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§ ai. IMAGES DOUBLES BINOCULAIRES. (S95) 877
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§ Si. — De la diplople blfio«nl«lr«.
Jusqu'ici nous avons considéré les phénomènes de la vision binoculaire en tant qu'ils sont utilisés comme signes sensuels de la position des objets dans Tespace. Il nous reste à examiner les phénomènes subjectifs qui les accompagnent.
J*ai expliqué plus haut comment, dans la vision monoculaire, à côté de la notion de la distribution réelle des objets suivant les trois dimensions de l'espace» on se forme encore, si Ton fait attention à la manière dont on les voit, une notion de leur distribution dans le champ visuel superficiel. Lorsqu'on regarde avec les deux yeux, les objets apparaissent dans le champ visuel de chacun d'eux ; mais comme^ d'après ce que nous avons déjà vu, les images ne sont en général pas égales dans les deux champs visuels, elles ne peuvent pas coïncider d'une manière absolue dans le champ commun de la vision : certaines différences subsistent entre les deux champs visuels, et sont perçues. Nous examinerons, dans ce paragraphe, les phénomènes qui proviennent des différences d'étendue qui présentent les images des deux champs visuels, et dans le suivant, ceux qui sont causés par une inégalité d'éclairage ou de coloration des champs visuels ou de parties de ces champs.
11 faut bien remarquer que cette manière d'envisager le champ de vision comme tel, n'est pas le mode de perception naturel et primitivement acquis; qu'elle ne se produit, au contraire, que par une analyse consciente de la nature de nos impressions visuelles. Nous ne considérons plus alors le monde extérieur en lui-même, tel qu'il est^ mais nous l'observons tel qu'il apparaît au point de vue où nous sommea placés. C'est alors essentiellement l'apparence qui intéresse soit le peintre qui veut la reproduire, soit le physiologiste qui veut Tétudier théoriquement.
S78 làm) THOISIÈME PAHTÎE. — DES PERCEPTIONS VÎSITELLES. | M.'
Dès que nous comîoeiïçon^ à exaDiiiier le champ de la vmton potur lui- ' îHêi^e, & la vi^oD binoculaire î nous remarquons que la ilispositioii ém objets n*est pas la même dans les déni champs visuels. Ainsi, lorsqiîf nous regardons les arbres à travers la croisée, Tceil gauche peut voir, vers la droite, une partie plus grande du temllage que rœîl droiL Avec r œil gauche, nous voyons, au bord droit delà fenêtre, des parties du feuillage que nous ne pouvons plus apercevoir avec TiBil droit, parce qu elles lui sont cachées par l'encadrement de îa fenêtre. Nous voyons donc cet encadreinent limiter, dans les deu.^ champs visuels, deux parties différentes du feuillage.
De niême» le montant du milieu cache à Toeil droit une partie du feuillage autre q^'à l'œil gauche. Ainsi donc^ lorsque nous promenoa» le regard sur les arbres, nous voyons, en deux endroits différents, le montant masquer le feuillage d'une manière incomplète^ il est \Tai* Ce montant se présentant dans deux parties du champ visuel, nous pai^t, par conséquent, doubie.
Si l'on promène, au contraire, le regard sur la boiserie delà fenêtre ou sur le vitrage, de manière à rencontrer successivenqênt les petites taches que peut présenter une vitre, puis le montant vertical du milieu, elepfinles irrégularitésde l'autre vitre, il peut arriver qu'un tronc d'aibre qui, dans le champ de Tceil droit, paraît se uouver à droite derrière le montant, paraisse à sa gauche pour Tceil gauche. Par conséquent, Ttibjei éloi^é apparatt également deux fois loraqu^on parcourt une série de points plus ycôsifia : il par^t double.
Nou9 ayons vu au piqragraphe S8 que ce n -eçt paqseuleooieiit par des moUYementa effectib que npus pouv(ms déterminer la ^ttMesaîoB des pcttnts dana le ehamp visuel, mais que nous apprenons aussi àrapprécieF d'i^prèe 1^ diflpositioQ siipultaiiée de leurs images rélÊmennea. 11 n'est done pas néeesaaive de prommep réellement le reg^ dans le champ visuel poiur voir les images doubles : sans eeseer de^er unpointd^uiie minière continuet il nous est eneore possible de reciNuialti^ la dàSérence ip la disposition des objets dans les deux ohampe râo^ Lors* que le même objet apparaît de part et d'autre du peint fixé, ou que la grandeur et la direction de sa distance au pqint de fixatian diffiieBl d'une manière suffisamment remarquable, on recennait que cet ebjet apparatt en deux parties difié^entes du cbamp de la vinon«
Soient b^et è^ (fig^ 201), les deux yeux dirigés simuhanrtfneit ifwi h peânt a, qui leur parait, par conséquent^ s^ple et dansaa pedlienféritaUe. Le point c, qui est plus voisin que a^ doit être vu par l^Eti \ à droite du point a dans )e champ de inaion, puiagoe c est à dreile de h ligne visuelle ab^. Mais l'œil b^ voit c à gauche de a. Gepoint 4e pi^
§ 31. IMAGlilS DOUBLES BINOCULAIRES. ((297) 87»
sente donc, dans le champ commun de la vision, une fois à droite, mie fois à gauche de a; il paraît donc double et sous forme d'images eraiséesy puisque celle des images de a qui paraît à droite appartient à TcBil gauche, et inversement.
