NOTICE SUR DL^ASQUIER
parlé et de ceux qu'il a faits à Thospice des aliénés des environs de Bourg \ Dupasquier adressé les plans et dirigé les constructions d'une foule d'édifices dans lesquels se révèlent, à des degrés difterents, les diverses qualités de ses talents ' ''* ^.
Il avait rêvé de laisser un type monumental de son génie. Son projet de l'église de Saint-Pierre de Mâcon, approuvé par le conseil municipal, les bâtiments civils et le conseil de fabrique, semblait devoir lui procurer la réalisation de ses désirs ; mais sa joie n'a eu que la durée d'un rêve : la construction de cet édifice a été confiée à un autre architecte.
Après cinquante ans d'une vie toute consacrée a ses devoirs et à ses études artistiques, Dupasquier s'était retiré à Blacé, dans une propriété patrimoniale, dans la- ({uelle il venait de temps en temps respirer l'air des champs et donner quelque distraction à ses travaux. Il comptait y goûter les douceurs d'un repos nécessaire à sa santé ; mais bientôt celle-ci commença à donner de légères inquiétudes. Son état, qui semblait n'avoir rien
* Voyez la note , p. 4i).
• \'o\>z Im note K, p 5(h
•* Il a laisse en outre den cartous remplis dune Ibule de dessins, d'études et de [>. ojots. Sur lenvcloppe se trouvent ces deux vers :
Lu «iurmeut cinquaute ans d'une vie occupée.
Kl tio l'amo ir du bien tuigour:* prûoccupêf>.
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de grave, prit tout à coup un e>araclère alarmant. Ni les . secours de la science, ni les soins les plus affectueux et 1^ plus intelligents de son épouse, ne purent arrêter les j)rogrès trop rapides du mal : il s'éteignit le 15 octobre 1870.
Dupasquier avait une taille avantageuse ; sur sa figure, un peu sévère, se révélait le sérieux de son esprit, l'indépendance de son caractère et son inflexible probité. Doué d'une âme fortement trempée, le devoir fut sa règle, le ti'avail sa passion, l'amour des ai^ts son mobile. Il avait cette noble fierté qui ne s'abaisse jamais à solliciter des travaux ou des faveurs, et qui empêche de déroger à la dignité de sa profession. La rigidité de ses principes donna parfois de la raideur à ses rapports et l'exposa a des luttes, mais ne put jamais affaiblir l'admiration pour ses talents, ni pour la droiture de son caractère.
11 apportait dans ses projets un esprit admirable pour en combiner toutes les pailies et un soin minutieux pour en assurer la bonne exécution. 11 avait une lucidité d'expression remarquable * pour rendre ses ordres compréhen-
» M. le chanoine Perier, directeur de la Gonf^rèj^ation de Saint-Joseph, lui ecii- Yojt le 18 août 1866 :
<« C'est un charme, monsieur, de voir comment vous savez allier au langage tecliu.que des aflaires, les formes douces et polies de la bonne comjtagnie. Je vous eu remercie, comme d'une chose iemar({uable aujou'd'hui »
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sibles à toug ; il y joignait le mérite plus grand et plus rare de savoir se renfermer dans ses prévisions ou de les dépasser rarement, et d'avoir une comptabilité d'une rigoureuse exactitude.
Il était membre de la Société d'Agriculture \ delà Société académique d'ArchiU^cture % de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arte ^ de la Société Linnéenne et de celle d'Horticulture de notre ville ; de la Société Éduenne d'Autun; correspondant du ministère de l'Instruction pu]3lique\ 11 avait obtenu la médaille de première classe à l'Exposition de 1855, pour son album de Brou, et pour un spécimen en relief de l'organisation des classes de dessin à La Martinière.
La Société pour Tinstruction élémentaire de Paris lui avait accordé une médaille d'argent pour sa métbode de dessin, et sur le rapport de M. Lourmand, lui avait envoyé un diplôme d'associé.
Le roi de Piémont l'avait, comme nous l'avons dit, nommé chevalier des ordres des Saints-Lazare-et- Maurice, et Ton s'est étonné de le voir oublié par la France ^
i Depuis 1829
« Depuis sa Ibndation en 1830.
3 II avait été admis en 1845, sur le rapport de M. Gheoavard.
■• Depuis riustitutlou de ces correspondants.
