‹ Opuscules entomologiquesChapitre 45 sur 101 · A LÀ MONOGRAPHIE DES PALPIGORNES · texte numérisé non relu

A LÀ MONOGRAPHIE DES PALPIGORNES

B. MIJIiSAIVT,

(Préieotéfi à la Société Lionéenae d« Ljon, It 11 toûl Itlft.)

Le genre Tropisternus , établi par Solier(*) dans la tribu des Palpicornes, paraissait jusqu'à ce jour ne devoir comprendre que des Coléoptères étrangers à l'Europe; or voici qu'une espèce de ce genre , et qui plus est une espèce mexicaine , vient d'être prise dans un ruisseau coulant dans la forêt des Maures , en Provence, par M. Robert, l'un de nos entomologistes méridionaux les plus zélés.

Avant de décrire cette espèce , pour les entomologistes qui n'auraient pas dans leur bibliothèque Touvragede M.Chevrolat sur les Coléoptères du Mexique, rappelons la place que doit occuper dans la série zoologique la coupe générique à laquelle elle appartient.

Les Palpicornes compris dans ma famille des Hydroptalliens , se distinguent des autres insectes de cette tribu , par le deuxième article des tarses postérieurs long : le premier étant très-court , suivant les caractères plus concis indiqués par M. Lacordaire dans son excellent Gênera.

La première branche de cette famille ou celle des Hydrophllaires, se dislingue par ses 7néso et métasternum unis et formant une saillie continue^ terminée en pointe spiniforme. Ils ont aussi les tarses intermédiaires et postérieurs plus sensibie-

(<) Annales de la Soc. entomol. de France, t. 3 (4834}, p. S99 à 348.

ADDITIOICS ET OBSEEVATIOJVS 167

ment comprimés et plus densement ciliés que chez les insectes de la branche suivante ; mais on trouve à cet égard des espèces qui forment des transitions presque insensibles entre ces deux divisions. L'épine ou la pointe métasternale se prolonge généralement au-delà de la hanche. Les Hydrophilaires peuvent être partagés en deux rameaux :

[ court ; cremé d'ane 'gouttière à m pMiie postérieure

ou supéro-|M>ttérieur<*. BfOftoraiL&TEt.

I relevé en caréae, et laos gouttière à tt ptriie pottérieure

i ^ou supéro-pofttérieure. BiDHàTit.

Prottrroum *

Dernier trti-

Les Hydrophilales se partagent eux-mêmes en deux genres :

' plus court que l'aTtot dernier. Septième et huitième articles des tntenoes luoulét. Pièce prébatilaire non creusée d'une fossette tnoodie. GouUiére prosterntle ordintiremeot presque horizontale ou déclive d'avant en arrière. Cinquième arceau ventral inerme. Ongles des pieds intermédiaires et postérieurs armés chacun en dessous d'une dent à moitié aussi longue que la

branche principale. BydrophUus^

cle des paU/

pet maul-\ pre^iue aofsi long, aussi long ou plus long que l*avaot laires 1 dernier. Septième et huitième articles des antennes

non lunules. Pièce prêbasilaire creusée d'une fossette arrondie pour recevoir la tète du prosternum. Celui-ci creusé d'une fossette ordinairement verticale. Cinquième arceau du ventre généralement armé d'une épine» rarement réduite & une faible carène. Ooglea des pieds intermédiaires et postérieurs munis chacun d*uoe dent presque nulle ou très-courte. T)ropUtemuê,

Genre Tropisiernus , TtoFiSTsaiiB ; Solier (*).

(rpo?:ic, carène» ortpvov, sternum.)

C^ftAcràREs/ Dernier article des palpes maxillaires presque aussi long, aussi long ou même un peu plus long que TavaQl

(«) iiiMlss de Iq So€. ênum, , t. 3 , p. 901 et SOS.

168 PA.LPICORIÎCES.

dernier. Labre el épUtome transverses. Mandibules cachées; bifides ou bidenlées à rexlrémilé. Mâchoires à deux lobes ; ciliées. Menton presque rectangulaire , un peu plus large que long. Antennes de neuf articles : le premier grand , déprimé , un peu arqué : le deuxième moins long , subcylindrique : les troisième à cinquième courts : le sixième élargi en entonnoir ou en oublie : les septième à neuvième subcomprimés, transverses, constituant avec le précédent une massue à peu près aussi longue que les cinq premiers réunis : les septième et huitième, non lunules : le neuvième moins court. EcussongvdinA ; en triangle. Pièce prébasilaire creusée d'une fossette pour recevoir la tête du prosternum : celui«ci creusé à sa partie postérieure d'une gouttière verticale ou presque verticale, pour recevoir la partie antérieure du mésoslernum. Mcso et metasternum constituant une saillie continue : le mélaslernum terminé par une pointe prolongée au-delà de l'extrémité des trochanters. Fentre ordinairement de cinq arceaux , offrant parfois une partie du sixième visible : le cinquième généralement armé d'une épine , rarement réduite à une faible carène. Pieds comprimés. Tarses intermédiaires et postérieurs longuement ciliés d'un côté. Ongles sans dent ou munis seulement d'une dent rudimentaire ou très-courte à la base de chacune de leurs branches.

