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INFLUENCE DES DIFFÉRENCES VERTICALES

une distance trop grande, ainsi qu'on l'a vu dans l'expérience où l'on cherchsdt à atteindre, avec le crayon vu d'un œil, le fil vu binoculairement; en effet, dans les expériences qui nous occupent, Terreur sur la distance est bien plus grande que celle qui concorderait avec les résultats de l'expérience du fil et du crayon. Ainsi, dans la première et la troisième des observations indiquées à la page précédente, cette explication demanderait des distances respectivement de 627 et de 8B0"" au lieu de 460 et de 287. Je n'ai jamais observé d'erreurs aussi considérables. U me semble, au contraire, que ce qui nous fait faire ici une fausse interprétation, c'est l'absence d'une autre circonstance qui vient ordinairement au secours de notre jugement. En eflbt, lorsque nous n'avons pas simplement devant les yeux des lignes ayant la même disposition que les fils de l'expérience qui nous occupent, mais des lignes qui présentent des points de repère nettement visibles, ou lorsque nous regardons des objets qui présentent également des limites horizontales, celles, parmi les longueurs verticales, qui sont plus voisines de l'œil droit, nous y apparaissent sous un angle visuel plus grand qu'à l'œil gauche, et inversement.

LMnfluence des différences que présentent les dimensions verticales dans les deux yeux se montre d'une manière évidente dans la comparaison des images stéréoscopiques A et B (pi. vi). Le couple d'images A représente les deux projections d'un plan disposé en damier et voisin des yeux : la figure résultante parait plane. Le couple B représente les deux projections d'une surface cylindrique très-éloignée , également disposée en damier, et l'aspect est en effet celui d'un pareil cylindre. Or les distances relatives des lignes verticales sont absolument les mêmes dans les deux couples de dessins. Si donc la courbure apparente dépendsdt seulement de la position relative des lignes verticales, comme on Fa presque toujours admis jusqu'à présent (1) , les deux dessins devraient représenter absolument la même surface courbe. Mais la position relative des lignes verticales répond tout aussi bien à un damier plan et voisin qu'à un damier convexe et éloigné, et le tracé des lignes transversales détermine seul le choix de l'une ou de l'autre interprétation. Inversement, sur la figure C de la planche vi, les distances horizontales des lignes verticales sont partout égales ; les lignes limitantes, au contraire, sont courbes et plus écartées au bord externe des figures qu'au bord interne, comme cela aurait lieu pour les images d'une surface concave voisine. Aussi la combinaison des deux dessins donne-t-elle effectivement l'image binoculaire d'une surface concave,

(1) E. Heruig^ en particulier, en «i fait la loi rondamentalc de la vision binoculaire

aaS (fiST) TBOISIÊMB PARTI E^:. — DbiS PEKCEPTIONS VISCI^LLBS. §30. malgré .le pAraUéKâmerdes lignes de regard, qui est en déKaceord avec la vislMid-liii objet i^ppracbé. Si nous^ voulons, ici encore, ne fonckr notre jugement que sur les ditTérences dans les distances horii^ootaks, oes différeocee faisant coinpléteTtient défaut, C devrait présenter Faspect d*iui damier plan. L'inexactitude de la convergence gène aussi peu td que dans l'observaUon du dessin A (pL vi), où nous jugeons que mm moûB devant nous une surface plane voisine, bien que la convergence correspondante fasse défaut. Notre interprétation discerne laressanfc- Uance des images A avec celles d*un plan rapipu^ocliés.eDoore fMi^ sentions que la convergence ne s*accocde pas avec ce résuhaL

Si Ton cbflisit les images de manière qu'Ai)» piû^ les deux yeuxt aucune diflEârence le long des duw^ regarde», par exea^le,^ coomie dans Texpérience dont il est qoestioa plus haut, trois fils yerdcaw tout à fiût i^nifonneB et ne prfanpiUBt micun point remarquable, une par^e dies signes qui ocmtiibiienlcdl* naireo^nt à reconnattre k proxinitté des images vioanent 4 maDqinr. Les différences que piiésentent tes disUflMsbocimotato^te ïïk,^ les deux images rétiniennes» ne sont pas accompagnées des < verticales ccMsespondantes qui les accompagnent erdinaireBiept, ( moôns ces dernières ne sqntpftôperoepiiMés» etcomme nogBn'avoai pas grand fcmds à faire sur Févaluation de Féldgaiemènt ^après h convergence, nous apprécions lès trrài fils comme un objet qui est os peu plus éloigné qu'ils ne sont en réédité ; les différences qui se présentent dans les dimensions horizontales ne peuvent plus s'expliquer alors qu'en admettant une convexité tournée vers l'observateur.

Comme la certitude avec laquelle la convergence peut servir à estimer la distance varie beaucoup d'une personne à l'autre, on comprend que l'illusion des trois fils verticaux doive présenter des degrés très-différents pour des observateiu^ différents. C'est chez M. E. Hering que cette illusion a présenté la valeur la plus grande, et il semble que, chez cet observateur, l'appréciation des distances d'après la convergence des lignes visuelles se fasse d^une manière particulièrement imparfaite, puisque ses propres observations le disposent à nier absolument la possibilité d'une pareille appréciation.

Pour vérifier l'explication que je viens de donner, j'ai enfilé sur les trois fils noirs des petites perles d'or, que j'ai fixées à environ h centimètres d'intervalle. Ces perles formaient, sur les fils, des points de repère qui apparaissaient nettement même dans la vision indirecte. L'illusion en question disparut aussitôt presque entièrement Tandis rjuc j'éuiis obligé de reculer de 10'""*,5 le fil moyen, pour voir dans un plan trois fils tout à fait uoh*s dont les extrêmes étaient distants de

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