Le contraire a lieu pour le point d^ qui est plus éloigné. Dans le champ visuel de Fceil droit b^, il parait à droite de a, et dans celui de FcBÎl gauche, il se place à gauche de a ; les doubles images sont dites dAors homonymes ou directes.
La figure 202 représente un cas un peu différent; b^ et b^ sont encore les yeux, a le point de fixation commun. Supposons le point c en dehors de l'angle b^ab^^ plus près des yeux que le point de fixation. Dans ce cas, c se trouve à gauche de a dans les deux champs visuels,
Jl/y^
FiG. 201.
Fl6. 202.
parce que les lignes de direction cb^ et cd^ sont toutes les deux respectivement à gauche de ab^ et de ab^. Mais Fangle cb^a est bien plus petit que cb^a. Dans le champ visuel de i^, le point c est donc séparé de a par UD angle bien plus petit que dans cdui de l'autre ceil. Si cette différence est assez sensible, l'image apparaît encore en deux endroits différents du champ commun de la vision : c paraît double. Mais, dans ce cas, les imfiges doubles ne sont pas aussi nettes que lorsqu elles se présentent de part et d*autre du point de fixation, comme dans la figure 201. C'est surtout lorsqu'elles sont un peu loin de a et qu'elles occupent 4es parties latérales du champ de vision, que leur distance et la diffé^ rence entre leur intensité et celle des objets environnants ont besoin
880 {$HH TilOlSIÈMB PAaTIfi. - DES PfiRGEPnOflS Yl^mum M^
d'dtre 888es coaeiàéaUm^ pour rque €98 iauigeB nninni inwjMmrfui SUes devienmot uo pea plus sQDâblas kii8qa*iui objel / Un inAki flitiié à peapiès à la mteie dSstaîice des yeux que le poîQt a^mMmm entre les protoi^meiits des côtés de Îbo0b i^eb^^ de iirtniiré fK, dam le chiHEDp de vision oMiumi^ de^^mnfvi
de pirt et diantre de/. Alors les cliaiiivsYiewig^^ i^ et4B.i,$«pfip. nmt leq^ectivemoit les aoccessione mfîkafc nsw cee coodlliQfiSi J est plus £Buûle de voir les images séparées que lorsfa'ell^ e9 pi#Mleiit sur un fond d'une coloralMm et d*un éclairage umfbiniBB. , .
Enfin» on peut encore t^t des images douUes lorsque les imifBaài nAme punt sont» dans les deux champs visudst àla même ilirHi|iw|i point fixét mais que leurs directions présentent des ^fiSranç^jp» (prandes pour être remarquées.
C'est ce qui a lieu lorsque le pointe est plus haiAoa plus bas f» le point a, et m même temps un plus rapiwoché des yeux que ce point.
Ainû, nous voyons, en général» doubles les objets qipt dansksdon champs visuels, possèdent, par rapport au point de regard» des poiiliBM apparentes suffisamment diflféreAtes pour que œtie difléreoœ fém être a^Hprédée. Nous voyons flûnples,au contraira» les db|elB qjà mi^ dans le champ visuel» lamême position apparente par ra^ortnpeat de fixation.
Nous avons à examinermaintenant plus en détail quels sont les points des deux champs visuels qui possèdent la même position apparente par rapport au point de fixation, et qui, par conséquent, coïncident dans k champ visuel commun. Nous leur donnerons le nom de points cmnàdents ou correspondants; on les a encore nommés /7otn/s identiques^ eo faveur d'une théorie particulière. Comme à chaque point de chaque champ visuel répond un certain point rétinien, on peut également parier de points coïncidents y correspondants ou idetUiques des deux rétines. A l'exemple de Fechner, j'appellerai disparates les points qui ne se correspondent pas.
1 . — Les points de regard des deux champs visuels des yetix mr* maux sont des points correspondants. — Le point de regard de chaque champ visuel répond à cette partie anatomiquenient remarquable de la rétine, le centre de la fovea centralisa qui est l'endroit de la vision la plus distincte. Le point de regard est le point fixé du champ visuel La proposition énoncée revient donc à dire que le point fixé est toujours vu simple, et qu'un objet qui se peint sur les centres des deox fovea apparaît simple.
C*esl là une proposition vérifiée par toutes les observations faites sur [es yeux normaux; on verra plus loin certains cas de strabisme aux^ els elle ne s'applique pas.
Si nousrecherclions la cause de ces faits, nous sommes amenés à nous iser la célèbre question de savoir pom*quoi nous voyotis simple avec les deux yeux. -^ Tant que l'on ue considère les seosadons que comme des signes dont l'interprétation ne s'apprend que par l'expérience, la réponse oe présente pas de difficulté particulière. Presque tous les objets eJCtérieurs aflecteiit simultanément différentes libres nerveuses de notre rps, et produisent des sensations composées dont nous apprenons à bDsidérer l'ensemble comme étant le signe sensuel de l'objet extérieur^ cela sans que nous ayons conscience de la nature complexe de ce si- |ne. Loin de là, dans la très-grande majorité des cas de ce genre, ce est que par l'analyse scientifique que nous parvenons à connaître la ture complexe de la sensation, La sensation du timbre d'un son est .posée de la sensation simultanée d'un grand nombre de sons sim- , de différente hauteur. Un crayon que nous tenons dans la main senti à Faide de deux doigts, c'est-à-dire par le moyen de deux ^upesde fibres nerveuses différentes. Les deux narines contriijuenià perception d'une même odeur; la sensation, simple en apparence, oe nous éprouvonsau contact d*un corps humide, est composée de celle u poli et de celle du froid, etc. En réalité, il n'y a pas motif pour iclure à uo objet compliqué d'après un effet complexe, produit sur , réactif aussi compliqué que notre corps.
