‹ Opuscules de zoologie et d'anatomie comparéeChapitre 7 sur 9 · DE LA MOULE COMMUNE · texte numérisé non relu

DE LA MOULE COMMUNE

Ml F» CJLUl’BAIINrE,

Professeur à l’université de Gand..

Un savant , très-recommandable par ses connaissances anatomiques et conchyologiques , traita ce sujet; c’est M. Deshayes, collaborateur du Dictionnaire classique (V histoire naturelle; il y donne à l’article Mye un aperçu du système nerveux des mollusques de ce genre , succinct à la vérité, mais suffisant pourtant sfil était exact. M’occupant souvent, par pur exercice, à vérifier les assertions de ces hommes que nous regardons avec raison pour nos

maîtres, et ayant pu cette année disposer des deux espèces deMyes qu’on trouve dans nos mers , j’en étudiai l’organisation; et comme mes observations anatomiques modifient considérablement celles publiées dans l’article mentionné ci-dessus, je vais les communiquer aux savans qui se livrent à ce genre d’étude. Le travail de M. Deshayes est très-exact comme anatomie d’espèce; son auteur a eu seulement tort de le généraliser en le donnant comme anatomie de genre ; il tait le nom de l’espèce qu’il a disséquée; mes recherches me firent reconnaître son travail comme propre à la Mya truncata. Il serait à désirer que les anatomistes indiquassent scrupuleusement le nom technique de l’espèce qu’ils ont soumise au scalpel. Que de savans, pour n’avoir pas rempli cette formalité, nous ont laissé des travaux à peu près inutiles, parce qu’ils sont à refaire!

Les deux espèces de Myes qui vivent dans nos mers, présentent un système nerveux composé de trois sortes de ganglions; les céphaliques qui sont pairs, les moyens impairs, ainsi que les postérieurs, ce qui sera peut-être un caractère qui conviendra aux autres espèces, par conséquent un caractère générique ; les modifications que ces ganglions présenteront, devront être regardées comme des caractères spécifiques. Nous allons en donner un tableau comparé.

MYA ARENARIA. MYA TRTJNCATA .

Les ganglions céphaliques sont Les ganglions céphaliques sont sus-œsophagiens et ont une forme les mêmes, triangulaire ; leurs angles se prolongent en rameaux assez grêles.

L’antérieur donne le rameau qui se distribue aux palpes labiaux et au muscle transverse antérieur; l’angle

interne donne le rameau frontal qui unitles deux ganglions} l’angle postérieur envoie un rameau ou filet très-grêle qui passe sur la membrane du foie, plonge dans cet organe et correspond probablement avec la branche antérieure externe du ganglion postérieur } son extrême ténuité ne m’a pas permis de le suivre plus long-temps.

Le ganglion moyen que je propose de nommer pédieux est trèspetit, pisiforme. Il est limité en avant et en dessus par la base des muscles rétracteurs antérieurs du pied , en arrière par la masse abdominale , en dessous et en avant par le pied. Je ne lui ai vu que trois filets extrêmement grêles, deux inférieurement qui se dirigent vers le pied et y pénètrent ; le troisième est en avant et remonte le long du muscle rétracteur du pied pour correspondre en se bifurcant sans doute avec la branche postérieure du ganglion céphalique.

Le ganglion postérieur est placé sur la partie antérieure et inférieure du muscle transverse postérieur ; il donne deux forts filets en arrière et quatre en avant. Les filets postérieurs coupent obliquement le muscle transverse au delà duquel ils envoient une branche en haut , puis une en bas, se continuent vers le tube anal, et arrivés près de la cloison intertubale, ils s’enfoncent dans les fibres musculaires et disparaissent : des filets antérieurs, les latéraux sont plus forts que les médians } ils décrivent une certaine

Le ganglion moyen offre la même forme, la même taille et les mêmes ramifications.

Le ganglion postérieur occupe la même place et donne naissance a 4 gros filets à peu près d’égale grosseur, deux en arrière, deux en avant.