'•* Dupasquier a dû se consoler de cet oubli, quand il a vu son maître, Thonorable M. Chenavard, d'un mérita incontesté, recevoir si tardivement la récompense honorifique qu'il avait si bien mériteo.
NOTICE SUR DLPASgUlER 125
Dans les jours de sa retraite à Blacé, il s'occupait de laisser après lui une œuvre utile, sur laquelle nous n'avons pas mission de nous expliquer. La mort, en le surprenant dans les méditations de son projet, ne lui a pas donné le temps de l'exécuter ; mais il en a confié le soin à son épouse, sa chère Élise, et elle n'y faillira pas.
Cette œuvre fera bénir sa mémoire à ceux qui jouiront de ses bienfaits.
La restauration de la cathédrale d'Autun, œuvre d'une difficulté extrême et exécuiée avec tant de bonheur quelle suffirait pour la gloire d'un artiste ; les réparations si intelligentes faites à l'église de Brou : la magnifique monographie de ce monument, sans compter ses autres beaux travaux *, lui assurent une place distinguée parmi nos plus célèbres artistes lyonnais : son nom ne saurait donc périr.
« Voyez la note K, p. 50,
loto A, ptgo 18.
Le Journal ÏÊdicen, dans son numéro du 28 décembre 1845, rendait compte, de la. manière suivante, de la cérémonie religieuse qui avait eu lieu le 23 du mois :
€ L'entreprise difficile de la reconstruction d'une partie de la grande voûte de lY*glise cathédrale touchant à sa fin. une cérémonie spéciale a eu lieu pour célébrer cet heureux événement, que divers obstacles avaient paru d'abord retarder. L'appui donné à l'autorité ecclésiastique et au directeur des travaux, pour tout ce qui tient aux mesures de police nécessaires dans une opération de cette nature, le concours éclairé et constant de l'administration locale et départementale, les allocations considérables accordées par le gouvernement, demandaient nn témoignage de gratitude, (l'était en même temps un devoir de donner de justes éloges à l'habileté et au dévouement dont a fait preuve dans cette circonstance M. Louis Dupasquier, architecte chargé des réparations de l'édifice.
€ Mardi dernier, 23 décembre, Mgr l'évoque d'Autuu, accompagné de M. de Barante, nommé récemment à la préfecture de l'Ardéche, de M. Victor Rej, maire d'Autun, et de plusieurs personnes qui s'occupent d'une manière plus spéciale de l'étude et de la conservation des monuments, s'est rendu à l'église cathédrale.
< Reçu par le chapitre et les autres membres du cler}?é, le corlé^^o a été conduit sur le lieu mémo où s'effectuent les réparations.
Une pierre destinée à recevoir une inscription monumentale a été solennellement bénite par Mgr Tévêque. Ce prélat, dans une courte allocution, empreinte de l'esprit de foi qu' caractérise, a témoigné la gratitude dont il est animé, soit à l'égard des autorités civiles, qu^ lui ont prêté un si bienveillant concours, soit Si Tégard de M. Tarchitecte. Cette circonstance lui a fourni l'occasion de présenter les considérations élevées qui rendent si précieuse l'harmonie des différents pouvoirs qui contribuent, chacun dans sa sphère, à, la paix et au bien de l'Etat. Un mot de regret à M. de Barante, que nous perdons trop tôt, était l'expression d*un sentiment partagé par tous les témoins de cette solennité.
« Mgr l'évêque a prié ensuite' ce magistrat et M. le maire d'Autun, qui a mis dans toute cette affaire sa bienveillance habituelle, de vouloir bien sceller l'un et l'autre la pierre sous laquelle a été placée, dans une boîte de plomb, avec quelques monnaies du millésime de 1845, l'inscription commémorative gravée sur bronze.
« Il a été tiré quelques exemplaires de cette inscription, accompagnée des sceaux gravés de Monseigneur et de M. Del mas, préfet de Saône -et- Loire.
« Les personnes qui avaient bien voulu prendre part à la cérémonie, ont ensuite examiné avec une satisfi\ction marquée la hardiesse et la belle exécution des travaux, dont personne ne pouvait méconnaître les difficultés et l'importance.
€ Voici, en outre, le fac-similé de la gravure, tirée à un bien petit nombre d'exemplaires, de l'inscription commémorative de 1845, rédigée par M. l'abbé Devoncoux, secrétaire de l'évêché.
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