partie principale a l'air d'un R retourne , ou
QUELQUE CHOSE HE SEMBLABLE , Surmonté H 9 UNE
espèce he couronne, qui n'est sans doute que le signe de l'abréviation ', et successivement l'JE ancien ** et l'X.
D'après ces hésitations de M..B, qui avoit cependant sous les yeux la médaille originale , nous qui n'avions que la petite gravure dans laquelle , il avoue lett. p. 36, lig. 3 , qu'il étoit presque impossible que tous les détails fussent rendus avec une parfaite exactitude, nous avons cru pouvoir douter aussi , si l'on, ne
* Si nous ne nous servons pas de la même voie aujourd'hui p c'est qu'il est déclaré formellement , vol. de janv. 1&10 infine, qu'il ne sera rien admis dans le magasin de ce qui a rapport aux querelles littéraires.
** On peut remarquer , même avec la loupe , sur la gravure , que l'E du mot à droite du personnage , ne ressemble pas du tout au signe qui précède l'X dans les lettres verticales ; cependant ces deux lettres sont aussi anciennes l'une que l'autre.
(3) devroit pas lire sur la médaille de M. Baudot, comme M. Leblanc avoit lu sur la sienne le mot dux ; et ce , avec d'autant plus de raison , que , sur la petite gravure l'X seul est lettre indubitable , ( dans les autres signes on peut voir à peu près tout ce que Ton veut) et nous avons cru pouvoir attribuer à la république de Florence (par rapport au Saint Jean) ce que M. Leblanc avoit appliqué à la république de Venise ( par rapport au Saint Marc ) ; l'analogie nous paroissoit concluante.
Sentant bien que s'il ne rétablissoit , plus affirma* tivement qu'il ne l'avoit fait d'abord , le mot rex » crouloit le système qu'il s'étoit complu à établir , M. Baudot , qui d'abord avoit dit ces signes , un monogramme TRÈS DIFFICILE A DÉCHIFFRER ONT
L'AIR D'UN R RETOURNE UNE ESPECE DE COU- RONNE QUELQUE CHOSE DE SEMBLABLE SANS
doute siqne d'abréviation tranche aujourd'hui
et affirme positivement, let. p, 36, lig. 16 , qu'on lit au milieu verticalement le mot rejc , avec un signe au dessus de l'R , qui n'est pas mal figuré dans la gravure *. Comme la médaille n'a pas dû changer, c'est donc M. Baudot qui a la vue meilleure en janvier 1810 qu'en septembre 1808 : en ce cas nous l'en félicitons , c'est précisément le contraire de ce qui nous arrive , car à mesure qu'on prend des années , la vue fl'affoiblit.
Il dit que je suppose le mot dux lett. p. Zj , lig. 26 , raison pourquoi je me refuse à croire que sa monnoie soit impériale : mais il me semble que puisque la lettre A est la seule indubitable , j'ai le même droit à supposer les lettres D V , qu'il en a à préférer les lettres R E, sur- tout d'après ses hésitations premières, sur ce qu'il a dit lui-même , en consultant, non la gravure , mais la médaille originale , que ces caractères verticalement écrits étoient très difficiles a déchiffrer,
SONT UN R RETOURNÉ } UNE ESPÈCE DE COURONNE , QUELQUE CHOSE DE SEMBLABLE , UN SIGNE d'aBRE-
* J'aurois donc eu raison de ■présumer qu'il a mal lu les légendes en septembre 1808. ,
yiATioN. Certes , ai M. B. se fat exprimé dans set observations premières comme dans sa dernière lettre y nous l'en eussions cru sur parole , lui qui avoit sous les yeux la médaille , et c'est le graveur que nous eussions présumé en défaut.
Nous renouvelons donc la discussion de Pellerin et d'EcKHEL. Sans avoir les ccnnoissances numismatiques, ni le mérite de ce dernier , j'ai joué son rôle ; comme lui j'ai combattu le système d'une pièce donnée pour un besant de l'un des Empereurs Français de C. P. ; mais M. B* n'a pas imité le savant Pellerin, car il ne s'est pas rendu.
Quoique lui-même, M. B. , et d'après l'original de la médaille , n'ait pu se défendre d'un soupçon de fausseté, observ. p. 97 , lig. ai $ bien qu'il avoue plus bas , que la même idée viendra probablement à la plupart des personnes qui apprendront la nouvelle d'une découverte aussi singulière * ; cependant M, B. s'étonne de ce que je me suis refusé à croire sa monnoie impériale , il semble trouver mauvais d'avoir un antagoniste > et de voir qu'en lui contestant deux seules, lettres (RE) j'anéantis un système qu'il avoit établi avec tant d'efforts. t*
II, vient de répondre dans le n;° de janvier 1810 , à ce que j'avais écrit à ce sujet, et il prétend que ma réfutation a servi à renforcer son système : je ne le croyois pas, mais, comme lui, cependant , j'ai pu m' être trompé, le (t. p. 35 , lig. i5 : examinons.