Ceux de derrière passent en diver géant sur le muscle transverse postérieur et descendent vers la partie ventrale du manteau ; arrivés à la hauteur du milieu du siphon supérieur , ils envoient en avant une branche qui est destinée entièrement au manteau ; la branche principale se continue dans une perpendiculaire à la direction des siphons , et s’amincit sans pourtant

courbe passant en dehors du mus- laisser voir qu’elle envoie des cle rétracteur postérieur et ar- branches à ces derniers ; en face riventaux branchies où on les perd du tube inférieur. clles’enfonce plus de vue ; les filets médians sont très- profondément danslamasse muscuminces et presque parallèles entre laire, et il devient très-difficile de eux ; on ne peut guère les suivre l’y suivre. Les filets antérieurs se que jusqu’à la bifurcation du mus- dirigent vers les branchies jusqu’à cle rétracteur postérieur qu’ils la base desquels on peut les suicroisent. vre même à l’œil nu.

En résumé le système nerveux de la Mya arenaria et de la Mya truncata , présente des différences spécifiques qui consistent dans les quatre filets que le ganglion postérieur de la première espèce envoie en avant, tandis qu’à la seconde, il n’y en a que deux. Nous examinerons plus tard de quelle importance peut être le système nerveux pour résoudre la question, si les formes des êtres organisés sont permanentes ou transitoires.

Jusqu’à présent, personne, que je sache, n’avait démontré que l’anneau nerveux cervical était incomplet; dans le mois d’octobre prochain on pourra voir dans les galeries zoologiques de l’université de Gand, les préparations que je viens de terminer et qui le prouvent à l’évidence.

M. Deshayes dit aussi dans l’article précité, qu’on trouve dans les Myes une troisième paire de feuillets branchiaux; nous avons vu, en effet, dans la Mya truncata , eatre les branchies et le manteau, une espèce de feuillet, mais qui n’a pas la texture des feuillets branchiaux et qui ne nous a paru être qu’un repli de la membrane péritonéale. Ce prétendu feuillet manque dans la Mya arenaria : il ne peut donc pas être pris pour caractère ni de genre , ni de famille.

Nous terminerons nos observations sur les Myes, par l’exposition du système nerveux de la moule commune

( Mytilus edulis Linn. ) Ce travail ne sera pas déplacé ici, d’autarit plus que ce mollusque étant très-commun sur nos côtes et sur nos marchés, chacun pourra le vérifier. Nous y joindrons, comme point de comparaison, le système nerveux donné par M. De Blainville, professeur du jardin des plantes, à l’article Moule , dans sa Malacologie , page 144, et dans le Dictionnaire classique d’histoire

naturelle , vol. VI, page 66.

Système nerveux de la moule , par M. De Blainville.

Le système nerveux est composé de trois paires de ganglions. La première , la plus antérieure , est certainement placée sous l’œsophage, ou mieux sous le muscle rétracteur antérieur du pied en partie recouvert par le bord postérieur de la réunion de la seconde paire de tentacules labiaux.

Les ganglions qui la constituent sont de forme triangulaire et de couleur blanche , opaque. Ils fournissent :

1° Un filet transversal très-fin qui leur sert de commissure entre eux.

2° Plus en arrière un rameau , plus gros, qui se distribue au muscle adducteur antérieur et aux appendices labiaux.

Système nerveux de la moule commune (Mytilus edulis Linn.), par

F. Cantraine

Le système nerveux est composé de trois paires de ganglions quoique l’une présente deux ganglions si intimement unis qu’ils paraissent n’en faire qu’un. La première ou la paire céphalique est placée sous l’œsophage précisément sous le muscle rétracteur antérieur auquel chaque ganglion paraît collé.

Ces ganglions sont pyriformes et d’un gris brun corné ; ils donnent naissance à trois filets, dont un antérieur , un latéral interne et un postérieur.

Le filet latéral interne est trèsgrèle et met les deux ganglions en rapport entre eux : il passe dans la lèvre supérieure.

Le filet antérieur un peu plus fort se dirige vers la commissure des lèvres où il donne ses rameaux aux palpes labiaux , croise un faible faisceau du muscle rétracteur et va vers le muscle transverse antérieur ( muscle adducteur antérieur ).

