LE D: D. CLOS
Directeur (1)
Les conditions auxquelles doivent satisfaire les Ecoles de botanique dans les villes d’une certaine importance, au point de vue scientifique, sont d’offrir :
â° Des types de la plupart des familles de plantes, et dans celles-ci des principaux genres, de ceux qui, dans les
(1) La discussion des principes de la classification a été déjà, de ma part, l’objet d’un travail, imprimé dans les Mémoires de l'Académie des Sciences, etc., de Toulouse (7e sér., t. I, p. 125-142), sous ce titre : Coup-d'œil sur les principes qui servent de base aux classifications botaniques modernes.
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familles par enchaînement, peuvent le mieux permettre de suivre les transitions entre les degrés extrêmes d’organisation, et révéler, par leur association, le cachet de l'ensemble ;
2° La réunion du plus grand nombre de représentants de la Flore locale et des montagnes voisines, s'il y en a, afin de donner aux débutants une première intuition de ces formes , et de leur faciliter les moyens de vérifier les déterminations des espèces (1) ;
3° Les plantes curieuses ou remarquables, soit par leur beauté, soit par leur port ou leur couleur, soit par quelque particularité d'organisation, les espèces légendaires ou célèbres dans la doctrine des signatures, les plus utiles à divers titres, et en particulier celles qu'emploie la médecine, à moins qu’elles ne forment une école à part ;
4° Des types’des arbres et arbustes, avec leurs variétés les plus notables, pour que l'amateur puisse être édifié sur leur mérite et les demander en connaissance de.cause ;
5° Ces familles, ces genres, ces espèces groupés d’après les degrés d’affinité en classes, tribus, sous-genres, etc.
Enfin, l’ordre suivi doit être l'expression des derniers progrès acquis et généralement reconnus en fait de classification. Il en’est d’une école de botanique comme d’un ouvrage de science didactique qui veut être remanié de temps à autre, sous peine de devenir insuffisant. Sans doute, la replantation d’une vaste école de botanique, — et celle de Toulouse comprend près de 5,000 espèces, — est une opération laborieuse, mais devant laquelle on ne doit pas reculer, si l’on a la conviction de substituer à un ancien arrangement une disposition meilleure.
Poussé par ces considérations, j'avais, en 1853, replanté l’école de botanique du Jardin des Plantes de Toulouse, et créé dans cet établissement : 1° une école spéciale d'espèces
(4) Il est par cela même utile que les étiquettes des espèces appartenant à la Flore locale portent cette indication.
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médicales, en vue des étudiants en médecine et en pharmacie, en vue aussi des herboristes ; 2° une école de plantes fourragères, industrielles et économiques; 3° une école de plantes maraïichères.
Depuis lors, je m'étais attaché à opérer, chaque année, dans l’école générale de botanique, des transpositions de familles ou de genres, en rapport avec les progrès de la taxinomie. Toutefois, ces permutations étaient devenues insuffiantes, et l’école réclamait un remaniement général. La nécessité de changer le sol épuisé des plates-bandes m'a fourni une occasion toute naturelle de modifier la classification. C'est à partir du mois de novembre 1869 que toutes les plantes ont été arrachées pour être distribuées dans un nouvel ordre.
Des trois grands embranchements du règne végétal, les Acotylédones et les Monocotylédones (celles-ci divisées d’après les vues de M. Ad. Brongniart) ne comportaient presque aucun changement. Seulement commençant, à l'exemple d'Adrien de Jussieu, la série des Monocotylédones par les Naïades, on a cru, comme lui, devoir la terminer par -les Orchidées, précédées des Cannées, bien que les Orchidées fassent exception, par l’absence de périsperme, au grand groupe des Albuminées. On comprend, sans qu'il soit besoin d’y insister, l'impossibilité d'appliquer dans une école de botanique, disposée par plates-bandes, les idées de division des Monocotylés en séries paralléliques, idées émises en 1866 par MM. Gouriet (Dissertation inaugurale) et Contejean (Essai d'une classification des Monocotylédones, in Bullet. Assoc. scient. de France, t. 1, supplém., p. 46-53).
