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fait tératologique , jusqu'au moment où j'ai démontré sa généralité (Voy. Bullet. de la Sociét. bot. de France, 1. n, p.499 cet suiv.) (4). Or, au point où se fait la partition, il n’y a, soit aux tiges, soit aux racines, ni feuille ni bourgeon normal , et conséquemment point de nœud vital. Aussi peut-on considérer les pivots et leurs divisions comme appartenant au groupe des organes axiles.
En est-il ainsi des radicelles , organes créés de loutes pièces à la surface soit du pivot, soit de ses divisions ? J'ai depuis longtemps énoncé qu'on ne saurait les rapporter n1 aux organes axiles, ni aux organes appendiculaires ( £bauche de la Rhizotaxie , p. 68); mais peut-être, à moins de les considérer comme des organes indépendants, est-il permis de les ranger dans le groupe des intermédiaires ou mixtes. On sait, en effet, qu'il est de vrais aiguillons (ceux du Victoria regia Lindley , par exemple ), pourvus, comme les radicelles, de vaisseaux (Planchon). Il n’y a pour les radicelles ni cous- sinet, ni nœud vital; mais seulement (dans les dicotylédones) autant de lignes de végétation sur le pivot que le comporte Ja symétrie de la plante (2). Au système inférieur appartiennent donc des organes axiles, des organes intermédiaires ou mixtes sans appendiculaires. Si l'existence des appendices implique celle des axes, la réciproque ne saurait être admise (3). Turpin attribuait à tort, je pense, des
(1) M. Stenzel me paraît être dans l'erreur en soutenant que la dichotomie n’existe pas dans les phanérogames. ( Voy. Flora, du 21 mars 1859).
(2) La symétrie des radicelles chez les dicotylés est un fait établi. Dès 1848, je signalais le type tétrastique ( 4 rangs de radicelles } comme très-fréquent dans la famille des Euphorbiacées ( loc. cit. , p. 49). Pourquoi M. Baillon, dans ses Recherches sur l’organisation de ce groupe ( Paris, 1858 , 241 p. in-4°), s'est-il borné à mentionner cet ordre des fibrilles chez le Ricin (p.211) et n’a-t-il pas voulu vérifier si la même disposition ne se retrouve pas aussi dans les autres genres dont il a pu voir les racines ?
(3) J'ignore s’il est de véritables tiges ( dût-on y comprendre celles des Balanophorées) , entièrement dépourvues d’appendices , en restreignant même ce mot aux organes de végétation. Mais ceux-ci manquent complétement à quelques jeunes végétaux encore réduits au collet. C’est ainsi que l’embryon ovoïde et sans distinction de parties du ZLecythis, figuré par Du
nœuds aux racines (1). Celles-ci sont dépourvues à la fois de nœuds et de coussinets. On devra leur accorder, à l'état complet, cinq sortes d'organes : pivot, branches ou divisions de partition, radicelles ou organes intermédiaires, piléorhize, suçoirs ou poils absorbants (2). Il y aura cette différence essentielle entre les branches de la racine et les fibrilles, que les premières sont un prolongement des faisceaux fibro-vasculaires du pivot, appartenant comme lui, théoriquement du moins, à une première génération, tandis que les radicelles sont des organes nouveaux, toujours au moins de seconde génération.
Les anciens avaient signalé de nombreuses analogies entre la tige et la racine; les physiologistes du commencement de ce siècle les ont encore poussées plus loin. Interprétant à un point de vue erroné les phénomènes qui ont lieu dans le renversement des parties d’un arbre ou d’un arbuste, ils en ontsouvent conclu que les racines pouvaient se changer en branches, se couvrir de feuilles , de fleurs et de fruits; et les branches prendre la place des racines; que « les tiges et les rameaux d’un végétal sont pour lui des racines aériennes , dont le chevelu est transformé en feuillage , par suite de l'impression du milieu environnant, et que les racines du même végétal sont véritablement ses tiges et ses rameaux souterrains dont le feuillage, par l'influence d’une autre sorte de milieu environnant, est changé en chevelu. » ( Poiret in Encycl. méth., t. v, pp. 419-413 ).
