SUR PAQUES DE
Le fête de Pâques, en 1818, sera célébrée le 22 mars; il est très rare de la voir arriver aussi tôt. Depuis la réforme du calendrier par Grégoire XIII, en 1582, jusqu'à ce moment, on ne compte que trois années qui ont eu Pâques d'aussi bonne heure : ce sont les années 1598, 1693 et 1761; et, depuis 1818 jusqu'à l'an 2,000, on ne l'aura pas une seule fois aussi tôt. Ainsi, dans l'espace de 418 ans, Pâques ne sera tombé que quatre fois au 22 mars, savoir: en 1598, 1693, 1761 et 1818.
On sait que le concile de Nicée, tenu en 325, a fixé le jour de la célébration de la Pâque au dimanche qui suit le quatorzième de la lune de l'équinoxe du printemps. Telle est la cause de la mobilité de cette grande fête ; il en résulte que le plus tôt que peut arriver le jour de Pâques est le 22 mars, et le plus tard le 25 avril. Nous avons vu plus haut que, dans l'espace de 418 ans, Pâques n'arrive que quatre fois le 22 mars ; il en est de même pour sa célébration au 25 avril, qui est le point le plus reculé. Il n'a pu ou ne pourra tomber ce jour-là, dans le même espace de temps, qu'aux années 1666, 1734, 1886 et 1943; pour toutes les autres
années, il arrive, sans aucune espèce de régularité, à l'un des jours intermédiaires entre le 22 mars et le 25 avril.
Cri ir irrégularité a toujours été vue avec peine, surtout par les savants. Le célèbre Bernouilli désirait beaucoup que l'on fixât à jamais le jour de Pâques au premier dimanche après L'équinoxe du printemps. Par là, les gens même du peuple auraient toujours su à quoi s'en tenir, au lieu qu'ils ne comprennent rien aux variations continuelles qu'entraîne l'ancien usage. Combien même de gens instruits qui ne se sont pas donné la peine d'en approfondir les raisons! Ce n'est cependant pas faute d'auteurs qui ont écrit sur le calendrier. Le nombre en est considérable; mais on distinguera toujours, parmi tous ces traités, celui que l'on trouve dans le cinquième volume des œuvres de Gassendi (Lyon, 1658; 6 vol. in-fol.; ou Florence, 1727; 6 vol. in-fol.); il est plein de clarté comme tous les ouvrages de ce grand homme, dont le mérite n'est pas assez connu.
Gab. P.
(Journal de la Côle-d'Or, 26 novembre 4817, n* 94.)