‹ Optique physiologiqueChapitre 18 sur 57 · O P II TA L M O M É TRIE · texte numérisé non relu

O P II TA L M O M É TRIE

3mm,i6. La profondeur apparente de la chambre antérieure serait donc 3mm,i6, d'où Ton tire la vraie valeur 3mm,73 en mettant dans la formule + T =■*> F> = a3'6*' F, = 3r,6i, /; = -3,i6.

33. Détermination des centres des surfaces internes. — On place A au-dessus de la lunette et on éloigne C avec la marque de fixation aussi loin que possible de la lunette, sans que l'image disparaisse derrière l'iris; après quoi, on déplace B, jusqu'à ce que les images cornéennes de ses deux lampes se trouvent sur la même verticale que l'image eristallinienne de A.

Fig. 53. — Méthode pour déterminer la position du centre d'une surface interne de l'œil. La signification des lettres est la même que dans la figure 5a.

Dans ces conditions, l'axe de la lunette est normal à la surface antérieure apparente du cristallin (i). On trouve l'angle a (fig. 53) en ajoutant (soustrayant) l'angle a à la distance angulaire de G à la lunette. L'angle b est la moitié de la distance de B à la lunette ; on a C2 G, = R, s.'n b et la distance cherchée égale à R. ( i + s?" b | = R, ( " " M" - ) .

1 sin a V sln a I \ sln a I

(i) Si l'on se figure la lampe placée au centre de l'objectif, le rayon qui arrive à l'œil observateur serait réfléchi exactement sur lui-même, ce qui ne peut avoir lieu que s'il rencontre normalement la surface apparente.

OPTIQUE PHYSIOL. r)

Exemple. — Soit, dans le même œil que tout à l'heure, a = 5°, r, la distance de B à la lunette i2°,4 temporal et celle de G à la lunette o,°,o,

nasal. On aura alors pour la distance cherchée 7,98 ^1 + ^0'^ ^ = i8mm,9.8

et le rayon apparent serait i8mra,28 — 3mm,i6 = i5mm,i2. La position du centre réel serait i3mra,78 et le rayon de la surface réelle i3mm,78 — 3,73 = io,nm,o5.

34. Détermination directe des rayons. — Dans la figure 49? ainsi que dans les figures 5o et 5i, le rapport entre les distances séparant les deux images de même espèce est égal au rapport entre les rayons (apparents). On peut en effet considérer la distance séparant les deux lampes comme un objet dont il se forme trois images dans la pupille ; ces images sont proportionnelles aux rayons suivant la formule ^- = , puisque O et l sont les mêmes dans les trois cas.

On peut faire d'assez bonnes mesures des rayons si l'on dispose de deux curseurs pareils à A et de deux autres pareils à B. On place les lampes A de manière à pouvoir bien observer les images produites par la cristalloïde antérieure. Ensuite on déplace les curseurs B, dont les lampes doivent être faibles, jusqu'à ce que les images cornéennes des lampes de chacun se trouvent sur la même droite que l'une des images cristalliniennes de A. On considère la distance qui sépare les curseurs A comme objet pour la cristalloïde antérieure, et celle séparant les curseurs B comme objet pour la cornée. Gomme les images sont pareilles, les rayons doivent être inversement proportionnels aux objets. Connaissant le rayon de la cornée, on peut donc calculer le rayon apparent de la cristalloïde antérieure.

Pour déterminer l'astigmatisme de la surface, il faudrait répéter toutes les mesures dans le méridien vertical.

La cristalloïde postérieure se mesure absolument comme la cristalloïde antérieure. Quanta la surface postérieure de la cornée, son image n'est pas visible au milieu de la pupille. On doit donc se borner à en mesurer les parties périphériques. La détermination directe de la position de la surface, suivant la méthode indiquée dans le paragraphe 3a, n'est pas applicable pour la même raison, mais on peut déterminer la position du centre d'après le paragraphe 33 et la longueur du rayon comme nous venons de l'indiquer, ce qui donne indirectement l'épaisseur de la cornée. Il faut préalablement avoir mesuré le rayon de la surface antérieure de la cornée à l'endroit où l'on fait la mensuration, car en général cet endroit est si périphérique que l'aplatissement de la cornée se fait sentir. La surface postérieure subit du reste vers la périphérie un aplatissement

O PUT AL M OMÉTRJ E

analogue à celui de la surface antérieure, de façon que le rapport entre les rayons des deux surfaces semble à peu près le même partout.

