‹ Opuscules de C.X. GiraultChapitre 3 sur 29 · SUR LES AÏEUX · texte numérisé non relu

SUR LES AÏEUX

DE Jacques-Bénigne fcOSSUËT,

ET SA PATRIE d'oRIGIITE,

X L n'est aucuns détails , quelques minutieux qu'ils paroissent d'abord , qui ne deviennent intéressons , lorsqu'ils se rapportent à des hommes justement célèbres ) leur origine , leur famille , les lieux et les époques de leur naissance et de leur décès , tout à la faveur de leur illustration acquiert de l'importance , et la véné« ration qu'on. porte à leur mémoire,, vient se répandre* pour ainsi dire , sur tout ce qui se rattache à leur personne. Mais combien ces sentimens n'augmentent-il* pas d'intérêt , lorsqu'ils se rapportent à ceux dont le génie a contribué à illustrer non-seulement l'empire f mais la province , mais le sol même que nous habitons.

Jacques-Bénigne Bossuet , disent tous les nécrologes y nacquit à Dijon , sur la paroisse Saint-Jean , le 27 septembre 1627 \ il étoit fils de. Bénigne Bossuet et de Marguerite Moche t.

Ce n'est point à cette capitale glorieuse d'avoir donné naissance à tant d'hommes célèbres que nous prétendrions enlever l'honneur .d'avoir été la patrie de cet Évêque éloquent : mais on lit dans la bibliothèque des auteurs* deJBourgogne par l'abbé Papillon, et par .suite

clans la description abrégée dé l'histoire de la mémt province par l'abbé Courtépée , que la famille Bossuet e%t originaire de Seu/re $ il est vrai que l'abbé Papillon ajoute dans une note 5 quelques généalogies manuscrites prétendent que cette famille tire son origine d'Auàconne ; jx crois cependant qu'elle vient de Seurre*

C'est cette croyance ou ce doute du nécrologue de la Bourgogne que j'entreprends de lever, d'éclaircir et d'expliquer , les titres à la main , et sans rien ôter à la ville de Seurre , j'oserai revendiquer pour celle d'Auxonne l'honneur d'avoir donné la naissance au père du plus zélé défenseur de la foi catholique et du Tacite français*

Plusieurs nécrologues, le P. Niceron, CL El. Dupin r Moreri , D. Chaudon et autres , font descendre Jacques*» Bénigne Bossuet d'une famille noble , ancienne dans la robe, et dans le parlement de Bourgogne ; l'abbé Talbert , dans des notes à la suite de son éloge de ce prélat 9 Va plus loin , et dit que le père de cet évêque ne pouvant entrer au parlement de Dijon , parce qu'il y a voit trop de parens , prit une charge dans celui de Metz , où il fiit doyen , et son beau-frère premier président 5 examinons d'abord le mérite de ces assertions.

Palliot et son continuateur qui , dans le parlement de Bourgogne, Sonnent les noms, surnoms, qualités et armoiries des présidens , chevaliers , conseillers et membres de ce parlement, depuis sa création jusqu'en 1733 9 ne mentionnent d'autres membres de cette cour du non» de Bossuet , que les suivans :

Jacques Bossuet , conseiller-commissaire aux requête* du palais , en 1 597 , maire de Dijon en 1612 , lequal

•ut pour fils Claude Bossuet , son successeur audit offict en 1610 5 et qui fut aussi maire de Dijon en 1649* . Ce Claude Bossuet eut deux fils : Jacques Bossuet p aussi conseiller-commissaire aux requêtes du palais en 1642 > et Etienne Bossuet , reçu conseiller-laïc en 1637 % puis conseiller-clerc au même parlement en i65a. (Palliot, pag. ; 269 1 279 j 3i2 , 320. )

., De ces quatre Bossuets , qui sont les seuls qui aient été membres du parlement de Bourgogne , aucun n'ayant le prénom de Bénigne, que portoit le 'père de l'évêqûe de Meaux 9 il est dope clair que ce n'est point parmi les magistrats de cette cour qu'on doit prétendre trou-' Ter le père du prélat vertueux et savant dont s'honore le beau siècle de Louis XIV.

