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NoTiéK historique su* Pierre et Hugues Morel : , jnèrnbres du grand Conseil des Ducs de Bourgnognè, fondateurs de la Familiarité ■ ctAuoconrie , sur la fin du quatorzième siècle; par M. Cl. Xav. Giihult, ancien Maire d' Auxorvie , membre de T Académie Celtique et de plusieurs Sociétés savantes*
.L/àns là chapelle Sainte-M agdeleine de l'église paroissiale Nôtre-Dame d'Auxonne , se voyent deux Tombes posées sur champ et scellées dans le mur , au bas de la fenêtre et en face de l'autel , dont les ornemens gothiques et le cdstume des personnages, piquoient depuis longtemps la curiosité : mais les lignes du dessin peu profondément tracées avoient été remplies d'un badigeon épais, dont le dernier a été fait en 1788, lôrs de la réparation
de l'intérieur de l'église, de sorte qu'oti né pouvoit apercevoir autre chose que des signes <jui indiquoient que ces Tombés étoient gravées, et portoîent une inscription.
M. Masson, ancien pharmacien des armées d'Orient , associé correspondant de l'Académie de Dijon , depuis quelques années établi en celte ville , partagea le désir de connoître ce qu'étoient ces Tombes : il eut la patience de les nettoyer et d'enlever de dessus la pierre, l'épaisse croûte qui la masquoit et remplissoit les creux de la gravure, et il y parvint au mojen d'une très- forte brosse imbibée d'une dissolution de potasse : d'après les moyens dont faisoient usage les savans de l'Institut d'JEgypte, consignés dans le Voyage de M. Miixiii au midi de la France, tome 2 , p. 334 , et dans Y Esprit des Journaux , vol. de novembre, 1806, il tira l'empreinte en plusieurs feuilles; elles offrirent à nos regards la représentation d'un magistrat âgé , qui aie front chauve et ridé, les cheveux courts, t un peu bouclés, les mains jointes , les poignets brodés , vêtu d'une robe de palais dont la so#tanelle est serrée au dessus des hanches par une ceinture étroite, brodée d'un rang de rosaces en bosse; l'extrémité, qui pend jusqu'à moitié des cuisses, semble terminée par un morceau de métal découpé : les pieds sont chaussés de mules très-découvertefc , retenues
au bas de la jambe par une lanière , et ne cachant que les orteils.
Au côté gauche de ce magistrat vénérable, «e voit un enfant vêtu de soutane et surplis, la calotte sur la tête ', les cheveux plats et courts 9 l'aumusse garni de franges sur le bas , entouré d'un ruban portant une légende.
La seconde de ces tombes n'offre que la représentation d'un chanoine en habits de cbœur v 1^ ^ te couverte du camail, Tatimusse au bras, et les mêmes ornemens que la première; elles paroissent sortir toutes deux du ciseau du même ouvrier; tellement que cetje dernière tombe étoit d'attente, ne portant ancune date ni millésime, mais des vides pour les y inscrire, étant réservés.-
M. Antoine aîné, ancien ingénieur des Ponts-et-Chaussées , membre très distingué de plusieurs Académies et Sociétés savantes ; dont le grand âge n'a point affoibli les talens et le zèle pour les sciences et les beauxarts , a bien voulu se charger dé réduire cette empreinte à des proportions convenables, afin de pouvoir conserver le style du dessin de ce siècle et le costume des membres « du grand conseil des ducs de Bourgogne , qui n'avoit pas encore été consigné pdr lvt gravure, bien qu'on ait plusieurs fois donné .celle des costumes militaires de ces temps.
Sur la première de ces tombes , on lit ett caractères gothiques carrés, l'épitaphe soivante :
Cvgist maistre pierre Morel, clerc, licencié en Loix> conseiller et adsvcat de monseigneur le duc et comte de Bourgoigne, qui trépassa le ix.« jour du mois de tuing tan mil cccc. Don Dieu hait Urne. > Amen.
Et sur le ruban qui entoure l'enfant :
Cy gis* Jehan Morel, chanoine de Besançon, fils dudit maistre Pierre.
Sur la seconde , trois lignes gravées au eôté supérieur , ont offert cette épitaphe, en mêmes caractères gothiques et carrés :
Cy gist maistre Hugues Morel, chanoine de Besencêon, trésorier et chanoine de Dijon, lequel a fondé la messe cottidienne à note
, en cette chapelle, qui trépassa là... .jour '. du mois de. *..'•> de Van mil cccc r et
Dans cette épitaphe, Hogues Morei , ayant le titre de chanoine de Besançon, & la qualiBcation de doyen delà saintechapelle de Dijon ne lui étant pas donnée, mais seulement cefle de trésorier et' cha-
(7) noine de ladite Eglise , il s'ensuit que cette tombé fut sculptée précisément en Tannée 1408, postérieurement à sa réception au chapitre de Besançon , mais antérieurement à sa promotion /au doyenné de la sainte chapelle de Dijon , car c'est cette même année 1408 , que Hugues Morel a été revêtu de ces deux dignités ecclésiastiques.