M. Baudot tire pour conclusion de ma lettre d'août f que la pièce qu'il possède est du même temps que celle gravée dans le tr. de Leblanc. Eh ! personne n'en a jamais douté : moi-même j'ai mis en titre de ma lettre , par correction du frontispice que l'imprimeur seul avoit composé , que cette monnoie étoit du treizième siècle , mais :
De ce que la médaille de M. Leblanc et celle de M. Baudot , d'après le même genre de gravure , doivent appartenir au même temps, ( ia. e ou i5. e siècle, observ. p. 90 1. 26 j i3. e ou i4>* siècle p lett. p. 36 1. i4> comme
* EBe le seroit en effet.
voudra M. B. ; aveè lui vous ne tommes pas à un siècle près ) , noire , elles ont été sans doute frappées dans le même lieu, Lett. p. 38 1. i5.
De ce que les Vénitiens firent pendant un certain laps de temps maîtres de l'un des faubourgs de C. P. 9 donc , ils ont dû y fabriquer monnoie à leur coin. Lett. p. 33, lig. a5. Ainsi dans quelques siècles on pourra être autorisé à conclure , de ce que Napoléon le Grand a successivement dicté ses lois dans presque toutes les capitales de l'Europe, qu'on frappoit monnoie à son coin à Berlin, Vienne, et Varsovie} Naples f Lisbonne , et Madrid.
De ce que le Christ du revers est assez bien rendu, lett. p. 36, lig. 19, Donc tout ce que je dis sur la forme des lettres , . . . . n'est d'aucune utilité, ne présente aucune induction, ibid. lig. 27 ;ainsi, dès que la figure d'un portrait sera ressemblante, tout ce qu'on pour roi t dire sur la draperie ou sur la légende , porteroit à faux.
De ce que cette pièce est du xiu. c siècle, et nous l'avouons, et à peu près dans le genre de celles des Empereurs Grecs, observ. p. 94, lig* 8, donc , elle est des Empereurs Français qui ont régné à Byzance.
De ce que cette monnoie porte l'effigie de Saint Jean- Baptiste y donc, le Saint doit être le patron du prince représenté à côté de lui , observ. p. 95, lig. 5.
Et puis c'est moi qui tire des conséquences absolument fausses, lett. p. 4o, lig. J 9 qui me jette dans des conjectures absolument imaginaires, lett. p.
Mais ce n'est pas tout :
De ce que, voyant dans le tr. des mon. de Leblanc, une pièce du même type, (et je le maintiens, le livre à la main , légende à part cependant ) , — j'ai conclu du Saint-Jean pour Florence , ce que M. Leolanc avoit conclu du Saint-Marc en faveur de Venise ; je fabrique une monnoie, lett. p. Zj , lig. 5 } je suis d'une opinion contraire à tous les principes numismatiques , ibid. Kg. 7. Cette conséquence est la digne sœur des précédentes : mais on pourroit d'abord répondre à M. B. que le Podestat de Florence avoit bien tout autant de droit à prendre en latin le titre Dux que le Doge de Venise
qui prenoit Cette qualité sur la pièce de M. Leblanc ,' puisque rigoureusement, le mot L>ux ne veut dire , ni Podestat, ni Doge, ni Statboudér, mais généralement tout homme qui gouverne , qui commande j ducere t conduire , commander.
Mais comment notre adversaire a-t-il pu penser qu* je devois examiner si le Podestat de Florence avoit droit de se faire graver sur les monnoies de cette République ? lett. pag. 38-, lig. a ; il y a cette différence entre la pièce de M. Leblanc et celle que je présume être de Florence , que , sur la première , le nom du Doge se trouvant inscrit, c'est véritablement le Doge P. Ziani qui y est figuré 5 tandis que sur la seconde , n'y ayant aucun nom de porté , c'est moins le podestat , en exercice, qui y est représenté , que le Gouvernement même de Florence caractérisé par un personnage revêtu du costume affecté, en ce temps-là, pour désigner la. souveraineté.