C'est donc, en général, Texpérience seule qui peut nous apprendre nous devons considérer comme signe sensitif d'un ou de plusieurs bjetâ, un groupe de seusations que nous avons souvent occasion de ncontrer.
Si nous remarquons que F usage normal des yeux est celui où nous tons avec les deux yeux l'objet qui attire notre attention, de »Ue sorte que l'objet se peint sur les centres des deux fossettes rétiiennes, points où la vision est la plus exacte, il en résulte que les deux lentres des fovea reçoivent toujours les images d'un seul et même objet intérieur dont on peut, du reste, en tant que de besoin* constater 'imité par le toucher, et que, par suite, nous considérons toujours leura tîons comme se rap]iortant à un môme point de Fespace. Nooei fns donc simple avec les deux points de regard» parce qiie, éam^ usage normal ordinaire des yeux, les deux favea reçoiveat image d'un objet unique, et dont Funité est ou petilètre 'aide du toucher.
Dans F opinion contraire, d'après laquelle certaÎDessensaâiMi&i
5 TROISIÈME PARTIE, — DES PEUCEPTIONS VISUELLES. § 3i.
corps peuvent déjà, préalablenieot à toute expérience, produire m- Wnes représentations d'espace» il faut admettre que les deux fosstym rétinien ues, Biusi que toute autre paire de points coniespondaDts de^ Sieux rétines, donnent des notions d'espace identiques à l'aide d*tui mé- (Canistue inné. C'est aussi pour cette raison que les parties correspon- 4autû3 des réLines ont reçu d'abord le nom de painis ideutiqum* îtoui ne pouvons donner qu'à la un du paragraplm suivant la coDiparidâûD
t critique de ces deux opinions.
On ne trouve pfts, dans la littérature, d'obsei^atious d'aveugle&4kéi^ auxquels la vue ait été rendue siuiultauémant aux deux yeux, dausilËï conditions convenables pour permettre d'étudier la manière dont s eublit la vision simple binoculaire. D'ailleurs, à cause de la couiplicaiiou extrême qu'introduirait, dans l'observation de ces luaUdes, l'étude simultanée de la manière dont se forme la vision nionoculaire^ et de œllis dont ta vision binoculaire s'établit, il est préférable d'étudier des caâ où, ar suite d'un strabisme ancien, la vision simultanée d'un même tà^ à l'aide des deux fovea est resiée impossible pendant nombre d'années. lOttime je n'ai pas eu roccasion d'observer par moi-même d^ cas et genre, M. Java], qui, depuis 186â, a examiné environ lôOstrabiqu^ u point de vue du rétablissement de la vision binoculaire, tautàrâide de la ténoLouiie qu'au moyen d'exercices appropriés, a eu Tobligeaiia de rédigera à ce sujet, une noie que jeine permets d'intercaler. — Leb laliÈ contenus dans cette noie, dont je laisse la responsabilité à son aulw, ïoe paraissent favorables k la théorie empiristique*
« Im slialiiîjrïies qui exîsteiu é*ipm% h naissattce, om du moins depuis les p^^ micre» aunées de La vie, [ïOHTaiit seuls fournir d^ reni^d^ri^uieiits uliks pmir b quesLiou qui iiuus occupe, ik ne sera ({ue^lîoo ici que de strabisme cim^er^tnU ^ fitratïisine divetgaut étaol relMîveiutiui trà>-rare diez Jei mijeis âgés de Dwitf ^ deux ou iïim aus, — Poui^ le même tnotif, le gtrabîfime consécutif à U paulfÉ d'un des mnsdes moteurs de t'œil ne peut rien nous apprendre : tkus lis caa ik ce genre, la position de^ images doubler est exactement h viéme que diei m persoime saine dont on déplacerait l*un des yeux ])ar une preâsloo eitérieurt : l'influence de la vision binoculaire préalable détermine tantes les circonstance à la diplopie. — De même encore, îl faut laisser de cOté les strabi^mes pérmdiqm, issez fréquents cbez les hypermétropes, où la position des yeuac est soDv^t correcte, la déviation ne m produtsatit que par intimenLs, lorsque le snjet fait n effort traccommodatïon. Quelque «iiKicEiné que soit IWccticm, un malade affecta de strabisme i^êriodiqcie le trouve ordînainemeiH, aa pomt de ^e û^ doofaks Images binoculaires, dans les eiénies condiiions qu'une personne traîne ^m «lad à loucher votoiitaiiemeDU — Enfm, il est une classe asse^ niMnlireii^ ik tf^ i{iM^ qui se picteut tuai à T^ude de la loncLion &ùuulUiiée diBs deux f^um; u
g 3i. POSITION DES POINTS CORRESPONDANTS. 883
font ceux où« par suite de stratMsine mouolatéral invétéré, l'œil dévié a perdu la lacolté de se redresser lorsqu'on ferme l'autre. Pour démontrer que cette abolition de U fixation centrale est un effet et non pas une cause du strabisme, il suffit de remarquer qu'une semblable anomalie, fréquente cbex les adultes, est extrêmement rare avant l'âge de dix ou quinze ans. Ce sont les cas de ce genre qui ont ■maié certains aateurs à parlerd'une prétendue incotigruence des rétines, où l'œil dMé dirigerait constamment le même axe secondaire vers le point de fixation. S'il en était véritaiilement ainsi, il faudrait qu'il existât un strabisme cotwomitant dans l'acception rigoureuse du mot ; or j'ai souvent trouvé qu'en proroenaut le poiat de fixation vers les limites du champ de vision, les mouvements associés de l'«BÎl dévié ne se font pas avec l'exactitude qu'exigerait une semblable hypothèse. De même qoe les strabîques alternants dont il sera question phis loin, je ne crois pm que ces malades jouissent de la vision binoculaire du point de regard, bien 40e l'œil dévié poisse servir à augmenter l'étendue du champ de regard, ainsi que 4. ▼• GfUt l'a démontré, et néme à percevoir des objets renfermés dans le champ visuel de l'œil sain. Chez ces malades, la ténotomie ne produit qu'un redressement coimétique^ accompagné, dans les premiers temps, d'une diplopie qui disi)araît lorsque le sujet a appris à négliger les images reçues par l'œil primitivement dévié.
