‹ Optique physiologiqueChapitre 44 sur 228 · CRISTALLIN · texte numérisé non relu

CRISTALLIN

Coucho externe.

Concile moyenne.

Noyai.

Les mensurations que j'ai faites moi-môme ont été pratiquées de la manière suÎTante : des échantillons de Thumcur à examiner étaient interposés entre une lame de Terre plane et la face concave d'une petite lentille plan-concafe ; les images données |)ar ce système optique étaient mesurées au moyen de l'ophlbalmométre et Ton en déduisait les distances focales par le calcul. En outre, le rayon de la surface concave de la lentille pouvait être délenniné directement au moyen de i*oplithalmométre, comme on l'a &ii au § 2 pour le rayon de courbure de la cornée. Dans ces conditions, il n'était pas nécessaire de faire une observation en mettant de IVau distillée entre les verres et de supposer connu l'indice de réfraction de ce licpiide. Au reste, en faisant l'expérience, l'indipe de réfraction de l'eau distillée se trouva égal à 1,3351, nombre compris entre ceux de Brewster et de Krausi\

Krause a eiicoiv déterminé une série d'indices de réfraction sur des yeux de veaux, et cela dans Tinlention de savoir si les indices de réfraction Tarient sensiblement dans les vingt-quatre premières heures après la mort 11 examina 10 yeux de veaux immédiateiiK>nt après b mort et 20 autres après les avoir conservés pendant vii^t-quatre heures à 15^ R. Il truuia les moyennes suivantes :

\t -it frjiij. Am* 24 heure*.

Corné* 1.3467 1,3480

Huaupur aqueuse 1,3)21 1,3415

Cor.'* \ilrv 1,3:^29 1,3528

Couo e e\:erne du cri»l.)Ilin l,:îî^S3 l.i013

Couv he ii: .\\ e nue du crisuU m . . . 1 . U 9 1 1.4211

>o;au liu crwtdiiiu KiJ'-«> 1.4512

II rtïolte de ce tableau que les ioditvs de réfraction d« yeux de veaux ne lihcnc (Sk^ <ea>ibit'nKMU d*iii5 les \in;:(-quairoheui\'s qui suivent h mort, et Ton petK cviKiorv. par iiuiuctiou. qu'il en est do monie pour les veux humain».

Gnnme de !a k^nuo et des iiKiices do rvfractiou des dilleivotes coudies da crisailin on ce peut pas deduiiv dùvctenient si distance focale, je vais indiquer

s 10. MENSURATION DES CONSTANTES OPTIQUES DU CRISTALLIN. (80) 105 id les résultais obtenus par les mensuratious directes des constantes optiques de deax crîstalliDs humains, qu'il m*a été douné d'examiner environ douze heures après la mort.

A l'air, la snr^M:e d'un cristallin extrait de l'œil se dessèche et se ride très-vite; dans Teau le cristallin se gonfle et devient trouble. Aussi ai-je, pendant les expériences, maintenu les cristallins dans de l'humeur vitrée. De plus, les cristallins cèdent avec une facilité extrême à la moindre traction ou pression ; mais tant qu'ils sont contenus dans leur capsule, qui est élastique et qui les entoure très-exactenent, ces déformations sont passagères. Il Êiut donc, pendant l'observation, disposer les cristallins de manière qu'ils ne soient exposés à aucune traction ni pression enèrienre. C'est ce que j'ai réalisé de la manière suivante. I^ figure U^ représente, en grandeur naturelle, une coupe du petit appareil que j'employais à cet dfet An nûlieu se trouve un cylindre creux de lalon, qui porte intérieurement, en bb, une cloison horizontale, concave en haut et percée eo son milieu d'une ouverture circulaire. Un tabe à objectife, provenant d'un ancien microscope, me fournit cette partie de TiiistrumenL Le bord inférieur de cette pièce est mastiqué sar une lame de verre à faces planes et paral- Uo ee^ mais en veillant à ce qu'il ne s'interpose pas, entre la circonférence inférieure du p,^, /^3. cylindre et la lame de verre, une couche de

mstic d'épaisseur sensible. On commence par remplir d'humeur vitrée la Qfité inférieure du cylindre; puis on place sur le diaphragme bb, et reposant sur sa iace la moins bombée^ le crisullin qu'on a extrait de l'œil en évitant soigneusement de le blesser ou de le froisser. Ensuite on ajoute un peu d'humeur Titrée, de manière à atteindre le niveau du bord supérieur du cylindre ; enfm 00 couche sur le tout la lame plane de verre dd, ce qui donne également une soriace de terminaison plane à la partie supérieure de l'humeur vitrée. Comme je ne pouvais pas commodément mettre l'ophthalmomètre dans une position verticale, j'ajoutai sur la lame dd un prisme à ^S*», qui réfléchissait horizontalement la lumière qui lui arrivait de bas en haut, après avoir traversé le cristallin. Il est commode de placer ensuite le tout sur le corps d'un microscope dont on a enlevé les verres, ainsi que le diaphragme étroit de la partie inférieure. Puis OQ prend une lame de laiton avec des tranchants de S'Gravesand dont Tinterlalle doit servir d'objet pour le cristallin, et on la place d'abord sur la platine du microscope, puis immédiatement sous la lame ce, entre celle-ci et le bord supérieur du corps du microscope. Pour l'éclairage, on emploie le miroir du microscope, en lui faisant envoyer la lumière de bas en haut, à travers l'espace de la lame de laiton compris entre les tranchants. On mesure enfm, au moyen k rophtbaimomètre, la grandeur de l'image que le cristallin donne de l'entaille de la bme de laiton.