J'ai dit , d'après Leblanc , Thomas Corneille , et autres, que Saint Jean-Baptiste étoit le patron et protecteur de la ville de Florence , comme Saint Marc l'étoit de celle de Venise : en cela, dit M. B. lett. p. Zj , lig. 3 , je me suis jeté dans des conjectures absolument imaginaires démenties par les faits. Certes, *ci > M. Baudot lui-même fait tort à ses connoissances v car je ne le suppose pas de mauvaise foi; il m'auroit rendu plus de justice, s'il eût pensé que je n'avance jamais rien sans garantie. *
M. B. posé en fait, observ. p. 89 , lig. i3 , que/e bouton avoit été doré , puis, ibid. p. 98, lig. 4 , il dit qu ofï ne peut supposer avec quelqu' apparence depro~ habilité que des faussaires eussent fabriqué une pièce , d'une valeur intrinsèque si foible. Mais c'est justement parce que la pièce n'avoit que peu de valeur en
* De l'autre côté ( du florin ) il y a un St. Jean-Baptiste , patron de la pille de Florence. Leblanc , pag. 154. ( A Florence ) on montre une salle dans laquelle une troupe de paysans et paysannes vient danser le jour de la St. Jean-Baptiste , grand patron des Florentins; le Duc a coutume d'assister à cette danse. Corneille, dict. géogr. Nous nous bornerons à ces deux citations.
felle-même, qu'il en revenoit plus de profit aux faux monnoyeurs de la faire passer pour un florin d'or 5 car si les fabricateurs de fausse monnoie mettaient autant de valeur réelle dans la pièce qu'ils composent qu'il y en a dans celle qu'ils imitent, ils n'auroient aucun avantage de se livrer à une spéculation aussi dangereuse* De ce que des Hugues de Vienne) sires de Pagny oit d'Antigny^ ont dû se trouver aux croisades , obs. p. i3 et ig> donc/ ils ont pu 9 dit M. B. y rapporter cette pièce dans leur château de Pagny : mais ne peut-on paa dire aussi qu'elle a été laissée par un voyageur , un
Sauvre pèlerin 9 qui 6e reposant au frais dans Jes fossé» e la maison forte de Pagny', aura laissé après des ronces un des boutons de son habit? que nous importe 9 après tout, le lieu où cette pièce a été trouvée, cela ne prouve rien dans les débats sur son explication.
Dans ma lettre du i. cr août 1809, ) e m 'étois borné à établir l'analogie de la pièce trouvée à Pagny avec celle gravée dans le tr. de Leblanc , et je ne m'étois permis qu'une seule réflexion , en note , contre le système de M. Baudot : je disois qu'il devoit paroi tre bien étonnant qu'on se fut permis de mettre à l'écart sur ses propres monnoies 9 dans son propre empire , dans sa capitale , l'Empereur en titre et régnant , Îiour n'y placer que le prince régent temporaire de 'empire pendant la minorité de son pupille : à cela M. B. dit qu'il se dispense de répondre , sans doute c'est qu'il trouve le raisonnement sans réplique ; il auroit en effet bien de la peine à légitimer une aussi forte usurpation des droits régaliens 9 une telle infraction aux droits inhérens à toute couronne impériale, et qui tiennent à l'essence même de toute souveraineté. Tout l'édifice de M. Baudot est donc échaffaudé sur le seul mot rex ; mais comme il ne peut pas être plus sûr en janvier 1810 9 des lettres de ce monogramme , qu'il ne l'étoit en septembre 1 808 ; comme deux ans de plus n'ont pas fait devenir ces lettres plus lisibles , il s'ensuit que la pièce conserve la même obscurité * 9
* Il me restera cependant toujours l'avantage d'avoir produit en faveur de mon opinion , une pièce du même genre et du même temps , ce que n'a pas fait M. Baudot.
(8) et qu'il faut désespérer de pouvoir jamais obtenir sur cette pièce des renseignemens plus certains 5 c'est pourquoi je pose la plume.
Mais M. Baudot m'ayant engagé d examiner de non* veau , lett. p. 36 , lig. 9 , j'ai dû le faire ; ayant imprimé sa réponse , j'ai dû publier la réplique ; j'ai dû repousser aussi les inculpations dont il a parsemé sa lettre , de quelques apprêts qu'il les ait entourées. Je supplie également mon critique de ne pas plus s'of» fenser de ma franchise , lett. p. 5 , lig. 22 , que je n'ai été sensible à ses expressions peu mesurées. Il vaut donc bien mieux que nous nous occupions désormais des boutons de roses qui vont éclorre dans nos jardins $ si nous y rencontrons aussi quelques épines , nous au* rons au moins une fleur pour nous ta dédommager.
AvxoKHft | 12 février 1810.
A DIJON, DE L'IMPRIMERIE DE FRAHTIft* l8lO*