» Bomons-nous donc à l'examen des malades fortement strabiques depuis longtemps et chei lesquels chaque œil a conservé la faculté de fixation. — Parmi ces sajels, les uns ont des yeux très-di£Eêrents, et se servent de l'un pour voir de près et de l'autre pour voir de loin ; les autres ont des yeux sensiblement pareils, et, qnelle que sœt la distance du point de fixation, ils se servent alternativement de Ton ou de l'autre. En général, c'est alors l'œil gauche qui est empfoyé pour regarder à droite, et vice versa.
• Une première question est celle de savoir jusqu'à quel point les yeux ont une tendance naturelle à se diriger vers le même point de fixation. — Prenons un exemple déterminé (1). Une jeune fille de dix-sept ans, mademoiselle A. , subit, le même jour, la section des deux muscles droits internes pour supprimer un strabisme intense, convergent et alternant, dont elle est affectée depuis l'âge de trois ■ML Pendant l'anesthésie produite par le chloroforme, la double ténotomie est mivie d'une divergence considérable, — droonstance fréquente en pareil cas, — et \wi disparait au réveil, pour faire place immédiatement à la vision binoculaire, uns diplopie. Le surlendemain de l'opération, je constate les doubles images phy- Mogiqaes. On voit donc qu'alors même que le strabisme serait resté périodique pendant assez longtemps, pendant dix ans au moins, la malade n'avait jamais fixé liioocolairement, et cependant, aussitôt que le débridement des muscles le permit, les deux fovea se portèrent sur le point de fixation, qui fut vu simple. Ajoutons jne les yeux de mademoiselle A. étaient tous deux sensiblement normaux et que, |ioar obtenir une expérience plus décisive, pendant les deux jours de repos qui
(1) E. iàVAL, quatre observatioas de strabisme convergent, accompagnées de remarques mr rétiologie et le traitement de cette affection, in Atinaies d'ocul,, 1867, LVII, p. 5-18. Obienr. 63.
8a4 TRmSlÉMB PMIIlfi. ^ Des PBRGBPilOfm^n^^ ta
yrax dmahuBémeiit
» Les dbosiA ne se iMttsem pes to^joan tfime i cas dont a Tient d'être iqnestimiu ~Soas le Wfmifmiipaikm sinqpie» A. 4e Gitfe (1) a décrit ^pn^pMi nàbat iéosrie« se troofaisnt iSMMifàaA ApteflleirMiiilflaiiMsIfSil^ les dûlibIflB iOMges étaieiit'eÉtfteeiiiett v^^ Il 4miÊHpmîÊm40JsmÊÊt^ que cette dispositioii se raiooiitre te pkis siiiifeétciM^teeMÛ^ bJSJtett^MJstepasdeprisMgrstidae^^ dce, et que des exercices peofesit, «»gMnil, ift i in moyen d'onslMoBeopediqpesé de i
ttUemeitt I la téiiot(miie« s^ «xisi» I» IM»
iiiÉiocaiaire (3). H afdia psrlerid 4st €Êm jOaciàm foimt È^^
qo'eUe est ginérdemeiit un résiAit d'^eamcfee, JOTenseMniA Jln^wlte |S»
raît être lejité d'iKÎmêttre,
'j On a vu i>lus haut que lorsque le strabisme est de date relativcineut receoir ou qu'il est pénodiqtieT k^ tm^gejs doubles préseutcnt la même posttjoa que dm uue personne saine qui loueberait iutenUoiinellement, Au \mni de vue de la {hmiv empiristlque, il est très-iiileressani de remaj quer que, lorsque le strabisme M ittvéléré, les images doubles ne préseiiteut plas du tout ceue disposition, Si^âïiDJ l'opération, ou mettait devant Tuu des yeux de la malade citée plus hani, m prisme de 10 on 15", h base horizontale, ou obteiiak deux Images i^ituéesèpeu près vorticalemeut l'une ;tti-di^Hsus d<* Tautre, ce qnî prouve que chaque <ri] At^t'^ appris à apprécier exactement la position des objets, mais ce qui ne prouve aucunement que la fixation ait été réellement binoculaire. £n effet, lorsque eolre les deux yeux d'un malade de cette espèce, on place une cloison verticale sitoée dans le plan médian de la tête, une flamme éloignée, située dans le plan de la cloison, peut être vue par un œil ou par l'autre; mais dès que le malade U effort pour la voir simultanément des deux yeux, ce qui exige^ il est vrai, qo'ette ne soit fixée par aucun, il la voit aussitôt en doubles images assez voisines (3). Cette expérience porte à croire, sans le prouver rigoureusement encore, qne V(d dévié n*est pas utilisé pour voir le point fixé. Il faut dire cependant que l'opirnoo contraire a été soutenue, entre autres par Pickford (U) et, plus récemment, am des arguments plus solides, par Alfred Grâfe (5) et par Schweigg^ (6}.