Quant au vaste embranchement des Dicotylédones, les Apétales ouvraient la marche, suivies des Monopétales, celles-ci des Polypétales, et la série se terminait par les Diclines. Sans doute la transition des Apétales aux Monopétales peut se justifier, grâce aux Plantaginées alternati-
vement ballotées de lune à l'autre de ces classes, et une imposante autorité en botanique, M. Alexandre Braun, fait encore suivre les Apétales des Gamopétales dans la nouvelle classification proposée par lui en 4866 (in Flora der Provins Brandenburg , par M. Ascherson); mais la majorité des taxinomistes modernes s'accorde à reconnaitre, d’une part, les liens intimes des Polypétales et des Apétales (celles-ci paraissant n'être, dans bien des cas, que des types dégradés de celle-là), et, d’autre part, la supériorité des Monopétales sur les autres Dicotylédones, supériorité en faveur de laquelle la paléontologie est venue fournir un nouvel argument ; elle nous montre, en effet, les Monopétales ne commençant guère que dans le miocène pour augmenter dans le pliocène, et cette progression s'est maintenue jusqu'à l’époque actuelle où les Monopétales sont aux Polypétales comme 30 : 40 (Voy. Schimper, Traité de Paléontol. végét., p. 86).
Le remaniement du sol des plates-bandes de lécole de botanique impliquait donc le déplacement des Apétales ; mais j'ai dù rechercher en même temps quelle était la meilleure disposition à donner aux Dicotylédones.
Et d'abord, fallait-il, à l'exemple d’un de nos anciens maitres (M. Brongniart), supprimer le groupe des Apétales pour en répartir les éléments dans celui de Polypétales ? S'il n'est pas douteux que certaines familles d'Apétales se relient intimément à telle ou telle famille polypétale, il en est qui semblent avoir leur autonomie (alliances des Urticinées, des Amentacées, et surtout des Conilères et des Cycadées , si, avec les deux Richard, Mirbel, Payer, MM. Baillon et Parlatore, on refuse la gymnospermie à ces deux dernières), du moins la science n’a point encore pertinemment démontré une connexion intime entre elles et telle ou telle famille polypétale. Jinvoquerai l'autorité de M. Schimper, qui écrivait récemment : « Je ne sais pas si, du moment où l'on admet les divisions des Monopétalées
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et des Polypétalées, on fait bien de supprimer celle des Apétalées. (Traité de Paléontologie végétale, p. 8%, note). »
Dans la disposition des Acotylédones et des Monocotylédones, on a choisi l’ordre ascendant ou du simple au composé. Devait-on le suivre aussi pour les Dicotylédones, partant des Apéiales pour arriver, à travers les Polypétales, aux Monopétales ? Cette marche pourrait se justifier assuré ment; mais, d'une part, les exigences de la plantation voulaient que les Amentacées et les Conifères occupassent l'extrémité de l'école opposée à celle des Acotylédones; de l'autre, si les deux grands embranchements phanérogames forment deux séries, dont chacune est à volonté ascendante ou descendante, ce n'est pas aux Dicotylédones inférieures dégradées ou apétales, que ressemblent le plus les Monocotylédones supérieures ou dont la fleur offre l’organisation la plus parfaite. Ces motifs aulorisaient à faire suivre les Monocotylées supérieures des Dicotylées également supérieures.
Mais que faut-il entendre par ces derniers mots ? Je ne rappellerai pas ici les raisons invoquées soit par M. Fries (1836), soit par Adr. de Jussieu (1844), à l'appui de l'opinion que la prééminence appartient aux Monopétales épigynes (et en particulier aux Composées), en tant qu'offrant dans leurs fleurs le dernier degré de métamorphoses, le plus de soudures et le moins de caractères foliaires ; ni les arguments produits par M. Chatin pour donner le pas aux Monopétales hypogynes , l'excès de développement offert par les Synanthérées étant, aux yeux de ce botaniste, un indice de dégradation, en tant que produit par la soudure de parties non homologues, tandis que la cohérence de parties homologues est un signe d’élévation (1). Je partage celte dernière opinion, et c’est pourquoi j'ai dù mettre en tête des Picotylédones les Monopétales hypogynes. On
(1) V. Revue des Sociétés savantes, 2e sér., 1. 4. p. 421,
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s'étonnera peut-être de voir, dans cette classe, les Ebénacées, les Rhodoracées et les Ericinées, qui, avec les Campanulacées, composaient les Monopétales périgynes d'A.-L. de Jussieu (Genera Plantarum, p.155, où les Ebénacées figurent sous le nom de Guiacanæ); mais les trois premières familles ont l'insertion hypogyne, et c'est en effet le caractère que leur assignent MM. Le Maout et Decaisne dans leur récent Traité général de Botanique, p. 222, 236- 237. Il est très vrai que les Styracinées et les Vacciniées, qu'on ne peut éloigner de ces trois groupes naturels, appartiennent à la périgynie; mais on reconnait, d’un commun accord aujourd'hui, qu'aux caractères tirés de l'insertion ne doivent pas être sacrifées les affinités incontestables.