Il n'est, pas plus vrai qu'on doive le chercher parmi les membres du parlement de Metz , puisque l'abbé Papillon , compatriote ( 1 ) et presque contemporain du grand Bossuet, le désigne comme fils de Bénigne Bossuet , avocat et conseil des états de Bourgogne , seigneur d'Assu ; ' et certes , c'est aux renseignemens donnés sur les lieux y et dans des temps très rapprochés , qu'à défaut de preuves authentiques, on doit accorder le plus de croyance , sur tout , étant avéré que Jacques-Bénigne Bossuet nacqùit à Dijon.

Ce n'est donc pas parmi labranche des Bossuets, ayant donné des conseillers au parlement de Bourgogne , et des maires à la ville de Dijon , qu ? on doit chercher le père ni les aïeux du prélat distingué , dont l'origine nous

(1) L'abbé Papillon est né à Dijon en 1666; Bosiuet mourut le ia avril 1704.

occupe aujourd'hui \ portons dès-lors nos regards ailleurs.

Une autre branche des Bossuets existait en Bourgogne , c'étoit à Seurre : nous ne contestons point à cette ville cT avoir eu pour hs!bitans, dès 1460, et même plus tard, des Bossuets ou Boussuets $ (car ce nom se trouve indifféremment écrit sous ces deux ortographes , mais au fond , c'est le même nom, comme l'observe très bien l'abbé Papillon, au sujet des jetons frappés pour le maire de Dijon, en i6i3 et. 1614 > dont les premiers portent le nom de Boussuet, et les seconds , celui de Bossuet, quoiqu'ils soient du même maire ; les registres d'Auxonne portent aussi la même variation de nom ) : nous voyons un Etienne' Bossuet maire à Seurre en 1 5i3 9 et un François Boussuet , né à Seurre en 1 52o , poëte et médecin , qui s'exerça à mettre en vers latins des préceptes sur l'art de guérir , l'histoire des poissons de Rondelet, et laissa un recueil manuscrit d'épi gramme s et d'élégies 5 nous ne prétendons pas non plus enlever à cette ville la gloire de renfermer dans son enceinte » et de pouvoir montrer encore la maison., berceau antique de cette famille respectable $ mais depuis cette époque , on ne la voit plus figurer dans les annales de cette ville » qu'elle semble avoir entièrement abandonnée, tandis que nous voyons sur la fin du même siècle , des Bossuets venir s'établir à Auxonne. •

Des recherches exactes et suivies , que je viens de faire feuille à feuille , ( 1 ) sur les plus anciens registres

(1) Les plus anciens registres qui se trouvent conservés aux archives de la mairie d'Auxonne ne remontent qu'à l'année 1559. Us étoient , lorsque nous les avons pris , dans un état

de Vê tat civil* déposes aux archives de la ville d' Auxpnnt > m'ont convaincu que les généalogies manuscrites , citées par l'abbé Papillon, doivent remporter sur set conjectures } et qu'elles ont avec raison assigné la ville d'Auxonne pour patrie des ayeux du savant prélat que le pape Ganganelli aimoit à surnommer la lampe or* dente de l'église gallicane.

. Sur ces registres , on trouve plusiers actes de nais* sance <J es Bossuets ou Boussuets , sous les dates suivantes.

. En 1690, celui de Jacquotte Boussuet, qui fut par la suite mariée à noble Pierre Bretin ( 1 ) > conseilleravocat du roi ) au bailliage- d'Auxonne.

, En i5ç4 (18 août), celui de Philiberte Beussuet, qui épousa M. Jacques Jannel, lieutenant-civil au bailliage de Saint-Jean-de-Losne.

