‹ Optique physiologiqueChapitre 173 sur 228 · PERSPECTIVE DE CORPS RÉGULIERS. («W · texte numérisé non relu

PERSPECTIVE DE CORPS RÉGULIERS. («W

118 grande que les parties postérieiires, la représentation perspective :acte qu'on en obtient ne permet, en général, qu'une seule interprétîon, et il est facile de reconnaître la position plus ou moins reculée s différentes parties. Mais si le point de vue est très-éloigné ou si les jets ne présentent qu'un très-faible relief, l'interprétation peut devenir lécise. C'est une observation de ce genre qu'a faite Sinsteden (1) sur { moulin à vent dont il ne voyait plus que la silhouette uniforme et ncée se détacher sur le ciel, à l'approche delà nuit. Lorsqu'il était placé t manière à voir le moulin à peu près de trois quarts, les ailes paraislent tourner tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre. En effet, dans 3 conditions, l'observateur ne sachant pas quel est le côté que lui ésente le moulin, ignore si c'est par-devant ou par derrière qu'il voit liquement le plan des ailes ; or, suivant que la première ou la seconde ! ces interprétations est la vraie, le côté de l'ellipse que paraissent dire les extrémités des ailes au moment où elles sont le plus près de ibservateur doit lui paraître plus près ou plus loui du bâtiment. Suint qu'il adopte l'une ou l'autre interprétation, il croit voir monter . L descendre les extrémités des ailes pendant cette moitié de leur lurse : le changement d'interprétation est donc accompagné d'une version du mouvement apparent des ailes. Il semble que ce soit le isard qui nous fasse choisir d'abord l'une ou l'autre interprétation. Il est pas, non plus, toujours possible de déterminer les raisons pour Bquelles le phénomène se renverse parfois tout à coup ; cependant on mt provoquer volontairement le changement, en se représentant viveent les conditions qui donneraient lieu au mouvement opposé. Dès que » perçoit l'impression sensuelle comme s' accordant avec cette repréntation , celle-ci s'impose avec la force d'une notion acquise par Msens.

Cest encore le lieu de citer le dessin suivant, mdiqué par Schrôder (2), k qui est représenté sans ombre par la figure 188 (p. 796). — De prime Itord, on le considère comme la projection géométrique d'un escalier, i^an a étant plus rapproché de l'observateur que le plan 6, qui repré- HMe le mur auquel sont adossées les marches. Mais on peut aussi le fcsMérer comme représentant un pan de mur en surplomb, 6, qui se ^Hnine en bas et à gauche en forme de gradins, la surface b étant alors fc» rapprochée que a, et l'observateur r^ardant les degrés d'en bas ' du côté gauche. La première interprétation nous étant plus fanai— ^, c'est elle qui se présente ordinairement en premier à notre id^^ ^

'i; Poffff. Ann., CXI, 336-339. — Moiii, i6ûf., 638-642. 7) Poggendorff's Annalen^ CV, 298.

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FiG. 188.

796 (fô7) TROISIÈME PARTIE. — DES PERCEPTIONS VISUELLES. § 30. cependant, et sans motif appréciable, elle fait souvent place, tout à coup, à la seconde. Dès que je me représente vivement Tune ou TauU^

forme, j'en acquiers aussitôt la notion en présence de la figure. Quand on n'arrive pas à remplacer, à volonté, la première notion par la seconde, on peut y parvenir, d'après l'observation de Schrôder, en faisant tourner lentement le livre de 180" dans son plan, sans cesser de regarder la figure. Alors la surface a, que l'observateur s^est représentée comme la plus rapprochée, conserve cette position relative, et, après la rotation, on a exactement la même figure qu'en commençant, à cela près que les lettres « et i sont transposées, et que c'est le plan vertical situé à droite et en haut qui est devenu le plus rapproché. Schrôder donne, de cette figure, deux dessins ombrés de deux manières différentes, ce qui ne change rien au résultat.

Le rhomboèdre de Necker (1) offre l'exemple d'un renversement analogue à celui que présente la figure 188 ; de plus, on sait que le changement d'interprétation est facilité en regardant successivement lo sommet le plus rapproché et le sommet le plus éloigné du rhomboèdre. La figure 188 donne peut-être aussi plus facilement lieu à la seconde représentation lorsqu'on regarde en rf, la première se reproduisant aussitôt qu'on vient à porter le regard en c.

On peut observer des effets analogues sur un grand nombre de dessins linéaires perspectifs, ceux, par exemple, qui représentem des coips réguliers, des cristaux, etc., en projectign géométrique (c'est-à-dire vus d'un point infiniment éloigné). Le même bord ou angle peut paraître tantôt rentrant, tantôt saillant. Souvent la représentation change spontanément. Mais je trouve qu'on peut toujours la modifier volontairement lorsqu'on se représente vivement une autn? interprétation.

De ces observations se rapprochent celles qu'on a faites sur le renversement apparent du relief des moules de médailles, mais où s'ajoute l'influence de l'ombre. — Si l'on place le moule creux de plâtre ou

(1) Edmhuryh philos, joum., 1832, 1, 33/i. — Pof/grmi. Attn., XXVU, 502. — Aibfrt. Pliysiologie der Netzhaut, Breslaii, 18G5, p. '320.