La série des Monopétales, commencée par les Plantaginées, se continue, à travers les Plumbaginées, les Primulacées, les Myrsinées jusqu'aux Asclépiadées, qui, avec les Apocynées, établissent la transition aux Campanulacées, Lobéliacées (Monopétales périgynes); celles-ci passent aux épigynes (Composées, Dipsacées, Valérianées), qui, gràce aux Caprifoliacées, se relient, par l'intermédiaire des Cornacées, aux Polypétales épigynes (1). Puis viennent les Polypétales périgynes, conduisant, par les Caryophyllées, aux Apétales.
Mais, objectera-t-on peut-être, la série des Monopétales hypogynes commence dans cet arrangement justement par quelques-unes de ces familles dont Adr. de Jussieu a formé son groupe de semi-monopélalées , parce que plusieurs de leurs représentants ont, ou les pétales libres, ou la corolle profondément divisée et des étamines parfois plus nom-
(4) Dans la série d’Adrien de Jussieu, adoptée dans l'ouvrage cité de. MM. Le Maout et Decaisne, et terminée par les Composées, les Caprifoliacées sont séparées des Cornacées par toutes les Monopétales, et cependant les liens de ces deux familles sont tels qu'A.-L. de Jussieu n'en faisait qu'une seule.
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breuses que les parties de cette enveloppe florale, ou du moins tendant à le devenir.
Dans l’état actuel de nos connaissances sur les principes qui doivent servir de base à la hiérarchie des êtres végétaux , il serait tout au moins téméraire de décider sans appel que ces semi-monopétalées doivent céder le pas aux eu-monopétalées, qu'un Plumbago, une Primevère de Chine, un Rhododendrum ou une Azalée sont inférieurs, quant au degré de leur développement, à une Verveine, une Sauge, un Bouillon blanc, un Solanum, une Bourrache, un Liseron, une Gentiane, une Pervenche (1).
(1) C'est par les Apocynées que l’auteur du Programme de Botanique, pour la Description scientifique de la France (M. Chatin ?) termine la série ascendante des familles, intercalant les Plantaginées, les Plumbaginées et les Primulacées entre les Ericacées et les Monotropées. Mais il me paraît ressortir des principes développés par M. Chatin lui-même, que les Primulacées, en tant qu'offrant un égal nombre de parties à tous les verticilles floraux, sont supérieures aux Apocynées, dont le gynécée est di-mère. Dans la disposition adoptée au Jardin de Toulouse, les Dicotylédones auraient dû commencer par les Primulacées (suivies des Plumbaginées et des Plantaginées), sans la nécessité de rapprocher des Primulacées les Myrsinées, et de celles-ci le groupe des Diospyroïdées. Je sais bien que quelques botanistes ont dénié une corolle aux Plantaginées (*) et aux Plumbaginées; mais la plupart d’entre eux n'hésitent pas aujourd'hui à les reconnaître pour dipérianthées; je sais que l'on peut objecter encore, à la place accordée à cette dernière famille et aux Primulacées, que l’opposition des étamines aux lobes de la corolle étant une infraction aux lois de la symétrie, semble indiquer un degré d’abaissement. Mais les interprétations touchant l’origine des étamines existantes ont tellement varié, ces organes ayant été considérés tour-à-tour comme provenant d'un dédoublement (A. de Saint-Hilaire), comme représentant dans l’androcée un second verticille alterne avec le verticille normal avorté (Durand, de Caen), qu'il serait peut-être encore téméraire, dans l'état actuel de la science, d’arguer de cette position des étamines en faveur de la supériorité organique ou bien en sens inverse.
