DE SES FRERES, L'AN
AGQUBS OU Jacob DARC, père de ladite Pucelle, fut natif du village de Sermaize^ près de Vitry-le-François, en Champagne S ^in^i surnommé plus communément par les historiens, et néantmoins appelle Day* par la chartre de son ennoblis-
1 Dans le diieoun et dans le iraUi iommaire du nom tin. y Charles du Lis abandonne ou eorrige la notion ici énoncée. Ce n'est plus A Sermaise^ mais à Geffonds, qu'il place le lieu de naissance de Jacques Darc^ père de la Pucelle.— V.
s Dn temps de Gbarles du Lls^ l'original des lettres d'anoblissement de sa famille était en Normandie , entre les
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sèment de ladite Pucelle et de ses frères : comme aussi par quelques autres tiltres et historiens qui luy attribuoient ce nom de Day plustost que Darc : et principalement en Normandie, où se trouve grand nombre des descendans du père et des frères de ladite Pucelle, Tun desquels est encore aujourd'huy gardien et dépositaire de Poriginal de ladite charte d'ennoblissement, sain et entier.
Eut pour femme etespouse Isabel Romée^ appelée vulgairement par le langage grossier du pays Zabillet, qui avoit vne sœur nommée Aveline^ mariée à vn nommé Roger, desquels est descendu Jean Roger, qui s'est faict ennoblir depuis, en conséquence de ceste alliance et parenté.
Et ont esté mariez demeurons, et enterrez touê deux au village de Domp-Remy, duquel estoit
maint d^aae braneh« alliée par 1m femmes. Mais il en existait une copie récenie et antkMitique inaérée an Tréser des chartes, à Paris, copie qui subsiste eneore A la direetieo généralo des Archives. Or^ cette copie ^ pleine de fautes, avait altéré le nom de la famille qui s'y trouve écrit : Dag. Cette même copie avait déjà été impriotée par les historiens et avait propagé cette leçon vicieuse. On trouvera, relativement à cette particularité, des éclaircissements développés dans mes Nouoellet reehêrekeê tur la famille de Jeaume Dare^ etc. Paris^ Dumoulin, 1854, in-8«, page 16, N<» S et 3, et page 30.— V.
natifve et habitante ladite Isabel Romëe^ qui est YD secours ou hameau dépendant de la parroisse de Greux : comme il est escrit au livre des obits dudit lieu^ en ces mots : /aco6 Dore H ZabiUet sa femme ont donné au curé de Dompremy ehaeun deuœ gro8 bixrroie par an pour leurs obits.
Van 1482^ Et sont lesdits deux villages, de France^ souz vne parroisse et secours de parroisse^ en partie du bailliage de Ghaumont-en-Bassigny, et en partie du bailliage de Bar^n^Barrois, estans lesdits deux villages de Greux et Dompremy situes entre lesdits deux bailliages, sur vn ruisseau qui les sépare et divise^ et lesdits deux bailliages entièrement souz la souveraineté et hommage de la couronne de France^ et au ressort de la juris*diction du Parlement de Paris^ en la prévosté de
* Ce passage a été également supprimé par Du Lis dans ses deux dernières éditions. H contient^ en effet, la trace de renseignements inexacts : Jacqnes Darc était mort vers 1431 et Isabelle Romée en 14SS. Je croirais volontiers que cette erreur-ci provient non pas d'une notion essentiellement fausse, mais de quelque faute de lecture ou de rédaction. Sqr Tobituaire de Donremy, consulté ou allégué par Du Lis , il y avait sans doute en regard du jour et du mois : « Jacob Barc et Zablllet, sa femme. » Puis , au dessous : [JY. N»] (Claude du Lis, fils de Jean du Lis et Nicole Thiesselin , sa fenkme T) ouf donmi cAiurtm deux gro$ barr^ii pour leurs obitt^ l'au 1483.— V.
Vattcottleiirs pour ce qui est de Chaumont^ et de Gondrecourt pour ce qui est au ressort du bailKage de Bar, le tout au diocèse de Toul.
Ont êu plusieurs enfans^ dont ils n'en ont laissé que quatre à la mémoire et cognoissance des historiens% sçavoirest trois fils et une fille*, nommée et engendres par cet ordre, que Jacques fut le premier nay, Jean le second, Jeanne ou JeanneUe la troisième, et Pierre le dernier.
