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CONSIDÉRÉ COMME FATAL AUX PROVOCATEURS DE RÉVOLUTIONS

11 en est des mois comme des jours : ils se suivent et ne se ressemblent pas; à quelques-uns semble attachée une fatalité qui échappe aux autres : par exemple on a remarqué en général que le mois de juillet a été le plus funeste aux provocateurs de révolutions, aux conspirateurs, aux régicides, etc. Les faits suivants puisés dans l'histoire, et exposés très brièvement dans cette notice, viennent à l'appui de cette observation.

Le 17 juillet 1345, Jacques Artavelle, brasseur de bière à Gand, qui s'était mis à la tête des Flamands révoltés contre Louis de Nevers, comte de Flandre, leur prince, est massacré et mis en pièces dans sa maison par ces mêmes Flamands, fatigués du joug de ce tribun populaire.

Le 31 juillet 1358, Etienne Marcel, prévôt des marchands à Paris, homme séditieux cl entreprenant, qui, pendant la prison du roi Jean à Londres, avait ameuté le peuple contre le dauphin, régent du royaume, esl massacré par ce même peuple dont il avait été l'idole, et qu'il avait poussé à tous les crimes.

Le 15 juillet 1584, Balthazard Gérard, né à Villafans (Haute-Saône), subit à Delft un supplice épouvantable, pour avoir, le 10 du même mois, tué, d'un coup de pistolet, Guillaume de Nassau, prince d'Orange, chef de la république de Hollande.

Le 16 juillet 1647, Thomas Aniello, plus connu sous le nom de Masamello, pêcheur sur le port de Naples, après avoir appelé le peuple à la révolte contre le vice-roi (le duc d'Arcos), à l'occasion d'un panier de figues, est massacré par ce même peuple dans l'église des Carmes. Sa domination tyrannique n'a duré que neuf jours.

Le 25 juillet 1685, le duc de Monmouth, neveu de Jacques II, roi d'Angleterre, ayant conspiré contre ce prince, est pris et décapité à Londres, après avoir perdu la bataille de Sedgemoore, le 5 juillet.

Le comte cI'Argyle, son complice, avait été pris et exécuté à Edimbourg, le 11 du même mois.

Le 13 juillet 1793, Jean-Paul Marat, membre de la Convention, l'homme le plus sanguinaire qui ait jamais existé, tombe sous le poignard de Marie-Charlotte Corday, âgée de 25 ans. Cette autre Judith est arrêtée; on instruit son procès, et quatre jours après son acte d'héroïque dévoûment, c'est-à-dire le 17 du même mois, elle est condamnée à mort et exécutée.

Le 28 juillet 1794, Maxfmilien Robespierre, âgé de 35 ans, tyran de la Convention, le premier et le plus ardent provocateur de la mort de l'infortuné Louis XVI, le plus inflexible pourvoyeur de l'échafaud, expie ses crimes par un supplice que les antécédents rendirent affreux; l'agonie douloureuse qui précéda ce supplice fut de vingt-quatre heures, et le moment fatal fut encore plus terrible.

Mais un rapprochement assez singulier, c'est que longtemps avant cette catastrophe, Robespierre, dans la distribution de l'année républicaine en fêtes décadaires, avait consacré le 10 thermidor (28 juillet) au malheur; il ne se doutait guère qu'il traçait lui-même l'horoscope de ce qui devait lui arriver, jour pour jour, un an après.

Le 11 juillet 1836, Louis Alibaud, âgé de 26 ans, condamné, par arrêt de la Chambre des pairs du 9 juillet, à la

peine dos parricides, pour avoir attenté ;mx jours de Louis- Philippe, roi des Français, le 28 juin précédent, subit son

jugement à la barrière Saint-Jacques, ledit jour 11 juillet.

Le 12 juillet 1839, Armand Barbés, dit Durocher, âgé de 29 ans, s'étant déclaré le chef de l'insurrection des 12 et 13 mai précédents, marquée au coin de la révolte et de l'assassinat, est condamné à la peine de mort par arrêt de la Cour des pairs, prononcé à neuf heures du soir dudit jour 12

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