II
au grand conseil du duc Philippe le Hardi , entre Jean de Voranges son prédécesseur , et Jean Mpngin, bailly d'Auxois , dès i3g5, année qui suivit sa réception de conseilleravocat au bailliage principal de Dijon.
Ces dignités dévoient nécessairement faire supposer dans Pierre Morel, une réputation sans tache , une grande habileté dans les affaires d'administration, une parfaite connoissance des lois et un jugement très-sain, joint au talent de pouvoir porter la parole dans toutes les circonstances ; il ajoutoit à ces qualités un grand fond de religion et de pjété, c'en étoit assez, sans doute, pour le rendre recpmmandable à toute la Bourgogne.
Mais ce qui doit surtout rendre sa mémoire chère .aux Auxonnois ses compatriotes, c'est qu'il fut un des premiers qui ait fait à l'église paroissiale de cette ville * des dotations pieuses, lesquelles accrues par Hugues Morel, et sous Ja mairie . de <Jirard Mwel * donnèrent lieu au premier établissement des chapelains , qui , •par la suite » formèrent le oorps de la familiarité d'Au%onnç,
Pierre Morel ne jouit pas longtemps du rang et des honneurs que son mérite lui avoit procurés :<sa tombe atteste qu'il mourut et fut enterré à Auxonne le 9 juin 1400; Jean Peluchez licencié en lois lui succéda eu qua-
( «4 ) ville d'Auxonne, et de terminer une contestation qui duroit depuis un demi-siècle , et dont la ville d 9 Au\onne étoit surtout la victime. Ainsi le premier acte que nous connoissons de la vie d'Hugues Morel, fut un service signalé qu'il rendit à sa patrie.
Ce point d'histoire des duché et comté de Bourgogne est détaillé plus au long dans le mémoire, que j'ai envoyé en 1807 ^ l'Académie de Besançon , sur les monnaies frappées à Auxonne , et sur les débats survenus à ce sujet entre Tabbé de Saint- Bénigne , les ducs de Bourgogne et l'archevêque de Besançon.
Ce fut sans doute au désir de le récompenser de son habileté dans cette mission de confiance, à la réussite de laquelle le duc de Bourgogne attachoit un grand intérêt, que Hugues Morel dut Télévation à laquelle il parvint.
En i3g5, les habita ns de la Marche sur Saône, et non de la Marche en Bresse , comme Fa imprimé D. Plancher (7), ayant rétabli à leurs (rais, sur la rivière de Saône, leur pont qui a voit été détruit par suite des désastres qu'entraînent toujours les guerres, Jean le Nain, lieutenant du bailly de Dijon» et le prévôt d' Auxonne , prétendant que le rétablissement de ce pont nuisoit aux intérêts
(7) Histoire de Bourgogne, 3 fol. 145* .
(îS)
du ducî et à la sûreté du pays , se rendirent, de nuit, à la Marche, avec un grand nombre d'ouvriers; et firent abattre le pont rétabli.
Marguerite de Vergy , Dame de Pesme et de la Marche , porta plainte au duc Philippe de cette Violence de la part de ses officiers: le duc chargea mai Ire Hugues Moreaul, ou More! , ( car 1 ce nom est le même 9 observe D. Plancher), et Hugues le vertueux, membres de son conseil , de se transporter sur les lieux , d'examiner diligemment le fait qui a voit donne lieu à cet acte, de faire comparottrfe devant eux ceux qu'on accusoit d'en être les auteurs, et de peser le mérite des droite et privilèges réclamés par les habitans de la Marche.
Le rapport de ces commissaires fut favorable aux demandes dé lu Dame de Vergy, et par lettres données à Conflans le 19 août 1395 , le rétablissement de ce pont fut autorisé avec la restriction qu*on y placerait un pout-levis et une barrière pour empêcher qu'on ne pût introduire dans )e : duché de Bourgogne aucunes marchandises en fraude.
D. Plancher., t. 3, preuv. cl. 23.
Hugues Morel étoit doyen de Beaune , trésorier et chanoine de la chapelle du Duc, à Dijon (8). Nous le voyons pommé par le Duc
(8) Officier du Duc Jean 9 fol. 99.
Jean , auditeur des causes d'appeaulx , par lettres du 26 février 1406 , et le 21 marssui- Tant, prêter serment en la chambre des Comptes en qualité de membre du Grand-Conseil de ce Duc 1 aux gages de 40 francs par an, et y siéger entre Lambert de Saulx et Charles duc de Lorraine.
