CHAPITRE VII
Généalogie du troisieame frère de la PvœUe,
LB troisiesme frère de ladite Pucelle d'Orléans, Pierre du Lis, bien que le plus jeune et le dernier, a esté néantmoins le plus renommé et le plus advancé, pouroe qu'il suivit la profession des armes, après la mort de sa sœur ^ où par sa valeur il obtint le tiltre de chevaleriei comme il se void par des lettres patentes qu'il obtint du duc d'Oiv léans, données à Orléans, le vingt-huictiesme juillet 1443, vérifiées par M. Jean le Fuselier, général, conseiller ordonné par ledit sieur d'Oi*léans, sur le fait et gouvernement de toutes ses finances, le lendemain vingt-neufviesme dudit juillet. Desquelles patentes le vidimus, coUationné en la Chambre des Comptes dudit sieur duc, avec reconnaissance dudit Pierre du Lis, chevalier, escrite au dos d'iceluy, est rapporté au compte du domaine d'Orléans, rendu par M. Robin
Baffard^ en la Chambre des Comptes de Paris, pour l'année finie à la sainct Jean iàU, clos le quinziesme février 1446, au feuillet 32. Par les^ quelles patentes dudit sieur duc est dit en ces mots : Oufe la suppUcatùm de Messire Fierr$ du Lù^ chevalier, eantenaiU que, pour acquiter sa loyaîOé envers le Roy nostre sieur et nous, il se partit de son pays pour venir au service du Aoy, nostre dit sieur^ en la compagnie de Jeanne la Pucelle^ sa sœur y avec laquelle jusques à son absen^ temeniy et depuis jusques à présent il a exposé son corps et ses biens audit service^ et au fait des guerresduRoy, tant à la résistance desanciens enne* mis de ce royaume qui tindrent le siège d^amt la vitte d^Orléans, comme en plusieurs voyages faits et entrepris par le Roy nosire dit sieur y H ses chefs de guerre j et autrement en plusieurs et divers lieux; et par fortune desdites guerres a esté prisonnier desdits ennemis et contraint de vendre les héritages de sa femme pour payer sarançon : requérant quil nous pieust luy donner^ etc. Pourquoy nous, en consi» dération des choses dessusdites^ ofocru dmmé et donnons audit messire Pierre du Us, chevalier^ de grâce spédaie^ en faveur et contemplation de ladite PuceUe, sa sceur germaine^ et des grands et motoNes services qu^elle et ledit messire son frère ont fait au Boy nostre dit siear^ et à mous^ les fruictSj profits^ usufruicts, revenus et é m oksmêns iTime IsU, appel*
lée PlU$*auœ-BcBufo, Hze en la nvière de I/nre, près la Salle, au dnnt de Chéoyy comme eUe se comporte, pour enjouyr sa vie dwant, et de Jean du Us, son aisné fUs, et chacun d'eux UmU que le ewrmvant (Feuœ deux vivra et aura vie en corps, He.
Ce qui fait bien cognoistre que, comme le Roy Charles septiesme avoit donné permisùcm aux frères de ladite PucelJe de porter le lis en leurs armoiries, ainsi qu'il esl justifié cy-dessus^ il leur avoit permis aussi de le porter en leur nom, n'estant vraysemblable qu'ils eussent osé s'addres* ser à un tel prince, le duc d'Orléans, lors premier prince du sang (fils de ce grand duc d'Orléans qui fut tué à Paris vers la porte Barbette, frère du roy Charles sixiesme, oncle du roy Charles septiesme, et qui fut père du roy Loûys dousiesme), pour luy supposer faussement un tel nom, en le suppliant de luy donner de son domaine, s'il n'eust esté bien fondé de se ncmimer ainsi.
