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SUR M. LE BARON PERRENEY DE GROSBOIS

L'ancienne magistrature et le département de la Côted'Or viennent de faire une perte bien sensible dans la personne de notre illustre concitoyen, M. le baron Perreney de Grosbois, le dernier survivant des premiers présidents au parlement et probablement le doyen de la magistrature, décédé dans sa terre de Grosbois, le 46 mai 1840.

Ce digne magistrat est né à Dijon, le 17 avril 1756, de Jean- Claude -Nicolas Perreney, conseiller et procureurgénéral au parlement de Bourgogne, plus tard premier président au parlement de Besançon, et de Anne-Philippe- Louise Fyot de Mimeure.

La longue et honorable carrière de M. de Grosbois commença par son entrée au parlement de Paris, le 24 avril 1776, en qualité de conseiller en la chambre des enquêtes, puis maître des requêtes. — Il obtint par lettres du roi, en date du 25 juillet 1779, la survivance de M. son père comme premier président au parlement de Besançon; il entra en

fonction le 19 juin 1786 (il avait épousé, l'année précédente, Mlle Anjorant, dont le père était conseiller du roi en ses conseils et président de la seconde chambre des enquêtes au parlement de Paris).— En 1788, M. de Grosbois fut exilé avec sa compagnie, se retira au château de Salam, et fut rappelé en octobre de la même année. — En 1786 et 1788, il fit partie des assemblées des notables convoquées à Versailles par le roi ; et il est le dernier qui ait survécu aux membres de ces deux assemblées. — En 1789, il fut député delà noblesse et du bailliage de Besançon aux étatsgénéraux. —En 1815, il fut appelé à siéger aux chambres par le vœu des électeurs de Besançon et de Dijon , mais il opta pour sa ville natale. — A la même époque, on lui conféra le titre de conseiller d'état honoraire; puis il fut appelé à la chambre des pairs, où il siégea jusqu'en juillet 1830. Ici se termine la carrière politique de M. de Grosbois, carrière qu'il a constamment remplie de manière à se concilier l'estime et la considération de ses concitoyens. Dès lors son grand âge et ses goûts particuliers l'ont déterminé à se retirer du monde pour vivre dans sa terre chérie, où le principal objet de ses soins fut de répandre d'abondantes aumônes sur les nécessiteux, dont il était vraiment le père.

(Journal de la Côte-d'Or. 22 mai 1840, n° i

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