Construction d'un bâtiment n* 1 de cet asile, en
Les données de ce projet furent longtemps discutées et il leur fut donné plusieur.s solutions sous forme d'avant projet , afin que les directeurs de la congrégation fussent suffisamment éclairés sur l'établissement à former.
Le plan conçu par Dupasquier, et dans lequel il s'était efforcé de réunir toutes les améliorations réclamées et recherchées par les hommes spéciaux, fut adopté.
L'asile des aliénés, commencé en 1856, dans une vaste propriété située à Cuègres, a été placé sous le vocable de saint Georges, patron de Mgr Chalandon, évoque de Belley, qui en a posé la première pierre. Cet établissement est projeté pour contenir mille à douze cents malades.
En 1858, le 27 août, le conseil général du département de FÂin visitait le premier bâtiment, en donnant T appréciation suivante :
« Un membre rappelle la visite que le conseil général a faite le matin à Cuègres et demande qu'elle soit constatée dans lé registre des délibérations.
« Lorsque, parles soins et aux frais d'une congrégation religieuse, dévouée au bien public, s'élève un établissement qui doit non-seulement rendre au département d'importants services, mais encore subsister comme un monument destiné à lui faire bouneur, il importe que ses mandataires du département expriment le satisfaction que leur ont fait éprouver les travaux déjà exécutés et ceux qui restent à faire. Les Sœurs de Saint-Joseph et leur habile architecte sauront mener à une heureuse fin la grande entreprise qu'ils ont si bien commencée.
€ Consulté par M. le président, le conseil général adopte les proposition suivante :
« M.' le préfet tient à s'associer aux sentiments du conseil. Ses fréquents rapports avec la congrégation de Saint-Joseph lui apprennent chaque jour à l'estimer davantage, pour tout son dévouement à ce qui est bon et utile, et pour sa parfaite loyauté dans les affaires. »
M. le préfet Segaud, en adressant à M. Dupasquier un exemplaire des délibérations du conseil général de l'Ain de 1858, lui écrivait :
« J*espère que vous lirez avec satisfaction le passage de ce document où le conseil se plaît à reconnaître, comme moi, le mérite de vos œuvres. »
Le Journal de l'Ain du 8 avril 1858, avait dit:
« Les bâtiments sont comme les jours, ils se succèdent et ne «e ressemblent pas. Non loin de l'emplacement de l'ancien château de Montrevel, et du petit lac que le comte lui-même fit creuser pendant un hiver rigoureux, une construction nouvelle et vraiment monumentale s'achève; c'est le futur hospice ou plutôt le palais des aliénés. On dit que ces deux corps de logis et les trois pavillons ne sont encoi^e que le quart de la construction totale. Il n'y a que les congrégations religieuses et charitables pour bâtir ainsi. »
M. le préfet, dans son rapport sur l'état du département, en 1858, à l'article Alignés, s'exprimait ainsi :
« Cette première division d'un établissement qui se complétera peu
à peu *■ a été organisée avec an luxe dans Tensemble et an soin dans les détails qui répondent aux plus sévères exigences, et qui tendent à en faire un établissement modèle. »
Depuis les premiers jours des relations de Dupasquier avec la communauté de Saint-Joseph, si dignement représentée par madame de Saint-Claude, l'architecte n*a cessé de recevoir les témoignages de l'estime et de la confiance les plus entières, de la part de cette digne supérieure ' et de madame Sainte-Placide qui lui a succédé. Elles aimaient à répéter à leur architecte les éloges que faisaient de ses travaux les hommes éclairés.
Ainsi madame de Saint-Claude lui écrivait en 1858 :
« M. de La Tournelle, membre du conseil général et ancien président de la cour de Dijon, disait en les visitant : < Les bâtiments de € Tasile de Saint-Georges sont beaux, non par les ornements, mais € par rharmonie ; elle est parfaite. >
Ainsi encore madame Sainte-Placide lui écrivait en août 1866, à propos d*un travail difficile de consolidation, travail qui avait coûté 200,000 fp.
« Vous apprendrez avec plaisir, sans doute, que la commission de surveillance de nos asiles s* est rendue à la Magdeleine la semaine dernière ; elle a été enchantée des réparations du bâtiment. »
1 La Congrégation de Saint -Joseph a en sa i)ossession tous les éléments nécessaires pour l'achèvement de cet asile : plans, devis, faits avec le soin minutieux, que Ton se plaît à reconnaître cheB l'architecte.
* Après la mort de cette digne supérieure, M le chanoine Perier, conseiller, directeur et père spirituel de la congrégation de Saint-Joseph, écrivait à Dupasquier le 18 août 1866 :
« Permettez-moi, monsieur, de réitérer ma prièi-e, que déjà je vous ai adressée de vive voix, c'est de conserver à la chapelle de la mère Saint-Claude son cachet de simplicité et de gracieuseté. Mais j'oubUe que je m'adresse à l'homme qui vénère le plus sa mémoire et que distinguent également son bon goût, sou intelligence et son rare talent d'exécution. Ce n'est point ici un compliment que tout le monde pourrait faire : c'est de la justice que je vous rends. »
lote K, page 29.
On doit à Dupasquier la construction des églises de Blacé, de Fareins, de Saint-Martin-du-Mont, de Vaux-en-Velin, de Saint-Christophe, dePisay, de Faramans, de Viliebois, de Guereins, de Miribel, de Beauregard, de Domsure, de Bellegarde, deMassignieu, de Marboz, de Loyette, de Fontaines-sur-Saône S delà chapelle de Charbonnières, de celle du petit séminaire de Meximieux *.
La construction de rétablissement orthopédique du docteur Milliet. à Lyon, du magasin de fer de MM. Gonon et Languinier, à Lyon, des écoles communales et du presbytère de Tarare, de l'hôtel des Beaux- Arts, pour le peintre Richard, f une de nos gloires artistiques, hôtel dans lequel Tarchitecte a, Tun des premiers, donné l'exemple d'introduire l'art et le luxe des décorations, dans une maison consacrée au revenu.
Avec la restauration de l'école La Martinière, de l'établissement de M. Binet, à Champvert, du château de Montmelas, de celui de M. Roche, à Saint-Julien, Dupasquier avait encore fait le plan et les projets des églises de Villeurbanne, de Saint-Pierre de Mâcon, d'Echalon, de Lagnieux, de Neuville-les-Dames, de Saint-Martin-du-Frêne, de Martignat, de Pont-d'Ain, de Saint-Gyi'-sur-Monthon, et ceux de la restauration de l'église de Saint-Bonaventure.
Il avait élaboré également le projet d'un château pour M. de la Celle, à Agen; d'un établissement général pour les Dames Ursulines de Trévoux ; d'une maison commune et d'un hôpital, pour Tarare.
* Voir la façade de cette église à la fin de cette notice.
2 Plusieurs de ces édifices religieux sont d'un style modeste qui atteste la pénurie des ressources dont Tarchitecte pouvait disposer. Il fallait faire plier Fart aui nécessités parcimonieuses du budget des communes rurales. Et certes, il y avait uu mérite assez rare à faire bien avec des ressources bornées, plutôt que d'entraîner les paroisses à des dépenses ruineuses, en déployant du luxe pour faire briller le talent de Tarchitecte.