‹ Opuscules historiques relatifs à Jeanne Darc, dite La Pucelle d'OrléansChapitre 11 sur 31 · SUR CHARLES DU US. XXXV · texte numérisé non relu

SUR CHARLES DU US. XXXV

de ses fonctions. Par lettres aj^robativesdu roi en date du 8 mai 1629^ et sur la résignation du titulaire^ M« Le Bossu fut pourvu de son office et fut reçn^ comme avocat-général en la cour des aides , le 3 août de la même année '. Nous ignorons la date exacte à laquelle mourut €harles du Lis; mais on peut la limiter d'une manière très*approximative. Du Breton^ dans un ouvrage publié en 1631 y le mentionne comme une personne vivante*. Il n'existait plus en 1635; époque à laquelle fut réimprimé un de ses ouvi*ages composé^ dit le titre/ par fm messire Charles du Lis '.

Catherine de Cailly ^ épouse de Charles du Lis^ parait avoir été une personne très-distinguée. Charles du Lis la mentionne ou fait allusion à cette dame^ en plusieurs endroits de ses écrits^.

1 Tous les détails qui précèdent sont tirés des archives de la cour des aides ; direction générale^ à Paris^ section judiciaire, pièce 1, nO 593^ et registres Z, nO" 695, 696^ 698, 716, 790, 734, ^^k, 736, de l'an 1609 A l'an 1630, poMtim.

s Hiiloire du siège d*Orléani et de la PuceUe Jeane^ Paris, in-80. deuxième page de l'adoii,

^ Heetieil dee ordonnances, etc., eoneernant les Uns, etc. Voy. ci-après, dans la liste ttes ouvrages composés par du Lis, pages xy, xlij, note 9.

^ Voy. ci-après, pages 00 à 93, chapitre X.

IXXVl NOTICE

Les termes dont il use en ces endroits témoin gnent des Antiments peu communs que loi avait inspirés la compagne de sa vie. MadmnoiêeUe du Lis (car c'était ainsi qu'on appelait la femme d'un magistrat de son rang on d'un écuyer) partageait les goûtset le talent littéraires de son mari. Le RêcueU d'mseripîiani de 1628 se clôt par un sonnet dont elle est Fauteur ^ Etienne Pasquier, avocat-général à la cour des comptes, était devenu Tami intime de son collègue. Un commerce quotidien^ cimenté par de raultiides sympathies^ unissait à M. et à M»« du Lis Tauteur des Recherches de la Framee. On vmt^ par les lettres de Pasquier , qu'il faisait grand cas^ même littérairement parlant^ et du mari et de la dame. L'une de ces lettres , entre autres^ est^ pour notre goùt^ conq)létem/»it à l'avantage de Catherine de Cailly. En vdci le texte tout entier.

Pasquier à mademoiselle du Lis,

Vous me fistet cet honneur, le jour d*hier de me voir Taprèft-disnée : et la nuit suivante (comme j*eu8deux hevres à moy), je traçay ce sonnet que je vous envoyé, non comme bien fait, ains seulement pour vous tesmoigner que je ne veux demeurer ingrat envers vous de l'honneur qu*ii vous a {riiu me faire, en visitant celuy au

Vàfres 69-8, à la fin de l'uue ëes divisiou de ce Beeueil.

SUR CHAUli DU US. IXVnj

qael il ne reste ^n'ime borne volonté pow feifare plaidr et senrioe à M. vMtre mary , non meiHeor any , et à vons, tonles et qoames fok qne l'occasHm te p^ sentera et qae désireres en faire espremre. A Dien ; de Paris, eeTendredi matin 1 9 de septembre 4 64 4.

Tu m*a8 donc veu, bel esprit de 1» France»

Qui loge en toy, et la perfection.

Et de tous temps es en possession De nous braver par ta cbaste arrogance.

Mais qu*as-tu veu? celui qui vit en transe ; Qui, dans Paris, a fait professiop D*estre un bermite, ainçois un Ixion Las, aisiissé, qui roule et ne s'avance.

Brief, me voyant tii vois d an mesme pas L'homme qui vit et vivant ne vit pas, Atténué de sa longue vieillesse *.

Pour me porter le bsston je portois Quand tu m'as fait, au doux son de ta voix.

Dans mes vieux ans retrouver ma jeunesse.

Responêe de la dmoiMe à Posgutdr, le aamedy 80.

Pasquier, sage Nestor, vous estes parvenu A un &ge où chacun est désiré d'atteindre Et dont vous ne devez aucunement vous plaindre. Estant comme on orade entre nous recogneu.

