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NOTICE SUR ROBERT BALLARD

Lettre au Rédacteur du Journal de Dijon et de la Côte-d'Or.

Dijon, H janyier <8Ϋ.

Monsieur,

Vous avez eu raison, dans votre feuille d'aujourd'hui, de relever l'erreur d'un journaliste qui plaçait le premier de l'ancienne famille des Ballard, imprimeurs sous Charles IX, en 1552. Voici quelques détails qui viennent à l'appui de votre observation :

Ballard (Bobert), premier du nom, est né sous François Ier. Il a été reçu libraire et imprimeur du Roi, pour la musique, en 1551, et non en 1552; il a exercé pendant les huit dernières années du règne de Henri II (jusqu'au 10 juillet 1559), pendant le court règne de Charles IX (jusqu'au 31 mai 1574), pendant le règne de Henri III (jusqu'au 2 août 1589), et enfin, pendant les dix-sept premières années du règne de Henri IV (jusqu'en 1606),

époque de la mort de Ml imprimeur. Ainsi, il a exercé son étal pendant cinquante-cinq ans.

II serai! trop long de détailler la série généalogique de la famille depuis ce Robert jusqu'à celui qui vient de mourir, et qui consiste en sepl têtes (non compris les veuves) qui se sont succédées, dans la carrière typographique, pendant deux cent soixante-quinze ans, et qui ont toujours eu le privilège pour imprimer la musique en caractères mobiles.

C'est à ce titre que l'un de ces Ballard (Jean-Baptiste- Christophe), reçu libraire-imprimeur en -1694, et mort en 1750, a imprimé la musique des Noëls de La Monnaye, de l'édition de 1738, donnée par les soins de M. Lantin de Damerey. Cette édition, comme vous le savez, est in-12, et renferme 12 pages non chiffrées, 24 pages de musique, 412 pages pour les Noëls, 301 pages pour le glossaire, suivi de l'éloge de La Monnoye, enfin 12 pages en chiffres romains pour la table : en tout 461 pages.

Voici l'extrait de ma notice de cette édition quant à ce qui regarde la musique des Noëls :

« Cette musique est imprimée séparément, en caractères mobiles, avec une pagination particulière et en notes carrées comme le plain-chant, et cependant sur cinq portées. Il y a, sous la première ligne de la musique de chaque noël, les premiers mots du noël avec un chiffre qui renvoie à la page du volume où se trouve ce noël : ce qui indique que cette musique a été faite pour cette édition. On lit au bas de la 24e et dernière page : « De l'imprimerie de Jean- Baptiste-Christophe Ballard, seul imprimeur du Boi pour la musique, mdccxxxvii. Avec privilège du Roi. » Je fais

cette remarque sur ce recueil de musique, parce que j'ai trouvé dans d'autres éditions un autre recueil qui diffère de ce dernier en ce qu'il est sans date et imprimé en caractères beaucoup plus forts; aussi a-t-il 36 pages. Les notes sont toujours carrées. Le premier couplet de chaque noël est entièrement imprimé, et les paroles sont régulièrement disposées sous les notes pour suivre le chant. A la fin des 36 pages on lit : « De l'imp. du Parnasse, avec privilège du Roi. » Ce recueil de musique, qui a l'air gothique, ainsi que le précédent, peut s'adapter à toute édition in-12 et in-8° des Noëls; on le trouve quelquefois dans l'édition de 1720. Mais a-t-il été publié par Ballard ? cela est très douteux, car il n'eût pas manqué d'y mettre son nom, pour s'en réserver le privilège, comme il l'a fait pour l'édition de 1738. » Je ne prolongerai pas cette note, peu intéressante ainsi isolée, mais dont cependant j'ai cru devoir vous faire part, puisque d'un côté elle se rattache à l'article de votre journal sur les Ballard, et de l'autre, elle prouve qu'ils ont travaillé pour un ouvrage bourguignon qui a fait et fait encore quelque bruit dans le monde littéraire.

