodation nécessaire; 2* V observation à F aide de motmements d'accom-^ modaiion de la tête et du corps; 8* V usage simultané des deux yeux.
L — Avant d'examiner quand et combien les moyeïis de cette seconde catégorie contribuent à la perception, il nous faut rechercher quelles sont les données fournies par l'expérience, pour nous mettre en état de distinguer la part qui leur revient. Nous avons à étudier ici tout c6 que 11008 pouvons distinguer, par rapport à la troisième dimension du champ visuel, lorsque nous regardons d'un seul œil, et sans déplacer la tète, des objets qui sont assez éloignés ou assez peu nets pour que leur observation ne demande aucun efibrt sensible d'accommodation. Les âéments que nous utilisons dans ces conditions sont d'abord la connaissance préalable de la grandeur des objets, puis celle de leur forme, connaissances auxquelles viennent s'ajouter la distribution de l'ombre et le degré de transparence de l'air interposé.
Le même objet, vu à des distances différentes, donne des image rétiitiennes de différentes grandeurs et se présente sous des angles visuels iUS^nts. Plus il est éloigné, plus Tangle visuel sous lequel il se {)résnte est petit. De même donc que les astronomes peuvent calculer les
7» («1(9 TR01S1611B; FsiftTi&iirriDBs mummoi&îy&aÊÊMÊà. m^
dtonggéiepfte de diatoœ;to ilô^ k litiie d!l^itei|Qs^M
tioDsile Tangle viso^ sous to^d'ae pvèfsmimicBè ubtWtébmkDià aussi QouapoQTOim apioréc^la.^^^
^igranawr comme/ vok ticmiai^' ^iir exaoi^, â]^?ri»hk gmàmi^ét EaiK^ vîsiid j(m, ce. qui refifint m m^i$iid>9^i§^^ʧÊJ^ rétinieilDe. Ce sont snrtoat les hôBiineB 0t les iiÊamBxm êmmnl^tpm^ nous fournissent, sous ce rapport, des rœseignements trèSHrtiiQ^daiis te' paysage; en effet» leurs mouveoients attiieru facileoieni riitieuuon aiûr:^ix, leur grandeur varie peu et elle nous est très-faudlière. Les BufitaireSf en particulier, sont bien exercés à apprécier exactemenl par cë'prodëcié la distance de corps de tî^oapes éloignés, sur un terrain inconnu; e*est aussi spécialement pour leur usage qu'on a construit diffi&rents .petits instruments d'optique qui permettent de mesurer Fangie visuel sous lequel apparaît la hauteur d'un homme éloigné et tfen déduire sa distance ]>ar une simple lecture. Les niaisotis, les arbres^ les pboifBS cultivées, serveot avec moins de certitude au mênie but» pacce que leur grandeur est plus variable, ce qui peut faire commettre dexgfQS^res erreui^. Un habitant de la plaine prend facitenieni les l4g)io]^es des coteaux poiu- des champs de ponimes de terre, m tte sapins -eur de hantes montagne-s éloignées pour des bruyères, et, par suite, il. se trompe ti*ès-souvent en moins dans son appréciation dt-k distance et de la hauteur des montagnes. C'est pour le même motif que les peintres mettent des hommes et des animaux dans leurs paysages pour donner une idée de la grandeur des objets représentés.
11 faut encore ajouter que la lune ou les montagnes éloignées, lorsqu'une cause quelconque, telle qu'une pmreté moindre de l'atmosphère, nous fait leur attribuer une distance plus grande, paraissent toujours augmentées, en même temps, dans la même proportion. Citons encore l'expérience d'après laquelle les pai'ties éloignées d'un paysage, vues à travers une lunette grossissante, ne nous paraissent pas grossies, mais rapprochées, et qu'il faut ouvrir l'autre œil pour se convaincre de la réalité du grossissement des images.
Comme cette relation entre la distance et la grandeur ne peut devenir familière que par une longue expérience, il ne paraîtra pas étonnant que les enfants y soient assez peu exercés et qu'ils commettent facilement de grossières erreurs* C'est ainsi que je me souviens d'être passé dans mon enfance devant une tour d'église (l'église de la garnison, à Potsdam) et, en voyant sur la plate-forme des personnes que je pris pour des poupées, d'avoir demandé à ma mère de me les donner : je croyais qu'il lui suffirait d'étendre le bras pour les saisir. Ce trait s'est gravé dans ma mémoire, parce que c'est en reconnaissant alors