0 La malade que nous avons prise pour exemple, et chez qui la projectioB des images s'était conformée à la déviation des yeux, appartient à un type «ses fré-
(1) Arch. fur Ophth,, 1854, I, 1, p. 117-120.
(2) E. Jàvàl, Note sur la neutralisation et sur Tincongruence des rétines, in iljM. docuL, 1863, L, 316-318. (Dans cet article, le mot incongruence a été employé à tort au lieode l'expression d'antipathie contre la vision simple].
(3) E. JàVAL, Ueber Incongruenz der Netzhaute, in Klin, ManatsbL /Sr Augaiktilk,, iSU, p. â87-&&l. — Traduit in Ann. d'ocul., 1865, LlV, 123-125.
(4) Roser und Wunderlich's Archiv fur physioiogùche Heilkunde^ 1842. p. 5SW.
(5) Archiv fur Ophth., 1865, XI, 2, p. 41.
(6) Klin. Monatsbl. fur Augenheiik., 1867, V, 1-31.
qaent en réalitét mais que les oculistes rencontrent généralement sans s'en aperœfoir, poor cette raison bien simple que l'opération n'est suivie d'aucun résultat ficheax. La théorie empiristique, pour expliquer comment il n'y a pas eu de dîplopîe après l'opération, devra admettre que la malade ne savait pas faire la part de chaque ceil dans les impressions reçues, et qu'une fois la déviation corrigée, la malade croit, par exemple, fixer avec l'œil droit et localise les impressions de l'œil gauche comme si elles étaient perçues par l'ceil droit — Supposons maintenant que le résultat de la ténotomie ait été insuflBsant, notre malade n'aurait pas été à même de mettre les lignes visuelles en parallélisme pour voir un objet éloigné ; cependant, lors de la fixation de cet objet par l'ceil droit, il s'en serait formé, dans rœîl gauche, une image plus voisine de la fovea qu'avant l'opération ; par conséquent mademoiselle A. aurait vu des doubles images croisées^ tout en continuant de bocher légèrement en dedans. Un pareil résultat, prévu par la théorie empirigiique^ ne peut se concilier avec la théorie nativistigue qu'en ayant recours à mie prétendue incongruenee des rétines^ mais le plus net des cas signalés par A. Y. Graèfe (1) ne paraîtjpas de nature à prouver l'existence d'une anomalie congénitale de ce genre, malgré l'ingénieuse argumentation de c^t auteur.
• Une circonstance heureuse m'a permis, d'ailleurs, d'étudier le cas célèbre du docteur W. , qui avait été présenté au congrès ophthalmologique de Heidelberg en 1857 par M. de Grilfe comme affecté d'incongruence. En négligeant un léger astigmatisme, le docteur W. est emmétrope de l'œil gauche et myope de l'œil droit. Après avoir subi deux ténotomles qui lui avaient laissé une légère convergence, le malade avait pris l'habitude, depuis plusieurs années, de se servir de son œil droit pour voir de près, en laissant son œil gauche en divergence relative. Conformément à la théorie empiristique, après avoir subi une nouvelle ténotomie qui rétaidit à peu près parfaitement le parallélisme des lignes visuelles, le malade fut affecté de diplopie croisée lorsqu'il r^ardait au loin en fixant avec l'œil gauche, et de diplopie homonyme lorsqu'il regardait au loin avec l'œil droit, ce dernier fait s'expliquant par cette circonstance qu'il n'avait fait usage jusque-là de son leîl droit que pour voir de près, position où l'œil gauche était en divergence relative assez considérable, tandis qu'en regardant au loin avec l'œil droit, son œil gauche présentait actuellement une fuble divergence (2). Si j'ajoute que l'oculiste, dont l'observation vient de nous occuper, apprit en quelques minutes à voir simple binoculairement, puis à voir aussitôt, à volonté, les doubles images dans la même position que s'il n'avait jamais louché, ou avouera qu'il n'y avait pas Seu de parier d'incongruence des rétines.
» Tandis que le docteur W. voyait aitemativement les doubles images simultanées, soit dans leur position physiologique, soit dans la position que la théorie empiristique leur assignait pour la fixation de l'œil gauche, soit dans celle résul-
(i) A. y. Graefe, Ueber Doppelsehen nach Schieloperationen und Incongnienz der Eletsbaute, in Arch. fur Ophih. (1854), ï, 1, p. 82-120. — Nachtrâgliche Bemerkungen ûber Incongnienz der Netzhâute, ifjid. (1855), I, 2, p. 294-299.