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de dépérissement affreux , en lambeaux , sans ordre , à demi* rongés par les rats et tombant de pourriture; 9 a fallu quet- ■ que courage et quelque patience pour les ranger d'abord par ordre de date , feuillet à feuillet , en déchiffrer ce qui en subsfstoit jusqu'à 167a , époque des tables rédigées par l'abbé Mourez , et en composer la table alphabétique ; heureux au moins , par ce travail long et fastidieux, d'avoir arraché aux ravages des temps et à une détérioration plus complctte , pour les conserver et transmettre à nos neveux., ces monumens précieux qui renferment l'histoire de toutes les familles.

(1 ) Pierre Bretin étoit marié en i63o à Jacquotte Bossuét, Il étoit de la famille ; et si nous en devions, croire aux rapprochemens que les âges sembleroient indiquer, neveu de Philibert Bretin , médecin et poëte du xvi. e siècle , né à Auxonne en : i55o , mort en i5$5 , traducteur des aphorisme* «THypocrate et des dialogues de ' Lucien , et auteur de plusieurs pièces de poésies imprimées à Lyon en ify6.

En 1597 | celui de Bénigne Bossuet, decujus.

En 1600 (premier mars ), celui de François Boussuet t qui fut reçu en i63o , conseiller , notaire et secrétaire du roi , maison et couronne de France , seigneur de Villers-les-pots , conseiller du roi en tous ses conseils d'état et privé , président de la Cour des aides de Cahor8 en 1646.

En 1 60 1 (27 septembre)^ celui de Denise Boussuet (1 ).

En J i6o4 (21 avril) , celui de Jeanne Boussuet»

Enfin , en 1606 (21 avril ) , celui de A.nne Boussuet. Tous enfans d'André Bossuet et de Marguerite Margeret.

Nous nous bornerons pour preuves, à transcrire littéralement , seulement les deux plus importans de ces actes :

«c Jacquotte , fille de M. c André Boussuet , suivant <c les finances à Dijon , à présent demeurant à Auxonne, ce et du corps de damoiselle Marguerite Margeret sa <c femme 5 Jacquotte, fille de M. Claude Margeret * grenetier ( 2 ) d* Auxonne et Mirebeau , et de dame

( 1 ) Son parrain fut Chrétien Margeret , maître ordinaire en la chambre des comptes de Dijon , et sa marraine , demoiselle Denise Boussuet, fille a M. Boussuet , conseiller à la cour. Reg. d'état civil , fol. 34 ad ann.

(2) La place de conseiller du roi, grenetier au grenier à sel d' Auxonne étoit un des offices de la jurisdiction des gabelles qui exista en cette ville depuis i563 , de laquelle le ressort s'étendoit depuis Chnussin à Mirebeau , où il y avoit , pour la vente du sel , une chambre ressortissante au grenier à sel d 1 Auxonne. Robert Le Contpasseur fut le premier titulaire de cette charge , à l'époque de sa création ; et mon aïeul maternel la posséda presque jusqu'à sa suppression.

et Jacquotte Surmain ( 1 ), ses père et mère ayeuls de oc l'enfant, sa marraine 5 et le parrain , honorable homme; * ( a ) » Jean Boillaud , bourgeois et échevin audit «c Auxonne : et fut ladite Jacquotte baptisée sur les « Saints-fonts de l'église de Céans , le lundi a8. e jour « de mai i5ço. Signé , Boillaud, Boussuet.