Ceste fille ffU inspirée de DieUy et par luy suscitée et envoyée en Faage de dix-huict ans seulement, sur la fin de l'année 4498*, vors le roy Charles septiesme pour le secourir et la France contre les Anglois, comme en appert amplement par le tesmoignage de tous les historiens qui ont escrit de son temps. Et pour cela fut appellée pour lors et premièrement, la Pucelie de France, comme il se Toit par la pluspart des tiltres, chartes fit contracts du temps, faisant mention d'elle ou de ses frères qui furent favorises et recommandez à cause d'elle, sous ceste qualilé de Jeanne leur sœur, appellée la Pucelie de France. Ne fut appd-
i et t Celle réserve est parfaitemeat judicievse. Ainsi le proeés de condamnation nous apprend que la Pncelle avait eo une scsur nommée Catherine. Mais elle mourut avant l'anoblissement et n*a pas été connue des historiens. — V.
' Du Lis suit ici l'ancien style ou comput des historiens du quinzième siècle. La venue de Jeanne est de 14ao,N. S. — ^V.
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lée Vierge, combien qu'elle le fost de faict et de ▼œn, peur d'approcher tropambitieusementdanom incomparable de la très-précieuse Vierge Marie.
Et néantmoins depuis par les historiens elle a esté et est aujourd'huy plus communément appellée la PuceUe d'OrUanê, à cause de la gloire qui luy est plus particulièrement attribuée, et à elle seulle quasî^ de la levée du siège de ladite rille, qui avoit esté par sept mois assiégée dès le 12 octobre 4 428^ et fort pressée par les Anglois^sansespérance d'autre secours que d'elle, qui y entra le 29 avril 4429, après Pasques, et fit lever le siège le septiesme may ensuivant^ en huict jours seulement, comme il se recognoist plus particulièrement par les historiens qui en ont escrit.
Elle fut premièrement annoblie par le Roy, en faveur de la levée du siège de ladite ville d'Orléans; ensemble sesdits père et mère, avec ses trois frères, tous dénommez par les lettres patentes en forme de Chartres, données à Meun-sur-Yèvre, au mois de décembre 1429, registrées en la Chambre des Comptes de Paris, lors transférée à Bourges, le 16 janvier ensuivant audit an 4429^, comme aussi fut annoblie par lesdites lettres tonte sa postérité, non d'elle qui avoit voué virginité, mais desdits père et mère, et de ses trois frères, tant en ligne
* Aacien style.— V.
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maKuiioe que féminine; comme il se praciique et eet confinné en tous leurs descendans, tant du costë et ligne des masles^ que des femmes seulement; principalement en Normandie^ par plusieurs lettres de déclaration et confirmation des rois successeurs dudit roy Charies septiesme, et par plusieurs arrests de la Cour des Aydes audit pays de Normandie.
Et depuis, en faveur aussi du sacre du roy faict h Rbéimsy par le conseil de ladite Pucelle^ et soubs sa principale conduite, déclarant et perséyérant tousjours avoir esté envoyée de Dieu pour cet effet, le Roy voyant la faveur céleste et générosité qui assistent ladite Pucelle, luy donna pouvoir et à ses frères de porter le lys, tant en leurs noniis qu'en leurs armes^ ce qu'ils acceptèrent^ et ont continué iusque aujourd'huy.
Jacques, donc son frère aisné, fui appelle Jacqu&mm, du vivant de son père, pour les distinguer ensemble, pour ce que le père portoit le mesme nom, comme qui diroit Jacques le ieune ou le petit Jacques. Et de ce premier frère aisné de la Pucelle, ne s'en trouve beaucoup de mémoire^ pour ce qu'il demeura sur les lieux, quand sa sœur vint en France, accompagnée de ses deux autres frères, et y est mort sans enfans auparavant ses deux autres frères.
Jean, second frère, se fist nommer du Lis, sui>
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vaut la permission du Roy^ foi pourveu de Toffioe de préTost à Yauconleun , par la libéralité du mesme roy Charles septiesme. C'estoit alors le plus grand et bel oftice de la plus proche ville. du lieu où il esioit natifs qui est le village de Dompremy^ en la prévosté de Vaucouleurs. Il mourut audit Vaucouleurs, y ayant longtemps exercé ledit office^ iusquesen Fan 4460.
Laissa trois enfans audit Vaucouleurs, Estienne^ Claude et NieoUe; dudit Claude est descendu Thévenin : dudit Thévenin est descendu Didier du Lis, qui fut gendarme de la compagnie de ce grand duc de Guise^ lequel fut tué deuant Orléans, Tan 4562. Dudit Didier du Lis sont descendus cinq eufans, Taisné nommé Claudêj qui fut bénéficier et curé de Dompremy, et s'est tousjours nommé par ses escrits et tiUres en latin Claudius à Lilio ; le second, AntikùiM^ lieutenant d'artillerie de Monsieur le duc de Lorraine : Nicolas et Françoi8y décédez sans enfans^ et une fille nommée J>id(m du Lis, vivante à Dompremy.