(2) Voyez cette observation ia Wecker, Éludes ophthalmologiques (1866), II, p. 931 et 934, où les faits sont interprétés d'une manière tout autre.
tant do vMiii mt^mi* tïiéonc pour h fiiirtioii de î'œiî dnik. nn put dicr <fcf Cil où hi di|iïopî(! se produmii ^mulfménteni de diverses imnîèr^, de mmïkt I danner, par eièrnple, nue image simple bmoadmre acc€>mpagîtée d'one latre ijnag^ monûfTîïaïre, un même œil donnant, p^ir œméfjuenl, deuï imafes bca-
liiiAii»
jutem robjcl
mmi en deux endrorts différrmts de Tespace {!), CTegldeceil^
I le semble devoir interpréter ane intifm*«ame obser?aiîon à'MÊnà
l\ îlarire à un fitrabique divergent qui saTait à fobuté supprimer II dè-
3e feux, Il condition de voir double. J'ai aa occasâon d*obsencr, m
inalogue au iien, mais consiScutlf â une t^'iimoniie des mosKle^ àmh
^ il sufljHait dlnierposer ferticalement une rèfle entre la maJjMle d
s'assurer tpie, dans Tune des doubles images, cette règle nt cscbit
mage, que fa malade considérait comme fausse, était duBC biuocn*
tiafâde, três-intdligenle, sait regafder ^ volonté Hmage binoculaire f m
inrioocularre, qui sont fort éloignées l'une de fantre, et il est dair ip»*-
sut d'attention n*esi accompai:^ié A\mmti moufement des yetiT.
li ie consîgïîer ce îmi îiJi[>Drtant que eeitains sfmhiqiK^,
t de h TÎiîcm binoculaire (3), savent reainnaîtn^ jfw
est l'œil \\m reçoit telle ou lelle împreîssi^n tiiuellr
tîon empiristique dont f! a été qiiestioii jus^iqu^iel m
■ft^nders {h) et de Schweîgger (5), et mie cr iiiqtfi* qïr
fDémoires déjà cités, n
I* C'est et
*L — Les km m réiiniem des denœ yetim se corre^pondenf . — fû tîijfinî plus haut fp. 601) le^i horizons rï^tîniens des yeux normaux comine étant les méridiens des deux yeux qui coïncident avec le plan de visée lorsque les yeux sont dirigés parallèlement et dans la position primaire, et j'ai déjà dit que ces méridiens se correspondent. Pour les yeux myopes, il n'en est généralement pas ainsi, et j'ai déjà proposé plus haut de considérer comme horizons rétiniens les méridiens qui se trouvent dans le plan de visée, lorsque les yeux sont dirigés de telle façon qu'une série de parties correspondantes des deux rétines viennent se placer dans ce plan. Pour les yeux myopes, cette condition est le plus souvent remplie par une certaine position à la fois convergente et descendante. En définissant ainsi les horizons rétiniens, la proposition énoncée ci-dessus ne serait que la conséquence de cette définition, mais il faut encore re-
(1) £. JAVAt^ De la neutralisation dans l'acte dô la vision, in Ann, cToâui, (1865), LIV, 15.
(2) Ueber einige Verhâltnisse des Binocularsehens bei Scliielenden mit Besiehungiiifdie Lehre von der Identitât der Wetztiaotc, in .4rcA. /&r Ophth. (1865), XI, 2, p. 4045.
(3) Klin. MonatsbL fur Augenheilk., 1864, H, 439-440.
(4) Archiv fUr die hoilândischen Beitrûge zur ^atur- und Heilkunde^ m, 357-358. — Anomalies of Accommodation and réfraction, p. 164-166.
(5) Klin. Monatsbl. fur Augenheilk. (1867), V, 1-31.
(6) Zur Symptomatologie des Schielens, in Klin, Monatsbl. fftr Augenheilk, (1865), IR. 63-70.
marquer que les horizons rétiniens se distinguent également par ce fait qu'à vue d'oeil leur plan semble coïncider avec le plan de visée lorsque le point de fixation se trouve dans le plan médian.
Yolkmann a donné, pour ses yeux (qui sont un peu myopes) , des déterminations exactes de la position des horizons rétiniens (1) . — Sur un mur plan, situé devant les yeux, deux disques mobiles autour de leurs centres étaient disposés de telle sorte que ces centres se trouvaient sur les axes optiques des deux yeux, lesquels étaient dirigés parallèlement. Chaque disque portait une ligne mince, suivant un diamètre ou un rayon, et mobile avec le disque. La valeur du déplacement se mesurait à l'aide d'une graduation disposée sur le bord des disques.
Première série d'expériences. — Le diamètre de gauche est horizonlal ; on cherche \ amener le diamètre du disque de droite à lui être parallèle. Pour les voir géparés, il fallait incliner légèrement la tète vers un côté, La moyenne de trente expériences donna :
Angle d*lnteneet!on 0*,ftft3
Valeur probable de l'erreur d'obcenration 0*^08
Deuxième série d'' expériences. — Le diamètre droit était horizontal; on cherchait à lui rendre parallèle le diamètre gauche , toutes les autres circonstances étant les mêmes d'ailleurs ; les résultats furent :
Angle d'intersection 0<>,553
Krreur probable 0^,11
Troisième série d'expériences, — Le diamètre gauche est horizontal; on dispose le diamètre droitde manière qu'en coïncidant avec l'antre il forme une ligne aussi fine que possible. Moyenne de trente expériences ;
Angle d'intersection 0*,397
Erreur probable 0%13
Quatrième série d'expériences. — Même disposition, seulement le diamètre droit est fixe et le diamètre gauche est mobile :
Angle d'intersecUon 0«,ft67
Erreur probable (^,14
Cinquième série i expériences. — A gauche, un rayon horiiontal ; on place le rayon du disque de droite, de telle façon qu'il paraisse sur la même ligne droite que l'antre. Moyenne de trente expériences;
Angle d'intersection 0o^46
Erreur probable 0^,125
(1) Pbynologiflebe Uniersucbungen îm Gebîete der Optil^, Uipiig, 1864, 2, pp. 206-208 tt 223.