<c Bénigne fils de noble André Bossuet, et de date moiselle Marguerite Margeret, fut baptisé le aa. e de ce juillet , année que dessus (1597)5 son parrain fut « noble Bénigne Soirot , conseiller du roi , et trésorier- « général de l'extraordinaire des guerres 9 en Bourgogne ; « sa marraine , damoiselLe Charlotte Tatrtmrot , femme « de noble Jean Malassis, écuyer , conseiller-avocat et

« « procureur du roi à Auxonne , sieur de Cleiy. »

D'après ces actes , x il doit paroitre démontré jusqu'à Péridence, que si la famille Bossuet habitoit encore Seurre dans les premières*années du xvi e . siècle, sur la fin de ce même siècle en 1590 , il n*y avoit pas longtemps qu'André Bossuet , qui précédemment suivoit les

finances à Dijon , avoit transféré son domicile à Au*

(1 ) Ainsi une Suremain fut la bisaïeule du grand Bossuet. En i6a5 , le même André Boussuet fut parrain d'une fille de Claudine Suremain , femme d'Alexandre de l'Aulle.

(2) Qualification d'usage dans ces tenfps-là pour les notables nabitans , qui désignant l'état et là probité de l'individu, sous le rapport moral, avoit bien son mérite. Pour l'obtenir, il fal- Joit tfne réputation de bonne conduite , et une carrière à Paori du reproche. Les descendans, pour se conserrer en possession de ces distinctions honorables , dévoient continuer de marcher sur les traces de leurs ancêtres x ainsi se propageoit la vertu dans les familles par la seule impulsion donnée par les parens.

xonne , dans la famille ,de son, épouse 5 qu'il y donna naissance à sept enfans , parmi lesquels se trouve un Bénigne Bossuet.

André Bossuet, fixé invariablement à Auxonne , y; succéda à Claude Margeret , son, beau-père , dans l'office de conseiller du roi grenetier au grenier à sel d' Auxonne et Mirebeau, duquel il étoit titulaire dès 1614 J en 1616 v il se trouve le premier en tête d'une liste des notables habitans de la ville d' Auxonne , à convoque^ pour les assemblées extraordinaires y(tît. de mon caè.) ïfi a5 avril 1604 y André Bossuet et son épouse rédigèrent leur testament mutuel, écrit de la main dudit André Bossuet 7 clos et scellé de ses armes ( 1 ) , ,et déposé le 2,5 mai 1 625 , en l'étude de Claude Gotheret 9 notaire à Auxonne*

-I1 ne survécut que quelques années à ses dispositions de dernière volonté. Nous voyons , le îô février i63o, Marguerite Margeret , veuve de noble. André Bossuet ^ conseiller 041 roi , grenetier au grenier à sel d' Auxonne et Mirebeau, se présenter, accompagnée de ses enfans(2),

(1) Les armoiries des Bossùets étoient d'azur à trois roues d'or, avee la devise , rébus inest velut orbiss très -applicable au grand Bossuet que son mérite plaça et fit paroi tre au-dessus de tous, les autres. v

(2) Si dans cet acte Bénigne Bossuet eût paru , toutes nos difficultés seraient éclaircies; car ce Bénigne Bossuet y auroit été désigné, comme ses frères, avec ses qualités; il faut que les circonstances , une maladie , un voyage de long cours peut* être , aient empêché invinciblement de paroître à rassemblée de famille , celui qu'il importoit le plus , sons le rapport de l'histoire f de voir y figurer.

( il )

par- devant le lieutenant du bailliage d'Auxonne , poué requérir l'ouverture , publication et homologation dudit testament olographe , demandes qui lui furent octroyées par sentence dudit tribunal , du lendemain 26 février (1).

C'est donc avec juste raison que le s généalogies manuscrites citées, assignoient Auxonne pour- le berceau de la famille de l'évêque de Meaux; il eût été bien à désirer que l'abbé Papillon qui les connoissoit , eût poussé plus loin ses recherches à cet égard, au lieu de se contenter d'un doute ; ce savant nécrolbgue 9 presque contemporain de Bossue t, écrivant sur lés lieux , et dans un temps plus rapproché que le nôtre, de celui où florissoit ce moderne Père de l'église , auroit pu se procurer des renseignemens positifs sur le père et les aïeux de ce prélat , et sans doute , il fût parvenu à lever une difficulté qui se présente , et que nous ne prétendons pas dissimuler.