3° Enfin , en arrière un très-gros filet qui se porte en dehors , s’applique sur la membrane du foie , traverse obliquement le muscle rétracteur antérieur du pied , suit les côtés de l’abdomen au-dessous de la terminaison de l’ovaire et va se réunir au ganglion postérieur.

La seconde paire de ganglions, la seule qui puisse être regardée comme à peu près supérieure au canal intestinal, est placée au-dessus du muscle rétracteur antérieur du pied, appliquée immédiatement sur lui au-dessous dufoie contre lequel elle est collée. C’est un ganglion géminé ou divisé en deux parties latérales par un sillon médian, d’une consistance plus molle, d’un aspect plus pulpeux que les deux autres paires. On en voit sortir en avant un filet très-fin qui va peutêtre se joindre au ganglion antérieur, ce que nous ne voulons pas assurer , et en arrière un autre filet qui se rend dans les muscles de l’abdomen.

Le filet postérieur , qui est fort, croise obliquement le muscle rétracteur ; arrivé au delà , il reçoit le rameau d’anastomose du ganglion moyen , passe sur le foie , y plonge dans quelques individus, longe la région abdominale , passe immédiatement sous l’orifice de l’oviducte et s’unit complètement à la branche antérieure du ganglion postérieur

La seconde paire ou les ganglions moyens ou pédieux , est formée de deux ganglions ovalaires si rapprochés qu’ils paraissent n’en former qu’un , leur couleur , d’un jaune orange , les rend très-distinct3 ; ils sont placés en arrière et au -dessus de la base du muscle rétracteur antérieur du pied , entre le foie et lui. Chaque ganglion fournit :

1° Un filet antérieur et ascendant ; il est presque collé sur le muscle rétracteur antérieur qu’il accompagne jusqu’à la hauteur de la branche postérieure du ganglion céphalique avec laquelle il s’anastomose.

2° Un filet postérieur et horizontal, qui est très-grèle ; il croise les muscles rétracteurs postérieurs à leur base et embrasse le talon du pied.

3° Un filet descendant ou pédieux très-mince à son origine; il descend vers la base du pied en grossissant considérablement; là il distribue de nombreux rameaux qui traversent en tous sens les couches externes du pied. Par le volume qu’on lui voit, il est facile de devi-

La troisième paire de ganglions est tout-à-fait en arrière, au-dessous et un peu en dehors àla partie antérieure du muscle adducteur postérieur. Celui d’un côté et séparé de celui de l’autre par toute l’épaisseur du muscle. Ils fournissent :

1° Un filet de commissure, transversal , très-fin

2° En arrière , un filet plus gros qui pénètre dans le muscle luimême.

3° De leur angle externe et postérieur, deux filets qui se portent en arrière, probablement aux bords du manteau .

Enfin leur angle antérieur et externe reçoit le cordon d’anastomose du ganglion antérieur.

ner qu’il joue un grand rôle dans l’économie de cet animal

La troisième paire de ganglions ou ganglions postérieurs, est située sur la partie antérieure du muscle transverse ( adducteur ) postérieur près de la base des branchies ; un ganglion de chaque côté ; il fournit quatre filets, dont un antérieur, un latéral interne , un latéral externe et un postérieur.

Le latéral interne assez fort, transversal , est le filet de commissure.

Le latéral externe ne conserve pas long-temps sa grosseur ; il se dirige d’avant en arrière , de dedans en dehors , vers les feuillets branchiaux.

Le filet postérieur est assez fort; il croise obliquement le muscle transverse (adducteur) postérieur ; arrivé un peu au delà, il envoie un rameau assez distinct à l’orifice supérieur ou anal, se continue en descendant, donnant un rameau tantôt simple tantôt double à l’orifice inférieur; bientôt après, il arrive près du bord postérieur du manteau et se prolonge dans une direction parallèle à ce dernier ; lorsqu’il est pour toucher l’extrémité postérieure du bord ventral, il disparaît.

Le filet antérieur est celui qui s’anastomose avec le filet postérieur du ganglion céphalique.

Les ganglions de la troisième paire sont d’un blanc -jaunâtre opaque.

(Extrait du tom. III, n° 7 , des Bulletins de l’Académie Royale de Bruxelles.)

NOTICE

SUR

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