8S8 [70ô} jmmtUZ PARTIE, - DKS PERCEFTIONS VISUELLES. g M. Stj^if'fTiê iérie rfV2'pV/>nc^*.--Mênje disposition, seulement le rayon dfiraid* mi fixe, cl Tautre, mobile :
Angle il*iîîlerseetioD , , . . . 0'*,afâ Errpur probable Û«,Û9G
Oti voit que ces séries d'etpérieiices donnent tontes des résultats 5 pen pm
cnacordanlB, à £iavalr :
i, 0%aâ3
^. (J^\Aft7
Moyenne.,. 0*^,46^
TiC sensée cette abcrralion est tel qne h partie externe de chaque horizon réli* ni en se Irouïe un pen plus bas que la partie interne.
Septième xértE d'expériences. —Enfin, Valkmann a encore lait des expériences thm lesquelles il ne regardait qirun seul disque, avec Tceil ganche, et chercbiitl en plucerle diamètre horizontalement; en moyenne de trente expérienci^, il pl»çiil rettrémité j^ncbe de (r,2ûa trop hm.
Biiitième série d'expériencea. — Même dîspositjan, mais ponr Tcpil droit L'citri^mîié droite du diamètre se plaçait de 0",233 trop bas.
La gomme de ces deux déviations, 0^,203 + a%233 =Û*,&36» répond, avec une exactitude snfli«mnte, à Tangle trou?^ plus bâtit pour Tintersectlon des hom zons rétiniens.
En suivant les méthodes des quatre premières séries d'expériences, Volkmanna trouvé, chez quelques autres observateurs, pour l'angle d'intersection desboriioos rétiniens, les valeurs suivantes :
Professeur H. VITelcker 0»,72
Étudiant en médecine RXherl 0»,26
D^ Schwbigger-Seidel 0*,43
J'ai fait, sur mes yeux, des expériences d'après la méthode suivie par Yolkmanfl dans la cinquième et la sixième série, et je ne trouve pas de déviation sensible des horizons rétiniens lorsque je n'ai regardé préalablement que des objets ébignés ou lorsque, pendant une longue série d'expériences, j'ai maintena les lignes visuelles en parallélisme. Mais lorsque je viens de lire ou d'écrhre, ce qui exigeait une position convergente, je trouve une petite déviation dans le même sens qoe Yolkmann, mais dont la grandeur varie et qui disparaît lorscpie je pitrionge les expériences.
M. le docteur Dastich, dont l'œil gauche est normal et l'autre myope, a trouvé une déviation de 0*»,31.
Pour ce qui concerne le mode de production probable de cette relation d'identité des méridiens horizontaux, il faut remarquer qu'en fixant un
point objectif déterminé, nous trouvons toujours une série d'images des mêmes points, dans ces deux méridiens des champs visuels et des rétines qui coïncident avec le plan de visée, quelle que soit, du reste, la ligne d'intersection du plan de visée avec la surface de l'objet. Pour tous les autres méridiens, ce rapport varie beaucoup, au contraire, avec la position et la forme de l'objet. Ahisi, lorsqu'une ligne droite verticale passe par le point de fixation, les images de cette ligne se forment sur les méridiens verticaux des champs visuels et sur les points rétiniens correspondants. Si la ligne se rapproche de l'observateur par en haut, ses images tombent sur deux méridiens des champs visuels qui convergent en haut ; si, au contraire, la ligne s'éloigne de l'observateur par en haut, elle apparaît sur deux méridiens qui divergent en haut. Ainsi, à l'exception des méridiens situés dans le plan de visée, la forme et la position de l'objet déterminent le méridien du second œil sur lequel se représentent les images des points qui se peignent sur un méridien donné du premier œil. Les méridiens situés dans le plan de visée sont les seuls qui reçoivent des images correspondantes indépendamment de la forme st de la position des objets.
Il est certain que les différentes positions des yeux peuvent amener ii&érents méridiens rétiniens dans le plan de visée. Mais nous pouvons admettre que, dans la vie ordinaire, lorsque le corps et les yeux ne sont [)as maintenus d'une manière trop constante dans une position déterminée commandée par une occupation toujours la même, les yeux affectent, a plupart du temps, une position plus ou moins voisine de la position primaire et que, par conséquent, les méridiens rétiniens qui coïncident ivec le plan de visée, dans la position primaire des yeux, — et ce sont les horizons rétiniens, — reçoivent plus souvent que tous les autres des images correspondantes ; et c'est pour cette raison, sans doute, que c'est [)Our ces méridiens que se produit l'habitude de projeter au même sndroit de l'espace.
La contemplation habituelle d'objets voisins, pour l'observation des- ]uel8 les regards s'abaissent et convergent, pourrait entraîner, au contraire, la production d'un écart semblable à celui que Volkmann a ïbservé sur lui-même et sur d'autres ; car lorsque le regard est ainsi ]irigé, les horizons rétiniens de l'observateur chez lequel existe cette iberration viennent effectivement se placer dans le plan de visée.