* Etienne Pasquier, né eo 1599, mounit l'année sai vante, en 1615, âgé de 86 ans.

XZXVIIJ NOTICE

Si vous n'estiez vieilly, yous ne seriez tenu

Pour ce grand orateur, qui aux cœurs peut empreindre

La joye et la douleur, faire espérer et craindre;

Ny poète entre nous le premier devenu.

Ne TOUS plaignez donc plus, que rien ne tous irrite :

Si, dans ce grand Paris, vivez comme un hermite,

SHl vous faut, pour marcher dans la chambre, un baston ,

Vostre chambre est Taccueil des filles de mémoire ;

Vous estes leur Phébus, leur support et leur gloire :

Vostre baston les règle et leur baille le ton.

Pasquier à la demoiselle, le dimanche 24 .

Je suis entre Apollon et vous ma Iftnémosyme ; Quant est de mon trespas, je ne Tay redouté ; Sinon qu'en me perdant je perds votre beauté. C'est-à-dire Tobjet d'une dame divine K

Charles du Lis survécut aux mâles de la branche aînée de sa famille*. Son frère Luc vivait en 1628 et mourut sans postérité. Du mariage de Charles avec Catherine de Cailly naquirent deux fils et deux filles. Le premier enfant s'appela Charles comme son père. Un document peu connu fournit^ au sujet de ce

^CBunres eamplèéei de Poêquier, 1793/ in-f^, tome u^ colonnes 667-668. — Peut-élre faut-il lire... d'une /lamwM divine ?

« Voy. ci-après page 107, noie 1.

SUR GHARLBS DU US. XXlix

jeune homme, la courte notice biographique que voici :

Charles du Lis , arrière-petit^eveu de la Pueelle d*Orléans , boursier du collège de Boîssy à Paris , quoique étranger à la famiUe des fondateurs, fut pourvu par le chancelier de l'Universiié de la charge de principal dudit collège. Âgé de dix-sept ans, il succéda à son prédécesseur, sur la démission de celui-ci, le 99 juin 4603. Il est surprenant de voir un principal sous la tutelle ou curatelle de son père, même après sa majorité. Charles du Lis , avocat-rgénéral de hi cour des aides, a toujours gouverné le collège du vivant de son fils. Étoit-il foible d*esprit?.. Un tel gouvernement a duré vingt-sept ans. Charles du Lis mourut le 26 juillet 4 629, âgé de 44 ans, et fut enterré dans la chapelle du collège ^ .

Aux termes des statuts de l'Université, la charge de principal entrahiait le célibat de la part du titulaire. Charles du Lis le fils mourut donc sans postérité. Charles du Lis, avocat-général, avait rédigé un projet de lettres-patentes,

1 Abrégé chronologique de la fondation et hiitoire du collège de Boitty, avec la généalogie de la famille de» fondateurs, 1724 ; réimprimé en 1763, par le» »oin» de M. 'Chevillard, principal dudit collège. Paris, in-folio ; imprimé en taille-douce (Archives du collège, à la direction générale : M, qû 346, feuilles D.E).

X NOTIGK

dkmi le UaAe se eonserve parmi les mmuscrits de Peiresc à Carpentras^ et dont nous aurons occasion de reparler. Ces lettres patentes^ ana^ logues à celles que lui-même avait obtenues en 1612 pour lui et son frère^ auraient eu pour objet de conférer à son fils^ marié à une demoiselle de Cailly , Tautorisation de porter sur les armes paternelles écartelées Técu de Cailly^ en cœur. D'après cela^ notre personnage aurait eu un êecimd fils marié* Mais les lettres ea (Joe»^ tkm deoidurèrent à Tétat de projet, el cette alliance ne laissa point de postérité qui nous soit connue. Françoise du Lis, la première des filles, épousa Louis Quatrehommes et fut mère d'autre Louis Quatrehommes. Le gendre et le petit-gendre de Charles du Lis furent conseillers à la cour des aides et perpétuèrent, dans cette magistrature, le souvenir de Tavocat-général. Enfin, Catherine du Lis, la dernière, fut mariée à Richard de Pichon, trésorier du roi en Guyenne. Us eurent pour uniques héritiers François et Yalentine de Pichon, leurs enfants : François se fit carme et Yalentine carmélite à Bordeaux.

Les ouvrages de Charles du Lis sont les suivants, rangés, autant que possible, par ordre chrcmologique :

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