En 1408 (9), Hugues Morel étoit garde des chartes du trésor de Dijon : ati mois d'octobre de la même année , il fut envoyé par le Chancelier de Bourgogne à Besançon , pour tâcher de mettre d'accord les Doyens et k Chapitre de cette ville et ses. .habîtans , sjir plusieurs différens mus entre eux; en quinze jours sa mission fut terminée; et sans doute aussi habile dans cette négociation que dans la précédente , il se concilia l'estime des deux partis, car il revint avec le titre de chanoine de Besançon , et nous pensons qu'il ne peut en avoir été décoré auparavant , car alors on ne lauroit pas choisi è pdur. arbitre dans une cause , à laquelle , comme chanoine f il auroit eu quel qu'intérêt.
Le Pue «sut aussi, de son côté, reconnoître les services et le mérite d'Hugues Morel : sur la fin de cette même année, le doyenné de la Sainte Chapelle vint à vaquer par la morÉ de Gauthier de Boux; cette dignité fut con-
(9) Ibib* fol. 99,
férée à Hugues Morel (io), il en prit possession le 1 1 décembre de ladite année.
Cette place étoit d'autant plus recherchée, qu'elle procuroit l'entrée dans le Conseil privo du Prince : du moins le voyons^nous se pratiquer sous. le règne suivant : Hugues Morel se trou voit ainsi revêtu des dignités ecclésiastiques et civiles (ti).
Nous trouvons depuis cette époque une lacune de quelques années dans sa vie politique; elle fut probablement remplie par des travaux moins publies, dans les Conseils des Ducs, mais non moins important pour le bonheur des peuples, que ceux, plus brillais, que Fhîstoi're nous signale.
Hugues Morel fut uoifïmé (12) élu du clergé en F Assemblée des trois ordres du Bailliage «le Dijon , tenue en cette dernière ville le 6 juillet 1417, il fut en celte qualité présenté à la Duchesse de Bourgogne qui L'agréa ,. et le commit avec les élus des deux autres ordres pour faire la répartition des 3,ooo livres accordées au comte de Charrollois pour le. rachat de son domaine ; et dans cette mission, Hugues Morel procédoit investi de la confiance du peuple qui Favoit choisi , et du souverain qixi la voit distingué.
(10) Gall. Christ,. San Marih.
(il) Officier du ÏHic Charles.
(12) D. Plancher. Histoire de Bourgogne.
Quoique entouré de dignités ecclésiastique*, Hugues Morel ne dedaignoit point de se qualifier chapelain de la chapelle de la Madelaihe et Saint-Thomas de l'église d'Auxonne*
En 14199 ainsi qu'il se voit dans Pacte de fondation, étant à Besançon , il modifia, pour uue seconde fois, changea, augmenta, très-* probablement avec l'agrément de l'archevêque diocésain , les fondations faites par Pierre Morel en l'église d' Auxonne : pour leur donner plus de solennité , il voulut que tous lés ecclésiastiques y assistassent en camail ; à ce sujet il abandonna cette chapelle à là réunion des ecclésiastiques , dont le nombrç s'accroissant à proportion des libéralités des habitans, finit par donner l'existence à là familiarité d'Auxonne. Ce titre est du mois de mai 1419*
Ainsi les derniers actes, comme les premiers, de Hugues Morel furent consacrés à sa patrie. Il ne survécut que deux années à cette libéralité pieuse; nous voyons Jean deMarcilly lui succéder en 142 1 dans le doyenné delà Sainte- Chapelle, ainsi qu'à la garde du trésor des chartes ; nous saurions l'époque précise de sa mort, si les ecclésiastiques qu'il avoit fondés, n'eussent pas négligé de remplir les vides laissés exprès sur sa tombe pour recevoir la date de son décès*
Ainsi après avoir été honoré de la confiance de nos trois premiers ducs de race
( *9 ) royale , et avoir rempli sous ces trois règnes des fonctions importantes, Hugues Morel existe encore plus dans le souvenir des Auxonnois par la mémoire de ses bienfaits , que par le souvenir de ses dignités (i3).
(i3) Ce Mémoire étoit terminé par une seconde partie dans laquelle l'auteur donne les preuves de ce qu'il a avancé, p. lu II nous a paru démontré que les Morels ont été les fondateurs de la Familiarité d'Auxonne. La discussion nous a semblé lumineuse; les preuves sont concluantes; mais, malgré le mérite de ce morceau, nous avons cru ne pas devoir l'insérer ici, parce qu'il est seulement relatif à la ville d'Auxonne, et ne pourroit que foiblement intéresser les lecteurs qui ne sont pas nés dans cette ville.
^Wittit \k \t.*»\ v> -«ibcià^î v
L{\0i% % ^t*^\f&jtJ ; iwMuV^