JNous avons prouvé qu'André Bossuet étoit citoyen cTAuxonne; qu'il fut père en i5yj d'un Bénigne Bossuet; il est prouvé ailleurs, que Jacques -Bénigne (l'évêque) étoit fils d'un Bénigne Bossuet, et de Marguerite Mochet : mais, est-ce le Bénigne, fils d'An* dré , qui fut l'époux de la demoiselle Moohet ?

Nous avons senti l'objection; pour la résoudre, il

(1) Nous possédons copie de cette sentence, en écriture dû temps , elle nous provient des manuscrits du R. P. Joseph* Marie Dunand , qui fut long-temps gardien du couvent des capucins d'Auxonne , et dont nous avons racheté partie det notes et matériaux sir l'histoire de cette ville et des environs.

nous restait à justifier de l'extrait de mariage de Marguerite Mochet , dans lequel on liroit sans doute y comme dans tous les autres actes de ce genre , les noms et prénoms des père et mère des époux contractant mais quelque complaisance qu'ait mise M. le Maire actuel de Dijon , notre confrère à plusieurs académies » pour nous faire rechercher cette pièce dans les registres cle Pétat civil de Dijon, il a été impossible de se la procurer, cet acte n'existant pas dans les archives de Pétat civil de Dijon , d'ailleurs en très bon état. D'après ce qui est avancé par Courtépée, tom. a, pag. 36a de sa description de Bourgogne , on devoit cependant présumer que la mère de Pévêque de Meaux demeuroit à Dijon ( 1 ) , puisqu'elle avoit un domaine à Cou te mon où elle alloit passer les vacances : mais M. Chervau , indiqué pour possesseur actuel de ce domaine , et auquel nous avons demandé des renseignemens , ayant eu* la complaisance de compulser ses titres , nous a fait réponse que* le domaine de Couternon , dont il s'agit , avoit été acheté du seigneur de Perrigny 9 le 1 9 avril 1676^ par Màd. e Sàvot,. veuve du conseiller Bossuet, laquelle, par testament du 4 janvier i6c;3 , légua ce domaine à Ms de Monférand. La commune du domicile de cette dame Mochet , nous reste donc toujours in-» connue $ c'est cependant là seulement qu'on pourroit faiçe la recherche d'une preuve qui feroit le complément de toutes les nôtres.

(1) Pierre Mochet étoit lieutenant civil du bailliage de- St. Jean-de-Losne en i636. Le grand Botesuet fut nourri à Aiaerey, et y alloit /dans sa jeunesse; passer les vacances, '

Quoi qu'il en soit , il n'en demeure pas moins constant que Jacques - Bénigne Bossuet ne descendant pas de membres du parlement de Bourgogne , c'est dansr une autre branche de cette famille qu'il faut rechercher, son père et ses ancêtres 5 que vers le milieu du xvi. c siècle on ne voit plus de Bossue ts habiter Seurre 9 et qu'au contraire 9 à la même époque , on voit un membre de cette famille fixer sa résidence à Auxonne, et y donner naissance à sept enfans ; que parmi ces enfans il s'en trouve un du nom de Bénigne, qui auroit eu trente ans à V époque de la naissance de l'évêque* Ces conséquences rapprochées de l'induction tirée des généalogies manuscrites , vues et citées par l'abbé Papillon , viennent toutes se réunir en faveur de la ville d'Auxonne , et l'on avouera du moins que , jusqu'à es que l'acte désiré soit produit ( ce que cet écrit provoquera peut-être ) r ces considérations militent puissamment pour faire regarder cette ville comme la patrie d'origine du plus illustre des prélats français ( 1 ).

Lorsque sept villes de la Grèce se disputèrent l'honneur d'avoir donné naissance au prince des poètes.» deux villes de l'ancienne Bourgogne peuvent bien se partager la gloire d'avoir été la patrie des ancêtres du jprince des orateurs chrétiens.