N'estant croyable aussi que la Chambre des Comptes à Paris eust approuvé une telle aliénation du domaine de ladite Isl&«aux-Bœttfs, contenant plus de deux cents arpens de prairie et bons pasturages, sous un nom supposé ; veu qu'il estoit trop notoire que la Pucelle d'Orléans s'appelloit Jeanne Darc, comme elle estoit ainsi nommée par les lettres de son ennoblissement, et de sesdits frères, que ladite Chambre avoit vérifiées et régis-
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trées dix ou douze ans seulement auparavant : de laquelle nëantmoins ledit sieur duc d'Orléans recognoist par sesdites patentes, ledit messire Pierre du Lis^ chevalier, estre frère gennain^ et n'eust fait du bien à un homme supposé^ sans le bien cognoistre; et n'eust aussi ladite Chambre souffert que ledit Pierre du Lis et Jean du Lis> son fils aisnë^ eussent si longtemps joûy de kdite Isle-aux-Boeufs, qui estoit du domaine^ comme ils en ont joûy depuis ledit don fait en l'an 1443, audit Pierre du Lis^ jusques au décès dudit Jean du Lis^ son aisné fils, qui fut en l'an 1501^ tousjours sous le mesme nom du Lis, sans l'avoir jamais changé ny varié, ainsi qu'il se void par tous les comptes du domaine d'Orléans qui se trouvent en ladite Chambre des Comptes à Paris^ rendus d'an en an^ en chascun desquels est fait mention sur l'article de ladite Isle, que le revenu en est tiré à néant, à cause de ladite donation faite audit Pierre du Lis, chevalier et frère de la Pucelle de France. Laquelle donation est tousjours alléguée et répétée de compte en compte, principalement es années dernières de 4499, 1500, 1501, et autres suivantes jusques en Tannée 4524, que ladite Isle ayant été réunie au domaine, nouveau don en fut fait par le Roy à François et Raoul Burgensis. En tous lesquels derniers comptes est notable que ledit messire Pierre du Lis, chevalier,
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est qualifié «t reconnu pour frère de la Pucelle de France. Qui sert en outre pour justifier ce qui a esté dit cy-devant qu'elle fut premièrement appellée Puoelie de Franee^ par les patentes et cours souveraines de nos Roys, et depuis par les histo* riens a esté appellée Pucelle d'Orléans, à cause de la levée du siège de ladite ville d'Orléans^ qu'ib ont principalement descrit par leurs histoires, dont ils lui ont voulu attribuer le nom et la gloire. Joint qu'il se void an meame temps par les vers qui sont escrits et graves à l'entour de la cloche du gros horloge de la ville d'Orléans, que le mesme roy Charles septiesme, lorsqu'elle fut faite et baptisée en l'an 1458, iuy fit donner le nom de Cœur deL%s^\ qui est le pareil nom des trois cœurs
i Ces vers nous ont été conservés par Da Lis qui , dans son tUcueil de 1628, les reproduit en ces termes : Veri éeriU et mpremit tur la grou* eloehe qui tert é[horloffe à la vUle iFOrléant.
Orléans sois da roy Charles première
Et est mon nom propre le Gœor de Lis
Ainsi nommée en l'Msemlilée planiére
Des trois estais où estoient maints d*eslis.
Le connestable m*a ce nom icy mis
Et plosienrs antres princes pleins de aeienoe
Poar Itien eommon appelez et commis
Et maintenir la bonne paix en France, etc.
{Recueil d'interiptiont de 16S8, in-4o pages 6Ô et 61). Ce baptême de la cloche ent lieu en 1458^ au moment où le comefl destiné & Juger le due d*AlençoD se rendait à Montaigis.— V.
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de lis dont les armoiries de ladite ville d'Orléans sont composées^ que le vulgaire appelle grossière» ment et abusivement les trois caillots ou caillous : pour montrer que ce mesme Roy leur avoit bien peu donner ce nom du Lis, aussi bien qu'il une cloche, quasi pour un mesme subjet^ en &veur et considération de ce que la levée du siège de cette ville et la conservation d'icelle estoit le salut et la conservation du nom> et des lis, et de TEstat de la France.
Il se void d*ailleurs conmie ledit Jean du Lis, fils aisné dudit messire Pierre du Lis, chevalier, frère de la Pucelle, a joûy sous le mesme nom du Lis, de la mesme Isle-aux-Bœufs, par le décès de son père, et qu'elle leur estoit de valeur et grande commodité par plusieurs contracts, desquels n'en sera représenté (|u'un^ pour accourcir ce discours, passé le quinziesme d'octohre 448i, par-devant Jean Gourtin^ notaire royal au Ghas* telet d'Orléans, qui porte en ces mots : NobU homme Jean du Lie, dU la PwMe, esouyer, sieur de ViUers en la paroisse (TArdony confesse ovotr baiUé à ferme et pension, de la Toussainct pro^ ehainejusques à siœ ans, à EsUenne Mignon, mar^' eJWmd boucher du grand bourg d'Orléans, VlsU' auahBceufs, enœ qui est enclos en eau, non compris les prez, ny les terres qui sont à présent en labour, que le baêUeur retient à soy, moyemusnt et pour la
M ciuau» DU L».
