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XIX. COROLLES DE VÉRONIQUES A CINQ LOBES

Bien que la symétrie florale des Véroniques ait été l’objet de nombreuses recherches , de nombreuses spéculations, elle

M LT n'en est pas moins encore un mystère. Il convient donc de recueillir tous les faits de nature à l'éclaircir. Voici quelques observations que m'ont fournies les Veronica Waldsteiniana Schott et grandis Fisch.

V. Waldsteiniana. — Première fleur à cinq divisions à la corolle, deux d’entre elles occupant la place de la division supérieure. Etamines au nombre de deux ;

Deuxième fleur; corolle à six divisions presque égales , mais avec un des lobes inférieurs un peu bifide;

Deux étamines latérales alternes avec les quatre lobes latéraux.

V. grandis. — Deux fleurs à corolle quinqué-lohée, la lèvre supérieure étant à deux parties ; dans l’une de ces fleurs il y avait deux étamines alternes avec les deux lèvres; dans l'autre une seule alternant avec les deux lobes de la lèvre supérieure.

Une autre fleur montrait une corolle à cinq lobes égaux, un supérieur , deux latéraux et deux inférieurs ; elle avait deux étamines opposées aux lobes latéraux et une demiétamine opposée au lobe supérieur. Le calice était à cinq sépales.

Or, dans les Véroniques, si le calice est le plus habituellement à quatre pièces, il se présente parfois avec cinq; et M. Bentham a établi dans la section Chamædrys de ce genre un paragraphe appelé par lui Pentasepalæ , comprenant les Veronica orientalis , Teucrium , austriaca, multifida et nivea, (in De Candolle, Prodromus , t. x , p. 469).

Ces observations et celles analogues déjà consignées en 1856 par M. Duchartre dans le Bulletin de la Société botanique de France (t. 1, pp. 355-57), s'accordent à faire considérer

la corolle des Véroniques comme pourvue normalement de cinq parties.

nf | put XX. DEUX COROLLES DE PHLOMIS DANS UN MÊME CALICE.

Un pied de l'espèce de Phlomis longtemps confondue avec le P. fruticosa et que j'ai appelée P. polymorpha major (inédit), m'a offert à son verticillastre terminal un calice dont le tube, semblable à celui des autres , mais à cavité plus grande, se terminail par neuf dents normales, à l'exception de l’une d'elles restée très-courte et qui correspondait à une des lignes de soudure des deux calices ; ce tube était parcouru extérieurement par quatorze nervures, huit un peu plus saillantes répondant aux dents, six interposées aux premières; il yen avait encore trois autres peu manifestes au-dessous de la petite dent, mais du côté opposé ; à l’autre ligne d'union des bords du calice , il ne s’en trouvait pas.

Dans l’intérieur du calice étaient deux corolles collatérales et tournant toutes deux la face antérieure vers la petite dent, toutes deux normales de même que le verticille staminal de chacune d’elles. Au fond de la coupe calicinale les deux gynécées se présentaient aussi avec leur conformation habituelle.

On sait que la soudure des fleurs obéit ordinairement à la loi d’affinité de soi pour soi, les parties homologues s’unissant entre elles ; ici cette union n’a porté que sur les calices et tous les autres verticilles n’ont été nullement affectés. C'est surtout à ce point de vue exceplionnel que ce fait doit son intérêt.

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