(*) Dès le commencement du xvur siècle, Magnol faisait, à propos du genre Plantain, cette remarque : « Raïus po Plantaginem inter flores stamineos ; Tournefort inter pelalodes ; quis illis litem movebit ? (Novus caracter Plantagum, p. 19).»
Une considération importante me semble même les éle= ver au-dessus de ces dernières. Chez celles-ci, en effet, le verticille pistillaire (ordinairement réduit à deux carpelles) et souvent l’androcée sont incomplets (Labiées, Scrophularinées, Bignoniacées, Acanthacées, etc.), tandis que chez les semi-monopétales, à part les Plantaginées, le gynécée a autant de parties que les autres verticilles, d’où ie nom de Monopétales isogynes que leur donne M. Brongniart.
De plus, en exciuant de ce groupe dit des semi-monopé= talées, les Ilicinées (aux fleurs presque polypétales) pour les reporter dans les Polypétales périgynes, au voisinage des Pittosporées, des Célastrinées et des Rhamnées (place que leur assignait A.-L. de Jussieu), on sacrifie, sans doute, les affinités des Ilicinées avec les Oléinées et les Ebénaeées, mais on réduit les semi-monopétales aux familles chez lesquelles la monopétalie domine.
A celte autre objection, que ces semi-monopétales permettent d'établir une louable transition des Monopétales vraies aux Polypétales, par l'intermédiaire des Célastrinées, des Rhamnées, etc., on peut répondre qu'il n’en est ainsi qu’à la condition de commencer la série par les Composées, et que l'avantage résultant de cette marche est compensé par l'inconvénient de séparer, par l’intercalation de presque tout le groupe des Monopétales, les Polypétales épigynes (Cornacées, Araliacées, Ombellifères), des Monopétales épigynes (Dipsacées, Valérianées, Caprifoliacées, Rubiacées), deux classes heureusement rapprochées dans la méthode d’A.-L. de Jussieu.
D'ailleurs tous les taxinomistes reconnaissent aujourd’hui l'impossibilité, dans la série linéaire des familles, de conserver, je ne dis pas toutes, mais leurs principales affinités. On doit en prendre son parti, et ne pas hésiter à sacrifier les unes, si l’on en met d'aussi grandes ou de plus grandes en évidence. Tout en maintenant les divisions tirées de Yinsertion pour les Monopétales et les Polypétales, on n'a
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pas cru devoir s’y asservir d’une manière absolue; et c’est ainsi que les Ampélidées, hypogynes, se trouvent rapprochées des périgynes, en tant que reliant les Araliacées (épigynes) aux Rhamnées (périgynes) ; on eût évité celte anomalie en plaçant les Ampélidées près des Méliacées, mais en sacrifiant les principales affinités des premières.
Je tiens essentiellement à ce qu’on ne se méprenne pas sur la portée de cette note. Ce n’est pas une nouvelle classification qu’on y propose : les alliances, les familles avouées par tous les botanistes y sont religieusement maintenues; on & seulement cherché à montrer qu'en commençant la série par les Monopétales, on n'était pas astreint par des principes taxinomiques universellement reconnus à mettre en téle soit la famille des Composées, soit une de celles qui, comme les Solanées, les Bignoniacées occupent le centre des Monopétales hypogynes.
