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OPTIQUE

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L*appareil oculaire des animaux peut se présenter sous deux formes différentes :

Sous la forme la plus simple^ ToBil sert seulement à distinguer la lumière de l'obscurité. C'est ce qu'on peut supposer pour ce qu'on appelle les points visuels des animaux inférieurs (annélides, vers intestinaux, astéries, holothuries, méduses, infusoires). Un nerf de sensibilité spéciale, dont l'extrémité périphérique est accessible à la lumière à travers des téguments transparents, suffit à cet usage. L'extrémité périphérique du nerf semble, le plus souvent, être entourée par un pigment de différentes couleurs, ce qui la trahit au regard de l'observateur. Cependant nous ne savons encore en aucune façon si tous ces points visuels entourés de pigment, que nous présentent les animaux inférieurs, servent réellement à la perception de la lumière ; d'autre part, de ce fait que des animaux inférieurs sans points visuels se montrent impressionnables à la lumière, nous sommes obligés de conclure qu'il y a aussi, dans des animaux transparents, des nerfs sans pigment, sensibles à la lumière, mais que l'observateur ne peut en aucune façon reconnaître.

Sou$ une forme plus complexe^ l'œil ne sert pas seulement à distinguer la lumière de l'obscurité, mais aussi à percevoir des formes. A cet effet, il faut que la lumière émise par des points lumineux dis-

2 (2) DESCRIPTION ÂNÂTOMIQUE DE L'ŒIL. § i.

tincts soit perçue disUncte, c'est-à-dire au moyen de filets nerveux différents. Chaque filet nerveux ne doit plus, dans ce cas, recevoir de la lumière venant de toutes parts, mais seulement celle provenant d'une parUe limitée de l'espace. A chaque filet nerveux correspond alors un certain champ visuel, et il devient possible de distinguer dans la perception quels sont, parmi ces champs élémentaires, ceux qui contiennent «les corps lumineux et ceux qui n'en contiennent pas. A mesure que chacun de ces champs visuels devient plus petit et que leur nombre total devient plus considérable, il devient possible de distinguer des parties de plus en plus petites des corps environnants, jusqu'à ce que, dans la perfection la plus grande de l'organe, chaque champ visuel élémentaire devienne infiniment petit par rapport au champ total. Pour un semblable organe, nous pouvons énoncer sûnsi les conditions de la vision distincte : La lumière qui est émise par un point éclairant du monde extérieur doit ne tomber que sur un seul point de la masse nerveuse sensible à la lumière (la rétine).

La séparation de la lumière provenant de différents points de l'espace se fait:

Soit SL\x moyen de cloisons opaques disposées en forme d'entonnoir (yeux composés des invertébrés) ;

Soit par réfraction de la lumière sur des surfaces courbes réfringentes (yeux simples des invertébrés et yeux des vertébrés) .

La distinction que nous établissons entre les yeux qui ne perçoivent que la lumière et l'obscurité et ceux qui perçoivent aussi des formes n'est pas tranchée. Déjà dans les animaux les plus inférieurs^ les cloisons pigmentaires des fibres nerveuses sensibles à la lumière ont pour effet de ne laisser arriver à l'extrémité périphérique de la fibre que la lumière qui se trouve du côté de cette extrémité, et l'animal pourvu de semblables points visuels pourra, avec le secours de mou^ vements de son corps, distinguer de quel côté vient la plus grande quantité de lumière, de même que l'homme perçoit par la sensibilité tactile de la peau la direction de la chaleur rayonnante, et qu'un ma* lade dont le cristallin est complètement troublé arrive à reconnaître la position des fenêtres dans une chambre.

Sous ce rapport) les cloisons pigmentaires des points visuels ont évidemment une utilité très-réelle. Lorsque, comme chez les sangsues et les planaires, il y a au devant de la substance nerveuse, un corps transparent de forme sphérique ou conique , les parties différentes de la rétine peuvent déjà recevoir avec des intensités différentes la lumière provenant de différentes directions. Nous rencontrons des perfectionnements de structure progressifs en passant par les yeux

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