S. — Les méridiens apparemment perpefidiculaires à F horizon rétinien coïncident entre eux. — On a déjà vu plus haut (p. 700) que les méridiens des champs visuels, qui paraissent former exactement un angle droit avec les horizons rétiniens, s'inclinent, en réalité, un peu en dehors
mù (704 TUOîsîmÊ pAnrrE. — T)m pfertcEPtiOî^s ^isûetxl^. § 3î, par leiii* extrémité supérietire. Lors donc que les horizons rétiniens sont dans le plan de visée, les méridiens verticaux apparents sont un peti divergents en haut et convergents en bas* Ces mêmes méridiens vçrticAux apparents, cpii paraissent donc avoir, dans les deux champs \i3uels, la môme position par rapport au point de fixation et à l'horizon rétinien, se trouvent être correspondants dans le champ visnel binoculaire.
Pour déterminer Tangle d'intersection des lignes verticales apparentes qui se correspondent, on peut employer les mêmes méthodes que pour déterminer celui des horizons rétiniens, à Texceptlon de cefle qui fait usage de la superposition des lignes. En effet, dans le cas actuel, deux lignes de même couleur se confondent trop facilement en une seule image stéréoscopique, alors même qu* elles ont des directions assez disparates. Mais on peut éviter cette fusion en donnant aux deux lignes des colorations tout à fait différentes, en combinant, par exemple, un fil blanc sur fond noir avec un fil noir sur fond blanc. C'est par la méthode suivante que j'ai fini par obtenir les appréciations les plit* certaines et les plus concordantes, pom^ des comparaisons de ce genre.
Sur un tableau vertical de bois, on tend une feuille de papier noir sur laquelle on fixe, l'un à côté de rautrc, d'abord une bande de papier ronge, de S millimètres de largeur, dont les bords rectîlignef^ soieDl bien parallèle*^, et, en second lieu, on fil hleo. On donne à ces âm\ objets une position à peu prés verticale, de manière à les faire Âyerger un peu vers le haut, et une distance qiii, à la Iiauteur des yenx'de fobservateur, soit égale à Tintervalle de ces yeux. La bande de papier est fixée par ses deux extrémités, et le fil par ëoa extrémité supérieure ; f extrémité inférieure du fil est tendue pai- un léger poids. Oii déplace cette extrémité inférieure, autant qu'il est nécessaire, & l'aîde dTtine épingle qu'on finit par planter dans le tableau lorsque le fil est dans la posîtioQ convenable. On regarde le fil et la bande avec des ligaes idso^ parallèles ; le fil bleu apparaît alors au milieu de la bande rouge et Ton déplace le fil jusqu'à ce qu'il paraisse situé au milieu de cette bande solvant toute sa longueur ; c'est alors qu'on fixe Tringle. Mesurant la (fistance du fil à la bande, à leurs deux extrémités, ainsi qtie la distance verticale des points mesurés, il est facile d*obtetiir l'angle compris entre la bande et le fil.
La manière la plus directe de vérifier la proposition qui noua occupe consiste à déterminer, de la manière indiquée, l'écart des lignes correspondantes, horizontales et verticales et, en outre, les angles que forment, avec une ligne horizontale, les lignes qui lui paraissent perpeo-
§ 8i. POSITION DES POINTS CORRESPONDANTS. (705) 891
diculaires. M. Dasticb a fdt de semblables déterminations dans mon laboratoire ; il a trouvé les valeurs suivantes ;
Angle des lignes verticales apparentes qui concordent. ... 2° HO' Angles compris entre les horiions rétiniens O^W
Différence 2» 22'
L'aberration par rapport à l'angle droit était, chez le même observateur :
Pour son œil droit 1® 12'
Pour son œil gauche !• 21'
Somme 2» 33'
La différence entre les deux premiers angles, qui est de 2''22', est l'angle que formeraient entre eux les niéridiens verticaux apparents si les yeux étaient dirigés de manière que les horizons rétiniens fussent dans le plan de visée. Elle diffère aussi peu de la sonmie 2*33' qu'on peut s'y attendre pour le degré d'exactitude de semblables expériences. Par conséquent, les lignes verticales apparentes qui se correspondent ne diffèrent pas sensiblement des lignes qui, à vue d'œil, paraissent perpendiculaires aux horizons rétiniens.
Ge même fait peut se déduire aussi, d'une manière indirecte, des eipériences de yoUuuann. — En effet, outre les expériences déjà mentionnées (7* el S* séries), où il cherchait à placer horizontalement un diamètre de ses disques, vn monoculaîrement, cet oteenrateur a également cherché à placer un diamètre verticalement, en s'attachant à obtenir la verticalité absolue, et non pas la direction perpendiculaire à une droite horizontale visible. Comme il a déjà été dit plus haut que, dans les conditions de l'expérience, les horizons rétiniens lui paraissaient absolument horizontaux, il en résulte que les directions verticales apparentes, déterminées dans les expériences qui nous occupent actuellement, devaient lui paraître également perpendiculaires aux horizons rétiniens.
Neuvième série d'expériences. — Le disque étant regardé de l'œil gaubhe, on amène le diamètre dans une position verticale apparente. D'après la moyenne de 30 expériences, l'aberration est de 1^,307.
Dixième série d'expénences. — Même recherche pour l'œil droit ; aberration moyenne: 0*',82.
U a déterminé l'angle des lignes verticales apparentes qui se correspondent d*aprës la même méthode que pour les lignes horizontales, et il a trouvé les nombres suivants :