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XL. PLANTES ENCORE INDÉTERMINÉES

Vaccinium (Buc. 11, v. 18,50, x, v. 39). Grâce à ce vers si fréquemment cité dans les allégories :

Alba ligustra cadunt , vaccinia nigra leguntur ;

le Vaccinium a exercé plus que tout autre nom de plante, peut-être, la sagacité des commentateurs : Pied-d’alouette , Muscari à grappes, Glayeul des moissons, fruits de la ronce, de l'ris germaniqne , des Airelles (Vaccirium) des marais et Myrülle, et d’autres végétaux encore, ont été tour à tour proposés et rejetés. M. du Molin s’est prononcé en faveur de l’Iris germanique (loc. cit., p. 73); mais, après lui, M. Bubani, à la suite d’un examen critique de ces diverses opinions, est resté dans le doute : « Je répondrai franchement, dit-il, que je ne suis satisfait d’aucune des interprétations données, et que je ne saurais en proposer une meilleure (loc. cit. , p. 121)».

Verbena(Buc. vux, v. 65; Georg. 1v, v. 151; Æneid., xn, v. 120) S'agit-il de Rk Verveine officinale, ou plutôt d’une certaine catégorie de plantes employées dans les cérémonies religieuses et même dans les solennités privées ?

Viola : Ce nom a reçu de Virgile l’épithète , tantôt de mollis (Buc. v, v. 58; Æneid. x1, v. 69), tantôt de nigra (Buc. x, v. 39; Georg. 1v, v. 275), tantôt de pallens (Buc. 11, v. AT).

Il est probable que dans plusieurs des premiers passages, le poëte désigne la Violette odorante, et peut-être quelques espèces voisines, bien qu’on eût songé à l’Iris scorpioides de Desfontaines. Quant au Viola pallens (qui se trouve associé dans un même vers avec les Pavots)et aux Violaria des Géorgiques (iv, v. 32), on peut se demander s’il ne conviendrait pas de les rapporter à quelques Crucifères de haute

NS taille, Giroflée jaune, quarantaine, etc. , appelées Violiers, Violettes marines.

Siler (Georg: 11, v. 12): Nerprun, Fusain commun, Saule Osier commun ou Osier jaune , Argousier (Hippophae) , Airelle des marais, Laserpitium Siler | ont été tour à tour proposés, mais sans arguments suffisants.

Arundo {Buc. vi, v. 8, vu, v. 12; Georg. 11, v. 414, : v. 19,1v, v. 478; Ænéid: VIT, v. 04, x, v. 205;

or. V. 62).

s’agit évidemment d’une graminée de rahaË air sions, Sans qu'on puisse arriver à une détermination précise. On s’est adressé successivement à la canne de Provence ( Arundo Donax ), au grand Roseau des marais (Phragmites communis) , à l'Arundo Plinii , ete., aux Calamagrostis lanceolata et epigeios , toutes plantes que Linné comprenait sous le nom générique d’Arundo.

Amerina (Georg. 1, v. 265) : Saule pourpre et à feuille de* Lavande, Gatuülier (Vitex Agnus-castus), Chalef (Elæagnus angustifolia), ont été rapportés à l’Amerina de Virgile.

Aconitum (Georg. 11, v. 12). Ce nom, employé au pluriel par Virgile, paraît s'appliquer , non pas à une seule espèce, ni même au genre Aconit, mais à une réunion de plantes vénéneuses. ;

Casia : «Nec Casialiquidi corrumpitur usus olivi. ((reorq. m, v. 466).» Cette substance provenait-elle de l'huile de canelle, du Laurus cassia ?

Le nom de Casia se retrouve encore dans plusieurs passages ‘des OEuvres da poëte (Buc. n1,v. 49 ; Georg. 1, v. 215, 1v, v. 50, 182, 504) : Garou (Daphne Gnidium) et Passerine Thymélée (Daphne Cneorum), Genêt d'Espagne et Genêt radié, Rouvet (Osyris alba), Lavande à feuilles étroites et à larges feuilles, telles sont les plantes sur lesquelles s’est fixée tour à tour Vopinion des commentateurs, sans que l'énigme ait été jusqu'ici devinée,

ST ee

Centaurea graveolentia (Georg. 1v, v. 270). Depuis la Grande Centaurée (Centaurea Centaurium) , jusqu’à la peüte (Erythræa Centaurium), sans omettre l’'Immortelle (E/ichrysum Stæchas), VAunée ({nula Helenium), Finule visqueuse et l’Inule à odeur forte, et même la Grande Gentiane, on à tout interrogé sans résultat satisfaisant.

Cerinthe : « Cerinthæ ignobile gramen » (Georg. 1v, v. 65). Encore rien de sûr touchant la plante que le poëte conseille d’unir à la Mélisse pour les abeilles. Ceux qui n’ont pas cru devoir s'arrêter à une espèce du genre Cerinthe de Linné, ont invoqué ou la Sarriette Thymbra, ou le Thym à fleurs en tête, ou la Paquerette, ou le Caillelait jaune. M. du Molin, recherchant pour le Cerinthe une herbe grêle, chétive, effilée, communément dédaignée , à forme de gramen et sentant la cire, s’est décidé pour le Caillelait jaune (loc.cit. 262).

Hyacinthus (Buc. 1, v. 63, vi, v. 53 : Georg. 1V, v. 185; Æneid. x1, v. 69; Cui., v. 400 ; Ciris, v. 95). Faut-il voir dans le suave rubens Hyacinthus le Glaieul commun ou des moissons, et dans les autres Hyacinthus le Lis marlagon ?

On a fait intervenir le Pied-d’alouette, les Iris germanique, féude et Xyphium, le Muscart à toupet, la Scille penchée, le Lis bulbifère, etc., tant à d'intérêt pour les commentateurs cette détermination ! M. du Molin conclat d’une longue discussion « que l’Hyacinthus des anciens, pris en général, c’est-à-dire employé sans épithète, ou bien l’'Hyacin- (he écrite ou notre, où accompagnée d’une autre épithète équivalente, est certainement le Vaccinium nigrum de Virgile et des poëtes postérieurs , et lun et l’autre de ces deux noms l’/ris germanique de Linné. Il en résulte, de plus , que l'Hyacinthus , employé avec une épithète exprimant une aatre couleur que la couleur violelte sombre ou rembrunie, est un ris d’une autre espèce... » (loc. cil.,

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