J'ai l'honneur, etc.

(Journal de Dijon et de la Côte-d'Or. 14 janvier 1826, n" 4.)

LISTE DES BOURGUIGNONS A l'académie française.

« L'Académie française s'est réunie le 13 avril pour nommer un successeur à M. le marquis d'Aguesseau; après un troisième tour de scrutin, M. Brifaut a été nommé membre de l'Académie. »

Cette nomination nous fournit l'occasion de faire remarquer que M. Brifaut (Charles), né à Dijon, le lo février 1781, associé non résidant de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de cette ville, est le onzième Bourguignon et le septième Dijonnais qui, depuis l'établissement de l'Académie française en janvier 1635, soit entré dans cette illustre compagnie. Nous y comptons en effet :

1°Bossuet (Jacques-Bénigne), né à Dijon le 27 septembre 1627, reçu en place de 31. Paul Hay du Châtelet (1) le 8 juin 1671; mort le 12 avril 1704, et remplacé lui-même par M. le cardinal de Polignac.

2° Mimeure (Jacques-Louis Vallon, marquis de), né à

(1) Ce M. du Châtelet est le premier qui prononça un discours de réception à l'Académie Française, lorsqu'il y fit son entrée. Il fut le trente-huitième des quarante premiers académiciens.

Dijon, le 19 novembre 1659, reçu en place du président Cousin, le 1er décembre 1707; mort à Auxonne, le 3 mars 1719, et remplacé par M. l'abbé Gédoyn.

3° La Monnoye (Bernard de), né à Dijon, le 15 juin 1641, reçu en place de Régnier des Marais, le 23 décembre 1713 (1) ; mort à Paris, le 15 octobre 1728, et remplacé par M. de La Rivère, évêque d'Angers.

4° Bouhier (Jean), né à Dijon, le 17 mars 1673, reçu en place de M. Nicolas de Malézieu, le 30 juin 1727; mort à Dijon (2), le 17 mars 1746, et remplacé par Voltaire.

5° Saluer (l'abbé Claude), né à Saulieu, le 4 avril 1685, reçu à la place de M. de La Loubère,le 30 juin 1729; mort le 10 janvier 1761, et remplacé par M. de Coëtlosquet.

6° Crébillon (Prosper Jolyot de), né à Dijon, le 15 février 1674, reçu à la place de M. de La Faye, le 27 septembre 1731 (3); mort le 17 juin 1762, et remplacé par l'abbé de Voisenon.

(1) Les cardinaux, membres de l'Académie, étaient très jaloux d'assister à la réception du poète dijonnais; mais à l'Académie il n'y avait que des chaises et la dignité du cardinalat exigeait l'honneur d'un fauteuil. Louis XIV, pour tout concilier, envoya quarante fauteuils à l'Académie, et par là sut allier l'égalité académique avec les honneurs dus aux princes de la cour de Rome. Ainsi l'origine du fauteuil académique date de la réception de La Monnoye.

(2) L'Académie française, jalouse d'associer à ses travaux M. Bouhier, que ses fonctions de président a mortier au Parlement de Bijon fixaient en cette ville, fit en sa faveur une exception en dérogeant à son règlement, qui exige la résidence de ses membres à Paris.

(3) « Son entrée à l'Académie, dit d'Alembert, fut marquée par une singularité qui n'avait point encore eu d'exemple. Il fit son remerciement en vers. Cette nouveauté fut d'autant plus goûtée, que le public était depuis longtemps fatigué de l'uniformité de ces harangues. Une autre circonstance du discours de Crébillon, c'est qu'au moment où il prononça ce vers :

Aucun fiel n'a jamais empoisonné ma plume,

le public, par des applaudissements réitérés, confirma le témoignage qu'il se rendait à lui-même.

7* LANGUIT de Gergy (Jean-Joseph), né à Dijon, le 25 août 1077; reçu à la place de M. d'Argenson, en juillet

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