Je ne chercherais pas même à discuter ces assertions dénuées de tout fondement , si des idées analogues n'avaient été repro-
Petit-Thouars ( Essais sur la végét., 3e Essai), et considéré à tort par lui comme entièrement formé par un cotylédon , représente le collet.
(1) Et cependant cet auteur admet que les axes du système inférieur restent dépourvus d'organes appendiculaires. Le chevelu que l’on à , mal à propos , comparé à des feuilles étiolées, n’est à ses yeux que la partie la plus terminale des axes radiculaires et le produit des embryons fixes ou bourgeons des racines. ( Jcon., p. 38 et 41.)
(2) Voir sur ces derniers organes le travail de M. Gasparrini, Ricerche sulla natura dei succiatori, etc. , Naples, in-4°; et celui de Henfrey in Annal. and Mag. of nat. hist., 3° série , L. IV, pp. 184-169.
duites, à une époque plus rapprochée de nous, par des savants allemands, voués au culte de la philosophie de la nature. «La racine , dit Valentin, est une métamorphose de la tige à laquelle les circonstances extérieures ambiantes impriment une forme caractéristique.» (in Burdach, Traité de physiol., trad. franc. t. 11, p. 26). Oken n'est pas moins explicite, déclarant « que la racine est la tige dans l’eau et dans la terre ; la tige, la racine dans l'air et à la lumière( Lehrbuch der Naturphilosophie, p. 176). » L'établissement de principes généraux est à coup sûr le but auquel doit viser toute science. Mais, on ne saurait trop le répéter, ces principes ne valent qu'à la condition de soutenir le contrôle des nouveaux faits journetlement acquis par l'observation. Tel n’est pas le cas des assertions émises au sujet de l'identité des racines et des tiges, car entre ces deux sortes d'organes tout est différences : mode de formation et de développement, nature des productions, anatomie, ramification , symétrie. Je ne suivrai pas ici ce parallèle; mais il n’était peut-être pas inutile, dans l'intérêt de la vérité, de relever quelques erreurs qui se sont glissées sur ce point dans des ouvrages justement estimés, et même dans des Traités élémentaires modernes. ”
SIL. Du coussinet.—Si, dans la très-grande majorité des cas, le coussinet paraît avoir peu d'importance, en tant que partie distincte du végétal, il en est autrement chez quelques plantes. On a déjà reconnu qu’il donnait naissance aux aiguillons des groseilliers (1) et parfois aussi à ceux de vrais acacias (2).
(1) C’est l'opinion d’Adr. de Jussieu ( Cours élém., p. 144); de MM. Le Maout ( Atlas de Bot., p. 19), et Decaisne (Fig. de l’Alman. du Bon Jard., 19e édit., pl. xvi, f. 2); tandis que Mirbel voyait dans ces épines des stipules ( Élém. de physiol., t. 1, p. 176), et Poiteau la première feuille d’un nœud avec ses deux stipules ou l’une d’elles ( Cours d'hort. , t. 1, p. 264). Turpin appelait ces piquants des parties proéminentes et dépendantes des nœuds vitaux (Icon., p. 84). C'était approcher de la vérité sans la voir encore, car ces piquants ne naissent pas des nœuds vitaux, mais au-dessous d’eux#
(2) De Candolle ( loc. cit., p. 335), et M. Decaisne ( loc. cit.), considèrent en effet les épines placées au-dessus des stipules spinescentes chez
(9) Mais c'est principalement dans les Cactées que l'examen de ces organes m'a semblé digne d'intérêt.
