COBRESPONDANT DU MINISTERE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
MEMBRE DE PLOSIBUBS SOCIRTéS SAVANTES
Mgr Ghalandon avait succédé à Mgr Dévie, qui était plein de tant de bienveillance pour Dupasquier. Ce changement n'apporta aucun ralentissement dans les bons rapports du nouveau prélat et de l'architecte diocésain, rapports dont l'estime et la confiance faisaient le fonds; car après son installation, le nouveau prélat lui écrivait :
<« Ëvreux, 5 août 1^6.
€ Monsieur,
€ J'ai été heureux, en passant dans les bureaux du {ministère, de voir la confiance que l'on témoignait avoir en vous. M. Hamille m'a exprimé le regret de ne plus vous avoir à Autun. Il a fallu céder à certaines influences de la préfecture. Le préfet de l'Ain, au contraire, a exprimé sa satisfaction, et a dit que peut-être bien vous bâtissiez un peu chèrement, mais qu'au moins c'était solide et de bon goût. Les bureaux apprécient votre respect de la légalité. »
La bienveillance de M. Ghalandon • pour l'architecte ne s'est pas démentie un seul instant. Ce dernier a toujours trouvé en lui un appui honorable, et ses demandes pour le service des édifices diocésains ont toujours été en harmonie avec ses devoirs et le désir de plaire à l'éminent administrateur du diocèse.
NOTKS 137
loto ^, fago 81.
I^s archives de France consultées et interrogées à diverses reprises, n'avaient jeté aucun jour sur l'endroit où devaient se trouver les tombeaux des fondateurs de Brou ; les documents ne pouvaient pas même indiquer remplacement occupé anciennement par la chapelle du prioré de cette église, chaj)elle dans laquelle on savait que la princesse Marguerite de Bourbon et son fils Philibert 11 avaient été inhvmés. Dupasquier, sollicité par M. le comte de (]oëtlogon, alors préfet de FAin, de faire des recherches dans ce but, i ensa que la seule chance de réussite était de sonder les fondations des mausolées élevés au centre du chœur de l'église, dans Tordre indiqué par le testament de la fondatrice.
Le 16 décembre 1856 des recherches furent commencées sous cette inspiration. Les essais, tentés sur le côté occidental des mausolées des deux princesses, mirent à découvert la maçonnerie des hautes fondations de l'église mais ne présentèrent aucune apparence de travail postérieur à leur établissement. D'autres fouilles furent entre^ prises sous le sol, au levant du mausolée de Marguerite d'Autriche, sans plus de résultat, La troisième fouille, qui fut tentée sous le pavage et au midi du mausolée de Philibert 11, mit à découvert un empâtement en maçonnerie, aj^ant une saillie moyenne de i"*,00. Une fouille complémentaire fut commencée en tête et au couchant, l'architecte pensait avec raison que l'empâtement trouvé, laissant supposer un caveau, sous l'entrée de ce mausolée, l'entrée de ce caveau pouvait exister sur la face occidentale : ces prévisions furent réalisées. Les recherches, dirigées dans ce sens, firent découvrir plusieurs dalles fermant l'entrée de l'un des caveaux. L'une de ces dalles ajant été soulevée, on put vdir un escalier en pierre desservant un caveau contenant trois cercueils.
Les dalles furent enlevées en présence de Mgi* l'évéque, de M. le préfet, et le 18 septembre, à quatre heures du soir, ces illustres per.-onnages pénétraient dans le caveau. Procès-verbal de cette di-
couverte fut expédiée aux ministres compétents, et le caveau fut refermé pour être ouvert de nouveau le 28 septembre, pour permettre à l'architecte de relever l'état du caveau et des cercueils, copier les inscriptions et lui donner le moyen de préparer la restauration.
Sur Tordre exprès du gouveroOTaent, une cérémonie civile et religieuse eut lieu le 2 décembre 1838, pour la translation dans des cercueils provisoires des restes mortels des deux i^rineesses : celui de Philibert ayant seul résisté à Taetion des temps, peadant le» trois i<ièGles écoulés depni» Tinhumation. ,
Nous de décriraBB pas la décoratioii créé par Dupasquiar daas cette circonstance : rarchitecte sot tirer parti de rerBMBftentatiott û belle et si riche de Téglise de Brou, pour donaar an caractère de deuil en harmonie avec cette cérémonie funèbre, qui dura deax jours.
Voici les noms des personnes qui assistaient à la translation des restes des deux princesses :
MM. le comte de Coëtlogon, préfet du département de l'Ain,
le commandeur comte Somis de Chiavrie, délégué de Sa Majesté le roi de Sardaigne, Mgr Chalandon, évéque de BelJey, MM. le président du tribunal.
le maire de la ville de Bourg,
le procureur impérial,
le secrétaire général de la Prélecture,
le D' DupRB,
Irenée Chalandok (frère de Monseigneur),
Louis DuPAsguiBR, architecf« dioeéiaiin,
Baux, archiviste du département.
La commission s'étant retirée à cinq heures et demie, pour se réunir dans le chœur de l'église, le clergé, ayant à sa tête son prélat, Mgr Chalandon, est venu prendre les cercueils pour les transporter dans la chapelle de la Vierge, disposée en chapelle ardente.
Cette cérémonie, accomplie à la lueur des lustres et des lampadaires, fut d'un effet saisissant, grâce à l'imposante pompe du culte et à Tornementation remarquable du monument; aussi impressionnat-elle vivement les assistants.
Dupasquier, à Toccadion de cette découverte, fut créë/comme nous l'avons dit, chevalier des ordres de Saints-Maurice-et- Lazare.
