DI8SBRTATI01I 8UA LE COSSUS BU AHGIIHS
C]^le et d'Isis s'imposaient, entre antres privations» celle de manger le Cossus. Moins dévots envers la mère des dieax, les philosophes ne poussaient pent-ètre pas le scrupule aussi loin; et, sans doute, Athénée nous aurait donné sur ce sujet des particularités inconnues, si le Bon^itel des savants (1) nous fût parvenu dans son entier. Que ne nous aurait pas appris Varron, le plus docte des Romains, si, moins malheureuse que la plupart de ses ouvrages, sa satire sur les repas (3) eût résista davantage aux ravages du temps I Gomment ce mets recherché a-t-il pu ëure oublié dans le diner somptueux donné le jour de l'inauguration de Lentulus en qualité deflamine de Mars (3)? Pourquoi n'est-il pas mentionné dans le repas non moins célèbre de l'opulent Trimalchion (4)? Par quelle cause, enttn, ni Martial (5), ni Stace (6), ni les deux ou trois gourmands qui ont popularisé par leurs excès le nom d'Apicius (7), ni aucun des autres écrivains auxquels nous devons des détaik sur l'art culinaire des anciens, n'ont-ils jamais cité le Cossus? Ceci nous conduira k répondre à une objection soulevée par LatreiUe, relativemoit k la difficulté de trouver une assez grande quantité de larves du Cerambyx héros, pour satisfaire les goûts des gastronomes romains; certes, cette difficulté n'ràt pas été grande, si la larve du hanneton avait été l'espèce de ver recherché par eux ; car, dans certaines années, elle est malheureusement si multipliée dans quelques localités, qu'on pourrait en recueillir près d'un cent par mètre carré. Or, quand Pline et saint Jérôme disent que c'était un luxe de manger des Cossus, ceux-ci devaient être rares sur des tables oii un [dat de foie de lotes n'était pas une preuve de somptuosîtéo Les pères de famille pouvaient les considérer comme un de leurs grands revenus, dans un pays oii Tart d'engraisser des paons procura soixante mille sesterces de rentes & Aufidius
(1) Dûipnoiophia.
(2) Varron iTait eomposé mie saUre sur les repas, dans laquelle II eitait toi nelUeurs mets. Aodo-Gblle, Noct, attieœ^ Ut. VU, 6.
(3) Macrobe, Sohrm., cap. n.
(4) Pbtbonb.
(5) Maktial, Ëpigr. K, 48} XI, 53.
(6) Stacb, Silom, IV, 6.
(7) On doit à Cœlius Apldos un traité De re eulinaria, ouvrage perdn pendant longtemps, et retrouvé en 15S9 dans llle de Maguelone, sous Tépiseopat de GuiUaume Peliseier, dernier é? êque de ce Ueu.