Il eût été sans doute plus aisé et d’une moindre responsabilité d'adopter soit la classification de de Candolle, si facile, si populaire et suivie dans la plupart des flores françaises, soit celle d'Endlicher, admis dans plusieurs jardins botaniques, soit celle d'Adrien de Jussieu préférée à toute autre par MM. Le Maout et Decaisne (Flore des jardins et des champs et Traité général de Botanique), soit enfin celle de M. Brongniart, d’après laquelle est disposée l'Ecole de Botanique du Muséum d'histoire naturelle de Paris : mais, appelé par mes fonctions à discuter tous les ans en public les principes de la classification, à juger par conséquent les classifications les plus récentes, les plus répandues, je ne devais reconnaître d’autre guide que ce qui me paraissait être la vérité, et voici les motifs de ma préférence. Je n'ai pas adopté la méthode :
1° De de Candolle, parce qu’elle est fondée sur cette considération, acceptée à l’époque de sa publication par la plupart des botanistes, mais combattue depuis, et à bon droit selon moi, que les Polypétales occupent le premier rang, quant au degré de développement ; et parce que,
comme celle d’A.-L. de Jussieu, elle sépare les Polypétales (Thalamiflores) des Apétales (Monochlamydées) ;
2 Ni celle d'Endlicher, dans laquelle les Monopétales sont également interposées entre les Apétales et les Polypétales, rompant ainsi les affinités bien reconnues aujourd’hui de ces deux dernières classes ;
3° Ni celle d’Adrien de Jussieu, parce qu’elle repose sur cette considération, dont M. Chatin me parait avoir eu raison, que les Composées sont les plantes les plus élevées dans la hiérarchie ;
4° Ni celle de M. Ad. Brongniart, qui part du même principe qu’Adrien de Jussieu, et qui, de plus, a cru devoir répartir toutes les Apétales dans le groupe des Polypétales
(dialypétales) (4).
Voici l’ordre adopté, avec l'indication des alliances pour les Dicotylédones. Les grandes divisions établies par Antoine-Laurent de Jussieu dans l'embranchement des Dicotylédones ont pu s'y appliquer au groupement des alliances. On s’étonnera peut-être d’y voir figurer la distinction des périgynes dans les Dicotylédones; mais avec la plupart des auteurs modernes je n’attache à cette séparation qu'une importance très secondaire. Je n’hésiterai pas à modifier cet arrangement, ou même à le transformer de fond en comble le jour où, par suite des progrès de la science, je serai convaincu qu'on peut lui en substituer un meilleur. |
(4) Cette classification, adoptée par M. Arrondeau dans sa Flore toulousaine, par M. Duchartre dans ses Eléments de Botanique, a aussi été récemment appliquée par M. le Dr E. Blanche à la replantation de l'Ecole de Botanique du Jardin des Plantes de Rouen.
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APHYLLES ou AMPHIGÈNES : Algues, Champignons, Lichens. YLÉDONES FEUILLÉES ou ACROGENES : Hépatiques, Mousses, Characées, Lycopodiacées, Marsiléacées, Fougères, Equisétacées.
: SUPEROVARIÉES : Naïadées, Juucaginées, Alismacées, Butomées. APÉRISPERMÉES INFEROVARIÉES : Hydrocharidées. |
SUPEROVARIÉES : Lemnacées, Aroïdes, Typhacées, Graminées, Cypéracées, Palmiers, Pandanées, Commélinées, Joncées, Colchicacées, Pontédériacées, Liliacées, Asparaginées, Aspidistrées.
JCOTYLÉDONES
; PÉRISPERMÉES INFEROVARIÉES : Dioscorées, lridées, Astéliées, Amaryllidées, Hypoxidées,
Hæmodoracées, Musacées, Broméliacées, Tillandsiées, Zingibéracées» Cannées (Orchidées, apérispermées)
HYPOGYNES : Primulinées : Plantaginées, Plumbaginées, Primul cées, Myrsinées; Diospyroïdées : Sapotées, Ebénacées, Oléinées, Jasminées, Styracinées ; Ericoïdées : Pyrolacées, Ericinées, Epacridées ; Sélaginoïdées : Globulariées , Sélaginées, Myoporinées ; Verbéninées : Verbénacées, Labiées ; Personées : Acçanthacées, Sésamées, Pédalinées, Bignoniacées, Cyrtandracées, Gesnériacées, Utricularinées, Orohanchées, Scrophularinées ; Solaninées : Solanées, Cestrinées, Nolanées; Aspérifoliées : Borraginées ; Convolvulinées : Hydrophyllées, Hydroléacées, Polémoniacées, Convolvulacées ; Asclépiadinées : Gentianées, Spigéliacées, Apocynées, Aselépiadées.
MONOPÉTALES
ÉRIGYNES Campanulinées : Stylidiées, Goodéniacées, Lobéliacées, Campanulacées.
Synanthérées .Composées.
