CHAPITRE VI
Généalogie du second frère de la Puceile.
SUFFIT pour ledit second frère de la PuceUe> nommé Jean du Lis^ qu'il se vérifie pleinement par le procès de la justification de ladite Pucelle^ qu'il a esté, et est encore en Tan 1456, préyost en ladile ville de Vaucouleury comme il se void par les procédures d'iceluy, et par plusieurs contracts. Par lesquels il est aussi manifeste qu'il eut trois enfans qui portèrent le mesme nom du Lis : Claude, Estienne, appelle Thévenin, à la mode du pays, et Marguerite.
Claude, Taisné, fut procureur fiscal es seigneuries de Greux et Domp-Remy, et se nommoit toujours Claude du Lis, comme il se void par plusieurs contracts qui se sont conservez en bonne forme, entre autres est, Tun du 19 avril 1483, par-devant de Murey, notaire à Neuf-Chastel, en lx)rraine; Pautre, du 20 avril 1489, signé de
Marcheville^ sieur de Sëraumont et de Greux en partie; et scellé da sceau armorié de ses armes, qui sont les mots dudit contract. Le troisiesme est en datte du 30 septembre 1490^ passé pardevant Estienne Girard , curé de Greux et de Domp-Remy^ prestre^ notaire juré en la Cour de Toul^ qui est un partage d'entre ledit Claude du Lis^ et Jean Thiesselin^ son beau-père, à cause de NicoUe Thiesselin^ femme d'iceluy du Lis. Le quatnesme est en datte du A juillet i498, par lequel les seigneurs de Domp-Remy et Greux-sur- Meuse, cèdent quelques héritages audit Claude du Lis^ leur procureur èsdites seigneuries, en la fin duquel contract est dit en ces mots : Et pour tesmoignage de vérité^ nous, Jean^ comte de Salme, devant nommé y h-noms et nous faisant fort de nos conseigneurs, comme dessus^ avons fait appendre nostre sceau à ces présentes lettres qui furent faites Fan que dessus. Et le cinquiesme est datte du i i juillet 1 502, passé et signé par Girard Thierrely, prestre^ curé de Greux et Domp-Remy, notaire juré de ladite Cour de Toul. Ësquels cinq contracts il est tousjours nommé Claude du Lis^ lequel mourut peu après ledit dernier contract, sans enfans.
Quant à Marguerite du Lis, elle fut menée par son ayeule, mère de ladite Pucelle, à Orléans, vers messire Pierre du Lis, chevalier^ son dernier fils,
ftO OUARLIS DU US.
Irère de ladite Pucelle^ el oncle d'iceUe Haiguerite» laquelle il maria à un gentilhomme son ▼oisin, Antoine de Bonnet ^ escuyer^ sieur de Monts, en la paroisse de Saind-Denis en Vaux, près d'Orléans; et laquelle recueillit par iq^rès^ en fan 1503, la succession de Jean du Lis^ fils aisnë dudit Pierre du Lis, son onclci décédé sans enfans audit Orléans, comme sa cousine gei^ nuâne, ainsi qu'il sera justifié cy-«près.
Reste Estienne, ou Thévenin du Lis^ qui eut trois enfansf Claude, Didier et Didon; ledit Claude du Lis, l'aisnéy fut prestre et curé de Graux et Uomp-Remy, qui ne s'est jamais autrement surnommé que du Ub, et en plusieurs de ses escrits qu'il a laisses en latin, se nommoit Claudine à LUio; duquel nous ne représenterons qu'une seule pièce entre plusieurs autres, qui est un testament solemnel et notable qu'il fit, escrit et signé de sa main, sous ce mesme nom de Claude du Lis, en présence de sa mère et de son frère, le 8 novembre 4549. Lequel testament, après son décès fut reconnu par sadite mère et sondit frèra par-devant un notaire public de la Cour de Toul , le 16 mai 1550, et signé Boleti. Par lequel après vingt-neuf legs pieux qu'il laisse à diverses églises, et plusieurs pauvres personnes, et neuf autres legs qu'il fait aussi à cinq niepces, pour aider à les marier, et è quatre nepveux pour les faire estudier, veut
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ertm enterré en Vé^^ Sûoci-Riai j dttlil Donp- Bemy^ dans la Qiapelle Nortre^-Dune da b Pttoelle, où il dit que toiit enterrat et lepoeoit les corps de ses prédécesseurs, et pour ayder à Teii* tielenement tPiceUe, donne et lègue dix francs de rente; comme de fait cette chapelle est encore aujonrdliay appellée la chapelle de k Pacelle et des du Lis, entretenue et réparée de leurs bien» faids.
