O P II TA /, M OMET RIE
raient avoir des courbures tout autres que celles indiquées par l'instrument. Admettons un instant que nous ayons à faire à une cornée conique (hyperbolique) : ce qu'on mesurerait serait le rayon BG du cercle BE (fig. 4o), qui touche la surface de la cornée en B et en E
Fig. 40.
(v. p. 1.3). En général, ce cercle coïncide assez bien avec la partie « optique » de la cornée ; mais, si l'on veut faire des mensurations très exactes, il faut toujours tenir compte de cette source d'erreurs.
Exactitude des mensurations. — Avec un bon éclairage un observateur un peu exercé ne se tromperait pas facilement d'un quart de dioptrie, ce qui correspond à peu près à ~ de millimètre d'erreur pour le rayon. On ne peut donc pas avoir une confiance absolue dans la deuxième décimale de la mesure du rayon. C'est à peu près au même résultat que sont arrivés MM. Donders et Humer en travaillant avec l'ophtalmomètre de v. Helmholtz. — On peut obtenir des résultats encore plus exacts en employant des mires translucides qu'on éclaire par derrière avec des lampes électriques. Dans ces conditions, un observateur habile peut presque garantir l'exactitude à un dixième de dioptrie près.
30. Résultats de la mensuration de la cornée. — Le rayon de la cornée (au sommet) varie entre 7 millimètres et 8mm,5. Il est extrêmement rare de trouver une cornée dont le rayon n'est pas situé entre ces limites, excepté dans les cas de kératocône.
La courbe (fig. 41) montre la répartition des différentes courbures chez un" certain nombre d'hommes (emmétropes) que j'ai examinés en collaboration avec le docteur Bourgeois. La moyenne était de 43, 1 D. = 7mm,8. Il est pourtant à remarquer que ces mensurations mêmes montrent que le rayon est plus grand chez des personnes de haute
taille et crime forte circonférence de la tète (i). Or, les personnes que nous avons mesurées étaient justement de forte taille [cuirassiers). Il peut donc se faire que la moyenne du rayon soit un peu plus petite que celle que je viens d'indiquer. — Ce serait une erreur de croire qu'un rayon correspond à l'emmétropie plutôt qu'un autre. Comme dit M. Javal, un éléphant et une souris peuvent bien être emmétropes tous les deux, malgré que leurs rayons cornéens doivent nécessairement être très différents. — Il semble qu'on puisse exprimer la chose en disant que,
la
7,17 7,33 7,49 7,66 7,81 8,02 8,23 $AVn-»
Fig. 4~i. — Les abscisses indiquent les rayons de courbure de la cornée en millimètres, les ordonnées le nombre pour cent d'emmétropes chez lesquels on rencontre le rayon de courbure en question.
dans l'œil emmétrope, il existe un rapport constant entre le rayon de courbure de la cornée et la longueur de l'axe oculaire, de sorte que la coque oculaire des différents yeux emmétropes serait toujours une reproduction du même type un peu agrandi ou un peu diminué. — L'existence de la myopie et de l'hypermétropie de courbure (cornéenne) n'est pas encore démontrée (2), excepté peut-être pour certains cas d'hypermétropie très forte, qui se rapprochent de la microphtalmie ; niais leur existence est hors de doute.
Si j'excepte les cas d'astigmatisme différent aux deux yeux, il est très rare de trouver une différence tant soit peu notable entre la réfraction cornéenne des deux yeux d'une même personne, même dans les cas d'anisométropie. Parmi les cuirassiers cités ci-dessus, il n'y avait pas
(1) Steiger a depuis trouvé un rapport encore plus évident entre les rayons des cornées et l'écartement des yeux.
(2) Voir pourtant la communication de Suher, au Congrès de la Société française d'ophtalmologie, 1896.
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plus de 2 p. 100 qui présentassent entre les deux yeux une différence dépassant une demi-dioptrie.
Examen de la partie périphérique de la cornée. — Jusqu'à l'époque où Javal et Schioetz ont l'ait de l'ophtalmométrie une méthode clinique, on ne connaissait pas bien la forme de la cornée. L'ophtalmomètre de v. Helmholtz étant trop compliqué pour qu'on pût faire beaucoup de mensurations, on se bornait à mesurer trois points d'un méridien, celui qui correspond à la ligne visuelle et un autre à quelque distance, de chaque côté. Gomme on trouvait les rayons périphériques plus grands que le rayon central et que, par conséquent, la cornée ne pouvait pas être considérée comme une sphère, on calculait la courbe du second degré qui se rapprochait le plus du méridien mesuré (v. fig. 42)- C'est ainsi que s'est répandue l'idée que la forme de la cornée (non astigmate) serait celle d'un ellipsoïde de révolution autour du grand axe, lequel axe serait dirigé en dehors de la ligne visuelle et formerait un angle d'environ 5° (a) avec cette ligne. Cette idée s'écarte beaucoup de la réalité ; la cornée ne ressemble pas à un ellipsoïde. Dès le début, v. Helmholtz avait insisté sur la défectuosité de cette assimilation.
Après la construction des ophtalmomètres modernes il devenait beaucoup plus facile d'étudier cette question. Le second modèle d'ophtalmomètre de Javal et Schioetz est muni d'un très grand disque kératoscopique, divisé de cinq en cinq degrés par des anneaux concentriques. Après avoir fait la mesure ordinaire, pendant laquelle le malade regarde le centre de l'objectif, on répète la mensuration en le faisant regarder 5° à gauche, io° à gauche, etc. ; et, après avoir ainsi mesuré la moitié droite du méridien horizontal, on en mesure la moitié gauche. De même pour le méridien vertical. — Des mensurations de ce genre ont été exécutées à Paris par Sulzer et par Eriksen (fig. 42) ; elles ont confirmé l'assertion à'Aubert et de Matthiesen qui, travaillant avec l'ophtalmomètre de v. Helmholtz, avaient dit qu'on peut partager la cornée en deux parties, l'une centrale, qui est approximativement sphérique et qu'on désigne sous le nom de partie optique, et l'autre périphérique, ou partie basale, qui est fortement aplatie. Eriksen compte comme appartenant à la partie optique la partie dont la réfraction ne diffère pas de plus d'une dioptrie de la réfraction centrale. Son étendue varie un peu dans les différents yeux. Voici, d'après Eriksen, les limites de la partie optique, comparées à celles de la cornée entière.