ÉPIGYNES Corisanthérées : Aggrégées : Dipsacées, Valérianées ; Rubiales : Caprifoliacées, Rubiacées.
EPIGYNES : Umbellinées : Cornées, Nyssacées, Garryacées, Gunnéracées, Ombellifères, Araliacées, Bruniacées,
PÉRIGYNES : Célastroïdes : (Ampélidées, hypogynes), Rhamnées, Célastrinées, Empétrées, Pittosporées, Ilicinées;, Térébinthinées : Coriarkées, Térébinthacées; Légumineuses; Rosinées : Amygdalées, Rosacées, Pomacées, Calycanthées ; Myrtoïdées : Granatées, Myrtacées, Connaracées, Mélastomacées ; Œnothérinées : Lythrariées, Œnothérées, Haloragées ; Passiflorinées : Cucurbitacées, Datiscées, Bégoniacées, Passiflorées, Loasées, Turnéracées, Ribéciacées; Cactoïdées : Cactées, Ficoïdes ; Sazxifraginées : Crassulacées, Parnassiées, Francoacées, Saxifragées, Philadelphées.
HYPOGYNES : Hespéridinées : Aurantiacées, Méliacées; Æsculinées : Malpighiacées, Acérinées, Staphyléacées, Hippocastanées, Sapindacées, Mélianthées; Polygalinées : Polygalées ; Gnttiférinées : Hypéricinées, Ternstræmiacées ; Malwoïdées : Tiliacées, Stereuliacées, Byttnériacées, Bombacées , Malvacées; Géranioïdées : Géraniacées, Balsaminées, Tropæolées, Limnanthées, Linées, Oxalidées, Nitrariées, Zygophyllées, Rutacées, Diosmées, Zanthoxylées ; Berbérinées : Ménispermées, Lardizabalées, Berbéridées ; Magnolinées : Schizandrées, Magnoliacées, Anonacées ; Renonculinées : Renonculacées, Dilléniacées ; Nymphéinées : Nélumbontes, Nymphéacées;, Papavérinées : Sarracéniées ,
. Papavéracées, Fumariaeées; Cruciférinées : Crucifères , Capparidées, Résédacées ; Violinées : Cislinées, Flaeourtianées, Violariées;, Caryophyllinées : Caryophyllées, Paronyehiées, Portulacées, Elatinées, Frankéniacées, Tamariscinées.
POLYPÉTALES
HYPOGYNES : Amarantacées, Basellées, Phytolaccées, Chénopodées, Nyctaginées, Pelygonées.
PÉRIGYNES : Daphnoïdées : Laurinées, Thymélées; Protéinées : Elæagnées, P:otéacées ; Santalinées : Loranthacées, Santalacées ; Pipérinées : Saururées, Pipéracées.
EPIGYNES : Asarinées : Aristolochiées.
APETALES
DICLINES : Aquatiques : Cératophyllées ; Crotoninées : Buxées, Euphorbiacées ; Urticinées : Urticées, Celtidées, Ulmacées ; Plataninées : Hamaélidées, Balsamifluées , Platanées; Amentacées : Salicinées, Juglandées, Cupulifères, Bétulacées, Myricées, Casuarinées; Gnélacées, Cycadéesr Conifères.
La disposition des tribus et des genres dans chaque grande famille n’a été adoptée qu'après une comparaison de ces groupes dans les meilleurs ouvrages des taxinomistes modernes (1).
J'ai toujours pensé que sil convient d'exposer dans le baut enseignement la classification avec les divers degrés de perfection qu'elle emprunte aux recherches moderres,
(4) Deux grandes familles, les Ombellifères et les Crucifères, ont donné lieu, quant à la distribution de leurs genres en groupes naturels et à la disposition de ces groupes, à de nombreuses discussions.