Pour le regard de Didon du Lis, sa sœur, elle fit pareillement une donation fort solemnelle ausdits (piatre nepveux et cinq niepces tant d'elle que dudit Claude du Lis, son frère, lors décédé, pour estre tous enfans dudît Didier du Lis^ son autre frère, dès lors aussi décédé depuis le testa* ment dudit feu Claude du Lis, leur dit frère; lesquels quatre nepveux et cinq niepces sont par elle spécifiquement désignez par noms et surnoms au contract de ladite donation, et par ordre de leur naissance, en ces mots : Put présenU m sa personne nobk femme Didon du U$y vefve feu The^ venin Thieftéiy ^ demeurant d JOomp'BMiy'eur' Meuse, laquelle a reconnu, que pour le bon amour qu^éUe a et peut avoir de Aurry CoUn, dit des Hazarsy au nomet comme administrateur descorps et biens de Jeamne du Us^ sa femme^ Clauddn du Us, Antoine du Us^ Françoise du Lis, Didon du Us^ Colas du Us, Barbe du Us, Nicole du Us et
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Pr&nooiê du LiSy tous enfans de fm nMe homme du USy Uwr pèrey et quê autti pkUH à tadUê danatenue : elk a donné et donnêy etc. Et est ladite donation fort ample^ passée par^evant Jaspard Bemardy et Glaudin Collet, tabellions joret et establis en la chastellenie et prévosté de Gondie-*court, de par nostre très-redouté seigneur M. le dnc de Calabre, de Lorraine, Bar, etc. (qui est la qualité que prennent lesdits notaires par ledit conlract); signé Bernard, Collet, et scellé.
Laquelle donation est en outre insinuée cinq ans après du vivant encore de toutes les parties, par sentence et acte judiciaire du Bailly de Chaumont, en ces mots : A tous oêux, etc., Jean te Genevois, eseuyer^ sieur de Comignon, conseiller du Roy nostre Sire^ lieutenant général au bailliage et siège présidial de Chaumont en Bassigny, salut. Sçavoir faisons que ce jourd'kuy, mercredy M janvier 4557, à l'expédition des causes ordinaires ^ en présence du procureur du Roy, sont comparus Didon du Us, vefve feu Estienne Thierriel, par maistre Pierre Gaucher , son procureur, d'une part et Aurry des Hazars, au nom et comme mary et administrateur des corps et biens de Jeanne du Lis, sa femme, Claude du Lis, Anthdne du Lis, Françoise du Us, Didon du Us, Nicolas du Us, Barbe du Lis, Nicole du Lis et François du Lis, tous en fans de feu fio6/e homme Didier du Ùs, par
m&istre JaequBê Picard^ leur procwreyr^ H encore ledit Auny en personne, d'mUre part; lesquelles jparties nous ont présenté lettres de donation faites et passées sous le seel du tàbellionnage de Gondrecourt, le 26 février i 552, par ladite Didon du Us, vefve, au profit des susdits, etc. . Et est signé Guevarreet scellé. La qualité d'icduy Didier du Lis se trouve ▼érifiée tant par un contract passé de son vivant par-devant Vameson Simon^ prestre. notaire juré en la cour de Tofficialité de Toul , le 22 février 4548, par lequel Dieudonné de Massey, soy faisant fort de Marguerite, sa femme^ vend à noble homme Didier du Lis , archer , et damoîselle Nicolle de Brissey, sa femme, les héritages qui y sont mentionnez^ et est ledit contract signé Simon et scellé; que par une enqueste faite le 8 juin et autres jours ensuivans i596, par Barthazar Crok, poursuivant d'armes de Monsieur le duc de Lorraine^ au tiltre de Yaudemont^ par commission du sieur comte de Salme^ mareschal de Ijorraine, gouverneur de Nancy, en datte du septiesmc dudit juin, à la requeste de maistre Jean Hordal, docteur ès-droits, et Tun des quatre professeurs en iceux en l'université de Pont-à-Mousson, à présent conseiller d'Estat de son Altesse, pour la preuve de sa noblesse et extraction de l'un des frères de la Pucelle dont il sera plus amplement parlé cy-après. En laquelle enqueste le premier
M âiunuB DO us.