Des opinions contradictoires ont été émises sur la signification des tubercules des Cactées. De Candolle avait cru pouvoir conclure de ses études sur cette famille, «que les mamelons des Mamallaria sont leurs véritables feuilles ,» se fondant sur ce fait spécieux que les fleurs dans ce genre naissent à l’aisselle des ces mamelons (Revue des Cactées, p. 11). Tel paraît être aussi l'avis de M. Treviranus (Physwl. der Gevaechse, t. 11, p.135). Au contraire, Endlicher (Genera plant., n° 5154), et M. Le Maout (Atlas de bot. , p. 157), ont vu dans ces tubercules des rameaux avorlés (ramis abortivis). Turpin a combattu le sentiment de De Candolle dans un Mémoire dont je ne connais qu’un passage rapporté dans la Monographie des Cactées de M. Labouret (pp. x1v et 15). Enfin, ce dernier botaniste , revenant à l'interprétation de De Candolle, mais sans produire , ce me semble, des arguments probants en sa faveur , a écrit: « Nous regardons les mamelons des Mamillaires et les tubercules qui forment les côtes des Echinocactes comme des feuilles (/bid.)» Les auteurs modernes, Ach. Richard ( Précis de bot., 2° part., p. 223), Lindley (The veget. Kingd., 3° édit., p. 746), J.-G. Agardh ( Theor. syst. plant., p. 355), sont muets sur la signification de ces organes.
On peut objecter à l'opinion de De Candolle, que toutes les feuilles ( reconnues pour telles ) des Cactées sont caduques , qu'elles soient à peine développées, comme dans les Opuntia, ou composées d’un pétiole et d’un limbe assez large, comme le montrent les Pereskia. Au contraire, les tubercules des Mamillaires sont aussi persistants que la partie de la tige qui les porte.
L'observation m'a prouvé qu'il fallait voir dans ces mamelons autant de coussinets ou de protubérances de la tige, sen-
certaines espèces d’Acacia ( A. cornigera W.) comme des développements du coussinet, opinion repoussée par Link (/oc.cit., p. 478), mais sans raison plausible , à mon avis.
(10) ; timent qui, comme le premier , se concilie très-bien avec l'idée des fleurs axillaires : les faits sont nombreux à l'appui de cette interprétation.
Dans les rameaux des Opuntia cylindriques, et en particude l'O. rosea DC. (voir De Candolle Revue des Cactées, pl.xv), chaque feuille est supportée par un mamelon qui ne saurait être évidemment qu'une légère élévation de la tige et dans laquelle il est impossible de ne pas reconnaitre le coussinet, comme l'avait déjà présumé le savant de Genève (loc. cit., p. 65.) (1).
Le Jardin des Plantes de Toulouse possède un Cereus à. longues tiges quadrangulaires , offrant sur les côtes des mamelons récurvés : un faisceau d’aiguillons naît dans l'angle obtus formé par chacun de ces tubercules avec l'axe. On ne saurait douter par la comparaison de ce Cereus avec d'autres ‘espèces du même genre, avec les Pereskia et les Opuntia , que la place de la feuille avortée ne soit au sein de ce faisceau ; et dès lors les tubercules ne peuvent plus représenter que des expansions hypophylles de la tige, c'est-à-dire des coussinets. Le Cereus peruvianus monstruosus DC. ( loc. cit., pl. x1), doit son apparence d'irrégularité et d'hypertrophie au développement excessif et inégal des coussinets , et il semble fournir la preuve la plus évidente que c’est par la confluence des coussinets que sont aussi formées dans les Cierges les côtes garnies de faisceaux d'aiguillons.
(1) Cet auteur s'exprime ainsi au sujet des Nopals cylindriques : « Gette section présente des rameaux cylindriques un peu articulés à leur base , re vêtus de tubercules oblongs peu saillants , disposés en plusieurs séries spi rales autour de la tige, et dont chacun porte dans sa jeunesse une feuille sédiforme , et à l’aisselle de la feuille un faisceau d’aiguillons. Ces tubercules représentent assez bien l'organe que les botanistes modernes ont nommé pulvinus, ou en français coussinet ( loc. cit.) » De Candolle avait donc entrevu la vérité, pour ce genre seulement, mais il n’était pas allé plus loin. Plus récemment, M. Payer a reconnu que les prétendus sépales extérieurs qui recouvrent l'ovaire de l’Opuntia vulgaris Mill. et auxquels j'ai preposé d'appliquer le nom de sousépales ( subsepala) sont supportés à l’état adlte par un petit renflement dont le développement est postérieur au leur et que ce savant rapporte avec raison au coussinet (loc. cit.)