Obs. a en juger par vingt espèces différentes examinées dans la magnifique collection de mon ami M. Perroud , la fossette prébasilaire , la direction de la gouttière prosternale et l'épine du cinquième arceau ventral, seraient, avec la longueur proportionnelle et un peu variable du dernier article des palpes maxillaires, les caractères les plus saillants de ce genre.

Il est étonnant qu'aucun des auteurs qui ont décrit ces insectes n'aient fait mention de l'épine parfois si prononcée dont le cinquième arceau ventral est armé.

ADDITIONS ET OBSERVATIOICS. 169

TropistoPBVft apicipalpift, Cheyrolat.

Elliptique ; cTun noir olivacé , en deisus : palpes et antennes (Tun rouge iestacé : dernier article des premiers , noir à son extrémité : massue des secondes Sun noir grisâtre. Tête armée de deux rangées de points convergentes sur le milieu du front , avancées , puis courbées jusquau milieu du devant de chaque œil. Prothorax marqué près des côtés d'une rangée courte et oblique de points. Elytres presque lisses. Dessous du corps et pieds noirs : ceux-ci bruns ou d'un brun rougeâire vers les genoux. Cinquième arceau du ventre orné sur la moitié antérieure de sa ligne médiane , (Tune forte épine comprimée et mi-relevée,

BydfophUuê apicipalpis, CusvaoLAT, Coléopt. du Mexique, première centurie , troisième

fascicule (1834).

Tropitternits apicipalpit y oi Gaatilhao , Bist. Nat. t. î. p. 53. 3. — LACoaoAiaa ,

Gêner, t. I. p. 45Î.

Loug. 0,0123 à 0,0135 (5 1/2 à 6 1). Larg. 0,0001 à 0.0067 (2 3/4 à 3 I.).

Corps elliptique ou ovale oblong; médiocrement convexe; glabre; presque lisse; d'un noir olivacé, en dessus. Télé penchée; presque en triangle tronqué en devant; médiocrement convexe; d'un noir olivacé; lisse, marquée d'une rangée de points naissant vers le milieu du bord antérieur de chaque œil , avancée et courbée du côté interne, puis prolongée en arrière jusque sur le milieu du front, où elle se réunit en courbe étroite à sa pareille. Parties de la bouche et palpes d'un rouge testacé pâle : dernier article de ceux-ci, noir sur son dernier tiers postérieur. Antennes d'un rouge testacé pâle , avec la massue d'un noir grisâtre. Yeux d'un blanc livide , au moins après la mort , échancrés à leur partie postérieure. Prothorax bissinué en devant, avec les angles antérieurs anguleusement avancés dans réchancrure postérieure des yeux ; élargi en ligne un peu courbe d'avant en arrière ; coupé à la base en ligne presque droite ou plutôt très-légèrement arquée en devant , tronquée au devant de l'écusson , et légèrement sinuée de chaque côté de cette tronca-

1 70 PALPICORIf ES.

(ure ; élroilement et à peine rebordé sur les côtés, dont les bords sont tranchants en dessous; sans rebord à la base; près d*une fois aussi large à celle dernière qu'il est long sur son milieu ; convexe ; lisse , marqué de chaque côlé , d'une rangée oblique de poinls , naissant vers le tiers ou les deux cinquièmes de la longueur du segment prothoracique , près du bord latéral dont elle reste isolée, obliquement dirigée vers le centre, prolongée jusqu'aux trois cinquièmes environ de la longueur et le quart externe à peu près de la largeur ; d'un noir olivacé. Ecusson triangulaire , plus long qu'il est large à la base ; lisse ; d'un noir olivacé. Elytres aussi larges en devant que le prothorax à sa base ; trois fois environ aussi longues que lui ; à peine élargies jusque vers la moitié de leur longueur, rétrécies ensuite en ligne courbe jusque près de l'angle suturai , où elles sont obtuses ; très-étroilement rebordées; médiocrement convexes; presque lisses, offrant, à une forte loupe, des rangées de points longitudinales, superficielles et peu distinctes ; d'un noir oliracé. Repli réduit à peu près à une tranche , par suite de sa surface repliée en dedans , graduellement rétrécie d'avant en arrière, offrant une sinuosité vers le milieu de sa longueur. Dessou$ du corps noir; garni d'un court duvet qui le fait paraître d'un noir légèrement olivâlrû. Méso et métasternum saillants, presque plats en dessus : le mésosternum élargi dans son milieu : le métasternum faisant suite au précédent graduellement rétréci en pointe prolongée un peu au-delà du premier arceau ventral. Cinquième arceau ventral armé sur la première moitié de la longueur de sa ligne médiane d'une épine comprimée, obliquement relevée. Pieds noirs ou d'un noir brun, passant graduellement vers l'extrémité des cuisses et surtout sur les genoux au brun rouge ou même au rouge brun. Cuisses pubescentes à la base et presque jusqu'à la moitié de la longueur , glabres ensuite. Jam^ bes de devant lisses , ornées près du bord externe d'une rangéo longitudinale de points donnant chacun naissance à un poil sou*