Une planche de l'intérieur du caveau, comprenant IVtat ancien et la restauration qui en a été faite a été gravée aux frais de Tarchitecte et ajoutée à la Monographie d^ Bfou*
Attaché au diocèse de Belley depuis 1843*, Dupasquier a rempli ce service pendant vingt-deux ans *. En 4ebor# 4^8 tr^Vl^ux 4*entfetien 4^â édifioes da ce diocèse, voici la note de ceux exéc^tél« 80U3 sa direction, pendant cette période :
Restauration de Tévéché (Belle^v) :
Restauration du grand séminaire de Brou :
Restauration des caveaux de Brou :
Restauration de Féglise de Brou ;
HeUqtuûre de saint Anthelme (Helle.v):
Chair© à prêcher (Belley) ;
TrOna épis<u)pal (Bellay) ;
(«rilles an fer doré entourant la cliaire de la catbédrala de Ball^j ;
Travaux de la manécanterie :
Ameaklament des sacristies (Belloy);
Réfection de toutes les toitures de la cathédrale, travail ayant iOr traîné une dépease de plu» de oant mille francs ;
(Jommdnumneat d*une cU^tore. pour présarver l-égUsa da Bapu das dégradations journalières.
i Mais déjà, en 1843, oi» avgit, sfoui m direction, repare \^ tpyrrfe Qrpy, av^ç le projet d'y élever une flèche en pierre.
* II. Dubuitson (Joseph), l'un de ses demiers élèves particuliers, a été, pendant do«M« ans, inipeet«np d« ce diocèsA. Il est aotaslUmaat fixé «n Améf iqua« où loa t^lfQt lui parmpf d'pccuj^er un iH)St£ lucr^if.
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Woto H, page 85.
Voici la lettre adressée par les élèves de Dupasquier aux journaux de Lyon, le Salut public, le Progrès, le Courrier de Lyon,
« Lyon, la îi septembre 1868.
€ Monsieur le rédacteur,
« Plusieurs journaux viennent de rendre compte de rinauguration solennelle de la cathédrale d*Autun, célébrée le 7 septembre 1868,
« Depuis trente ans, disent-ils, on travaillait à cette reconstruction qui est un véritable chef-d'œuvre do résurrection archéologique entrepris par M. Viollet-Leduc et terminé par M. Durand. On ne compte qu'un précédent de ce genre dans le magnifique travail de la tour Saint-Jacques.
« L'histoire des monuments de la France, ainsi que tous les documents qui s\v rattachent intéressent à des titres divers les écrivains de la presse, les archéologues et les artistes. (]'est au nom de ces intérêts que nous venons réclamer de votre courtoisie habituelle, la la publicité de votre estimable journal, pour rectifier la version du narrateur anonyme de la cérémonie d'inauguration.
« Sans nous arrêter à l'expression hyperbolique de résurrection archéologique y que Ton compare au magnifique travail de la tour Saint-Jacques, nous exposerons simplement, avec la conviction de gens parlant de visu, que les travaux de la cathédrale d'Autun n'ont pas été entrepris par M. Viollet-Leduc, mais bien par M. Louis Dupasquier, architecte à Lyon, (^et architecte fut désigné par l'administration, à la suite d'une consultation ouverte entre plusieurs architectes de Paris et de Lyon. Il s'agissait de prévenir, par une reconstruction ou par un autre moyen, la chute des voûtes de la grande nef, qui avaient subi un affaissement considérable. On devait aussi présenter un sytème général de restauration de la cathédrale, dont
la flèche, le portail principal et les chapelles de Torient réclamaient d'importantes réparations. Il fallait aussi opérer la réfection des voûtes, ou leur consolidation, sans interrompre le service du culte. Nous tairons le nom de Tun des architectes consultés, — il était de Paris. — qui émit l'idée fort peu lumineuse, d'empêcher la chute des voûtes et des arcs doubleux, en plaçant au travers de la grande nef des tirans en fer, peints à la c^ruse. pour les dissimuler le plus possible à la vue.
< Un rapport dressé en 1840, par les architectes appelés en consultation, constate leurs propositions, et les idées émises par chacun d'eux (au nombre desquels ne se trouve pas VioUet-Leduc). Le projet proposé par M. Dupasquier fut préféré. Cet architecte reçut aussitôt Tordre de dresser un devis général et de préparer les pièces nécessaires à l'adjudication des travaux, qui eut lieu peu de temps après.
< Les travaux commencèrent en 1844. sous la direction de M. Louis Dupasquier, qui les continua sans interruption les sept ou huit années suivantes *. 11 opéra la démolition et la reconstruction des voûtes de la grande nef, celle des contreforts et des arcs-boutants à Test et à l'ouest de la cathédrale, il restaura les chapelles Sainte-Anne et des fonts baptismaux ; il fît les études nécessaires pour la restauration du portail principal et pour la réjiaration de la flèche élevée au quinzième siècle, par le cardinal RoUin.
« En 1848, il y eut aussi une cérémonie de consécration célébrée par Mgr d'Héricourt, évoque d'Autun, qui adressa, à cette occasion, des félicitations à M. Dupasquier, pour le succès désormais assuré de la conservation des voûtes et des arcs-boutants à l'est et à l'ouest de la cathédrale. Une table de bronze, contenant les noms du souverain régnant, des administrateurs du département et du diocèse, celui de l'architecte lyonnais, Louis Dupasquier, fut scellée dans une boîte de plomb enclavée dans l'une do ; voussures du côté oriental de la grande nef.
« Cette cérémonie, qui se célébrait au milieu des charpentes et à la
< Cetle date, indiquée de mémoh^ par les signataires, a besoin d'une rectification : Dupasquier n'a quitté la direction des travaux d'Autun qu'en 1855. Les travaux en projets en 1852 ont encore été exécutes sous sa direction.