Le caicol demande qu'on connaisse la distance qui existe entre l'intervalle des Uanchants de S'Gravesand et la face inférieure de la lame ce. Soit a« cette dis-

106 PREMIÈRE PARTIE. - DÏOPTRIQUE DE L'flEIL. §10. .

tance quand l'écran est sur la platine du microscope, et a, quand il est aoui la lame de verre. Les résultats de Texpérience sont d'autant meilleurs qu*oo parvient dayantage à augmenter a, et à diminuer a,. Il faut, ensuite, connaître Tépaisseur de la lame ce, épaisseur que nous désignerons par c, et, an mtàm approximativement, Tlndice de réfraction n^ de cette lame ; enfin la distance d ùt la face supérieure de la lame ce au bord supérieur de Fouverture bb et l'indice de réfraction n du corps vitré par rapport à Tair. Soient, de plus, b^ récarta» ment des tranchants de S'Gravesand lorsqu'ils sont sur le plateau du micrcwoope, à la distance a , de la lame ce, et (3 ^ la largeur de l'image que le cristallin donne de leur Intervalle, valeur qui est négative dans ce cas à cause de la position renversée de l'image ; b^ et (}, les valeurs de ces mêmes quantités dans la demièine position de l'écran, fh distance focale du cristallin dans l'humeur vitrée, qnantilé que nous cherchons à déterminer, et x la distance qui sépare son premier point nodal du plan du bord supérieur de l'ouverture bb. De ce qui a été exprinlé relativement à la réfraction dans les lames parallèles par les équations 3e) et 6c) (§ ^» PP- 6& et 66), il résulte que les rayons lumineux arrivés dans rhomeurfitrée en avant du cristallin, correspondent à une image de la grandeur A^ on 6, qni se

trouve k h distance {na^ •{ c + d+ x) dans le premier cas, et {na^ H ^

fie *•«

+ d + ») dans le second. La grandeur p, ou p, de Timage ne subit plus ancnne modification par la réfraction sur les faces planes de la lame de verre sopérieurc. Nous avons donc les équations

Il ^

^ ^ membre.

il vient

i\^ù Ton lire |wur /

|wK ilt» Vxuw dt^ iWut (Sputioiis pn^Menit^s. on peni anffii tirer x. Il ne faot pas ouhlHT, A<i\\% lo calcul, qw ^, api>arth>ni ai wne imace renversée et possède ans ^•aWiir iM^||jiii\«i« M «j, c^ 1^115 i^and qiK la devance focale On ne peut pas poser îanmMMl^i^imHil ,r «^al )i h disuni^ de la sorfaoi^ aniérienre dn oristaUin k son >mm imIaL iim)> i\ U\%\ d'aUml c^lWitier une fviiie correction, parce qne la unittc^ itnirW lUi crtiiallin a^amv un f«i pins bas qne le pla» de roovcflvre av js x«a|4 de U|uWlc d >\»^x|Mi»o, i\MuukSNAn; lo dianniiv de roufertore et le PTfim et \\Htrtmiv du cr«4allm. il <tfi iacUe de rakuler la ièdie de la cabcte

§ 10. ÉPAISSEUR DU CRISTALLLN DANS L'OEiL VIVANT. («/) 107

Si j'ai dooné à ia fente des largeuro différentes, b^ et b^ dans les deux expérienoes^ c'esl que, vue à travers le cristallin à des distances très-différentes, elle apparaîasaît arec un grossissenneut différent, et que le cristallin, à cause de sa faible diiiiefi8k«9 ne possédait qu'un champ visuel très-restreint On obtient la distance de la face postérieure du cristallin au second point n opérant absolument de la même manière, après avoir retourné le cris-

la petite valeur — peut être déterminée par des observations au moyen de

fie

rophthalmomètre ; la lame de verre ce, que nous avons mise jusqu'ici entre la fente et le cristallin, est placée à cet effet, d'une manière analogue, entre cette feole et nne petite lentille de verre dont on connaît la distance focale et les points nodaox. On peut, d'une manière analogue, déterminer la valeur d. Les mêmes éqoatkMiSt que nous avons avons posées pour la détermination de x et de ^

peuvent aussi, x et f étant connus, servir à trouver rf ou — .