11 s'ensuit aussi qu'avant cette année 1408»
Hugues Morel avoit déjà augmenté les fondations de pierre Morel, et converti en unfe messe de plain-chant , la messe basse fondée par ce dernier.
Il est possible encore que la tombe de Pierre Morel > quoique décédé en 1400 , n'ait été sculptée qu'en 1406, conséquemment que son fils Jehan lui ait survécu, qu'il ne soit mort que vers 1407 , et que Hugues lui ait succédé au chapitre de Besançon.
Gette famille Mord étoit bien certainement d'Àuxonne; Hugues Morel indique en plusieurs endroits cette ville comme sa patrie, et nous voyons un Girard Morel, peut --être et probablement frère de ceux dont nous nous occupons , figurer en 138g, et pour la seconde fois en i3g8, sur le tableau chronologique des maires de cette ville; un Hugues Morel maire en i3gô, ^suivant la dépense du compte de ladite année , et plus tard un autre Hugues Morel, seigneur
de Labergement-les-Auxonne, avoir été sept fois élu maire de ladite ville dans le dix* septième siècle; il pou voit, comme Bénigne Frasaus, à Dijon, arborer la devise in $epti*> mo non licuit reqiriescerei
Les registres de l'état civil d'Auxonne ne rtmo itent pas au delà du milieu du seizième siècle , nous n'avons pu connoître aucun détail, sur la naissance et la postérité des Morel dont ces tombes rappellent le souvenir :
Courtépée qui parle de" Hugues Morel , le^ fait fils de Pierre Morel, maire de Dijon en 1.387 : nous ne pouvons savoir d'où il a tire cette filiation , la GalL Christ, de Robert qu'il cite, ne fait que placer sèchement Pierre Morel au nombre des maires de Dijon en Tan 1*387; ma ^ ^ nous paraît singulier que cet Hugues , désigné par la série des doyens de la sainte- chapelle de Dijon (i)* et dans l'état des officiers de nos Ducs, pour être. d'Auxonne, fut fils d'un maire de Dijon ; le maire Pierre Morel habitoit-il Auxonne avant dlétre élu maire à Dijon , et son fils Hugues seroit-iL né pendant que son père deraeuroit encore à Auxonne? Il faudroit que celaieufc été ainsi , pour accorder l'assertion de:GQwrtépée avec la désignation de patrie i$uin est . donnée partout à Hugues Morel.
; ;.-^|^6*ll, <JferÎ5t. Sj^ma'rtîu tome 1.
(9) D'aufre part , Hugues Morel auroit-il éle si constamment désigné pour Auxonnois, s'il n'eût fait que naître à Auxonne, et s'il eût été, dès sa plus tendre enfance , élevé à Dijon chez un père maire de cette grande ville* qualité qui devoit bien autrement le faire connoître que son titre de natif d'une petite Ville; mais quoiqu'il en soit, il est plus important encore de connoître les personnages qui se sont fait un nom que leurs ayeux et leur descendance, c'est pourquoi nous noua bornerons à ce qui concerne les trois Morel dont les marbres de l'église d' Auxonne nous ont gardé le souvenir.
* Nos derniers ducs de Bourgogne avoienf plusieurs conseillers dans leurs bailliages (2) : ceux qualifiés conseillers - avocats devoieilt s'occuper spécialement des affaires du duo dans les bailliages- pour lesquels ils étoient destinés ; ils prêtoient le serment de conseiller le duc avant tous les autres, de défendre et garder ses droits envers et contre tous.
Nous lisons (3) que Jean de Varanges* conseiller-avocat du duc aux bailliages de Dijon , sièges de Beaune et de Nuits , dès le 26 juillet i386, ayant été nommé bailly de Dijon le 28 décembre i3g4, maître PierrS
(2) Etat des Officiers des Ducs*
(3) Ibid. fol. 68*
Morél, clerc, licencié en lois, lui succéda , en ladite année i3g4 , en la place de conseiller-avocat du duc auxdits bailliage de Dijon , sièges de Beaune et de Nuits, au* gages de So fr. par an.
Les Ducs appeloient dans leur conseil , indistinctement des ecclésiastiques, des nobles et des gens de loi; comme ces places n'étoient ' point vénales, on n'a voit égard qu'au mérite» et le nombre des conseillers n'étoit point lipaité : ce conseil s'assembloit dans Tune des salles de l'hôtel des ducs , lorsqu'ils le présidoient en personne, et en leur absence il se réunissoit dans l'une des salles de la chambre des comptes, sous la présidence du chancelier de Bourgogne : les membres de ce conseil prêtaient serment entre les mains du chancelier, avoient des gages, plus ou moins forts, n'eloieni pas astreints, à résider constamment a Dijon (4), mais étoient tenus de s'y rendre, lorsqu'ils y étoient convoqués. Ainsi Pierre Morel pou voit le plus habituellement résider à Auxonne.
Les places de conseiller - avocat des ducs, étoient des emplois de confiance qui donnoient ordinairement entrée au grand conseil des ducs, comme récompense des services rendus : aussi voyons-nous (5) Pierre Morel siéger
(4) Ibid. fol. 10,
(5) Ibid. fol, 14,