êomme de dix eseu$ d^or de ferme et de pension par chacun an, etc.
Ce dernier et plus jeune frère de la Pacelle, messire Pierre du Im, chevalier, fut celuy qui poursuivit plus courageusement le procès de révision et de justification de l'innocence de sa soeur, et y assista plus continuellement leur mère qui vivoit encore ; auquel procès bien souvent il est nommé le premier avant Jean, son frère aisné^ à cause de ladite qualité de chevalier qu'il portoit^ et qui luy est attribuée par tous les actes du procès. Il avoit espouaé damoiselle Jeanne de Prouville , de laquelle il eut quatre en&ns, deui fils et deux filles, Jean du Lis, Taisné^ et autre Jean du Lis le jeune. Il maria son aisné de son vivant, par contract passé par-devant Jean Bureau, le jeune, notaire royal, tabellion et garde-notes du Roy en son chastelet d'Orléans, le vingt-sixiesme mars, avant Pasques, 1456, en ces mots : Enire Jean du Lia, escuyer^ fils de messire Pierre du Us, chevalier f et de dcmte Jeanne, sa femme^ en la pré" sence et de Vauthorité de sesdits père et mère, d'une part; et Jean de Vezines, escuyer, sieur de ViUerSy et damoiselle Jeanne, sa femme^ stipulons pour damoiselle Macée, leur fille, aussi présente d^ autre part. Ledit de Vezines estoit de noble et fort ancienne maison, qui tenoit ladite seigneurie de ViUers par succession d'un Hervé de Vesines, son
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ayeuly qui^ dès l'an i341 , en avoit fait hommage an sieur de la Fertë Nabert^ dont elle relève, et de Nandon de Vezines^ son père^ qui en avoit fait pareil hommage par le décès dudit Hervé ^ dès le iO may 1390.
Le nom de la Pucelle estoit en si grande recommandation^ et vénération pour lors envers tous ceux d'Orléans^ qu'il se trouve par une enqueste faite par M. Pierre Berruier, lieutenant -général d'Orléans, le quatriesme novembre 1550, à la requeste de Robert Fournier, baron de Tournebus et du Chemin, sieur du Feron, son nepveu, sur le subjet de leur ennoblissement, qu'un des tesmoings dépose qu'estant serviteur dudit Jean du Lis en sa jeunesse, il auroit veu que le jour de la procession qui se fait tous les ans le huictiesme may, fort solemnellement en Thonneur de ladite Pucelle, où l'on porte son guidon, avec une bannière expresse et particulière^ pour représenter la réduction de ladite ville, ledit Jean du Lis, son maistre, venoit de sa terre de Villers exprès en la ville d'Orléans, pour assister à ladite procession ; et qu'on lui faisoit cet honneur de le
1 Cette bannière , exécutée vers le temps de Louis TUl, subsiste encore^ très-mutilée et repeinte en plusieurs endroits; elle est en la possession de M. Vergnaud-Romagoèsi, d*0rléan8.->y.
faire marcher le premier^ et faire porter deyant luy un grand cierge blanc allumé^ où estoit peinte Teffigie de ladite Pucelle.