§ 30. RENVKHSKMKNT bl RELIEF. {628) 797

de stéarine d'une médaille de manière qu'il soit éclairé sous mie incidence oblique par la lumière du jour, ce qui produit des ombres bien marquées, en le regardant avec un œil, il arrive facilement qu'on croit voir un modèle en relief de la médaille. Lorsqu'on regarde le moule binoculairement, l'illusion cesse le plus souvent ; il en est de même lorsqu'on déplace la tête ou l'objet : l'iUusion se produit d'autant plus facilement que l'œil et l'objet sont plus immobiles. Elle est surtout presque inévitable, Schrôder a insisté sur ce point, lorsque la médaille représente une tète ou un corps humain, des animaux, des feuilles ou d'autres objets analogues ; l'illusion manque bien plus souvent quand il n'y a que des lettres ou des ornements.

U se produit en même temps une illusion particulière sous le rapport de l'éclairage. En effet, sur une empreinte, les ombres se forment sur les parties tournées vers la fenêtre, les parties opposées étant éclairées, tandis que c'est le contraire qui a lieu pour une forme en relief. Alors doDC que l'empreinte nous présente Taspect d'un relief, elle paraît éclairée comme si le jour venait du côté opposé à la fenêtre. De plus, un relief éclairé sous une incidence aussi oblique devrait projeter, sur le Tond plan, une ombre portée notable qui fait naturellement défaut sur le moule vu en relief. 11 résulte de là, d'après l'expression de Schrôder, ine sorte d'éclairage magique du relief, qui semble venir du dedans. le crois que la raison en est que l'ombre portée fait défaut sur le fond )laD, qui, pour ce motif, paraît éclairé comme par transparence.

Du reste, ainsi que Rittenhouse et beaucoup d'autres après lui l'ont léjà remarqué, on peut augmenter et faciliter l'illusion en renversant 'éclairage du moule. — On peut arriver à ce résultat, comme Oppel Ta ait dans son Anaglyptoscope (1) , en arrêtant par un écran la lumière le la fenêtre et en disposant, du côté opposé, un miroir que l'observaeur ne voit pas ; l'éclairage redevient exact, bien que l'absence d'ombre lortée lui communique toujours un aspect étrange, surtout lorsque le «lief est très- prononcé. L'observation à travers une lentille qui renrerse l'image présente en outre l'avantage d'isoler le dessin d'avec les objets qui l'entourent ; elle exige de plus une position invariable de 'œil, car les mouvements feraient disparaître l'image de la médaille lerriëre les bords de la lentille. Toutes ces circonstances favorisimt 'illusion. 11 n'est donc pas étonnant que ce soit sur de semblables mages renversées, produites par des lentilles ou des miroirs, qu'on ait l'abord remarqué l'illusion en question.

S'il est, en général, bien plus difficile de voir des reliefs remplacés

(1) Poggendorff^s Anmlen, XCIX, 466-469.

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y»8 ^M) TROISIÈME PAATdL — VÊ6 VtSMSÊPtKÊ^ WOÊBBÊk f Ml par ded creux, c'est ce qui me paraît tenir & ee qiieles féiàli|^^ ordbalremeDt quelques ombres portées qd empêchent de piwhilim convexités pour àe» formes concayes.

p. Brewster (1) a décrit une lOusicm partiettHèrd qai petillrovfersi ûlace ici : des empreintes de pas dans le sable M ontptéBeMfÊBg&i ŒUB relief. DsçtnnmiqueleTentyafahappaléet^éaiilsifl^ du sable plus clair, de sorte que ce iMé parafait plus HsMemait édalré» — La lune, observée pendant le jour arec une hmetle astroosinique; présente souveqt, comme te foit remarquer Schweiser, un renversement du rdief.

Schrfider appelle encore Ti^teotlon sur quelles mittw fflutasài même genre. Lorsque nous plaçons une bande rectai^;u]airé 4e papier sur une table horizontate et que nous la regardons obBqcrâienl de liairt en bas, à travers une lentfllé renversante, si le renveatgeinaat teit régulier, le bord supâieur de limage àa pai^er et de la tafate démit paraître {dus rapproché de l'observateur que le bord Inférieo^ W>k ^général, c'est le contraire qui a lieu; nous croyons voir k<^^ y^ p9piQr dans leur portion véritable et A nous plantmis ol^qqigoiia^ ^^ h papi^, une aiguflle jnioce dont une laao^ (i^beée conventlihtnçQt projette une ombre portée I4en qettei le m&ne renteraesient ow ^t souvent prendre l'image de Fombre pour celle de Tépii^ et inversement. Brewster fait remarquer que, dans ce genre d'fflusioD, nous prenons aisément pour un relief une entaille pratiquée dans le plan, parce que le côté le plus rapproché nous semble le plus éloigné.

Les ombres portées présentent une importance plus grande encore que les variations que subit Téclairage des faces d'un corps avec leur inclinûson par rapport aux rayons incidents. — Lorsque nous voyons une surface éclairée, le corps éclairant doit se trouver en avant de c^ siuface, et si elle reçoit une ombre portée, il faut que le corps qui projette cette ombre soit également placé en avant de cette surface, (les expressions d'avant et d'arrière se rapportent ici à la surface et non à l'observateur.) Il résulte donc de là un rapport géométrique déterminé entre le corps qui projette l'ombre et la surface qui la reçoit Noos verrons encore plus bas, à propos des phénomènes pseudoscopiques, combien est décisif le rôle des ombres portées dans l'interprétation des phénomènes visuels. Tout le monde sait, d'aiUeurs, combien un desan ombré donne une idée plus nette d'un objet qu'un simple trait, combien l'éclairage du lever et du coucher du soleil font mieux valoir les beautés

(1) Athenœum, 1860, 2, p. 24. — Rep, ofBrit, Assùc,, 4860, 2, p. 7-8.

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