ADDITJOMS ET OBSBAVATIONS. 171

Teni usé : jambes intermédiaires et postérieures ponctuées et garnies sur leurs deux tranches de poils spiniformes : les intermédiaires un peu moins longues que les trois premiers articles des tarses réunis.

Celte espèce a été prise au nombre de deux exemplaires par M. Robert , dans un ruisseau des montagnes des Maures (Var).

En créant le genre Sternolophusy Solier n'a pas indiqué la longueur approximative de la pointe mélaslernale, et M. de Castelnau (*) dit que le sternum est prolongé en arrière en une pointe très-courte. Celle indication m'avait porté à établir le genre Helobius (*) sur une espèce de Slenelopbe, ayant l'épine prolongée jusqu'un peu au-delà de la moitié du second arceau ventral. Mais ayant eu depuis celle époque Toccasion de revoir les insectes de la collection Dejean, acquis par M. le docteur Jourdan pour le Musée de Lyon , j'ai reconnu que les espèces rentrant dans le genre établi par Solier , avaient l'épine metasternale assez longuement prolongée. Le genre Helobius doit donc être supprimé.

Voici la description de l'espèce sur laquelle il était fondé. Steraolophos noticollls ; Mdlsant.

Ovale allongé ; dtm brun olivâtre et brillant en dessus. Palpes et base des antennes d'un fauve testacé ; extrémité des premiers^ noirâtre. Prothorax marqué de chaque côté de deux rangées de points^ naissant presque du bord latéral : Tantéricure^ arquée : la postérieure obliquement dirigée en arrière. Ecusson moins de rnoitié plus long que large, Elytres à quatre rangées striâtes de points : les deux internes^ prolongées presque jusqu'à {extrémité et postérieurement réunies. Dessous du corps brun : côtés du ventre tachés de fauve obscur. Pieds de devant fauves , à base brune.

(*) Qitt. nat. t. 8. p. 56.

(*} Mémoiret dt Tactd. des se. de Lyon, nouv. série. I. f . (I85i) p. 75.

172 PALPICORKES.

Helobiia noticoUùt Mou. Mém. do l'acad. det fc. de Ljroo, oont. série I. i. (IStl) (clatse detic. ) p. 75.

Lon. 0»OI07 (4 &/4 I.). Larg. 0,0056 (3 1/S 1.).

Corps elliplique ou en ovaie allongé; d'un brun olivâtre; lisse el brillant, en dessus. Télé subeonvexe ; marquée de chaque côté du front d'une sorte de ligne enfoncéei arquée ou anguleuse, formée par des points , naissant vers le bord anléro-interne de chaque œil , plus densement ponctuée dans sa moitié antérieure et s'éloignant graduellement de l'œil , dont elle se rapproche progressivement dans sa seconde moitié ; ornée sur Tépistome de deux arcs formés par des points, isolés Pun de l'autre par un espace égal environ au quart médiaire de la largeur, suivant chacun presque parallèlement le bord externe de l'épistome, jusque vers la partie postérieure de celui-ci. Palpes testacésou d'un roux livide avec l'extrémité du dernier article brièvement noirâtre. Jntennes d'un roux livide ou testacées, à massue d'un noir ou brun gris. Prothorax tronqué peu régulièrement en devant et en arrière ; élargi en ligne presque droite, et très^troite* ment rebordé sur les côtés ; convexe ; marqué de chaque côté da deux rangées de points : l'antérieure, arquée, naissant du bord externe, au septième de sa longueur, étendue jusqu'aux trois septièmes de sa largeur, d'abord presque parallèlement au bord antérieur, puis dirigée en arrière : la deuxième , naissant du bord latéral, un peu après le milieu de sa longueur, obliquement dirigée vers le quart interne de la largeur et les deux tiers de la longueur. Ecusson en triangle, moins de moitié plus long qu'il est large à la base ; plus large à celle-ci que le tiers de chaque étui. Elytres faiblement plus larges en devant que le prothorax à ses angles postérieurs qu'elles embrassent un peu; faiblement élargies en ligne à peine courbe, jusqu*aux trois cinquièmes ou un peu plus de leur longueur, terminées en ogive obtuse, prises ensemble ; médiocrement convexes ; marquées de quatre rangées

Page 1