Et de fait se trouve encore que le mesme Jean du Lis, par tous les contracts presque quilafait, a este surnommé la Pucelle^ comme il 8*est veu cy-dessusy au contract du 15 octobre 1483, quand il faisoît des baux de son Isle-aux- Bœufs : mesme que par un ad veu qui luy fut rendu, par-devant Pierre Priault, clerc notaire juré de la chastellenie de la Ferté-Nabert , le quatorsiesme juillet 1466, par Nicolas Gourvie, Tun des vassaux de sa terre de Villers, il confesse et advouê tenir en foy et hommage son fief de la Ghesnière en ces mots : De noble homfM Jean de la Puoellêy dit du LU, eeewyer, seigneur de ViUers^harbanneaUy assiê en la parroisse d^Ardon^ à eauee de sondii Heu de ViUers. Et par un autre adveu à luy rendu du mesme fief, par Pierre de Gourvie, fils dudit Nicolas, le douziesme juin 1497, pa^-deuant Laurent Serrier, clerc .substitud juré pour Tabsence de Pierre Priault, notaire juré de ladite chastellenie de la Ferté^Nabert, il advouë tenir son fief en ces mots : De noble homme Jean du Lis, dit la Pucelle, escuyer, seigneur de YiHers-Ckar" bonneau, en la parroisse d'Ardon, à eai^ de sondit lieu de ViUers. Au dos duquel acte de foy et hommage est escrit en ces mots , dp la propre main
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dudit Jean du Lis : Van 4497, le jour sairU Jean^ Baptiste, je^ Jeam du Us, ucuyer^ rieur de VillerP- CharbonneaUf confesse avoir reçeu un sem/biable adveu de Pierre de Courvie, bonetviUabley et baiUé en temps deu et accousPuméj dont je k tiens quitte^ tesmoing mon seing manuel ey mis y etc. Et est signé du Lis^ sans paraphe.
Par autre cootract passe par-devimt Benoist Martin, clerc notaire du Hoy au chastelet d'Or* lëansy le neufiesme mars 1496, il donna sadite terre de Yillers en ces nu>t6 : Fut présent en sa personne noble homme Jean du Lis, aliàs de la PuoeUe^ escuyer, sieur de Villers^harhonneau, à présent demeurant à Bagnauap, parrwse Sainet^Àignan de Sandillony lequel confesse avoir donné, et donne par ces présentes, à Nicolas Berruier, marchand, demeurant en laparroisse Sainct^ulpice d'Orléans, sadite terre et seigneurie de ViUers-Charbonneau, ainsi qu^elle se poursuit et comporte en fiefSy vassaux, arrière-fiefs, <^,, sauf et réservé audit donateur et à damoiseUe Maoée de Vezines, sa femme, rusufruict et entière jouyssanee^ le plain cours de leurs vies, suivant le don mutuel S entre eux, et ce pour récompense des agréables plaisirs et services que ledit Nicolas et Pierre Berruier, son père, luy avaient faits, etc.
Après le décèz duquel Jean du Lis^ le procureur du Roy ayant fait saisir tous ses biens par
faute d^hoirs et d'héritiers appareils^ par sentance du prévost d'Orléans^ du troisiesme octobre 150i^ maÎD-leTée en fut faite en ces mots : Comme naguères après le trespas de feu Jean du LiSy dit la Pueelle, escuyer^ vivant sieur de Bagnaux , de Vilkrs, et de l' Isle-auœ^Bœufs près Orléans^ le procureur du Roy eust fait saisir^ et depuis fust venu pardevers nous et les advocats et procureur dudit seigneur Roy, damoiselle Marguerite du Lis, à présent femme d'Antoine de Bonnet, escuyer, demeurant en la parroisse Sainct-Denis-en-Vaux, et nous eust exposé qu'elle estdt cousine germaine dudit défunct Jean du Lis, et sa plus prochaine parente et lignagère habile à lui succéder ^ etc. Sur quoy eussions appointé, etc. , sçavoir faisons, que veu la requeste baillée par ladite damoiselle Marguerite du Lis, les informations sur ieelle faites suivant nostre appointfimenty etc. En entherinant ladite requeste, avons fait et faisons pleine et entière main-levée à ladite du Lis, comme cousine germaine, et plus proche parente habile à luy succéder ^ etc.