tic

Les rayiHis de courbure aux sommets du cristallin peuvent être obtenus, soit, comme nous l'avons indiqué plus haut, au moyen des images catoptriques, soit également au moyen de la réfraction. A cet effet, on laisse le cristallin dans sa botte de laiton et l'on enlève seulement la partie d'humeur vitrée qui recouvre sa face supérieure; on place ensuite la fente formée par les tranchants de S'Gra- Tesand devant le prisme /*, légèrement de côté par rapport à la ligne de visée de rophthalmomètre, et Ton mesure la grandeur de son image réfléchie ; ou bien on laisse !*écran de laiton avec les tranchants sur la platine du microscope, et l'on mesure l'image dioptrique qui s*en forme alors. Nous avons indiqué plus haut comment on emploie pour le calcul la mesure de l'image réfléchie. Pour ia mesure dioptrique, laissons à 6,, (S, et /* leur signification; soient p, la grandeur de limage, après qu'on a enlevé l'humeur vitrée de la face supérieure du cristallin, et ij la distance entre le point nodal supérieur et la face supérieure. (Cette distance se rapporte toujours au cas où le cristallin est placé dans de l'humeur Titrée.) Enfin soit R le rayon de courbure au sommet de la face supérieure ; sa valeur est donnée par l'équation

J'ai démontré que, de la structure particulière du cristallin, il résulte que sa distance fix:ale est plus courte que s'il possédait en tous ses points la densité et le puavoir réfringent de son noyau. Si l'on voulait donc construire une lentille homogène ayant la même forme, la môme grandeur et la même distance focale que k cristallin, il faudrait lui donner un pouvoir réfringent encore plus considénble que celui du noyau^ Senff a nommé indice de réfraction total celui d'une Mnblable lentille homc^ne imaginaire, de même forme et de même action que kcrirtaltin. Il ne faut pas confondre cet indice avec l'indice de réfraction moyen, ^i est ia nK>yentte arithmétique des indices de toutes les couches. L'indice total est, au contraire, plus élevé que le plus élevé des indices de la partie la plus dense

du cristallin. Je donne ici un tableau de valeurs que j*ai trouvées pour des cristallins humains; les longueurs sont exprimées en millimètres. La distance focale et les points principaux sont relatifs au cristallin plongé dans de l'humeur vitrée: Les rayons de court)ure ont été déterminés à Taide des images réfléchies.

1^ Longueur focale àb^iàh 47,435

2* Distance du premier point principal à la suriace antérieure. 2,258 2,810

3^ Distance du second point principal à la sur&ce postérieure. 1,546 1,499

à^ Épaisseur du cristallin 4,2 4,314

5® Rayon de courbure au sommet de la surface antérieure. . . 10,162 8,865

6® Rayon de courbure au sonmiet de la surilaice postérieure. . . 5,860 5,889

70 Indice de réfraction toUl 1,4519 1,4414

La forme et la distance focale du cristallin sont-elles les mêmes sur le cadavre que sur Toeil vivant, accommodé pour voir au loin ? Les mensurations que j'ai exécutées sur des yeux vivants m*ont amené à en douter. C'est ainsi que sur trob personnes, j'ai trouvé l'épaisseur du cristallin inférieure, en général, de plus de 7i millimètre aux plus petites valeurs que l'on trouve pour les cristallins morts (1). Ou a vu plus haut (§ 3, p. 22) comment ou trouve la distance de la pupille à la surface antérieure de la cornoe. La face antérieure du cristallin est en contact immédiat avec le bord pupillaire de l'iris; pour déterminer répaisseur du cristallin, il suflBt donc de chercher à obtenir la distance qui sépare h iace postérieure du cristallin et la cornée.

Soient (fig. kU) AA la cornée, B le cristallin. Supposons qu'il pénètre de b lumière dans l'œil suivant la direction Ce, ({u'elle se réfracte en traversant la cornée

et la surface antérieure du cristallin, pais qu'elle se réfléchisse en i\ à la surface postérieure du cristallin. Soit d le point où le rayon réfléchi émerge de la cornée, et soit dD la direction suivant laquelle il arrive à l'œil de l'observateur. Plaçons maintenant l'œil de l'observateur en C*, exactement à la place occupée précédemment par la lumière, et la lumière en />, exactement à la place qu'occupait l'œil de Tobservateur; il y aura un rayon lumineux qui suivra exactement le même chemin, mais en marchant en sens opposé et qui passera par les points DdicC pour aller de la lumière à l'œil de l'observateur, et, dans cette seconde position, ce sera exactement le môme point de la surface postérieure du crislaUin qui renverra la lumière à l'œil de l'observateur. En déterminaut, par des mensurations convenables, la position de la lumière et celle de l'œil de l'observateur, la

Fig 44.

(1) Von Gmfe's Archiv fur Ophthaimoiogie, I, 2, p. 66.

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