35. Remarques générales. — On peut donc ainsi mesurer sur le vivant toutes les constantes optiques, excepté les indices. Mais il ne faut pas se faire d'illusions sur l'exactitude de ces mensurations ; excepté celles de la surface antérieure de la cornée, elles ne sont pas très exactes. En effet, les images cristalliniennes sont faibles et celles de la cristalloïde antérieure très diffuses, ce qui fait que la mensuration devient moins certaine; il y a aussi d'autres sources d'erreurs, telles que celle faite en assimilant les surfaces à des surfaces sphériques. Il peut arriver aussi que l'œil observé ne fixe pas exactement au moment de l'observation. Lorsqu'on veut déterminer, par exemple, le rayon de la cristalloïde antérieure, on se base sur trois mesures, celle du rayon de la surface antérieure de la cornée, celle de la position de la cristalloïde antérieure et celle de la position de son centre. Les erreurs de ces mesures viennent s'ajouter dans le résultat. Je ne crois donc pas qu'on puisse garantir une exactitude de plus d'un demi-millimètre dans le résultat final. Pour l'optique de l'œil, ce défaut d'exactitude ne présente pas une importance considérable. Il ne faut pas oublier, en effet, que la différence d'indice des milieux que séparent les surfaces internes est très faible, ce qui fait qu'il n'est pas nécessaire de connaître leurs rayons très exactement; une erreur d'un demi-millimètre dans la mesure de la surface antérieure de la cornée correspond à environ 3D., tandis que la même erreur dans la mesure de la cristalloïde antérieure ne correspond qu'à un tiers de dioptrie. — Mais, pour l'épaisseur du cristallin, qui n'est que de 4 millimètres, une erreur d'un demi-millimètre présente une importance énorme. La question, très débattue, de savoir si le cristallin change d'épaisseur pendant l'accommodation pourra difficilement se décider par l'observation des images cristalliniennes, car le prétendu changement (une augmentation de omm,4) ne dépasse pas la limite d'erreur.

L'ophtalmométrie de la cornée a franchi les portes des laboratoires et s'est introduite dans les cliniques, où elle rend tous les jours de grands services. On pourrait donc se demander si la mensuration des surfaces internes ne pourrait pas aussi trouver une application clinique. Il existe en effet souvent, entre l'astigmatisme indiqué par l'ophtalmomètre et l'astigmatisme subjectif, des écarts dont il est très naturel de chercher la cause dans les surfaces internes et qu'on pourrait espérer déceler par ces méthodes. J'ai fait quelques mensurations de cette sorte, mais je ne crois pas qu'elles aient un grand avenir. Elles sont toujours très compliquées : il faudrait, en effet, mesurer le rayon de chaque surface au

moins dans deux méridiens, et, comme chaque rayon exige deux déterminations (de la surlace et du centre), cela ferait déjà douze mesures; il faudrait ensuite calculer les valeurs réelles, en déduire l'astigmatisme de chaque surface et à la fin combiner ces astigmatismes avec celui de la surface antérieure de la cornée. C'est déjà assez compliqué et cela le devient plus encore si, comme il est probable, les méridiens des surfaces internes ne coïncident ni entre eux ni avec ceux de la surface antérieure de la cornée. — Il est vrai qu'il serait possible de simplifier les méthodes pour l'application pratique et de remplacer les calculs par des approximations, mais je ne pense pas que le résultat en vaille la peine, d'autant plus qu'il est probable que souvent on ne trouverait pas ce qu'on cherche, l'explication des écarts entre l'ophtalmométrie et l'astigmatisme subjectif, car ces écarts sont probablement souvent dus à ce que les parties périphériques de la cornée ont un astigmatisme autre que celui des parties centrales qu'on mesure avec l'ophtalmomètre.

Bibliographie. — Aubert (H.). Pflûger's Archiv. Bd. 35, p. 597, 1 885. — Javal (E.). Mémoires d'ophtalmomctric. Paris, 1890. — Sulzer (D.). La forme de la cornée humaine et son influence sur la vision. Arc/i. d'opht., 1891. — Eriksen. Hornhindemaalinger (Danois). Aarhus, 189'j. — Tscherning (M.). Bcitraege zur Dioptrik des Auges (Zcitschrift fur Psychologie und Physiologie der Sinnesorgane , III, p. 429)-

Page 1