OmsEeLuirèrEes. — MM. Bentham et D. Hooker ont déclaré artificielle la division d’après la graine; mais leur classification est-elle bien plus naturelle? Que le groupe des Cælospermées, déjà supprimé par MM Brongniart, Decaisne et Le Maout, mérite en effet cette exclusion, que le Lagoecia soit retiré des Smrynées pour clore la tribu des Saniculées, on n’y contredira pas; mais je ne vois pas pourquoi les deux phytographes anglais intercalent les Scandicinées, à titre de sous-tribu, dans les Amminées. Le port, l'inflorescence me semblent assigner à celles-ci une place près et à la suite des Caucalinées, rapprochement qui permet de conserver intacte la tribu des Campylospermées. L'ordre adopté est donc : d'abord la division d’après les ombelles imparfaites et parfaites, les Echinophorées dans celles-ci servant de transition entre les Saniculées et les Amminées; reliées elles-mêmes aux Sésélinées, auxquelles succèdent les Peucédanées ; à celles-ci les Thapsiées, suivies des Coriandrées et des Daucinées, qui établissent une transition naturelle aux Campylospermées, si, à l'exemple de de Candolle, on met en tête de celles-ci les Caucalinées suivies des Scandicinées et des Smyrnées.
Cructrères. — Partant de la division ancienne en Siliqueuses et Siliculeuses, on a commencé la série par les Arabidées ou Cheiranthées, suivies des Sisymbriées, les unes et les autres à cotylédons plans (Pleurorhizées et Nothorizées), conduisant aux Brassicées à cotylédons pliés (Orthoplocées), la grande tribu des Siliqueuses se terminant par les genres anormaux Raphanus, Chorispora, Erucaria, Heliophila. Viennent ensuite les Siliculeuses latiseptées à cotylédons plans (Alyssinées), puis à cotylédons pliés {Calepina), puis à cotylédons enroulés /Bunias). Les angustiseptées se scindent de même en celles dont les cotylédons sont pliés en travers (Succowiées), et celles qui les ont plans (Ibéridées), la série se terminant par celles dont les fruits sont articulés /Senebiera, Cakile, Rapistrum, Crambe, Enarthrocarpus).
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la marche doit être modifiée dans les cours essentiellement élémentaires où l’on ne veut qu’effleurer la science ; et voilà pourquoi je n’ai pas craint le reproche d’inconséquence en suivant deux méthodes différentes, l’une à la Faculté des Sciences, l’autre au Jardin des Plantes. Les leçons de botanique qui se font dans ce dernier établissement sont destinées aux gens du monde ct elles sont en petit nombre (de 14 à 16 chaque année). De toutes les classifications proposées, compatibles avec la conservation des familles naturelles, j'ai cru devoir adopter, comme la plus simple, la plus facile, celle de Marquis, modifiée par A.-F. Pouchet (1).
(4) A.-L. Marquis, commençant la série par les Dicotylédones, suivies des Monocotylédones et des Acotylédones, divise les deux premiers embranchements en Dipérianthées, Monopérianthées et Squamiflores, les Dipérianthées et Monopérianthées étant subdivisées en superovariées et inferovariées : dans le troisième embranchement l'auteur distingue les Acotylédomes en Foliées et Aphylles (Esquisse du règne végétal, p. 44). M. Pouchet suit l’ordre inverse, commençant par les Acotylédones, et ajoutant aux Monocotylédones et aux Polycotylédones (celles-ci répondant aux Dicotylédones de Marquis) une quatrième division appelée des Apérianthées,et qui précède les Squamiflores (Traité élémentaire de Botanique). Les P'andanées dans les Monocotylés, les Pipéracées, les Saururées, les Chloranthacées et les Cératophyllées dans les Dicotylés rentrent dans les Apérianthées. Seulement, comme il est admis aujourd’hui que les Monocotylédones supérieures ont calice et corolle, il a paru convenable de remplacer pour elles (Liliacées, Joncées, Colchicacées, Amaryllidées, lridées, Cannées, Orchidées, etc.) le mot Monopérianthées qui implique une seule enveloppe florale, par celui d’'Homopérianthées destiné à indiquer la ressemblance (éotoç semblable) du calice et de la corolle. J'ajouterai que, si l’on n’a en vue qu’un enseignement tout-à-fait élémentaire, on peut se dispenser de faire figurer dans le tableau de classification les Apérianthées de F. A. Pouchet, classe qui, à part les Cératophyllées, ne renferme que des plantes exotiques.
Extrait du BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE DE TOULOUSE (Tome V.)
Imp. BONNAL et GIBRAC.
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