De cet Antoine sont descendus deux frères^ braves gentilshommes, l'un demeurant audit Vaucouleurs^ et l'autre marié en Lorraine à la fille du lieutenant des gardes de Monsieur le duc de Lorraine.
De ladite Didon du Lis est descendu M. Claude Noblesse, à présent curé dudict Dompremy^ et y demeurant avec sa mère. Vray est qu'ils escrivent
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et prononcent aucuns d'eux à la mode du langage grossier du pays^ DcUis pour du Us^ comme ils escrivent de mesme façon^ une fleur dalis pour une fleur de lis.
Pierre^ troisiesme et dernier frère de ladite Jeanne la Pucelle» fut appelé premièrement Pierr$Uo, conmie qui diroit Pierrot ou peiU Pierre, selon le langage du pays^ pour ce qu'il estoit le plus jeune et le dernier de tous ses frères, et se trouve ainsi nommé encore par les lettres d'ennoblissement : mais depuis ayant suivy la profession des armeS| prinl et porta le nom du Lis, suivant la susdite permission du Roy : fut faict chevalier^ et courut de grandes fortunes de guerre, comme il se Yoid amplement exprimé par des lettres patentes du duc d'Orléans, le 28 juillet 1443, vérifiées par M. Jean le Fuzelier^ général conseil* 1er ordonné par ledit sieur duc d'Orléans sur le faict et gouvernement de toutes ses finances, le lendemain S9 dudit juillet, par lesquelles ledict sieur duc donne en ces mots : A messire Pierre du Us, Chevalier, frère germain de la Pucelle de France, Jeanne, en faveur des services qui y sont mentionnez, une isle size sur la rivière de Loire, en la parroisse de Chécy, près d^Orléans, appellée l'Isle-aux-Bœufs, pour en jouyr la vie durant de luy et de Jean du Lis, son aisné fils, ainsi que le tout est fidèlement rapporté au compte du
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domame d'Orléans^ rendu pour l'année finie à la sainct Jean 1444, clos le 45 féviier 4446^ au feuillet 32^ et continuellement attesté par les autres comptes subséquens de près de cent années, qui sont tous en la Chambre des Comptes de Paris.
Le procès de révision et justification de ladite Pucelle Jeanne, fut faict et jugé Tan itë6y à la ponrsuitte dudit Pierre, son frère principalement, quasi tousjours présent; et y assistant leur mère; en ladite qualité de chevalier^ avec procuration dudit Jean, prévost de Vaucouleurs, son frère, comme il se void audit procès.
Ce Pierre du Lis, chevalier, laissa trois enfans^ deux fils et une fille. Jean du Lis^ Faisné, dict la Pucelle, comme il est ainsi appelle et qualifié par la plnspart de ses tiltres et contracts, espousa damoiselle Jeanne de Prouville, et fut premièrement demeurant en la parroisse de Sandillon, au lieu de Bagneauz, puis fut seigneur de Yilliers en la parroisse d'Ardon en Soliogne^ où il mourut sans enfans, ayant vendu sa terre , à la charge d'en jouyr sa vie durant. Il se trouve par les historiens et journaux du temps, qu'il alloit tous les ans à Orléans, le jour qu'on y célèbre la feste de la délivrance de ladite ville, qui est le huictiesme jour de may, et avoit l'honneur de marcher le premier à la procession solennelle qui s'y faict
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audit jour^ comme estant nepveu de ladite Pncelle, et Ton portoit devant luy un grand cierge allumé, auquel esloit attaché le porlraict et effigie d'icelle Pucelle.
Autre Jean du Lis le jeune et puisné, qui suivit la profession des armes, fut envoyé et nommé par le roy Loys unziesme pour eslre Tun des eschevins en la ville d'Arras, lorsqu'il la voulut repeupler, et restablir les grandes ruines qu'elle avoit souffert pendant les guerres, ainsi qu'il appert et est dénommé par les lettres patentes dudit roy Loys unziesme, contenant les grands privilèges octroyez pour le rétablissement de ladite ville, données à Chartres, au mois de juillet iÂSi, registrées et vérifiées en la Cour des Aydes de Paris, le iO septembre ensuivant. Là fut eschevin en ladite année liSf et l'an suivant 4482, et l'an 1483 eut lettres et don de bourgeoisie de laditte ville. Mais comme, depuis, ladite ville d'Arras fut soubstraite de Tobéyssance des Roys de France, il s'en retira et s'habitua en la ville de Lihons en Santerre, où il eut plusieurs enfans, et entre autres Jean du Lis, advocat au parlement de Paris, eut pareillement plusieurs enfans, entre lesquels Michel du Us, valet de chambre et chirurgien ordinaire du roy Henry second, après la mort dudit Roy, son maistre, s'habitua à Paris, où il a laissé Charles du Lis, Conseiller et Advocat
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général du roy en la Gonr des Aydes à Paris*, Luc dn lis, sod frère, aussi Conseiller et secrétaire dn Roy.
