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SUR QUELQUES PIERRES TUMULAIRES ANTIQUES

ET SUR UNE INSCRIPTION MODERNE , (.111 SB TlUll'VENT DVNS LE CIMETIÈRE DR SAULIEO (C0TE-d'<IR)

En passant à Saulieu, le 30 mai dernier (4829), j'ai visité le cimetière de la ville près l'église Saint-Saturnin, et j'y ai trouvé d'anciennes pierres tumulaires en granit, dont m'avait parlé précédemment notre confrère, M. Maillard de Chambure, et qu'il m'avait recommandé d'examiner.

Ces pierres, ou espèces de tombes, sont au nombre de trois, dont deux, placées debout et comme entreposées aux angles de la première partie du cimetière, n'offrent qu'un personnage sculpté dans l'épaisseur de la pierre ; la troisième, posée horizontalement, comme les tombes ordinaires, contre un des murs latéraux de l'église, offre deux personnages couchés à côté l'un de l'autre. Ces trois monuments paraissent remonter à une haute antiquité, si l'on en juge par l'état de dégradation naturelle où ils se trouvent; je dis naturelle, car les sculptures où l'on ne distingue plus ni traits de figure, ni bras, ni mains, ni même la forme de la

robe, semblent avoir été rongées et effacées par l'action lente du temps, plutôt que mutilées par le marteau destructeur; en effet, on ne remarque dans la pierre, ni entailles, ni piqûres, ni brisures. Non seulement ces tombes sont toutes trois dans le même état de dégradation ; mais deux autres, que j'ai trouvées hors du cimetière, sont absolument semblables. L'une est dans l'intérieur de la ville et sert de boute-roue au coin d'une rue, l'autre est dans les champs, à peu de distance de la ville, en espèce d'alignement avec des laves et autres pierres brutes qui servent de clôtures à une chenevière.

Comme ces deux dernières tombes se sont présentées à moi sans que je les cherchasse, il est présumable qu'il en existe beaucoup d'autres dans le pays. Et je crois, comme je l'ai dit, que toutes remontent à une haute antiquité. Saulieu (Sidoleucum) est une ville très ancienne et qui n'était pas éloignée de la capitale des Eduens (8 lieues). Elle avait un collège de druides, un temple dédié au soleil et un bois sacré, ainsi que son nom le prouve. Saint Andoche et saint Thyrse y portèrent les premières semences de l'Evangile dans le second siècle, et y reçurent la palme du martyre. Les monuments dont nous parlons sont-ils antérieurs ou postérieurs à cette époque ? C'est ce qui me paraît difficile à décider. Si les sculptures étaient moins frustes, si l'on y apercevait quelques traces du gobelet gaulois, de Yascia, de la saye, etc., on serait moins embarrassé pour conjecturer, à deux ou trois siècles près, celui auquel peuvent appartenir ces tombes ; mais leur état de dégradation, uniforme dans toutes, et leur nombre, qui a dû être considérable, me semblent devoir les reporter au

temps des Eduens et des Druides, c'est-à-dire au temps où Saulit'ii était une de leurs cités florissantes. Ajoutons qu'on a trouvé une certaine quantité de pareils monuments dans différents endroits du même canton, tels que La Roche, Thorey, Villargoix* etc. De plus, les vestiges d'une voie romaine, qui se remarquent à La Roche et à Saint-Didier, sont encore une preuve de l'ancienne splendeur de ces contrées.

Revenons au cimetière de Saulieu ; et passons des trois pierres tumulaires antiques dont nous venons de parler à un monument funéraire très moderne, que je crois devoir mentionner ici parce qu'il rappelle deux noms chers à la France, ceux d'Henri IV et de Sully. Placé entre l'église Saint-Saturnin et le mur de clôture du cimetière, ce monument consiste en une petite pyramide élevée sur un piédestal et surmontée d'une croix ; une des faces de cette pyramide présente l'inscription suivante :

Entrailles de Maximilien-Alexandre de Béthune Sully,

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