iesoioiiig est damoiseOe Isaheaii AUier^ vctve Antoine du Lis, vivant sieur de (Sbanmel, fib •isné dudit IMdier du Lis. Les deux et troisiesaie tesmoings sont dam<Hsdle Françoise du Lîs^ yef ve nebie homme Jean DebonnaireS demeurant à Vaucouleur^ vivante encore à (Misent, 1643, aagée de huictante et deux ans^ et Barbe du Lis, vefve Mongin Hiérosme^ demeurant à Domp- Kemy^ aussi vivante, aagée de soixante et seise ans, filles dudit Didier du Us, et sœurs dudit Antoine du Lis^ sieur de Gibaumel, leur firère aisné. Et entre autres tesmoings est measire Estienne Hordal, doyen de l'église de Toul, aagé de soixante et six ans, qui dépose que ledit sieur de Gibaumel, fils dudit Didier du Lis, estoit notoirement reconnu pour chef des armes de ladite Pucelle, et d'abondant atteste et dépose avoir veu plusieurs fois Hallouys du Lis, vefve Estienne Hordal, son ayeul, et elle fille de Pierre du Lis, frère de ladite Pucelle, qui mourut, dit-il, il y a environ soixante ans, aagée de plus de quatre, vingts ans, comme la généalogie en sera représentée cy-après. Disent d'ailleurs la plus part des tesmoings de ladite enqueste, que messire Hector du Lis, évesque de Toul, estoit de la parenté de ladite Pucelle.
1 Sie» Débonnaire on de Bonnaire.-^V.
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il est vray que le nom du Lis^ qui est bien et iMtlwment exprimé par tous les oontracts susdits^ est eserit en ladite enqueste comme il est prononcé vulgairement par Tidiome grossier du pays, qui est Dalis pour du Lis^ comme il est notoire qu'on 7 prononce communément et qu'on eserit quelqnesfois grossièrement encore aujourd'huy une fleur dalis^ pour une fleur de lis. La vérité duquel nom toutesfois se reconnnoist asses par la force des généalogies^ vérifiées par les oontracts qui portent ledit nom du Lis quasi partout, et par la conversion d'iceluy en latin, qui se trouve a UHo: et encore par la généalogie entière de l'autre frère de ladite Pucelle, Pierre du Lis, laquelle sera incontinent représentée et vérifiée, en laqueMe ne se trouve jamais ledit nom du Lis avoir esté donleusement eserit ne changé.
Ce Didier du Lis donc, fils de Thévenin ou Estienne du là%, son pèrs, ou petites on nepveu en terme de droit, de Jean du Iàb^ prévost de Vancoulenr, son ayeul, et frère germain de la Pacelle, ayant fait profession des armes en qoa* lité d'archer et de gendarme de la compagnie du grand ducde Guise, qui fut tnéau siège d'Orléans, laissa ledit Antoine du Us (oo DaUs, à b mode do pays), son aîsné, chef des armes de ht parenté de faMlile Poceile , comme il a esté dit , poorce que Chiude, NicofaM et François dn Lis, ses aottcs
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frëreS) moururent sans enfiins maries. Lequel Antoine continuant la profession des annes^ fut commissaire de Tartillerie dudit sieur duc de Lorrainej et a laissé six enfans qui vivent aujourd'huy^ cousins au cinquiesme degré de ladite Pucelle. L'un, Jean-Jacques Dalis^ escnjer, sieur de Gibaumel^ conune son père^ et y demeurant, gentilhomme de grande valeur et mérite^ qui conserve les tiitres et armes de la maison, conome chef et Taisné de cette branche, lequel sous cette recommandation a espousé la fille de M. de Lespine, lieutenant des gardes du duc de Lorraine. L'autre est Claude Dalis, sieur de Secfonds, près Vaucouleur^ aussi gentilhomme de singuUère érudition, demeurant audit Vauconleur, des plus capables et recommandez du pays. Les quatre autres sont filles, l'une damoiselle Claude Dalis, mariée à François de Naves, escuyer, sieur dudit lieu, demeurant à Champigney, qui est du temporel de révesché de Toul. L'autre, damoiselle Catherine Dalis, qui a espousé M. Louis Massis, lieutenant général au bailliage de Champuis du comté de Bourgogne. Les deux autres filles ne sont mariées. Les preuves desquels derniers nommez de ladite parenté et généalogie de Jean du Lis, frère de ladite Pucelle, sont trop récentes et communes au pays, pour en faire icy plus particulière description. Ne se peut obmettre que l'une
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des filles dadit Didier Dalis, sœur dudit Antoine sieur de Gibaumel , nommée Didon Dalis , fut mariée à feu Girard Noblesse , maire de Domp- Remy, et est morte en cette année seulement^ vefve d'iceluy^ et aagée de plus de quatre-vingts ans^ qui a laissé M. Claude Noblesse, son fils, à présent curé de Domp-Remy, reconnu pour noble et des plus hommes de bien de sa profession.