La fiUe fat nommée Marie du Lis, qui espousa François de Villebresme, Receveur du domaine d'Orléans |iar Fespace de plus de ^ ans, et jnsijnes en l'an 1800, qu'il mourut; François estoit fils d'un nommé Jean de Villebresme, et laissa une fiUe nommée Marie de Villebresme, qui fut mariée à Jacques Foumier, lequel la mena demeui^r en la rille de Caen, en Normandie, d'où il estoit
Dudit Jacques Foumier et Marie de Villebresme, sont descendus plusieurs enfans demeurans en Normandie, et trois entre autres, Robert, Charles et Jeanne.
Ce Robert fut premièrement receveur des tailles à Caen, puis Raron de Tomebus', et obtint lettres de confirmation et déclaration de sa noblesse, à cause de son ayeuUe maternelle, niepce de ladite Pucelle d'Orléans, données à Rouen, au mois d'oc* tobre 4550, registrées en la Chambre des Comptes à Paris, le dernier avril 1554 . Et depuis obtint autres patentes pkis expresses pour estre maintenu en ladite noblesse, bien qu'il ne fust descendu du
t AuU«r de ee méaoin.— V.
^ Tournebnt (Manche).— V.
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frère de ladite Pucelle qae par ligne féminine seulement, qui sont en grand'connoissance de cauae^ données à Fontainebleau y le deuxiesme juiUel i S56 j vériâées en la Gourdes AydesdeNorraaadie^ le 43 décembre 4608. Et en conséquence desquelles^ îl fut déclaré exempt des francs-fiefs et nouyeauz acquests, par arrest contradictoire et fort solennel, donné le 27 décembre 1565, par les commissaires députez pour juger en dernier i-essort les francsfiefs et nouveaux acquests.
Charles Foumier, son frère, fut lieutenant général en la viconté de Gaen, qui eut un fils, Jacques Foumier, successeur audit office, et dudit Jacques est yssu Josias Fournier, sieur d^ÂIlemagne, riche gentilhomme demeurant à CSaen.
Jeanne Fournier, leur sœur, espousa Lucas du Chemin, sieur du Feron, duquel elle eut un fils portant le mesme nom, qui a laissé deux fils vivants sans enfans et trois filles, Tune Denise du Chemin, mariée à Nicolas Le Verrier, duquel elle a eu Guillaume Le Verrier, sieur de Touille, demeurant près Barneville en Gontantin, qui, par arrest de Fan 4599, s'est faict descharger de trois cent cinquante escus à quoy il estoit taxé pour les francs-fiefs et nouveaux acquests : les deux autres filles, richement pourveuês, ont laissé grandes familles, tous ennoblis et jouyssans des privilèges de noblesse à cause d'elles*
Et en secondes nopces ladite Jeanne Foumier espousa monsieur Estienne Patrix, Conseiller au Parlement de Rouen^ duquel entre autres enfans^ elle eut damoiselle Magdelaine Patrix, mariée à Jean Ribault^ sieur du Mesnil^ dont est yssue damoiselle Charlotte Ribault^ aujourd'hu y femme de M. Thomas de Troismonts^ Conseiller au présidial de Caen^ qui a obtenu lettres confirmatives de sa noblesse à cause de ladite Pucelle d'Orléans, où la susdite généalogie est amplement exprimée, vérifiée en la Cour des Âydes de Rouen, avec grande cognoissance de cause, par arrest du 13 décembre 1608.
Et se peut dire que les deux damoiselles susdites, Marie de Yillebresme, arrière-niepce de ladite PuceUe d'Orléans, et Jeanne Foumier, fille de ladite Yillebresme ont peuplé la Normandie» es pays de Contentin et de Caen, de beaucoup de familles ennobhes à cause d'elles, et de leur estoc féminin, en conséquence des lettres d'ennoblissement de ladite Pucelle d'Orléans, et de ses frères, et de leur postérité, tant masculine que féminine; ce qui a tousjours esté très rare en France , et l'est encores àujourd'huy plus que jamais .