Cette Marguerite du Lis estoit fille de Jeau du lis^ prévost de Vaucouleur, qui avoit esté amenée par son ayeule^ mère de la Pucelle^ à Orléans^ chez ledit feu messire Pierre du Lis, chevalier^ frère d'icelle Pucelle, qui Tavoit mariée audit Antoine Bonnet^ peu avant son décèz, comme a esté dit cy-dessus^ et en est fait mention par un
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contract du unziesine janvier 4469, passé pardeyant Tassin Bertheiin y clerc notaire juré du cbastelet d'Orléans^ par lequel : NvbU homme Jean de la Pucelle^y dU du Us, eecuiyery demeurant en la parroiese S,-Àiffnan de SandilUm^ près d'Or-' léans, baille à rente foncière à Pierre Chauvet. laboureur, demeurant en la parroisse S.-Denys-en- Vaux^ le fief de Mont, sis en ladite parroisse, qu'il dit luy appartenir de son propre, par le irespas de messire Pierre du Lis, son père ^ vivamt chevalier : Lequel iief du Mont néantmoins avoit esté baillé par le mesme Pierre du Lis, son père, à ladite damoiselle Marguente du Lis, sa niepce, en la mariant avec ledit Antoine Bonnet, en faveur et considération de ce que Jean du Lis, prévost de Vaucouleur, avoit aussi marié audit Yaucouleur une des filles dudit Pierre du Lis, son frère, qu'il avoit nourrie et gardée en eschange de ladite Marguerite du Lis, fille d'iceluy, prévost de Yaucouleur. Laquelle donation du fief du Mont, faite à ladite Marguerite du Lis, par ledit Pierre du Lis, son oncle, ledit Jean du Lis, lils d'iceluy Pierre, ne voulut approuver après le décèz de son père, et en avoit longuement plaidé.
1 G^est qne la mémoire de la Pncelle esioit en si grande recommandation, que ses neveux en prenoient le nom en ce tompe-li aiseï souvent.
70 ciuiiLBS mr lm.
L'autns fik de oe Pierre du Lis, cheralier, Dommë Jean dn Lis le jeune, se voyant pauvre cadet; après le décès de son père en Tan ii69, suivit k profession des armes es guerres de Picardie, et se fit tellement aymer et reconnoistre par le roy Lonys XI, fils du roy Charles Yil, qu'en l'an iABi ledit sieur roy Louys XI, ayant prins la ville d'Arras par force, toute destruite et dépeuplée, la voulant relever et repeupler de siibjets ses plus loyaux et affidez, après avoir mandé par les meilleures viHes de la France que on luy envoyast des familles de marchands et antres^ pour les y habituer, s'en voulant servir comme d'une frontière forte et fidèle à son royaume : outre plusieurs grands et signales privilèges qu'il leur donna, il voulut y mettre et nommer de sa part des eschevins, entre lesquels il nomma ledit Jean du Lis le jeune, comme il se void par les lettres patentes sur ce données par ledit sieur roy Louys XI, à Chartres, au mois de juillet audit an i484 , vérifiées et registrées en la Cour des Aydes, ledixîesme septembre ensuivant. En laquelle charge d'eschevin après avoir esté expressément éleu et nommé par le Roy èsdites lettres patentes, il fut continué les années suivanles 1488 et 4483^ comme il se void, entre autres preuves, par un acte auttientique délivré par les maire et eschevins de ladite ville d^Arras,
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SOUS la signature de Hatte^ leur greffier, et le grand scel de kdite ville qui y est attaché en are yerte^ lesquels attestent et certifient que par ejitrait d'un registre en parchemin, contenant la réception des bourgems, commençant en Tan dé grâce 1464, reposant en la Chambre Eschevinale de ladite ville, appert que le 2 may 4483, Isabeau Raoul, vef^e feu Gilles de Habart, a recréanoésa beurgecHsie, et promis non y renoncer, par*devant sires Jean du Lis et Galles Menuet, escbevias de ladite vilte. Et par un autre pareil acte, sigué et scellé comme le précédent, et extraict du mesme reg^tre , appert encore que le trentiesme jour d'octobre audit an 1483, ledit Jean du Lis estant sorty de Teschevinage, auroit esté reeeu à la bourgeoisie de ladite ville sans payer finance, pourâe qu'il esloit estranger ou fmrain de ladite ville, estant natif d'Orléans : non que par ladite qualité de bourgeois, ny le mot de isire, qui luy est attri» hué par le premier acte, comme eschevin, il ayt ancnnement dérogé à sa noblesse qu'il tenoit et coifservoit précieusement, avec son nom du Lis, par les octrois et gratification du roy Charles septiesme, en faveur de la Pucelle d'Orléans, sa tante. Aussi que le roy Louys unziesme, par leisdites Chartres et patentes très-amples, du mois de juillet 1481, entre autres privilèges de ladite ville d'Arras, avoit ennoMi les eschevins d'icelle ;