' (1) Ge prélat n'est point le seul éréque illustre dont Auxonûe ait à s'honorer d'être la patrie d'origine : le pieux et «tarant évêque de BeUer , et son cousin germain ^Ifijéque de Séez , étoient aussi originaires d'Auxonne.

- Nicolas Camus , écuyer , seigneur de Maxilly , maire d'Auxonne sur la fin du xr.« siècle, eut entr'autres enfeas :

Perrenot Camus , écuyer, seigneur de Maxilly,maire d'Auxonneen 1527, et dont le nom figure pour la seconde fois en i546 9 dans le tableau chronologiaue des maires de ladite ville.

' Antoine i Jean et Claude Camus , écuyers, membres de la même famille, comptaient encore parmi les notables habita n 8 d'Auxoune dans les dernières annéçs du xyi. e siècle.

Jean Camus , baron de Bagnols 9 seigneur de Chatillon , époux d'Antoinette de Pontcarré , desquels sont issus:

Jean Camus , seigneur de St.

Bonnet , > intendant des finances , mort en 1604 9 époux de Marie Bouguier, père et mère de Vèvêque de Bel ley.

Geoffroy Camus , de Pontcarré, reçu maître desremiêtes en i57^ , chargé par Henri 1 1 1 de plusieurs négocia* tions importantes , époux de la nièce du prés, de Thou %

Ï»ère et mère de 'évéque de Séez;

Jean-Pierre Camus > né à Paris en i582 , nommé dès 1608 à l'évêché de Belley, fut sacré , dans sa cathédrale même ,1e 3o août 1609 par St. François de Sales dont il étoit le plu* intime ami. Il se démit de ce siège en 1629, pour se livre* pluS entièrement à l'étude , et se retira dans son abbaye d'Aulnay ; puis ensuite , dans la vue de travailler plus saintement encore à son salut , il vint se confiner à l'hôpital des incurables à Paris , où il termina ses jours le 26* avril i65z.

Cet évéque est sur-tout connu par ses perpétuelles déclamations contre l'inutile oisiveté des moines de son temps , par sa vie retirée , pieuse et exemplaire , par un nombre prodigieux d'écrits de controverse , de morale , et même de romans pieux , ouvrages dont le P. Niceron donne rémunération détaillée , au nombre de 186 , et par ses bons mots conservés dans le Menagiana et autres recueils de ce genre , parmi lesquels nous ne citerons que sa réponse^ au cardinal de Richelieu , parce qu'elle a le mérite de peindre d'un seul trait à la foia les vues et le caractère de deux grands hommes.

Le cardinal représentant à cet évêque sa trop grande passion contre le clergé régulier , lui disoit : a je ne trouve aucun, a antre défaut en vous que cet acharnement que vous ave» ««contre les moines, sans cela je vous canoniserai*.. Plût à * Dieu , monseigneur , répartit aussi- tôt l'évêque , que cela, •t pût arriver : nous aurions l'un et l'autre ce que nous souhain tons, roi» seriei pape, et je serons saint, a»

( iS )

Jacqvbs Camtt8 , nommé éréque de Sées en 16*14 > fat successivement le secrétaire des commandemens des trois princesses ( la reine d'Espagne , la reine d'Angleterre et la du* ehesse de Saroié ) , filles de Henri IV ; fut député aux état* généraux tenus à Paris en 1614 9 et mourut en i65o.

Cette branche de la famille Camus fut illustrée par des places éminentes , et contracta les plus belles alliances : les maisons de Thou, de Marillac , de tarochefoucault j ne craignirent pas de s'unir à elle. On peut sur sa généalogie , et autres détails , consulter la chronologie de la maison de France du P. Anselme , le dictionnaire de Moreri , les hommes illustre* an P. tf iceron , etc. etc.

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